La tomate italienne face à la tomate ghanéenne : illustration des méfaits de la mondialisation

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Baltorupec
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Re: La tomate italienne face à la tomate ghanéenne : illustration des méfaits de la mondialisation

Message non lu par Baltorupec » 08 sept. 2014, 17:40:25

Tiens, j'ai appris récemment que du porc élevé par les gaulois de belgique était vendu dans la Rome antique (je n'ai plus les sources), comme quoi ça ne date pas d'hier.
“Tout ce que tu peux régler pacifiquement, n’essaie pas de le régler par une guerre ou un procès.” Jules Mazarin

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Jeff Van Planet
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Re: La tomate italienne face à la tomate ghanéenne : illustration des méfaits de la mondialisation

Message non lu par Jeff Van Planet » 08 sept. 2014, 17:57:21

johanono » 07 Sep 2014, 20:43:32 a écrit :
Jeff Van Planet » Dim 7 Sep 2014 - 19:58 a écrit :
El Fredo » 07 Sep 2014, 18:54:50 a écrit :Ca fait longtemps qu'on dénonce le système des subventions agricoles qui flingue les économies du Sud et pousse ses habitants à l'immigration. En France on a le même système avec le poulet.

C'est à peu près ce que j'allais dire.
A peu près par ce que ce que j'allais demander c'est si Le problème ne proviendrait pas plutôt des subventions que de la mondialisation. (sachant que c'est une question rhétorique^^)
En effet, c'est le principe même du libre-échange mondial qui pousse à de telles aberrations économiques et écologiques. Grâce aux charmes du libre-échange, on peut désormais avoir un légume cultivé dans un pays, transformé dans un autre pays, et vendu dans un troisième pays à l'autre bout du monde. Pareil pour les poissons, les crustacés. Les subventions sont une façon de protéger nos producteurs d'une certaine concurrence déloyale, mais parfois, elles n'atteignent pas leur but, ou alors elles ont des effets pervers (par exemple quand elles étouffent un secteur de production dans des pays en voie de développement).

Ne serait-il pas plus propre écologiquement et plus sain économiquement de faire en sorte que, dans la mesure du possible, nous consommions des productions locales ? Par exemples, les tomates françaises seraient vendues en France, les tomates ghanéennes réservées au marché africain...
Première chose: en quoi est-ce une aberration? Est-ce une aberration de cultiver du maïs en Poitou Charentes pour le mettre en boîte en bourgogne puis le vendre en Bretagne?
Pourtant il n'y à aucunes différence.

Deuxième chose: les subventions ne protègent rien du tout, bien au contraire! Sachant que personne n'est, n'à été, ne sera assez intelligent pour prédire TOUTE les conséquences des intervention (en l'occurrence les subventions) il y aura toujours des effets pervers.
Après on peut toujours se cacher derrière des idéologies en disant que le problème provient soit du capitalisme, soit du mondialisme, soit de je ne sais quoi, mais la réalité est que le problème n'est pas le libre échange, mais plutôt les subventions et le travail au noir.

Troisième chose, écologiquement, il serait certainement plus sain de consommer local, mais honnêtement, sommes nous vraiment prêts à délaisser les Jeans en coton pour mettre des pantalon en lin?
Ou alors, sommes nous prêts à faire comme nos grands-parents, et planter nos légumes dans nos jardins? çà déjà çà diminuerait la demande de fruits et légumes. Mais sommes nous vraiment prêts à çà?

Est-ce que économiquement parlant, il est sain de priver les consommateurs de producteurs et les producteurs de consommateurs? Car ta question est celle là. Ma réponse est que ce n'est tout simplement pas logique que de priver un consommateur de son "droit de vote économique" en le privant de producteurs.

