La démocratie à l'épreuve des réseaux sociaux

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Papibilou
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La démocratie à l'épreuve des réseaux sociaux

Message non lu par Papibilou » 12 déc. 2018, 10:10:52

Nous sommes majoritairement favorables à la démocratie dans notre pays, du moins je le pense.
Pourtant le mouvement des gilets jaunes introduit un biais inquiétant. En effet, en consultant un site Facebook des gilets jaunes je me suis aperçu qu'un certain nombre d'entre eux dénonçaient l'attentat de Strasbourg comme un détournement de leur mouvement organisé par l'état. Le but serait de démobiliser leur mouvement.
Je suis donc convaincu qu'un certain nombre de personnes ne font plus confiance aux médias traditionnels mais sont prêts à accepter toute fausse nouvelle, tout complotisme pourvu que ces "infos" figurent sur leur réseau habituel, celui auquel ils font une confiance aveugle.
On est donc devant un phénomène grave selon moi, qui fait des réseaux sociaux un canal d'information privilégié et cru par d'innombrables internautes alors qu'il colporte des mensonges et des montages scandaleux, des haines qui finissent par devenir viscérales.
Ce ne sont donc plus seulement les hommes politiques qui sont remis en cause ni l'organisation du pays mais bien une utilisation pernicieuse de ces réseaux qui peut un jour provoquer de véritables émeutes parfaitement organisées et montées par des forces intérieures (ou étrangères) du pays.
Je vois donc les réseaux sociaux comme un danger grave pour notre démocratie.
Votre avis ?

pierre30
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Re: La démocratie à l'épreuve des réseaux sociaux

Message non lu par pierre30 » 12 déc. 2018, 10:16:25

Je ne vais pas beaucoup sur Facebook, mais en discutant avec une personne qui soutient les GJ je me suis rendu compte de la quantité de fakes qui s'y échange. C'est vraiment craignos. Les gens sont agacés à la base et se montent le bourrichon en s'abreuvant d'âneries colportées. C'est pire que le café du commerce. On peut imaginer que certains ont intérêt à un mouvement de mauvaise humeur avant les prochaines européennes.

pierre30
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Re: La démocratie à l'épreuve des réseaux sociaux

Message non lu par pierre30 » 12 déc. 2018, 10:41:06

Et si des citoyens étaient promus jurés de la Nation ?

OPINION. À l'heure des réseaux sociaux, il semble inéluctable de laisser le peuple participer activement à la politique. Cela doit passer par une représentation « directe et continue » dans les…

Image



Et si la révolte des "Gilets jaunes" était la nouvelle Révolution française ? Avec lnternet, comme en 1789, notre accès au savoir et donc au pouvoir bouleverse les équilibres, remet en question les institutions, et soulève dans le peuple une soif de démocratie plus directe. La Révolution française avait été le résultat du mouvement des Lumières, une contre-culture qui eut pour conséquence un plus grand accès et partage de la connaissance comme l'illustrait l'Encyclopédie, ancêtre de wikipedia...


Ce bouleversement du monde des idées avait impliqué la critique de l'organisation sociale, hier l'anticléricalisme, aujourd'hui l'anticorporatisme. Dans les deux cas, c'est la remise en question des élites pour un nouveau système démocratique. Et cette fois-ci le terreau de la révolte ne se joue pas dans les salons bourgeois mais sur Facebook par les classes populaires et moyennes, au vu et au su de tous.

Composer avec la mobilisation politique sur le net


Car loin d'être uniquement des mouvements de contestation, expression d'une forme de révolte ou d'opposition parfois stérile - que la classe politique toise comme une forme d'anarchie -, la mobilisation politique sur le net se construit progressivement. Rien ne sert de vouloir lutter contre ce phénomène, il faut au contraire composer avec. La classe politique doit prendre conscience de cette menace de voir l'État ainsi contesté au point de potentiellement ébranler les fondements de la République.


À l'heure des réseaux sociaux, il semble inéluctable de laisser le peuple participer activement à la politique, sinon celui-ci redevient une foule apolitique qui se tournera vers des raccourcis populistes hasardeux.


L'enjeu est donc de faire de la démocratie d'opinion un facteur de modernisation de la démocratie représentative et non pas un facteur de déstabilisation en devenant ce que Pierre Rosanvallon appelle « une forme politique à part entière anti-démocratique ».

