Le pouvoir d'achat, enjeu central de la présidentielle 2027
À moins de deux ans du scrutin (1er tour le 18 avril 2027), le pouvoir d'achat domine les préoccupations des Français. Tour d'horizon des chiffres vérifiés mi-2026 et des mesures avancées par les principaux camps.
La préoccupation n°1 des Français
Le pouvoir d'achat s'installe en tête des inquiétudes à l'approche de 2027. Selon un sondage Odoxa auprès de 12 000 personnes publié le 10 février 2026, il est cité comme première préoccupation personnelle par 37 % des sondés et comme première priorité collective par 48 % d'entre eux, devant l'insécurité et l'environnement.
L'inquiétude porte aussi sur l'avenir : d'après un sondage de l'Institut CSA pour CNEWS, le JDD et Europe 1 paru le 25 avril 2026, 78 % des Français se disent inquiets pour leur pouvoir d'achat dans les mois à venir. Le sentiment est plus marqué chez les jeunes, les classes populaires et les électorats du Rassemblement national et de La France insoumise.
Inflation, salaires et SMIC mi-2026
Après le pic de 2022-2023, l'inflation a nettement ralenti. En juin 2026, les prix à la consommation augmentent de +1,8 % sur un an, contre +2,4 % en mai, selon l'estimation provisoire de l'INSEE. Sur l'ensemble de 2026, l'institut anticipe une inflation moyenne d'environ 2 %, avec une possible accélération en fin d'année (jusqu'à 2,7 % sur un an attendus en décembre).
Côté salaires, le SMIC a été revalorisé deux fois en 2026 :
- 1er janvier 2026 : +1,18 %, portant le brut mensuel à 1 823,03 € (environ 1 443 € nets).
- 1er juin 2026 : +2,41 %, portant le brut mensuel à 1 867,02 € (environ 1 478 € nets), soit un SMIC horaire brut de 12,31 €.
Le salaire net moyen dans le privé s'établit autour de 2 733 € par mois en équivalent temps plein et le salaire médian autour de 2 190 € nets, selon les dernières données INSEE disponibles. Après deux années de recul (2022-2023), le pouvoir d'achat salarial est reparti timidement, retrouvant à peine son niveau d'avant-crise.
Énergie : le poste qui repart
L'énergie reste un point de tension. Au 1er février 2026, les tarifs réglementés de vente d'électricité (Tarif Bleu) ont légèrement baissé, d'environ -0,74 % TTC en moyenne, avec des évolutions contrastées selon les options.
Le gaz, lui, est reparti à la hausse : le prix repère de la CRE s'établit à 0,12766 €/kWh en juillet 2026 pour un foyer se chauffant au gaz, en progression de l'ordre de +17,6 % sur douze mois. Le contexte géopolitique (tensions sur les approvisionnements) a pesé sur les marchés de gros européens début 2026, avec un effet indirect sur les prix de l'électricité. La prochaine révision des tarifs réglementés d'électricité est attendue au 1er août 2026.
Les mesures débattues selon les camps
Avertissement : à la mi-2026, les programmes présidentiels ne sont pas officialisés. Les éléments ci-dessous reprennent des positions déjà exprimées (déclarations, amendements, ligne du parti), datées et sourcées.
Rassemblement national (Marine Le Pen, déclarée le 7/07/2026 ; Jordan Bardella annoncé comme Premier ministre) : la baisse de la TVA de 20 % à 5,5 % sur l'électricité, le gaz, le fioul et les carburants est portée de longue date, notamment via un amendement lors du budget 2026. Bercy chiffre la mesure à environ 17 milliards d'euros (dont ~10 Md€ pour les carburants). La Fondation Jean-Jaurès la juge coûteuse et peu ciblée ; des juristes (Les Surligneurs) rappellent qu'un taux inférieur à 15 % sur les carburants heurte la directive TVA européenne. En mai 2026, Marine Le Pen a évoqué une taxation des superprofits pétroliers en complément, une piste jugée non prioritaire par Jordan Bardella.
La France insoumise (Jean-Luc Mélenchon) : hausse marquée du SMIC — un objectif de 1 600 € nets a été avancé dans la ligne du parti — et rétablissement d'un impôt sur la fortune. Chiffrage définitif n/d à ce jour.
Renaissance (Gabriel Attal, déclaré le 22/05/2026) : selon le comparateur de la Fondation iFRAP, des baisses d'impôts ciblées pour les classes moyennes (de l'ordre de 2 Md€) plutôt qu'une réforme fiscale d'ensemble.
Les Républicains (Bruno Retailleau, déclaré en février 2026) : redressement des finances publiques évalué à environ 120 Md€ par la baisse des dépenses, sans hausse d'impôts au-delà de celles déjà annoncées, d'après la même source.
Les positions d'autres candidats déclarés — Édouard Philippe (Horizons), Marine Tondelier, Ségolène Royal — sur ce thème restent à préciser (n/d).
Le clivage fiscal, cœur du débat
Deux logiques s'opposent. D'un côté, une baisse générale de la fiscalité indirecte (TVA sur l'énergie) portée par le RN, qui agit vite sur les prix affichés mais pèse lourd sur le budget et bénéficie à tous, y compris aux ménages aisés. De l'autre, des dispositifs plus ciblés (baisses d'impôt sur le revenu, hausse du SMIC, fiscalité du capital) défendus à droite comme à gauche selon des modalités opposées.
L'équation budgétaire encadre tout le débat : le déficit et la dette publics limitent les marges, obligeant chaque camp à articuler promesses de pouvoir d'achat et crédibilité du financement. Les chiffrages précis des programmes 2027 ne sont pas encore consolidés (n/d) et devront être réévalués une fois les projets officialisés.
Questions fréquentes
Quel est le taux d'inflation en France mi-2026 ?
En juin 2026, les prix à la consommation augmentent de +1,8 % sur un an selon l'INSEE, contre +2,4 % en mai. L'inflation moyenne 2026 est estimée autour de 2 %, avec une possible remontée en fin d'année.
Combien vaut le SMIC en 2026 ?
Après une revalorisation de +2,41 % au 1er juin 2026, le SMIC mensuel brut atteint 1 867,02 € (environ 1 478 € nets pour 35 heures), soit un taux horaire brut de 12,31 €.
Que propose le RN sur la TVA de l'énergie ?
Le Rassemblement national défend une baisse de la TVA de 20 % à 5,5 % sur l'électricité, le gaz, le fioul et les carburants. Bercy en chiffre le coût à environ 17 milliards d'euros. Cette mesure n'est pas officialisée dans un programme présidentiel à ce jour et se heurterait, pour les carburants, au droit européen.
Le pouvoir d'achat est-il la première préoccupation des électeurs ?
Oui selon plusieurs sondages de 2026 : il arrive en tête des priorités collectives (48 %, Odoxa, février 2026) et 78 % des Français se disaient inquiets pour leur pouvoir d'achat en avril 2026 (Institut CSA).
Sources : insee.fr · insee.fr · info.gouv.fr · info.gouv.fr · institutmontaigne.org · cnews.fr · service-public.gouv.fr · publicsenat.fr · jean-jaures.org · cnews.fr · ifrap.org · insee.fr