Je conclu avec une observation sur une tournure: <<les tomates françaises seraient vendues en France, les tomates ghanéennes réservées au marché africain>> les tomates ghanéennes vendues en Afrique... Pourquoi ne pas avoir dit au Ghana?^^
Le grand problème de notre système démocratique c'est qu'il permet de faire démocratiquement des choses non démocratiques.
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Baltorupec
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Re: La tomate italienne face à la tomate ghanéenne : illustration des méfaits de la mondialisation

Message non lu par Baltorupec » 08 sept. 2014, 19:05:03

Jeff Van Planet » Lun 8 Sep 2014 - 17:57 a écrit :
johanono » 07 Sep 2014, 20:43:32 a écrit :
Jeff Van Planet » Dim 7 Sep 2014 - 19:58 a écrit :
El Fredo » 07 Sep 2014, 18:54:50 a écrit :Ca fait longtemps qu'on dénonce le système des subventions agricoles qui flingue les économies du Sud et pousse ses habitants à l'immigration. En France on a le même système avec le poulet.

C'est à peu près ce que j'allais dire.
A peu près par ce que ce que j'allais demander c'est si Le problème ne proviendrait pas plutôt des subventions que de la mondialisation. (sachant que c'est une question rhétorique^^)
En effet, c'est le principe même du libre-échange mondial qui pousse à de telles aberrations économiques et écologiques. Grâce aux charmes du libre-échange, on peut désormais avoir un légume cultivé dans un pays, transformé dans un autre pays, et vendu dans un troisième pays à l'autre bout du monde. Pareil pour les poissons, les crustacés. Les subventions sont une façon de protéger nos producteurs d'une certaine concurrence déloyale, mais parfois, elles n'atteignent pas leur but, ou alors elles ont des effets pervers (par exemple quand elles étouffent un secteur de production dans des pays en voie de développement).

Ne serait-il pas plus propre écologiquement et plus sain économiquement de faire en sorte que, dans la mesure du possible, nous consommions des productions locales ? Par exemples, les tomates françaises seraient vendues en France, les tomates ghanéennes réservées au marché africain...
Première chose: en quoi est-ce une aberration? Est-ce une aberration de cultiver du maïs en Poitou Charentes pour le mettre en boîte en bourgogne puis le vendre en Bretagne?
Pourtant il n'y à aucunes différence.

Deuxième chose: les subventions ne protègent rien du tout, bien au contraire! Sachant que personne n'est, n'à été, ne sera assez intelligent pour prédire TOUTE les conséquences des intervention (en l'occurrence les subventions) il y aura toujours des effets pervers.
Après on peut toujours se cacher derrière des idéologies en disant que le problème provient soit du capitalisme, soit du mondialisme, soit de je ne sais quoi, mais la réalité est que le problème n'est pas le libre échange, mais plutôt les subventions et le travail au noir.

Troisième chose, écologiquement, il serait certainement plus sain de consommer local, mais honnêtement, sommes nous vraiment prêts à délaisser les Jeans en coton pour mettre des pantalon en lin?
Ou alors, sommes nous prêts à faire comme nos grands-parents, et planter nos légumes dans nos jardins? çà déjà çà diminuerait la demande de fruits et légumes. Mais sommes nous vraiment prêts à çà?

Est-ce que économiquement parlant, il est sain de priver les consommateurs de producteurs et les producteurs de consommateurs? Car ta question est celle là. Ma réponse est que ce n'est tout simplement pas logique que de priver un consommateur de son "droit de vote économique" en le privant de producteurs.

Je conclu avec une observation sur une tournure: <<les tomates françaises seraient vendues en France, les tomates ghanéennes réservées au marché africain>> les tomates ghanéennes vendues en Afrique... Pourquoi ne pas avoir dit au Ghana?^^
Du point de vue naturel, rassure toi, quand elle est soumise à un stress, la nature à une sérieuse tendance à s'autoréguler.
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Ramdams
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Re: La tomate italienne face à la tomate ghanéenne : illustration des méfaits de la mondialisation

Message non lu par Ramdams » 08 sept. 2014, 19:20:58

De mon séjour aux Pays-Bas, j'ai remarqué dans les grandes surfaces que tous les fruits et légumes mis en rayon et pouvant être cultivés aux Pays-Bas provenaient effectivement des Pays-Bas. Il est peut-être plus facile de parler de "consommer local" dans un pays onze fois moins grand que la France (mais pourtant deuxième exportateur agricole mondial en 2011) mais j'ai comparé plusieurs Lidl (qui, a priori, aurait tout intérêt à aller importer ses fruits et légumes là où la main d'oeuvre est la moins chère). Résultat : dans les Lidl néerlandais, les oignons, aulx, pommes et j'en passe provenaient quasiment tous des Pays-Bas ; dans les Lidl français, ils proviennent aussi bien des Pays-Bas, que d'Australie (!) et seules quelques variétés de pommes qui font la réputation de la France proviennent effectivement de la France.

