Irlande: Les banques veulent les intérêts et les primes d'in

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El Fredo
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Message non lu par El Fredo » 29 nov. 2010, 17:39:00

Irlande: Les banques veulent les intérêts et les primes d'intérêts de la crise

Plusieurs choses à dire sur l’aide à l’Irlande. Je commence par quelques principes généraux.

Quand un pays connaît des difficultés de dette ou de déficit publics, les taux dont il doit s’acquitter pour des emprunts de diverses maturités s’élèvent. Il s’agit là d’une règle générale qui s’applique bien entendu à tout emprunteur, État, société ou particulier. Cette hausse a pour cause ce qu’on appelle le « risque de crédit », autrement dit, le risque de non-remboursement. Quel en est le mécanisme ?

En raison du risque de non-remboursement, l’emprunteur inclut dans le taux qu’il réclame une prime de risque : en réclamant un taux d’intérêt plus élevé qu’il ne serait normal s’il n’existait aucun risque de ne pas voir l’argent avancé lui revenir, le prêteur se constitue une cagnotte dont l’objectif est de couvrir, statistiquement, le risque qu’un jour l’un de ses emprunteurs ne pourra pas payer la somme ou ne la remboursera que partiellement. Les produits dérivés appelés Credit-Default Swaps (CDS) sont là pour évaluer le risque de défaut : celui qui court un risque est bien motivé en effet à l’évaluer correctement.

Sauf que l’on peut contracter un CDS sans être exposé à un risque (position « nue »), juste pour le plaisir de parier sur le malheur d’un État et gagner de l’argent sur le malheur de sa population (Ouh ! les vilains ; voir l’entretien avec Pascal Canfin, à propos de son initiative contre les CDS « nus »,aujourd’hui dans Les Échos).

Pas touche aux primes des banques !

Ceci étant compris, quatre questions se posent :

Première question
Comment expliquer alors l’indignation de candidats prêteurs [les banques et organisations financières, NdR] à la suggestion de l’Allemagne qu’à partir de 2013, les prêteurs à un État de la zone euro pourront être à mis à contribution en cas de difficultés pour l’emprunteur, sous la forme d’une restructuration, d’une baisse du taux ou d’un rééchelonnement de la dette, puisqu’il s’agit de l’éventualité précisément couverte par l’inclusion d’une prime de risque (parfois considérable) dans le taux d’intérêt ? Ces investisseurs considèrent-ils que la surcote du taux de la dette d’État est un cadeau qui leur est simplement accordé ? La réponse est oui : ils n’ont jamais alimenté de cagnotte avec cette surcote, ils ont pris la mauvaise habitude de la considérer comme une aubaine pure et simple.

Deuxième question
Pourquoi l’Irlande ou la Grèce doivent-elles accorder des taux élevés (Euribor 3 mois + 3,5 %) aux pays européens qui leur viennent en aide puisque le mécanisme mis en place a pour but d’empêcher qu’elles fassent défaut, ce qui signifie que le risque de crédit est réduit à zéro, et qu’il n’y a donc aucune justification à l’inclusion d’une prime de risque dans le taux réclamé ? Ces nations prêteuses considèrent-elles que la surcote du taux est un cadeau qui leur est simplement accordé ? Même réponse que plus haut : il n’y a pas de petit profit (surtout s’il est gros, comme dans ce cas-ci !).

Un « compromis » pour tuer toute sécurité

Troisième question
Pourquoi appeler « compromis » le fait qu’après avoir dit qu’à partir de 2013, les prêteurs de la zone euro seront éventuellement exposés à une restructuration de la dette des États, on ajoute que les situations seront examinées « au cas par cas » ? C’est difficile à dire puisqu’il ne s’agit pas d’un compromis mais de l’ajout d’une clause qui émascule complètement le principe général, le « cas par cas » rendant la règle totalement inapplicable puisque fondée sur l’arbitraire. L’incertitude du prêteur sera totale sur ce qui l’attend ! A-t-on entendu parler au niveau le plus élevé où ces décisions se prennent, de la surcote d’incertitude qu’exigent les marchés ?

Quatrième et dernière question
Les « stress-tests », les fameux tests de résistance des banques européennes ayant été faits en excluant l’hypothèse d’une restructuration de la dette d’un quelconque pays de la zone euro, doivent-ils être refaits maintenant que la restructuration est envisagée ? La réponse est oui.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.
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Message non lu par mps » 29 nov. 2010, 17:52:00

Pour  les stress tests,ils sont déjà en révision complète. Ton artile retarde.

