Sorties de l'euro.

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mps
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Sorties de l'euro.

Message non lu par mps » 19 sept. 2011, 09:56:36

La sortie de l'euro est l'oeuf de Colomb des décérébrés.
Quelques lignes pour remettre les pendules à l'heure.



http://medias.lemonde.fr/mmpub/img/lgo/lemonde_pet.gif


http://medias.lemonde.fr/mmpub/img/bt/je_popup_d.gif

13 septembre 2011

La sortie de l'euro est une impasse

http://www.lemonde.fr/journalelectroniq ... pg.567.jpg






Il peut paraître futile de passer chaque année à l'heure d'été, quand il suffirait que chacun décide de venir une heure plus tôt au travail. Pourtant, le changement d'heure est pratique courante, parce qu'il est infiniment plus facile de retarder les montres que de changer ses habitudes.

C'est sur la base de ce raisonnement qu'on entend de plus en plus souvent suggérer la sortie de l'euro aux pays dont la compétitivité s'est dégradée. Plutôt que d'espérer que, par le jeu de dizaines de millions de décisions indépendantes, entreprises et salariés s'astreignent laborieusement à résorber l'inflation passée des prix et des salaires, il suffirait, dit-on, de rétablir la compétitivité en abaissant le taux de change de la nouvelle monnaie du pourcentage voulu. Toute l'expérience monétaire enseigne effectivement que, pour un même résultat final, une dévaluation interne (par baisse de l'ensemble des prix et des salaires) est considérablement plus difficile à réussir qu'une dévaluation du taux de change. Mais, même si l'on ignore les enjeux politiques européens d'une telle décision, le raisonnement pèche par omission sur plusieurs points.

Le premier obstacle est juridique. Le traité européen comporte une clause de sortie volontaire de l'Union, mais pas de clause de sortie de l'euro. Un Etat peut donc quitter l'Union (et renoncer au bénéfice des fonds d'aide régionaux, importants dans les cas grec et portugais, et des transferts au titre de la politique agricole), mais rien ne prévoit qu'il puisse sortir de l'euro et rester dans l'Union.

Le deuxième obstacle est technique. Il est facile de changer de monnaie dans un pays financièrement sous-développé : il suffit de commander de beaux billets tout neufs. Mais c'est une tout autre affaire dans une économie moderne. Il a fallu, pour passer à l'euro, des années de préparation et d'adaptation des systèmes informatiques, suivies d'un rodage prolongé. Le quitter sans délai serait coûteux et perturbateur.

Le troisième obstacle est économique. Les avocats d'une sortie prétendent anticiper une dévaluation contrôlée de la nouvelle monnaie. C'est oublier que les pays susceptibles de faire ce choix souffrent d'un déficit de crédibilité. Il est illusoire de penser qu'ils pourraient décider de leur taux de change. Si nouvelles monnaies il y a, leur prix sera ce que décideront les marchés. Lorsque l'Argentine à rompu son lien fixe avec le dollar, en janvier 2002, le gouvernement a annoncé un nouveau taux de change de 1,4 peso (au lieu de 1 peso) pour 1 dollar. En juillet, il était de 4 pesos pour 1 dollar. La monnaie avait perdu les trois quarts de sa valeur.

Une baisse des trois quarts du taux de change, pourrait-on croire, garantit une économie hypercompétitive. Elle multiplierait cependant le prix des produits importés par quatre, ce qui appauvrirait massivement les consommateurs et rendrait les entreprises incapables de se procurer équipements et produits non finis. Ce n'est pas ainsi qu'on recommence à exporter.

Le quatrième obstacle est financier. Et c'est le plus sérieux de tous. Raisonner sur la compétitivité, l'inflation ou le pouvoir d'achat, c'est négliger les créances et dettes des ménages, des entreprises ou de l'Etat, qui sont aujourd'hui libellées en euros. Certes, les engagements entre résidents d'un même pays pourraient être relibellés dans la nouvelle monnaie. Mais il n'en irait pas de même entre résidents et non-résidents.

