Tensions Etats-Unis - Iran

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politicien
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Re: Tensions Etats-Unis - Iran

Message non lu par politicien » 08 janv. 2020, 21:56:59


Iran: Donald Trump s'impose comme un faiseur de "paix à l'américaine"

Après que l'Iran a bombardé deux bases où stationnaient des soldats américains en Irak la nuit dernière, Donald Trump a annoncé ce mercredi de nouvelles sanctions. Il n'a cependant pas cédé à la surenchère et le risque d'un conflit s'éloigne. Il sort renforcé de la crise.

Les Romains de l'Antiquité en avaient fait un système. Faire la paix après des menaces, oui, mais la leur: la pax romana. Ce mercredi, Donald Trump a joué la même partie au sortir d'une nuit particulièrement agitée au Moyen-Orient qui avait pu faire croire au monde que le cauchemar d'une guerre n'était pas loin.
Triomphalisme, fermeté... et détente

Mardi soir, quelques jours après que les Américains ont éliminé le général iranien Qassem Soleimani sur le sol irakien, Téhéran est en effet passé à la rétorsion. L'Iran a pilonné deux bases abritant des soldats américains en Irak, l'une à Erbil, l'autre à Aïn al-Assad, via l'envoi de 22 missiles sol-sol. Une attaque, précédée des nombreux cris de colère de la nation persane et de ses dirigeants, mais qui n'a fait aucun mort.

Sur ces entrefaites, le président des Etats-Unis a fait son apparition ce mercredi sur les écrans du monde. Depuis la Maison-Blanche, et dans un décorum aussi martial que solennel, Donald Trump a misé sur trois axes: le triomphalisme, la fermeté, mais aussi une forme de détente. Certes, il a annoncé qu'une nouvelle batterie de sanctions viendrait "immédiatement" handicaper une économie iranienne déjà plombée, et que l'accord sur le nucléaire était de facto enterré. En revanche, il a appelé à la conclusion d'un nouveau protocole sur ce chapitre et n'a pas cédé à la surenchère.

"En réponse à l'agression iranienne, les Etats-Unis vont immédiatement imposer des sanctions économiques additionnelles contre le régime iranien. Ces sanctions puissantes vont rester en place jusqu'à ce que l'Iran change de comportement", a-t-il notamment lancé avant de souligner que les Etats-Unis étaient "prêts à la paix".


(...)

https://www.bfmtv.com/international/ira ... 37406.html
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Re: Tensions Etats-Unis - Iran

Message non lu par Nombrilist » 09 janv. 2020, 07:28:26

22 missiles, aucun mort...
Les iraniens: attention, on envoie des missiles.
Les américains: OK, faites, nous on bouge nos hommes. Vous pouvez tirer.

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Re: Tensions Etats-Unis - Iran

Message non lu par politicien » 10 janv. 2020, 19:58:55

Il semble que ça se soit à peu près passé comme ça. ;)
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les orteils
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Re: Tensions Etats-Unis - Iran

Message non lu par les orteils » 10 janv. 2020, 21:58:39

Pas tout à fait : les Américains ont dit" vous pouvez tirer en l'air".
C'est toujours hier que commence le futur, mais la France continue de penser que tout commence demain. (Boualem SANSAL)

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Re: Tensions Etats-Unis - Iran

Message non lu par politicien » 12 janv. 2020, 09:45:04


L’Iran a déjà gagné sa guerre d’Irak contre les Etats-Unis

Les Etats-Unis ne contrôlent plus en Irak que des bases isolées, dont ils acceptent même le bombardement par l’Iran, à condition qu’il n’y ait pas de victime.

Le conflit ouvert entre les Etats-Unis et l’Iran, le 27 décembre en Irak, se conclut, le 8 janvier, par une incontestable victoire de Téhéran. La République islamique a en effet pu ce jour-là tirer une bordée de missiles contre deux bases américaines en Irak sans s’attirer la moindre riposte de Washington. Que ce bombardement n’ait pas fait de victime importe moins que la défaite ainsi acceptée par l’administration Trump. Piégée en Irak par un rapport de forces écrasant en faveur de l’Iran, la Maison blanche ne pourrait reprendre la main que par une escalade régionale, dont les éventuels gains militaires s’accompagneraient de conséquences politico-économiques dévastatrices. La victoire iranienne étant à ce stade acquise, il importe d’en tirer les principales leçons.