Pour le taux,  il est de 5,8 % annuel révisible en fonction du marché



Lors d'une conférence de presse, M. Bowen a précisé que le taux d'intérêt allait varier avec le temps et selon les conditions du marché

Essaie parfois de lire la presse sérieuse ...
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El Fredo
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Message non lu par El Fredo » 29 nov. 2010, 19:17:00

Non, on parle des stress tests réalisés, pas de ceux en prévision.

Quand au taux d'intérêt de 5,8% il est identique à celui dont bénéficiait l'Irlande il y a plusieurs mois, ce qui ne lui a pourtant pas permis de se redresser. Bref, on s'achemine vers une restructuration de la dette.

http://krugman.blogs.nytimes.com/2010/1 ... n-bailout/
http://krugman.blogs.nytimes.com/2010/1 ... -drowning/
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Message non lu par El Fredo » 02 déc. 2010, 21:37:00

Un billet de l'économiste irlandais Kevin O’Rourke, relayé par Paul Krugman vu que le site original est victime de son succès (ce qui est en soi une information significative).

http://krugman.blogs.nytimes.com/2010/1 ... agonistes/

Traduction : l'Irlande est foutue, et c'est la faute de la Commission Européenne et de la BCE qui ont opposé leur veto au plan du FMI (qui dans cette histoire joue le rôle du gentil, aussi étonnant que ça puisse paraître), et ainsi préféré sacrifier la solvabilité de l'Etat Irlandais et son peuple avec, dans le seul but d'épargner les banques et les créanciers. Le peuple Irlandais émigre en masse et le seul espoir de ceux qui restent est de faire la révolution dans les urnes, à l'Islandaise.
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Message non lu par racaille » 02 déc. 2010, 22:55:00

C'est vrai j'ai lu ça aussi hier soir sur Mediapart, le FMI a été nettement plus coulant que les orthodoxes de l'austérité made in BCE. Etonnant !

Est-ce qu'on est en train d'assister aux prémisses de la seconde grande vague historique d'émigration irlandaise ?
Ce qui distingue principalement l'ère nouvelle de l'ère ancienne, c'est que le fouet commence à se croire génial. K M

Cobalt

Message non lu par Cobalt » 03 déc. 2010, 08:40:00

Bien,c'est exactement le principe du crédit , en prime c'est un révolving la dette se rembourse d'abord par les intérêts,une fois cela réglaient,le reste du remboursement  de la dette est du bénéfice.Il est certain dans ces conditions que ce n'est plus de l'aide,mais du financement à viser de gain.

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Message non lu par mps » 03 déc. 2010, 10:10:00

Bien,c'est exactement le principe du crédit , en prime c'est un révolving la dette se rembourse d'abord par les intérêts,une fois cela réglaient,le reste du remboursement  de la dette est du bénéfice.Il est certain dans ces conditions que ce n'est plus de l'aide,mais du financement à viser de gain.

Hein ????

Le remboursement du principal serait du bénéfice ? Où as-tu été chercher cela ?
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Message non lu par El Fredo » 03 déc. 2010, 10:22:00

Ce que Cobalt a voulu dire c'est que, comme pour un crédit revolving, les créanciers voient leurs créances largement remboursées par les seuls intérêts sans même que le principal ait été entamé.
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Cobalt

Message non lu par Cobalt » 03 déc. 2010, 10:53:00

El Fredo a écrit :Ce que Cobalt a voulu dire c'est que, comme pour un crédit revolving, les créanciers voient leurs créances largement remboursées par les seuls intérêts sans même que le principal ait été entamé.
Merci pour la traduction mais est ce que cela correspond aussi à tes explications citées plus haut ?

Un petit exemple sur une carte de crédit d'un super-marché (ce cas qui est arrivée à une amie,je ne fais pas ma mps icon_biggrin )

Elle a payé avec cette carte des courses (pour 1500 euros)au super-marché croyant que c'était une banale carte bancaire avec un paiement de 30 jours différé.Conclusion pendant un an il lui était prélevé sur son compte 45 euros soit 15 euros du remboursement de la dette et 35 euros d'intérêt,ceci explique cela.Quand les intérêts sont prohébitifs la banque ne risque pas de perdre de l'argent même si la dette n'était pas totalement remboursée,en un an elle a donné 420 euros d'intérêt et 180 euros de remboursement sur sa dette autant dire que l'intégralité de sa dette aurait été rembousée en trois ans sans les intérêts d'emprunt bien sûr.

