Soirée Tchat du 12 février 2012

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politicien
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Soirée Tchat du 12 février 2012

Message non lu par politicien » 28 janv. 2012, 22:42:52

Bonjour,

Le débat tchat qui aura lieu ce dimanche 12 février, portera sur le monde de la finance, pour commencer voici quelques extraits d'articles :
Dans son discours du Bourget de dimanche, François Hollande a désigné son véritable adversaire: c’est «le monde de la finance». Et pour mieux insister sur sa capacité de nuisance, il en a théâtralisé la présentation. «Sans nom et sans visage», ce n’est pas un humain. «Sans parti» et qui «ne présentera jamais sa candidature»: ce n’est pas un leader politique, ce qui permet à Hollande se placer au-dessus de l’antisarkozysme. Enfin, «il ne sera jamais élu et pourtant il gouverne»: cet adversaire agit de façon occulte en manipulant les élus.

Barre à gauche, la finance au pilori
Présentant la finance comme une puissance des ténèbres, François Hollande répond à ceux qui l’avaient trouvé trop «mou» pendant la campagne de la primaire socialiste. Pour l’autre campagne qui vient de s’ouvrir, la vraie, celle de la présidentielle, le candidat du PS, beaucoup plus pugnace, donne un coup de barre à gauche. Lorsqu’il annonce «la fin des privilèges», on entend François Mitterrand souffler à son oreille. Il retrouve les accents de son mentor faisant la promotion du Programme commun pendant la campagne de 1981 afin de drainer les voix communistes.

Cette fois, ce sont les 17% de sympathisants socialistes qui ont voté pour Arnaud Montebourg aux primaires et les militants du Front de gauche emmené par Jean-Luc Mélenchon qu’il faut séduire. Et aussi les déçus de la gauche, victimes de la mondialisation représentée par la finance internationale, qui ont rejoint le Front national: François Hollande ne se résout pas, dit-il, à les «abandonner». En dépeignant la finance comme l’ennemi public n°1 et en retrouvant les élans mitterrandiens qui les avaient conquis voilà trente ans, il invite ces anciens sympathisants de gauche à le redevenir.

L’exercice est un peu convenu. Il n’est même pas spécifique à la gauche, mais François Hollande se l’est approprié. Nicolas Sarkozy, en septembre 2008, s’était lui-même transformé en accusateur du «capitalisme financier qui avait imposé sa logique à toute l’économie et avait contribué à le pervertir»: «L’idée que les marchés ont toujours raison était une idée folle. […] Le marché qui a toujours raison, c’est fini», avait-il annoncé. Une menace pour la finance restée lettre morte: c’est, trois ans plus tard, un boulet au passif du bilan de Nicolas Sarkozy. Reste maintenant à François Hollande à convaincre qu’il saurait allier le geste à la parole.

(...)
http://www.slate.fr/story/49057/holland ... emi-public
Mais en voici un peu plus sur la finance, qu'est-ce que la finance exactement ?
La finance désigne les méthodes et les institutions qui permettent d'obtenir les capitaux nécessaires dont on ne dispose pas et de placer ceux dont on a la disposition sans emploi immédiat ou que l'on compte utiliser plus tard. Les acteurs de la finance sont tous les agents économiques qui recherchent des capitaux ou qui souhaitent les placer.

On date généralement le début de la finance moderne, en tant que domaine d'étude et de recherche à 1958. C'est à partir de cette époque que cette discipline est devenue une sous-discipline de l'économie, en lui empruntant ses raisonnements formalisés et ses mécanismes d'optimisation. Auparavant, la gestion financière consistait essentiellement en un recueil de pratiques.

La finance est devenue largement de nos jours un négoce d'instruments et de transfert des anticipations de revenus et de risques dont les prix peuvent être négociés sur des marchés ou auprès d'institutions. Les risques en particulier peuvent être ainsi transférés à ceux disposés à les prendre (contre des revenus espérés), et les intermédiaires financiers peuvent pratiquer une compensation des risques inverses (par exemple, le risque de change d'un importateur est inverse de celui d'un exportateur, le risque de taux d'un prêteur est inverse de celui d'un emprunteur,…), la diversification des risques, etc.

