Réforme de l'apprentissage : ce qui va changer

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Hector
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Réforme de l'apprentissage : ce qui va changer

Message non lu par Hector » 10 févr. 2018, 21:34:39

Réforme de l'apprentissage : ce qui va changer

09 févr. 2018, 10:47:00

Le gouvernement a dévoilé ce vendredi ses arbitrages sur la réforme de l'apprentissage . Des arbitrages qui concernent aussi bien le statut...

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06 minutes
Edouard Philippe, entouré de Frédérique Vidal, Muriel Penicaud et Jean-Michel Blanquer, ce vendredi matin. - AFP - STEPHANE DE SAKUTIN




Le gouvernement a dévoilé ce vendredi ses arbitrages sur  la réforme de l'apprentissage . Des arbitrages qui concernent aussi bien le statut de l'apprenti que la gouvernance et le financement de cette voie qui peine à décoller et que le gouvernement veut utiliser comme levier pour s'attaquer au chômage des jeunes.


Vingt mesures ont été annoncées, dont des aides pour les apprentis, un financement basé sur un prélèvement unique et un transfert du pilotage aux branches professionnelles. Mais le Premier ministre, Edouard Philippe, a expliqué, lors d'une conférence de presse, qu'il y avait « encore beaucoup de choses à affiner ».
Nous renforcerons l'attractivité de l'#apprentissage pour les jeunes et les entreprises : - revaloriser les rémunérations des apprentis- simplifier le maquis des aides existantes


- donner plus d'information aux jeunes et aux familles, avec une orientation mieux organisée pic.twitter.com/8OPA9ccome




— Edouard Philippe (@EPhilippePM) 9 février 2018  Une « contribution alternance »


Les branches pourront désormais décider des ouvertures des centres de formation des apprentis (CFA), auparavant du ressort des régions. Mais ces dernières se voient en revanche confier « la responsabilité de l'orientation », actuellement du ressort quasi exclusif de l'Education nationale, selon des modalités qui restent à définir.



Le financement des CFA sera désormais dépendant du nombre de contrats et a été simplifié avec la mise en place d'une « contribution alternance » pour remplacer la taxe d'apprentissage et la cotisation destinée aux contrats de professionnalisation. La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a laissé aux « partenaires sociaux » le soin de définir le montant de la nouvelle cotisation. Ceux-ci ont déjà discuté d'une contribution de 0,85 % de la masse salariale.

Grille de rémunération rehaussée


Par ailleurs, l'apprentissage sera ouvert jusqu'à 30 ans, contre 26 actuellement et tout apprenti âgé de 18 ans bénéficiera d'une aide de 500 euros pour passer son permis de conduire, sans conditions. La grille de rémunération sera aussi rehaussée, avec « un gain net de 30 euros mensuels » pour les jeunes de 16 à 20 ans, une augmentation « neutre pour les PME-TPE », a précisé Muriel Pénicaud. A partir de 26 ans, les apprentis ne pourront être payés en dessous du SMIC. Actuellement, ils sont rémunérés de 25 à 78 % du SMIC, en fonction notamment de l'âge.



Afin de lutter contre les ruptures de contrat en cours de route, les apprentis pourront continuer leur formation pendant six mois afin de ne « pas perdre une année ». Les entrées pourront également se faire tout au long de l'année.


Des mesures pour améliorer l'information des jeunes et des familles (davantage de journées d'information, communication des taux d'insertion dans l'emploi de chaque formation...) complètent ces annonces.
L'#apprentissage est une voie d'excellence ! 70% des apprentis ont un emploi après leur formation, 30 à 40% deviennent entrepreneurs. Informons tous les jeunes avec des journées d'information sur les métiers et filières professionnelles dès le collège ! pic.twitter.com/aBn2UyNfND

— Muriel Pénicaud (@murielpenicaud) 9 février 2018
 
La réforme a donné lieu à d'intenses batailles, notamment entre le Medef et les régions, peu enclines à en partager le pilotage.  Les régions ont d'ailleurs condamné , ce vendredi, le projet de réforme du gouvernement, qui ne répond pas selon elles « aux véritables enjeux » et « affaiblit son développement ». Selon Régions de France, un grand nombre de questions ne sont pas résolues.


En dehors des régions, les responsables patronaux et syndicaux ont plutôt livré à leur sortie de la réunion organisée à Matignon des satisfecit ou des critiques modérées. Le Medef a salué « une vraie ambition » et « une réforme équilibrée », et la CPME une « mini-révolution » par laquelle « l'entreprise est clairement replacée au coeur du dispositif ». La CGT avait elle, en revanche, boycotté la réunion en dénonçant une « opération de communication gouvernementale ».