Or, selon les évaluations de Claire Waysand, du Fonds monétaire international, les créances et dettes des pays de l'euro vis-à-vis de leurs partenaires s'élèvent en moyenne à 200 % du produit intérieur brut. Les obligations publiques de l'Etat grec détenues par les banques françaises et allemandes, qui inquiètent tant, ne sont ainsi qu'une fraction d'un écheveau bien plus vaste. Les entreprises, les banques, les assurances, verraient certains postes de leur bilan demeurer en euros, tandis que d'autres subiraient une brutale chute de valeur. Certains y gagneraient, d'autres feraient instantanément faillite. Ce serait comme si fortune et ruine étaient soudainement tirées à la loterie.

Qui plus est, une sortie - parce qu'elle n'est pas prévue - ne pourrait pas se faire en une nuit. Les déposants auraient le temps de retirer leur argent des banques, et les banques d'emprunter auprès de leur banque centrale pour effectuer des placements dans les pays destinés à rester dans l'euro.

Ces comportements de précaution ne feraient qu'ajouter au désastre. Face aux tourments dans lesquels se débat la Grèce, la tentation d'une alternative ne peut que monter. Mais le scénario d'une sortie en douceur est une fiction.

Si d'aventure celle-ci se produit, elle se fera dans le chaos. Elle sera économiquement destructrice, financièrement ruineuse et socialement dévastatrice.

Jean Pisani-Ferry

est économiste

et directeur de Bruegel, centre

de recherche et de débats sur les politiques économiques en Europe.

Courriel : chronique@pisani-ferry.net

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un artisan
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Re: Sorties de l'euro.

Message non lu par un artisan » 19 sept. 2011, 10:39:12

Bien inconscient serait celui qui oserait prétendre que la fin de l'euro aurait telles ou telles conséquences.
Les économistes se sont plantés sur toute la ligne, aucun n'avait prévu la crise,aucun n'avait dénoncé le traité européen et surtout ce mélange infâme d'économies disparates...Après 10 ans de règne européen , les marchés remettent tout en cause, ce ne sont pas les économistes (qui n'ont jamais dénoncé antérieurement la dette et ces probables conséquences) mais exclusivement le monde financier ,renvoyant nos politiques à leurs chères études ....
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artragis
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Re: Sorties de l'euro.

Message non lu par artragis » 19 sept. 2011, 11:46:36

aucun n'avait prévu la crise
C'est cela, oui...
aucun n'avait dénoncé le traité européen
tout à fait thierry
ce ne sont pas les économistes (qui n'ont jamais dénoncé antérieurement la dette et ces probables conséquences
J'entends bien.
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Cobalt

Re: Sorties de l'euro.

Message non lu par Cobalt » 19 sept. 2011, 12:24:30

Je ne suis pas d'accord pour une fois avec Artisan ,si j'en crois ce que dit Attali,ils savaient très bien que chaque traité amènerait à un autre,pour consolider l'Europe,on serait bien naïf de croire,que nos chefs d'état sont des idiots,car même si il y en a de moins intelligent que d'autre,ils sont tous très entourés,et je suppose que les décisions se prennent en fonction de toutes les têtes pensantes,il y aura de fait une gouvernance européenne et une mutualisation des dettes,et si cela ne se fait pas pour l'instant c'est seulement pour des raisons électorales,puisque les peuples sont contre l'aide à la dette grèque,ils ne veulent pas perdre leurs présidences sur ce coup là,et ça ce n'est pas en leur honneur.

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johanono
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Re: Sorties de l'euro.

Message non lu par johanono » 19 sept. 2011, 13:13:52

"Si d'aventure celle-ci se produit, elle se fera dans le chaos. Elle sera économiquement destructrice, financièrement ruineuse et socialement dévastatrice."

Faire peur. C'est l'argument type de euro-fédéralistes. Sur quoi se basent-ils pour affirmer, de façon aussi péremptoire, que la sortie de l'euro serait économiquement destructrice, financièrement ruineuse et socialement dévastatrice ?