Redonner de la légitimité aux corps intermédiaires en introduisant une dose de démocratie participative


L'urgence à y parvenir est grande. D'abord parce que notre système politique craque de partout. Mais également car il prend des formes exponentielles : plus une population se connecte sur Internet, plus elle se déconnecte de ses élites. En fait, il n'est pas exagéré de considérer que la défiance aux institutions est proportionnelle au taux de pénétration des nouvelles technologies, comme ce fut le cas en 1789 avec l'accès aux écrits des philosophes des Lumières.


L'État doit accepter que cette attente de coopération et de dialogue soit intégrée au sein de ses institutions pour ne pas alimenter les formes de défiances extérieures au système. Et cela doit se traduire concrètement à travers une représentation « directe et continue » dans les institutions de la République car l'expression démocratique bouillonnante sur le net cherche à s'inscrire dans le paysage politique national.


L'objectif n'étant surtout pas de remettre en question les fondements de la Ve République, mais à l'inverse de les consolider en utilisant Internet comme ciment pour garantir la vision durkheimienne de notre société selon laquelle il est nécessaire de faire vivre des « corps secondaires territoriaux ou corporatifs entre la population et l'État de manière à empêcher à la multitude d'imposer sa volonté à l'État, tout en la protégeant contre l'attitude oppressive de ce dernier ». L'enjeu consiste donc à redonner de la légitimité à nos corps intermédiaires en introduisant une dose de démocratie participative sinon ils seront de plus en plus contournés, jusqu'au point fatidique de se voir un jour « désintermédiés ».

Inventer l'équivalent d'un jury populaire à l'Assemblée nationale


Cette démocratie collaborative n'aurait que force à tirer si elle pouvait se régénérer non seulement au travers des échéances électorales qui rythment la vie politique, mais de manière ininterrompue en aménageant la possibilité d'une « démocratie continue », une République où le lien entre gouvernés et gouvernants ne se vivrait pas par éclipses, tous les 5 ans. Comme l'expliquait Emmanuel Macron lors de son allocution du 10 décembre, nous vivons un moment historique, et nous devons imaginer une République où « chacun aura sa part dans les débats y compris même les citoyens n'appartenant pas à des partis ».


Pour répondre concrètement à cette ambition présidentielle, nous pouvons nous inspirer de notre histoire en regardant de plus près 1789. Une des grandes victoires de la Révolution française pour le peuple fut les deux grandes lois de 1790 et 1791 qui balayèrent la justice de l'Ancien Régime. La nouvelle organisation judiciaire mit en œuvre le principe selon lequel la seule légitimité qui vaille fut celle du peuple. La décision qui symbolisa l'accès à cette démocratie judiciaire fut l'instauration des jurés populaires dans les cours d'assises. N'est-ce pas une idée à adapter à notre crise démocratique ? Et si nous inventions en 2018 l'équivalent d'un jury populaire à l'Assemblée nationale pour assoir la légitimité des élus et ainsi impliquer le peuple français aux décisions qui sont prises en son nom ?


Ces jurés, sortes de « community manager » de la nation, seraient invités à co-produire l'intérêt général et à partager leur expérience sur les réseaux sociaux pour que le plus grand nombre soit associé au pouvoir populaire. Après tout, Emmanuel Macron avait intitulé son livre programme "Révolution". Faisons preuve d'ouverture et d'imagination pour que sa prophétie se fasse avec et non pas contre lui...


___


Pétition pour "Un jury populaire à l'Assemblée nationale" : https://www.change.org/p/emmanuel-macro ... -nationale


 ___


Par Arno Pons, délégué général du think tank Digital New Deal Foundation et enseignant à Sciences Po.



Article complet sur https://www.latribune.fr/opinions/tribu ... 00712.html

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johanono
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Re: La démocratie à l'épreuve des réseaux sociaux

Message non lu par johanono » 12 déc. 2018, 10:46:17

Cela rejoint un débat que nous avons déjà eu sur l'ère de la post-vérité.

Les thèses conspirationnistes et fantaisistes ont probablement toujours existé dans la tête des être humains. La nature humaine est ainsi faite : réfléchir en toute rationalité demande un effort, alors c'est plus confortable intellectuellement de croire à ce qu'on a envie de croire et de se dire que les autres mentent.

Mais clairement, les "réseaux sociaux" donnent un écho formidable à toutes ces thèses farfelues. Les "réseaux sociaux" permettent en effet à des gens qui y sont "naturellement" sensibles de rencontrer d'autres gens qui y sont sensibles également. Tout ce beau monde se monte le bourrichon et se conforte mutuellement dans des croyances farfelues.