LA GUERRE DE DOUZE JOURS

Cette « guerre d’Irak » n’aura duré que douze jours et n’aura causé qu’une quarantaine de morts. Elle aura pourtant consacré une nouvelle réalité géopolitique: l’interventionnisme américain au Moyen-Orient, de plus en plus privé de relais locaux, part perdant face à une puissance iranienne qui a méthodiquement enraciné ses réseaux d’influence, avant tout en Irak. Ce conflit a été ouvert par l’Iran, avec le tir de mortier sur une base de Kirkouk où un interprète américain a été tué, le 27 décembre, et s’est conclu par une salve de missiles, tirés depuis le territoire iranien, contre deux bases américaines, l’une à l’ouest de Bagdad, l’autre au Kurdistan irakien. Dans l’intervalle, l’Iran et ses partisans ont essuyé les plus lourdes pertes, avec au moins 25 miliciens pro-iraniens tués dans des frappes américaines, le 29 décembre, attaque le surlendemain de l’ambassade des Etats-Unis à Bagdad et raid américain du 3 janvier où périssent à Bagdad le général Soleimani et neuf de ses compagnons d’armes.

Le Pentagone a prétendu « restaurer la dissuasion » avec l’Iran en liquidant le chef des forces spéciales des Gardiens de la Révolution, mais Soleimani s’avère, comme le martèle la propagande iranienne, « plus dangereux mort que vivant ». L’architecte de la politique expansionniste de la République islamique a promptement été remplacé par un successeur déjà aguerri, tandis que sa mort aux mains du « Grand Satan » a permis d’étouffer les voix dissidentes en Iran comme en Irak, malgré les vagues de contestation que la République islamique y avait récemment réprimées. Ce rétablissement d’une unité, au moins de façade, du camp chiite face aux Etats-Unis représente un acquis considérable pour le régime des ayatollahs, dont la stratégie régionale fléchissait face à la protestation populaire de l’automne dernier. En outre, le Parlement irakien a voté, le 5 janvier, à l’unanimité des 170 députés présents, en faveur de l’expulsion des forces américaines. Quant à la frappe iranienne du 8 janvier, elle a ciblé aussi une base américaine au Kurdistan d’Irak, où le Pentagone envisage de se replier en cas d’aggravation de la situation dans le reste du pays.

(...)

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Qu'en pensez vous ?
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pierre30
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Re: Tensions Etats-Unis - Iran

Message non lu par pierre30 » 12 janv. 2020, 10:08:49

Bof ... c'est une interprétation qui en vaut une autre. Trump dira certainement qu'il inspire à nouveau la crainte et que l'Iran à fait semblant de riposter.
L'UE et la Russie diront qu'ils ont sauvé l'avenir en calmant les 2 énervés.
Tout ça est un peu vrai.

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Re: Tensions Etats-Unis - Iran

Message non lu par pierre30 » 12 janv. 2020, 12:36:22

L'épisode n'a pas duré 12 jours. Il a commencé lorsque Trump a déchiré l'accord sur le nucléaire et ainsi mis le régime iranien sous la pression de sa rue.

Je pense que tout le monde à perdu. L'avenir de l'Irak est très incertain. Les USA auront du mal à se retirer dans des conditions honorables. Le regime iranien a un gros problème à gérer. Les iraniens se serrent la sceinture . Les Russes se retrouvent au milieu d'un bazar où ils risquent de laisser des plumes. L'UE voit le risque terroriste augmenter. Le gagnant ? Certainement le régime saoudien et aussi les extrémistes de tout poil. Peut être aussi les turcs qui peuvent devenir les arbitres.

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Yakiv
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Re: Tensions Etats-Unis - Iran

Message non lu par Yakiv » 13 janv. 2020, 22:16:54

politicien a écrit :
12 janv. 2020, 09:45:04

L’Iran a déjà gagné sa guerre d’Irak contre les Etats-Unis
Qu'en pensez vous ?
Quelle est la source de ce truc ?

En tout cas, voilà de quoi démolir complètement cette argumentation.
La Croix a écrit :
En Iran, la colère de la population contre « les menteurs »

Depuis que l’armée iranienne a reconnu, samedi 11 janvier, que le vol PS572 d’Ukraine International Airlines avait été abattu par un missile tiré « par erreur », des étudiants manifestent à Téhéran et ailleurs contre le régime.

Anne-Bénédicte Hoffner, le 13/01/2020 à 18:55

Dès samedi 11 janvier, dans la soirée, une cérémonie d’hommage aux victimes dans une université de Téhéran a viré à la manifestation contre les autorités.
ATTA KENARE/AFP

Sur une première vidéo, filmée dimanche 12 janvier à Téhéran, on voit un cortège d’étudiants se scinder en deux et contourner soigneusement les drapeaux des États-Unis et d’Israël dessinés sur le sol. Tout un symbole quand on sait que ceux-ci ont été peints par le régime justement pour être foulés aux pieds.