Parce que l'euro, qui empêche la Grèce de dévaluer, de restructurer sa dette ou de monétiser sa dette, et qui enferme ce pays dans des plans d'austérité dramatiques, il n'est pas socialement dévastateur, peut-être ?

Parce que l'euro, qui oblige l'Allemagne et la France à payer la dette de la Grèce, il n'est pas financièrement ruineux, peut-être ?

Parce que l'euro, géré par une BCE qui n'a pour objectif que de juguler l'inflation au lieu de stimuler la croissance, il n'est pas économiquement destructeur, peut-être ?

Et ce sont ces gens-là, qui ont défendu une monnaie unique dont on perçoit les méfaits aujourd'hui, qui viennent nous donner des leçons d'économie ?

Cobalt

Re: Sorties de l'euro.

Message non lu par Cobalt » 19 sept. 2011, 14:11:20

Elle ne se produira pas,il est surtout temps que les gouvernants des pays de l'euro merkel et sarko dotent l'Europe d'outil nécessaire à la finalisation de cette ambition,qui aura dans l'avenir,le poids nécessaire pour être d'égal à égal avec les autres continents,et qu'ils ne le fassent pas pour des raisons électorales,est une preuve de leur manque de courage,nos hommes d'états actuels sont médiocres pour ce cas précis.

un artisan
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Re: Sorties de l'euro.

Message non lu par un artisan » 19 sept. 2011, 16:35:48

Que ce soit Merkel ou Sarko ou tout autre ,je percois mal les solutions. Les pays les plus importants en Europe sont certes les plus gros contibuteurs des finances de la BCE ,mais parrallèllement ce sont aussi les plus endettés et à contrario les plus petits s'avèrent généralement les plus sains financièrement. Il est vrai que ce sont aussi les plus pauvres socialement avec un taux horaire très faible.
Il était illusoire de croire que l'Europe puisse pallier toutes ces disparités. il m'apparait inéluctable que les différences de niveaux de vie entraîne une migration européenne ,facilitée en cela par des lois inadéquates.
Les dettes souveraines sont trop importantes pour que le système y survive, car il ne touche pas seulement les nations ,mais aussi les banques, la BCE actuellement prète sur fonds nationnaux à ces dernières, preuves s'il en faut de leur précarité financière.
Si on analyse les propos de Christine Lagarde et ceux d'autres économistes ,l'on s'aperçoit que tous parlent de manque de liquidité ,termes choisis masquant en fait une gestion obscure , ces banques utilisent de l'argent virtuel ,ils prètent en fait de l'argent qu'ils n'ont pas en fonds propres....Il n'y a guère de différences dans la méthode avec la crise des subprimes, et inéluctablement dans ce conteste de crise économique cela produira à terme les mêmes effets...D'un côté ,de l'argent prêté ,qui risque de disparaitre ,car le créancier s'avérera insolvable en totalité ou partiellement et de l'autre des banques incapables d'avoir les capitaux ,pour faire face aux échéances ,cela conduit à la faillite obligatoirement...
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racaille
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Re: Sorties de l'euro.

Message non lu par racaille » 19 sept. 2011, 16:55:07

Le premier obstacle est juridique. Le traité européen comporte une clause de sortie volontaire de l'Union, mais pas de clause de sortie de l'euro. Un Etat peut donc quitter l'Union (et renoncer au bénéfice des fonds d'aide régionaux, importants dans les cas grec et portugais, et des transferts au titre de la politique agricole), mais rien ne prévoit qu'il puisse sortir de l'euro et rester dans l'Union.
Le traité constitutionnel européen, imposé aux européens par la classe politique contre son gré, interdit à un Etat membre de sortir de la zone Euro sans être sorti de l'Union au préalable. C'est assez salaud car il y a des pays qui appartiennent à l'Union européenne sans être des membres de la zone Euro. On interdirait donc à la Grèce d'avoir le même statut que l'UK ou le Danemark, ce qui est profondément injuste.
Ce qui distingue principalement l'ère nouvelle de l'ère ancienne, c'est que le fouet commence à se croire génial. K M

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