Et ça pose clairement un souci pour le bon fonctionnement de notre démocratie. En effet, pour que la démocratie fonctionne correctement, il faut un débat démocratique correct, auquel tous les citoyens peuvent avoir accès et participer. Et pour qu'il y ait un débat démocratique correct, il faut qu'une information correcte circule, pour permettre à chacun de se forger son opinion le plus rationnellement possible. Si on se retrouve avec une fraction importante de l'opinion publique qui est sensible à toutes les thèses les plus farfelues, ça va être compliqué de débattre rationnellement.

Mais que faire ? On ne peut pas empêcher les gens de penser ce qu'ils veulent. C'est là que la démocratie trouve ses limites. La démocratie est un trésor, mais elle a une grande faiblesse : elle donne aux gens qui la combattent les outils pour le faire.

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johanono
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Re: La démocratie à l'épreuve des réseaux sociaux

Message non lu par johanono » 12 déc. 2018, 10:48:44

pierre30 a écrit :
12 déc. 2018, 10:16:25
Je ne vais pas beaucoup sur Facebook, mais en discutant avec une personne qui soutient les GJ je me suis rendu compte de la quantité de fakes qui s'y échange. C'est vraiment craignos. Les gens sont agacés à la base et se montent le bourrichon en s'abreuvant d'âneries colportées. C'est pire que le café du commerce. On peut imaginer que certains ont intérêt à un mouvement de mauvaise humeur avant les prochaines européennes.
J'ai vu ça aussi, et en effet : ça craint.

Et c'est bien pour ça que je parle des GJ avec du mépris et de l'hostilité. Je ne leur reproche pas de ne pas être d'accord avec moi, je leur reproche surtout de s'abreuver des pires conneries.

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Re: La démocratie à l'épreuve des réseaux sociaux

Message non lu par pierre30 » 12 déc. 2018, 10:51:08

Bah ! Ils ont qu'à lire actu-po au lieu d'aller sur facebook. Et c'est gratuit. :ok:

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les orteils
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Re: La démocratie à l'épreuve des réseaux sociaux

Message non lu par les orteils » 12 déc. 2018, 11:04:23

Papibilou a écrit :
12 déc. 2018, 10:10:52
Nous sommes majoritairement favorables à la démocratie dans notre pays, du moins je le pense.
Pourtant le mouvement des gilets jaunes introduit un biais inquiétant. En effet, en consultant un site Facebook des gilets jaunes je me suis aperçu qu'un certain nombre d'entre eux dénonçaient l'attentat de Strasbourg comme un détournement de leur mouvement organisé par l'état. Le but serait de démobiliser leur mouvement.
C'est juste qu'à l'initiative des gilets jaunes il y a eu le FN, spécialistes des fake news.
C'est toujours hier que commence le futur, mais la France continue de penser que tout commence demain. (Boualem SANSAL)

Papibilou
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Re: La démocratie à l'épreuve des réseaux sociaux

Message non lu par Papibilou » 12 déc. 2018, 11:24:48

pierre30 a écrit :
12 déc. 2018, 10:41:06
Et si des citoyens étaient promus jurés de la Nation ?

OPINION. À l'heure des réseaux sociaux, il semble inéluctable de laisser le peuple participer activement à la politique. Cela doit passer par une représentation « directe et continue » dans les…

Image



Et si la révolte des "Gilets jaunes" était la nouvelle Révolution française ? Avec lnternet, comme en 1789, notre accès au savoir et donc au pouvoir bouleverse les équilibres, remet en question les institutions, et soulève dans le peuple une soif de démocratie plus directe. La Révolution française avait été le résultat du mouvement des Lumières, une contre-culture qui eut pour conséquence un plus grand accès et partage de la connaissance comme l'illustrait l'Encyclopédie, ancêtre de wikipedia...


Ce bouleversement du monde des idées avait impliqué la critique de l'organisation sociale, hier l'anticléricalisme, aujourd'hui l'anticorporatisme. Dans les deux cas, c'est la remise en question des élites pour un nouveau système démocratique. Et cette fois-ci le terreau de la révolte ne se joue pas dans les salons bourgeois mais sur Facebook par les classes populaires et moyennes, au vu et au su de tous.

Composer avec la mobilisation politique sur le net


Car loin d'être uniquement des mouvements de contestation, expression d'une forme de révolte ou d'opposition parfois stérile - que la classe politique toise comme une forme d'anarchie -, la mobilisation politique sur le net se construit progressivement. Rien ne sert de vouloir lutter contre ce phénomène, il faut au contraire composer avec. La classe politique doit prendre conscience de cette menace de voir l'État ainsi contesté au point de potentiellement ébranler les fondements de la République.


À l'heure des réseaux sociaux, il semble inéluctable de laisser le peuple participer activement à la politique, sinon celui-ci redevient une foule apolitique qui se tournera vers des raccourcis populistes hasardeux.