Le contraste est saisissant avec la deuxième vidéo circulant elle aussi sur les réseaux sociaux : on y voit une affiche du Guide suprême de la République islamique, Ali Khamenei, être arrachée et jetée par terre avant de disparaître sous les pieds des manifestants et les pneus des voitures.

→ EXPLICATION. Iran, la contestation après le crash de l’avion abattu « par erreur »

Le puissant général Qassem Soleimani, assassiné à Bagdad par les Américains, a été enterré il y a moins d’une semaine, mais les images des marées humaines accompagnant son cercueil à Ahvaz, Mashad ou Qom semblent déjà loin.

Depuis, les Gardiens de la révolution, armée idéologique du régime, ont répliqué en bombardant des bases irakiennes accueillant des soldats américains, et surtout l’armée – après avoir énergiquement soutenu l’inverse – a reconnu que le vol PS572 d’Ukraine International Airlines tombé le 8 janvier après son décollage de Téhéran avait été abattu par un missile tiré « par erreur ».

Accusé d’avoir menti
Cet aveu de culpabilité a créé un choc en Iran. Dès samedi 11 janvier, dans la soirée, une cérémonie d’hommage aux victimes dans une université de Téhéran a viré à la manifestation contre les autorités. « Le pouvoir est accusé d’avoir "menti", ce qui est extrêmement grave dans la culture perse », explique l’historien Jonathan Piron, conseiller au sein d’Etopia, centre de recherche basé à Bruxelles. Et les Gardiens de la révolution, qui mettent en avant le programme balistique comme une "protection" de la population, se voient reprocher leur incompétence. Les manifestants, surtout des étudiants jusqu’ici, ont le sentiment que la communication de la République islamique est fausse. » Les slogans utilisés détournent à ceux du régime : « mort au dictateur » répond directement au rituel « mort à l’Amérique ».

Iran - États-Unis, sur le fil du rasoir
L’« unité nationale » célébrée la semaine dernière aurait-elle déjà cédé la place à la contestation ? « L’erreur serait de regarder la population iranienne comme un bloc monolithique », rappelle l’historien. « Les défilés autour du cercueil de Soleimani ont mêlé toutes sortes de motivations : la pression sociale pour certains, le soutien à la République islamique pour d’autres, le nationalisme et l’attachement à la figure du général pour d’autres encore. Certaines personnes peuvent donc avoir participé aux premières marches et se retrouver aujourd’hui à scander des slogans hostiles au régime ».

Unité seulement de façade
L’analyse de la sociologue Azadeh Kian est plus tranchée. « L’unité était seulement de façade », affirme-t-elle. « Les problèmes économiques qui ont poussé à maintes reprises la population dans la rue, ces dernières années, n’ont pas disparu. Et les responsables de la répression sanglante des manifestations de novembre n’ont pas été arrêtés. »

Jusqu’ici, les étudiants ne semblent pas avoir été rejoints par d’autres catégories de la population. Le général Hossein Rahimi, commandant de la police dans la capitale, a assuré avoir donné des consignes de « retenue » à ses hommes et Internet n’a pas été coupé. Autant de signes, aux yeux de l’historien Jonathan Piron, « que le mouvement ne fait pas peur aux autorités, qui utilisent ces contestations comme une sorte de soupape. Elles parient sans doute sur son épuisement… en attendant la prochaine. »

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Hector
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Re: Tensions Etats-Unis - Iran

Message non lu par Hector » 13 janv. 2020, 22:58:54

La situation est plus mauvaise que jamais en Iran pour le peuple iranien qui vit sous une dictature religieuse. Je ne pense pas que ce régime va durer bien longtemps maintenant, et sa chute sera un grand bonheur pour le peuple iranien et pour l'humanité entière.

Les USA ne sortiront pas grandis de l'affaire, la réputation de brutalité leur colle au drapeau, mais un Soleimani de plus ou de moins n'est pas une grosse affaire.
Modifié en dernier par Hector le 13 janv. 2020, 23:13:42, modifié 1 fois.
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pierre30
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Re: Tensions Etats-Unis - Iran

Message non lu par pierre30 » 13 janv. 2020, 23:03:45

C'est un article du Monde.
Le regime iranien n'est pas sorti d'affaire, mais les américains non plus.
Les USA ont perdu leurs relais locaux en Irak. Si rien ne change ils ne pourront pas rester longtemps. En plus les alliés occidentaux n'ont pas compris la prise de risque de Trump qui met en danger ceux qui ont des soldats dans la région sans consulter personne.
Trump apparaît de moins en moins fiable.

Pendant ce temps Poutine et Erdogan jouent les faiseurs de paix en Lybie. C'est le monde à l'envers.

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