Types de finance

Les outils de la finance concernent plusieurs volets, dont les principaux sont les suivants.
  • Finance d'entreprise : gestion financière des entreprises, notamment de leurs investissements et de leurs financements. C'est le domaine d'activité du directeur financier.
Finance de marché : fonctionnement des grands marchés sur lesquels il est possible d'investir, de se couvrir, ou d'utiliser des instruments financiers complexes, comme les options.
Les marchés financiers sont devenus depuis les années 1980 le principal circuit de financement de l'économie, en complément des banques. Ce mouvement a commencé aux États-Unis, où le recours aux marchés a toujours été plus répandu qu'en Europe. Ils comprennent :
les marchés d'actions, qui sont les plus connus du grand public, mais pas les plus actifs;
les marchés de crédit en plein développement;
les marchés de taux d'intérêt qui, par leurs cotations en continu, constituent de très loin le plus grand marché de la planète :
marché monétaire pour le court terme,
marché obligataire pour le moyen-long terme,
le Marché des changes ou Forex,

Il existe par ailleurs de nombreux marchés de matières premières et de produits de base : pétrole, blé, etc.

Salle de marché du NYSE avant l’introduction des écrans et de la cotation électronique

Les marchés financiers représentent des environnements spécifiques pour la finance. Ils sont distingués en fonction de la nature du besoin à couvrir :

marché monétaire
marché des changes
marché actions
marché obligataire
marché de l'assurance

etc.

Finances publiques : financement et budget de l'État, financement des collectivités publiques et des organismes sociaux,
dont finances locales : budget des collectivités locales, prêt à usage local - PUL

Finances personnelles (ou « finances privées ») : gestion de patrimoine et des revenus personnels, préparation de la retraite.


Acteurs :
Les intermédiaires financiers sont les organismes dont la vocation est de faciliter le rapprochement entre offre et demande de produits financiers.

Ils sont également distingués par la nature des produits qu'ils sont à même de négocier :

conseillers financiers et gestionnaires de fortune ;
les compagnies d'assurances avec leur portefeuille d'assurés ;
les banques qui recyclent les dépôts et l'épargne, les sociétés de crédit ;
les marchés organisés (bourses) où s'échangent divers actifs financiers négociables ;
les fonds de placement, caisses de retraites et institutions diverses ;
société de bourse ;

Tous les agents économiques ont vocation pratiquement en permanence à recourir aux moyens offerts par la finance.

Les particuliers pour leurs placements et leurs emprunts
Les entreprises pour obtenir des capitaux et gérer leur trésorerie
L'État et les collectivités publiques pour assurer l'équilibre entre leurs dépenses et leurs recettes.
Les institutions financières elles mêmes qui doivent ajuster leurs ressources et leurs emplois. Elles interviennent pour leur besoin propre sur les marchés financiers.

Une classe particulière d'organismes financiers est constituée par les instances de régulations nationales et internationales ainsi que par les agences de notation. Les marchés financiers sont en effet marqués par des épisodes de croissance exubérante et de dépression sévère qui posent le problème toujours renouvelé de leur régulation.

Les utilisateurs finaux de la finance peuvent être :

les ménages avec leur épargne, et aussi leurs emprunts
les institutions qui ont besoin d'argent (les entreprises, les États) ou d’assurances contre leurs risques.


La finance est un concept qui permet étymologiquement parlant (le mot vient de finare en latin) de caractériser ce qui concerne l'argent d'une indemnité. L'idée d'indemnité implique l'idée ici, de prendre des décisions relativement à des placements ou capitaux obtenus afin d'en obtenir la valeur financière la plus grande. La notion de richesse détenue renvoie d'abord aux éléments non monétaires tels que la santé, le bonheur, qui sont des éléments à valoriser. Mais cela inclut a priori également les investissements financiers tels que la quote-part de la valeur d'une firme par exemple. La pertinence du concept réside donc autour de l'idée de trouver des outils d'optimisation des flux financiers en prenant en compte la complexité et la variété des situations (biais de la finance comportementale, prise en comptes des intérêts divergents des parties prenantes, rationalité limitée...).