L'enjeu est donc de faire de la démocratie d'opinion un facteur de modernisation de la démocratie représentative et non pas un facteur de déstabilisation en devenant ce que Pierre Rosanvallon appelle « une forme politique à part entière anti-démocratique ».

Redonner de la légitimité aux corps intermédiaires en introduisant une dose de démocratie participative


L'urgence à y parvenir est grande. D'abord parce que notre système politique craque de partout. Mais également car il prend des formes exponentielles : plus une population se connecte sur Internet, plus elle se déconnecte de ses élites. En fait, il n'est pas exagéré de considérer que la défiance aux institutions est proportionnelle au taux de pénétration des nouvelles technologies, comme ce fut le cas en 1789 avec l'accès aux écrits des philosophes des Lumières.


L'État doit accepter que cette attente de coopération et de dialogue soit intégrée au sein de ses institutions pour ne pas alimenter les formes de défiances extérieures au système. Et cela doit se traduire concrètement à travers une représentation « directe et continue » dans les institutions de la République car l'expression démocratique bouillonnante sur le net cherche à s'inscrire dans le paysage politique national.


L'objectif n'étant surtout pas de remettre en question les fondements de la Ve République, mais à l'inverse de les consolider en utilisant Internet comme ciment pour garantir la vision durkheimienne de notre société selon laquelle il est nécessaire de faire vivre des « corps secondaires territoriaux ou corporatifs entre la population et l'État de manière à empêcher à la multitude d'imposer sa volonté à l'État, tout en la protégeant contre l'attitude oppressive de ce dernier ». L'enjeu consiste donc à redonner de la légitimité à nos corps intermédiaires en introduisant une dose de démocratie participative sinon ils seront de plus en plus contournés, jusqu'au point fatidique de se voir un jour « désintermédiés ».

Inventer l'équivalent d'un jury populaire à l'Assemblée nationale


Cette démocratie collaborative n'aurait que force à tirer si elle pouvait se régénérer non seulement au travers des échéances électorales qui rythment la vie politique, mais de manière ininterrompue en aménageant la possibilité d'une « démocratie continue », une République où le lien entre gouvernés et gouvernants ne se vivrait pas par éclipses, tous les 5 ans. Comme l'expliquait Emmanuel Macron lors de son allocution du 10 décembre, nous vivons un moment historique, et nous devons imaginer une République où « chacun aura sa part dans les débats y compris même les citoyens n'appartenant pas à des partis ».


Pour répondre concrètement à cette ambition présidentielle, nous pouvons nous inspirer de notre histoire en regardant de plus près 1789. Une des grandes victoires de la Révolution française pour le peuple fut les deux grandes lois de 1790 et 1791 qui balayèrent la justice de l'Ancien Régime. La nouvelle organisation judiciaire mit en œuvre le principe selon lequel la seule légitimité qui vaille fut celle du peuple. La décision qui symbolisa l'accès à cette démocratie judiciaire fut l'instauration des jurés populaires dans les cours d'assises. N'est-ce pas une idée à adapter à notre crise démocratique ? Et si nous inventions en 2018 l'équivalent d'un jury populaire à l'Assemblée nationale pour assoir la légitimité des élus et ainsi impliquer le peuple français aux décisions qui sont prises en son nom ?


Ces jurés, sortes de « community manager » de la nation, seraient invités à co-produire l'intérêt général et à partager leur expérience sur les réseaux sociaux pour que le plus grand nombre soit associé au pouvoir populaire. Après tout, Emmanuel Macron avait intitulé son livre programme "Révolution". Faisons preuve d'ouverture et d'imagination pour que sa prophétie se fasse avec et non pas contre lui...


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Pétition pour "Un jury populaire à l'Assemblée nationale" : https://www.change.org/p/emmanuel-macro ... -nationale


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Par Arno Pons, délégué général du think tank Digital New Deal Foundation et enseignant à Sciences Po.