Tour d'horizon des principales mesures annoncées ce vendredi :

Pour les jeunes :


- L'apprentissage sera désormais ouvert jusqu'à 30 ans au lieu de 26 ans actuellement.


- Tous les jeunes de 16 à 20 ans en apprentissage verront leur rémunération augmenter de 30 euros nets par mois. Les apprentis de 26 ans et plus seront payés au minimum au niveau du SMIC.


- Tous les apprentis dont le contrat de travail est interrompu en cours d'année ne perdront plus leur année.


- Tous les jeunes qui souhaitent s'orienter vers l'apprentissage, mais ne disposent pas des connaissances et des compétences requises, auront accès à des prépa-apprentissage.


- Tous les jeunes et leurs familles bénéficieront d'une information transparente sur la qualité des formations en apprentissage qu'ils peuvent choisir.


- Plusieurs journées annuelles d'information sur les métiers et les filières seront organisées en classe de 4e, 3e, 2nde et 1e.


- Tout apprenti d'au moins 18 ans bénéficiera sans conditions d'une aide de 500 euros pour passer le permis de conduire.


- 15.000 jeunes en apprentissage par an pourront bénéficier du programme Erasmus de l'apprentissage pour effectuer plusieurs mois de formation dans un autre pays d'Europe.

Pour les centres de formation :


- Les CFA pourront développer rapidement et sans limite administrative les formations correspondant aux besoins en compétences des entreprises. La qualité des formations sera renforcée par un système de certification.


- La certification des maîtres d'apprentissage, par voie de formation ou de reconnaissance des acquis de l'expérience, sera encouragée


- Les CFA seront financés « au contrat », c'est-à-dire selon le nombre d'apprentis qu'ils accueillent. Ce financement dépendra aussi du coût du diplôme préparé, déterminé par les branches.

Pour les entreprises :


- La procédure d'enregistrement du contrat d'apprentissage sera réformée.


- La durée du contrat d'apprentissage pourra rapidement et facilement être modulée pour tenir compte du niveau de qualification déjà atteint par le jeune


- La réglementation des conditions de travail sera revue afin de faciliter l'intégration des jeunes apprentis dans l'entreprise, comme par exemple un temps de travail maximum porté à 40 heures par semaine pour les apprentis mineurs travaillant sur les chantiers, avec paiement des heures supplémentaires au-delà de 35 heures.


- L'embauche d'apprentis pourra se faire tout au long de l'année, et sera beaucoup moins contrainte par le rythme scolaire


- Le passage obligatoire et préalable devant les prud'hommes pour rompre le contrat d'apprentissage après 45 jours sera supprimé.

Pour le financement :


- Le gouvernement promet un système de financement « plus simple, plus transparent et plus incitatif ». Une nouvelle contribution va remplacer la taxe d'apprentissage et la cotisation formation au titre de la professionnalisation. Les partenaires sociaux, qui doivent en définir le montant, ont déjà discuté d'une contribution de 0,85 % de la masse salariale. Contrairement à la taxe d'apprentissage, cette cotisation sera entièrement consacrée au financement de l'alternance. Son produit devrait avoisiner les 4 milliards d'euros, selon le ministère du Travail. 


- Les régions bénéficieront de deux dotations, pour un total de 430 millions d'euros, pour assurer l'égalité au sein des territoires et créer de nouveaux CFA.



Article complet sur https://www.lesechos.fr/economie-france ... 152411.php
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Re: Réforme de l'apprentissage : ce qui va changer

Message non lu par politicien » 11 févr. 2018, 20:04:58

Comment expliquer que l'apprentissage ne suscite pas plus de "vocation" ?
« Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’au bout pour que vous puissiez le dire » Le débat ne s'arrête jamais sur Actu-Politique

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Re: Réforme de l'apprentissage : ce qui va changer

Message non lu par asterix » 11 févr. 2018, 21:19:00

politicien a écrit :
11 févr. 2018, 20:04:58
Comment expliquer que l'apprentissage ne suscite pas plus de "vocation" ?
La réponse est dans la question. Mais pas que.

J'ai formé dans ma carrière 14 apprentis. C'est un désastre à part 3 exceptions. Les jeunes qui nous sont livrés n'ont aucune pré aptitude. Ils n'ont pas "l'esprit" du travail et de la PME TPE. Ils sont persuadés que l'on va leur servir une compétence clé en main sans effort, exactement comme au collège ou on les bombardaient de photocopies médiocres à ingurgiter.
Les employeur sont frileux à cause de cet "esprit" absent, d'une nonchalance presque générale, du manque cruel de vocabulaire et de syntaxe verbale, d'une psychomotricité sous développée par absence de père coach en bricolage ou de vie dans un environnement stérile, d'une méconnaissance des choses logiques de base, physique ou mathématique, d'une absence totale du gout de l'organisation ou de la recherche de méthode personnelle pour y parvenir, d'une immaturité frappante construite par les mamans qui leur beurrent encore les tartines au petit déjeuner, de leur mine de ne pas "s'installer" dans l'entreprise, plutôt campeur du travail, d'une fragilité extrême face à l'échec et à la contrariété...