Donc, le "consommer local" peut être appliqué, au moins dans ce domaine-là, tout en respectant les impératifs économiques.

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Re: La tomate italienne face à la tomate ghanéenne : illustration des méfaits de la mondialisation

Message non lu par Jeff Van Planet » 09 sept. 2014, 18:43:49

Ramdams » 08 Sep 2014, 19:20:58 a écrit :De mon séjour aux Pays-Bas, j'ai remarqué dans les grandes surfaces que tous les fruits et légumes mis en rayon et pouvant être cultivés aux Pays-Bas provenaient effectivement des Pays-Bas. Il est peut-être plus facile de parler de "consommer local" dans un pays onze fois moins grand que la France (mais pourtant deuxième exportateur agricole mondial en 2011) mais j'ai comparé plusieurs Lidl (qui, a priori, aurait tout intérêt à aller importer ses fruits et légumes là où la main d'oeuvre est la moins chère). Résultat : dans les Lidl néerlandais, les oignons, aulx, pommes et j'en passe provenaient quasiment tous des Pays-Bas ; dans les Lidl français, ils proviennent aussi bien des Pays-Bas, que d'Australie (!) et seules quelques variétés de pommes qui font la réputation de la France proviennent effectivement de la France.

Donc, le "consommer local" peut être appliqué, au moins dans ce domaine-là, tout en respectant les impératifs économiques.

Je ne suis pas sûr que tu veuilles vraiment que çà se passe en France. Tu es déjà rentré dans une serre de Tomates au PB? moi oui, et je peux te dire qu'il s'y parle très peu néerlandais et beaucoup Polonais.
Sachant en plus que beaucoup de uitzernburos (agences d'imterim) ne payent pas les congés de leurs immigrés.

Connaissant tes convictions politiques, je ne suis pas sûr que souhaites vraiment que çà se passe comme çà en France.
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Re: La tomate italienne face à la tomate ghanéenne : illustration des méfaits de la mondialisation

Message non lu par Nombrilist » 09 sept. 2014, 20:57:33

Merci Jeff. Connaissant les salaires aux Pays-Bas, je trouvais ça bizarre aussi.
Comment un homme politique français peut-il placer les intérêts de son propre pays derrière les intérêts d'un pays concurrent ? Simple: en se faisant élire sans être franchement ambiguë sur la question.

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Ramdams
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Re: La tomate italienne face à la tomate ghanéenne : illustration des méfaits de la mondialisation

Message non lu par Ramdams » 10 sept. 2014, 12:51:19

Il y a un salaire minimum aux Pays-Bas, plus élevé qu'en France, et qui concerne à peine 2 % des salariés (contre 17 en France, le taux le plus élevé de l'UE). On ne peut pas vraiment parler d'esclavage.

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Re: La tomate italienne face à la tomate ghanéenne : illustration des méfaits de la mondialisation

Message non lu par Jeff Van Planet » 10 sept. 2014, 17:06:11

Ramdams » 10 Sep 2014, 12:51:19 a écrit :Il y a un salaire minimum aux Pays-Bas, plus élevé qu'en France, et qui concerne à peine 2 % des salariés (contre 17 en France, le taux le plus élevé de l'UE). On ne peut pas vraiment parler d'esclavage.
Il y à un salaire minimum, mais il est facilement contournable.
Première chose, on passe par une agence d'imterim (uitzernburo) qui embauche des travailleurs immigrés.
Deuxième chose, l'agence fournie logement et transport aux travailleurs.

De cette façon on peut payer à 5€ de l'heure, voir moins car la différence se justifie par la facturation à l'employer du logement et du transport.
Bien sûr la différence de 5€ de l'heure (fois le nombre d'heures) et le SMIC est largement supérieur aux coût du logement et du transport.
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