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Message non lu par El Fredo » 03 déc. 2010, 10:58:00

Je ne sais pas. Tout ce que je sais c'est que si les intérêts sont trop élevés alors l'Etat irlandais sera incapable de rembourser le principal, ce qui revient en effet à un crédit revolving.
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Cobalt

Message non lu par Cobalt » 03 déc. 2010, 11:19:00

Enfin,si j'ai bien compris le principe du FMI qui était là à l'origine pour aider les pays en difficulté en leur faisant un prêt,si aujourd'hui les intérêts d'emprunt servent essentiellement à faire des bénéficent on ne peut plus parler d'aide,mais de financement à intérêt prohébitif ? dans le but de faire des gains sur des pays déjà en faillite ? c'est cela ou pas ?

A rajouter aussi à ce que tu dénonces.

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Message non lu par mps » 03 déc. 2010, 17:15:00

5,8 %, cela n'a rien d'un taux usuraire.
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Message non lu par GIBET » 05 déc. 2010, 03:09:00

La dette de l'Irlande est colossale puisqu'elle représente 53% de son PIB!!! 90% de sa dette est détenue par des investisseurs étrangers
C'est l'équivalent d'une sur-endettement de personnes complètement dépassés par leurs dettes et leurs emprunt
L'Irlande ne trouvait plus sur le marché que des taux à 9% et l'UE lui prête à 5,8%
Ce n'est pas le FMI qui prête mais ce sont les Etats. Le FMI ne prête que 23 milliards sur les 85 avancés.
40 milliards son prêtés par les 27 via un prêt garanti par le budget communautaire et un autre par le fonds européen de stabilité financière. Le danemark et la Suède versent 5 millairs chaxcun . L'Irlande contribue pour 17 milliards puisés dans le fonds de retraite national
Comment seront  dispatchés ces 85 milliards:
* 10 milliards pour recapitaliser les banques (cela coûte cher la spéculation immobilière  quand çà foire!!!)
* 25 milliards pour faire face aux aléas à venir
* 50 milliards pour combler les trous gigantesques du budget de l'Etat

Certes cela va être une pression sociale énorme ...mais comment était donc financé le miracle Irlandais????
Les gens vont partir dans la famille...au Canada , aux USA ou en Angleterre
Voila ce que la mondialisation du capitalisme financier et boursier à fait d'un pays
Ce n'est pas le libéralisme qui est en cause c'est de courir après une fausse monnaie pour s'enrichir!! Eh oui l'Irlande est devenu un pays de faussaires pour spéculer sur la bulle immobilière qui leur a pété à la figure!!!
GIBET

NOTA: La France grâce avec ses AAA payés par nos retraites, emprunte au dessous de 5,8% sur le marché. Elle table donc que le différentiel lui rapportera des intérêts très rapidemet puisqu' n principe c'est un prêt à court terme. Sympa de gagner de l'argent sur le dos de ceux à qui on offre un "plan de sauvetage". C'est cela la solidarité libérale . Elle doit rapporter plus qu'elle coûte et tant pis si le peuple Irlandais paie pour ses spéculateurs!!!
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Message non lu par mps » 05 déc. 2010, 08:32:00

La dette iralandaise est colossale avec 53% de son PIB ?

Et celle de la France ?

La dette publique, « au sens de Maastricht » estimée par l'Insee, a été évaluée pour la fin 2009 à 1 489 milliards d'euros, soit environ 77,6 % du PIB[1].
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Message non lu par Nombrilist » 05 déc. 2010, 10:04:00

"Elle doit rapporter plus qu'elle coûte et tant pis si le peuple Irlandais paie pour ses spéculateurs!!!"

Pour le coup, vu que l'Irlande entend continuer son dumping social à nos frais, je trouve ça normal.
Comment un homme politique français peut-il placer les intérêts de son propre pays derrière les intérêts d'un pays concurrent ? Simple: en se faisant élire sans être franchement ambiguë sur la question.

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