La vocation est quasi absente, parce qu'ils n'ont aucune idée par avance de ce que représente le travail dans lequel ils se lancent, contrairement à leurs parents ou grand parents qui savaient parfaitement dans quoi ils se lançaient. Bien des enfants sont incapables d'expliquer le métier de leur parents, mais plus encore, ignore l’existence de dizaine de professions. Ce qu'il comprennent encore moins, c'est qu'un métier artisanal ou technique, c'est aussi une manière de vivre et un état d'esprit. Les apprentis découvrent tardivement que le métier choisi les éloigne de leur idéaux, sans penser une seconde qu'on peut aussi changer d'idéal et garder son métier.

Donc, ni l'enfant, ni l'employeur ne sont responsables de la situation. Les parents d'aujourd'hui sont eux même des enfants, occupés par la course à l’échalote, des cartes bleue à 2 pattes, et l'enseignement est empêtré depuis longtemps dans ses pédagogies foireuses et sa condescendance pour le monde technique technologique et manuel.

Pourtant question parents, je peux affirmer, que eux, sont particulièrement motivé pour nous fourguer leur rejetons: il va ramener un salaire à la maison, contrairement à un universitaire qui va en coûter un!

Alors, la seule solution, c'est de travailler sur tous ces points, et en tout premier lieu sur la culture générale, la logique et les aptitudes psychomotriciennes ( il faudra bien monter sur un escabeau sans canabis). Ça ne se décrète pas depuis l'Elysée ou Matignon: ce doit être une prise de conscience commune établie lors de forums entre employeurs parents et enseignants.

Inutile de forcer sur les subventions aux employeurs, ce n'est pas cela qui résoudra le problème. Pousser jusqu'à 30 ans n'est pas inutile, cela peut partiellement résoudre notre problèmes avec l'immaturité des candidats.

Voilà. Si on ne parle pas de ce que je viens d'évoquer, alors, on a parlé de rien. Il ne faut pas rigoler, nous faisons entrer des jeunes dans des milieux substantiellement dangereux, et nous les souhaiterions nettement plus aguerris et construits. Même si on nous les brade, on ne les prendra pas: la responsabilité est juridiquement énorme.

Voilà, vers quoi je renvoie la patate chaude, et Dieu sait si elle est brûlante.

Ces mesures ne sont ni bonnes ni mauvaises, au pire inutiles. Elles sont surtout technocratique à souhait. L'apprentissage n'a pas à être subventionné: seuls des entreprises correctes et des apprentis engageant suffisent à ce que le système fonctionne, avec aussi de grâce, l'abandon de la condescendance de notre société élitiste face à la formation par alternance. La Suisse et l'Allemagne ont réglé le problème depuis longtemps: même les ingénieurs et scientifiques sont formés en alternance. Le patron actuel de HSBC est un ancien apprenti!
Vos mains ont un cerveau: ne les mettez pas dans vos poches

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mordred
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Re: Réforme de l'apprentissage : ce qui va changer

Message non lu par mordred » 12 févr. 2018, 10:55:14

La première chose à faire est de remettre l'apprentissage à 14 ans.

La fille de notre belle-fille; 17 ans; petite minette sans saveur il y a encore un an; est devenue apprentie-coiffeuse. Elle est contente. Elle ne sèche plus les cours. Elle a son petit salaire.

Le premier obstacle à l'apprentissage est l'Education Nationale. Ca crée des trous dans les effectifs d'élèves et ça ne plait pas au Corps Enseignant. On les comprend ! Il vaut mieux former des BACS + 5 sans travail que de donner leur chance à des gamins de 15 ans.

Mon fils ainé n'a rien fait de sa 6ème à sa 3ème. Son BEP mécanique-auto s'est à peu près bien passé. Il a changé de voie : à 28 ans, il est artisan dans le bâtiment. Sans études spéciales , Monsieur a fait lui-même le plan de sa maison; et il l'a construit tout seul. Avec pour objectif dans 3 ans de faire un bon bénéfice en la revendant. 70.000 euros.

L'un des pires éléments du collège !
"La mer était très forte. Je pense qu'il était bien trop vieux pour aller à la pêche aux maquereaux".
Feu Dédé la fleur; bien souffrant (Ouessant) et Yann Tiersen (mondialement connu).

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