Le débat sur la récidive de nouveau relancé

Venez nous parler de notre justice française ( les prisons, les procès en cours... )
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politicien
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Message non lu par politicien » 02 oct. 2009, 06:55:00

Bonjour,


L'enlèvement de Marie-Christine Hodeau, 42 ans, disparue lundi, a trouvé un épilogue tragique mercredi soir avec la découverte de son corps à Boissy-aux-Cailles (Seine-et-Marne) sur les indications son meurtrier présumé.    Agé de 47 ans, Manuel R. avait été condamné en 2002 pour viol et enlèvement.    Nicolas Sarkozy a reçu jeudi à l'Elysée la famille de la victime. Dans la foulée, il a «demandé au ministre de l'Intérieur (Brice Hortefeux) de veiller, au besoin par une modification de notre législation, à une implication plus forte des services de police et de gendarmerie dans la surveillance désormais étroite des condamnés ayant achevé leur peine». Le président attend des propositions la semaine prochaine. Plus tôt, Brice Hortefeux avait estimé que «l'assassinat de Mme Hodeau aurait pu être évité» et jugé «parfaitement inacceptable que ce criminel sexuel ait été remis en liberté» par les juges d'application des peines. Des propos jugés «scandaleux» par les syndicats de magistrats. 

 C'est «scandaleux» a vivement réagi Christophe Régnard, président de l'Union syndicale des magistrats (USM). «On n'a cessé de dire qu'il fallait aménager les peines au maximum pour vider les prisons, et assurer le suivi des personnes à l'extérieur», a-t-il ajouté. «A chaque fois on vote une loi, et à chaque fois on tombe sur le juge qui est un bouc émissaire idéal», a-t-il protesté.
 Emmanuelle Perreux, présidente du syndicat de la magistrature (SM), regrette «des raccourcis aussi rapides» et qu'on «désigne quelqu'un à la vindicte». «C'est extrêmement démagogique mais ça ne résout pas le problème de terrain». Pour elle, il vaudrait mieux «se poser la question plus globale de la façon dont ce type de délinquance extrêmement grave est pris en charge et traité».  La Ligue des droits de l'homme (LDH) a également réagi en dénonçant «un nouveau dérapage populiste» du ministre. Refusant d'«entrer dans une polémique», Michèle Alliot-Marie, la ministre de la Justice, a pour sa part estimé que le juge «a appliqué la loi en vigueur à l'époque». Et d'ajouter : «On n'a sans doute pas donné au ministre de l'Intérieur toutes les informations nécessaires». Selon le Garde des Sceaux, il n'y «pas eu de dysfonctionnement de la justice, mais une insuffisance des mesures de suivi (...) due essentiellement au fait que la cour d'assises ne les pas prévues». 

 Pour le suivi de ce genre de délinquance, Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP, a préconisé la «castration chimique» des délinquants sexuels. «Déplorable» et «indécent» pour le socialiste Benoît Hamon. Mais pour Michèle Alliot-Marie, cette mesure doit pouvoir «s'appliquer pendant l'incarcération, mais aussi après» et «que la personne, qui doit être volontaire, n'ait pas ensuite la possibilité d'y renoncer, sauf à retourner en prison».  «C'est une proposition que je ferai dans le cadre de la loi qui sera déposée avant fin octobre» au Parlement, a précisé la ministre. Ce projet de loi est issu d'un texte visant à amoindrir le risque de récidive criminelle présenté en novembre 2008 en Conseil des ministres par l'ancienne Garde des Sceaux Rachida Dati. Une castration chimique ? Pourquoi pas pour Ségolène Royal. Selon elle, «tout ce qui va dans le sens d'empêcher les prédateurs sexuels de récidiver doit être proposé». La présidente de Poitou-Charentes a demandé la mise en place «d'un plan d'application de soins pendant et après la prison». Et de donner l'exemple du Québec où «il n'y a pratiquement plus de récidive parce que les délinquants sexuels ont l'obligation de soins pendant la prison et ne sont relâchés qui si les soins ont fait leurs preuves. Et ils continuent d'être soignés après leur sortie». 

Père de quatre enfants, le suspect avait été condamné en 2002 à onze ans de prison pour le viol et l'enlèvement d'une adolescente de 13 ans d'Echilleuses, commis en 2000. L'homme avait bénéficié d'une libération conditionnelle en mars 2007. Mis en examen mercredi pour enlèvement et séquestration et incarcéré à Fleury-Mérogis (Essonne), l'homme est visé par un réquisitoire supplétif pour «assassinat», a annoncé jeudi le procureur d'Evry, Jean-François Pascal.   Qu'en pensez vous ?    A plus tard,  
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lancelot
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Message non lu par lancelot » 02 oct. 2009, 07:50:00

Dans un autre fil je tentais d'expliquer (très difficillement) ce qu'est la chaine judiciaire. Cet exemple est a ce titre très révélateur.

Pourquoi n'y a t'il pas eu de suivi ? parce que lors du procès d'assise, cela n'a pas été demandé par le procureur et dans ce cas, le juge n'a pas à soulever ce moyen.
N'en déplaise au petit nicolas et a son blondinet, la justice a donc fonctionné, sur un plan pénal.

Evidemment, ce type d'affaire attire toujours les clients du café du commerce qui vont tenter de trouver des solutions dignes de leur indignation, qu'elle soit sincère ou opportuniste.

Le problême est pourtant à considérer sous un autre oeil. Le constat est fait que la justice a bien marché, il faut donc remettre en question le dispositif pénal qui a permis cette récidive.

Si la loi inscrivait dans ses textes l'obligation de soins  et  liait la remise en liberté à l'obligation de résultats thérapeutiques probants, nous aurions sans doute déjà fait un grand pas. Tout condamné devrait alors se soumettre et accepter ces règles afin d'obtenir sa mise en liberté conditionelle.
Ce crime serait donc puni et le condamné soigné. A defaut de résultats, la mise en liberté ne serait automatique qu'a l'issue de la fin de la peine sans aucune remise possible. Il conviendrait bien sur, dans ce cas d'augmenter la peine afin d'inciter les condamnés a se soigner.

En cas de récidive, car il existera toujours un risque, la peine maximum devra aussi être sévèrement allongée.

La castration chimique ? En cas d'échec des soins, cela me parait comme étant la moins pire des solutions.

Je note cependant que la volonté politique de régler le problême n'est pas évidente. On le voit bien, NS promet des mesures de suivi par la police, etc ...
Cela n'apportera rien. C'est bien la loi qu'il faut changer

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