Finance et Mondialisation
Compte tenu de l'extension de la convertibilité des monnaies et de la mondialisation des échanges, la finance est désormais internationale. L'apparition de produits financiers internationaux complexes et d'opérateurs non régulés agissant à partir des paradis fiscaux a largement été associée au développement de la crise des marchés financiers qui paralyse actuellement l'économie mondiale, posant la question de la mise en œuvre de régulations mondiales renforcées.

Le système financier est international : il est présent dans chaque pays, avec des flux circulant de l'un à l'autre avec toutefois certaines restrictions locales.

Il rassemble un ensemble d'acteurs, reliés entre eux par un réseau de communication, formant une série de marchés financiers spécialisés visant chacun à équilibrer l'offre et la demande dans un actif financier particulier. Cet équilibre est obtenu par la confrontation des ordres entre les divers acteurs détenteurs de moyens monétaires ou financiers et notamment :

Au niveau des institutions financières, le système comprend les Banques supra-nationales (par exemple la Banque Centrale Européenne, la Banque des règlements internationaux), les Banques Centrales nationales, les banques commerciales, les sociétés financières, les caisses de retraites, la sécurité sociale et les caisses de prévoyance, les compagnies d'assurances, le Trésor public, les marchés financiers.

La superposition des différents marchés financiers (actions, taux d'intérêts, devises et matières premières) et son extension à tous les pays, forment le système financier international.

Le système financier cherche à faciliter une bonne allocation des capitaux, favorable à l'essor économique. Ce rôle primordial explique la place importante de la finance dans les pays développés, avec une part de 5% à 10% du PIB (Produit intérieur brut).

http://fr.wikipedia.org/wiki/Finance
Les pans de la finance : Image Pour terminer cette introduction de sujet sur la finance, voici un point de vue de J. Stigilitz qui donne des pistes pour encadrer les marchés financiers
Il n'y a pas si longtemps nous pouvions dire : "Nous sommes tous devenus keynésiens". Le secteur financier et son idéologie favorable à l'économie de marché avaient conduit le monde au bord de la ruine. Il avait alors semblé évident que le marché n'était pas auto-correcteur et que la dérégulation avait été un sombre échec.

Les "innovations" de la finance moderne n'ont ni amélioré l'efficacité à long terme, ni dopé la croissance, ni apporté davantage de richesse au bénéfice de tous. Au contraire, elles ont été conçues pour contourner les normes comptables et échapper aux impôts, pourtant nécessaires pour financer les investissements publics en matière d'infrastructure et de technologie - comme Internet - qui alimentent la croissance réelle et non la croissance fantôme, promue par le secteur financier. Le secteur financier a pontifié non seulement sur la manière de créer une économie dynamique, mais aussi sur la manière de faire face à une récession (dont seul l'Etat peut être à l'origine selon lui, et en aucun cas le marché). Chaque fois qu'une économie entre en récession, les revenus chutent et les dépenses (par exemple les indemnités chômage) augmentent, tandis que les déficits se creusent.

Les faucons de la lutte contre le déficit proclament que l'Etat doit donner la priorité à l'élimination du déficit, de préférence en diminuant les dépenses. La réduction du déficit est censée restaurer la confiance, ce qui fait revenir les investissements et en conséquence la croissance, selon un schéma de cercle vertueux. Mais aussi logique que soit ce raisonnement, l'histoire l'a infirmé à plusieurs reprises. Quand le président américain Herbert Hoover a adopté une telle méthode, la crise boursière de 1929 s'est empirée et est devenue la "Grande dépression". Lorsque le FMI a fait la même chose en Asie de l'Est en 1997, le ralentissement s'est transformé en récession, et la récession en dépression.