Article complet sur https://www.latribune.fr/opinions/tribu ... 00712.html
Cet article me paraît curieux à plusieurs titres:
- sur la forme comparer la révolution de 1789 qui est une révolution bourgeoise inspirée effectivement par les philosophes des lumières avec le mouvement des GJ me paraît au mieux abusif au pire caricatural car on me pardonnera si je fais une légère différence entre ce que disent les GJ ( ou leurs inspirateurs) et Voltaire ou Diderot. Qui plus est évoquer la révolution française avec une dérive digitale semble pour le moins fumeux et ce n'est pas l'évocation de Durkheim qui me le fera mieux avaler.
- sur le fond,
1) vouloir faire une assemblée citoyenne pour juger des décisions prises par le pouvoir ne me paraît admissible (et donc citoyenne) que si cette assemblée est bien issue d'un vote démocratique et pas désignée au hasard par tirage au sort. Les élus de cette assemblée devront donc avoir exprimé un avis sur un certain nombre de points qui permettront de leur attirer des suffrages. Autrement dit une assemblée nationale bis. Arno Pons est muet sur la manière dont on constitue ce "jury populaire".
Car s'il s'agit de faire de cette assemblée une copie conforme de ce que Johanono nomme le café du commerce ça ne me parait pas de nature à apporter un élément d'intelligence dans les jugements des décisions gouvernementales.
2) En revanche s'il s'agit, par ailleurs d'introduire une dose de proportionnelle dans les élections législatives pour faire plus de place à certains courants populaires (et espérons que ce ne sera pas "populistes"), pourquoi pas, même si une majorité politique me semble indispensable pour mener à bien une politique stable et faire des réformes.
3) En revanche parler d'introduire une proportionnalité dans les corps intermédiaires me paraît fumeux. De quoi parle-t-on ? de quels corps intermédiaires ? j'ai l'impression d'entendre du Ruffin dans le texte. Les corps intermédiaires sont des corps situés entre le citoyen et l'état (d'ou le mot intermédiaire) et ce sont essentiellement les partis et les syndicats. Mais une représentation proportionnelle dans ces corps intermédiaires passe par une adhésion à ces corps. A la limite, si l'auteur qui me parait farfelu sur ce point, était un peu plus clair, son article gagnerait en clarté. Car ces corps existent et ce sont précisément les GJ qui les repoussent et pourtant ils ont à ma connaissance un fonctionnement plutôt représentatif.

En conclusion je ne recommanderais pas l'enseignement de cet Arno Pons chantre des nouvelles technologies. :(

pierre30
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Re: La démocratie à l'épreuve des réseaux sociaux

Message non lu par pierre30 » 12 déc. 2018, 11:40:02

La comparaison avec les jurys populaires des assises est intéressante.
Ces jurys fonctionnent plutôt bien. J'en ai parlé avec une personne qui a participé.
Ces jurys d'assises sont encadrés par des magistrats. On pourrait donc imaginer une assemblée de citoyens tirés au sort et encadrés par des juristes ou autres spécialistes. Ils donneraient leur avis sur les textes discutés à l'assemblée ou pourraient proposer des amendements aux députés.
L'idée me parait assez intéressante.

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Re: La démocratie à l'épreuve des réseaux sociaux

Message non lu par El Fredo » 12 déc. 2018, 12:11:40

Il faudrait réactivé l'idée de "jurys citoyens" portée par Ségolène Royal en 2007. 12 ans de perdu, on aurait peut-être limité ce phénomène de défiance si on l'avait écoutée.
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Re: La démocratie à l'épreuve des réseaux sociaux

Message non lu par johanono » 12 déc. 2018, 12:55:52

C'est mignon, votre histoire de jury citoyen, ou populaire, mais je doute que ça suffise pour que des neuneus arrêtent de s'exciter sur les réseaux sociaux.

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Re: La démocratie à l'épreuve des réseaux sociaux

Message non lu par Nolimits » 12 déc. 2018, 13:04:08

Seuls les neuneus tombent dans le panneau de la grosse fake news (genre l'attentat pour faire oublier le mouvement des neuneus jaunes). Ce qui m'inquiète beaucoup plus (devant le puissance d'analyse de FB et autres dépottoirs ) c'est la manipulation beaucoup subtile (par la bande, par la répétition, par une mise en relief exacerbée...) des esprits. Je pense que même un public averti comme les membres de ce fofo peuvent en être victimes.

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Re: La démocratie à l'épreuve des réseaux sociaux

Message non lu par johanono » 12 déc. 2018, 13:05:46

A quelle manipulation songes-tu?

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Re: La démocratie à l'épreuve des réseaux sociaux

Message non lu par Nolimits » 12 déc. 2018, 13:07:41

johanono a écrit :A quelle manipulation songes-tu?
Des infos mises en avant de manière amplifiée, des infos minimisées, des variations subtiles d'orientations de l'info, bref de la subtilité qui peut amener à incurver un positionnement idéologique.

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Re: La démocratie à l'épreuve des réseaux sociaux

Message non lu par Narbonne » 12 déc. 2018, 14:35:06

Il y a environ 300 pages soit disant GJ sur FB. Il est clair que beaucoup sont des fakes.
Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait.

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