(...)

Les économies keynésiennes ont fonctionné : sans les mesures de relance et les stabilisateurs automatiques, la récession aurait été plus grave et plus longue, et le chômage encore plus important. Cela ne veut pas dire qu'il faut se désintéresser du niveau de la dette, mais il faut se préoccuper de la dette à long terme. Il existe une recette keynésienne toute simple : mettre fin aux dépenses improductives (comme les guerres en Afghanistan et en Irak ainsi que les plans de sauvetage inconditionnel des banques qui ne relancent pas leurs prêts) au profit d'investissements plus rentables. Deuxièmement, encourager les dépenses et promouvoir l'équité et l'efficacité en favorisant les entreprises qui réinvestissent en diminuant leur fiscalité, tout en augmentant celle des autres. Ou alors augmenter les impôts sur les bénéfices issus de la spéculation (par exemple dans l'immobilier) et sur les émissions de carbone et les sources d'énergie les plus polluantes, tout en diminuant les impôts des faibles revenus.

D'autres mesures vont dans le même sens et pourraient aider. Ainsi l'Etat pourrait soutenir davantage les banques qui prêtent aux petites et moyennes entreprises, car elles sont la principale source de création d'emplois - ou créer de nouvelles institutions financières destinées à cela, plutôt que d'aider les grandes banques qui font de l'argent avec les produits dérivés et adoptent des pratiques abusives en ce qui concerne les cartes de crédit.

Le marché financier est parvenu à instituer un système qui le conforte dans son fonctionnement : avec un marché des capitaux entièrement libre, un petit pays peut à tout moment être inondé par un flux de capitaux et devoir tout de suite après faire face à des taux d'intérêt élevés ou bien à une fermeture du robinet financier. Dans cette situation, les petits pays n'ont pas le choix, ils doivent subir le "diktat" du marché financier face à l'austérité pour éviter la fuite des capitaux.

Mais le marché financier est un maître capricieux et tyrannique. Le lendemain du jour où l'Espagne a annoncé son programme d'austérité, ses obligations chutaient. Le problème n'était pas dû à un manque de confiance dans les promesses du gouvernement, mais la certitude qu'il allait s'y tenir et que ça allait réduire la croissance et augmenter le chômage qui avait déjà atteint le taux intolérable de 20%. Autrement dit, après avoir entraîné le monde au bord de l'effondrement économique, le marché financier semble maintenant dire à des pays comme la Grèce et l'Espagne : malheur à vous si vous diminuez les dépenses, et malheur à vous si vous ne les diminuez pas !

La finance n'est qu'un moyen, elle ne constitue pas une fin en soi ; elle est censée servir les intérêts du reste de la société, et non l'inverse. Il ne sera pas facile de faire entendre raison au marché financier, mais on peut et on doit y parvenir avec une combinaison d'impôts et de régulation - et si nécessaire avec l'intervention de l'Etat pour colmater certaines brèches, ainsi qu'il le fait déjà en ce qui concerne le crédit aux petites et moyennes entreprises. Il n'est pas étonnant que le marché ne veuille pas se laisser apprivoiser. Il apprécie la manière dont les choses ont fonctionné jusqu'à présent. Pourquoi en serait-il autrement après tout ? Dans les démocraties corrompues, il a les moyens de s'opposer au changement. Mais heureusement, les citoyens européens et américains ont perdu patience. Le processus de régulation des marchés est lancé, même s'il reste beaucoup à faire.

http://lecercle.lesechos.fr/project-syn ... -financier
Donc vous l'avez compris le sujet est la finance, et plus précisément la Finance est elle notre ennemie ?
Durant ce débat nous aborderons plusieurs questions :

- La finance est elle indispensable ?
- La finance est elle à l'origine de la crise actuelle ?
- Faut il encadrer la finance (ou les marchés financiers) et comment l'encadrer ?

A lundi,
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