Le parti de gauche

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wesker
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Re: Le parti de gauche

Message non lu par wesker » 01 mai 2012, 13:46:37

Pour ma part, j'estime que tout ces responsables formés dans les mêmes grandes écoles partagent beaucoup de convergences et divergent sur les postures électorales qu'ils adoptent.

Tu m'évoques les 60 propositions de Hollande, l'embauche de 60 000 fonctionnaires supplémentaires ne me paraît pas être sérieux sur un plan budgétaire car cette charge pèsera au delà de la mandature et que la fiscalisationj de l'ISF ne rapportera pas indéfiniment, le droit de vote en faveur des étrangers est une négation de la citoyenneté et sur l'Europe il se soumets aux injonctions de la BCE et des marchés qui proposent l'austérité comme horizon indépassable.

Nico37
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Re: Le parti de gauche

Message non lu par Nico37 » 01 mai 2012, 21:21:49

Et le gagnant de ce soir est...

(...)

Mélenchon est un gros crocodile, mais il chasse dans un tout petit marigot, qui est celui de la "gauche radicale". On sait que ce réservoir de voix varie, en fonction de la participation, entre 9 et 14% (5). Le programme et les thèmes de campagne choisis par le candidat excluaient à mon sens dès le départ que cette candidature puisse conquérir des électeurs dans les couches ouvrières ou populaires, exception faite des territoires ou le PCF garde encore un certain ancrage dans cet électorat. Ce qui laissait espérer, une fois déduit le score de Poutou et celui d'Arthaud, un score autour de 12%. Ce calcul s'est finalement révélé exact.

Que les troupes mélenchoniennes et le candidat lui même aient perçu ce résultat, fort honorable si l'on tient compte d'où l'on partait, comme un échec est très révélateur, et cela à plus d'un titre. Maurice Ulrich, dans un éditorial de l'Humanité particulièrement délirant, avait appelé le Front de Gauche à oublier le "principe de réalité". Et il a été suivi au delà de l'imaginable. Il faut aller relire sur le blog de Mélenchon les commentaires des derniers jours, chacun allant de sa prédiction, de son "rêve", l'un plaçant le Front de Gauche à 19% quand l'autre donnait "25% minimum" et une présence au deuxième tour. Ce délire, cette croyance qu'on peut faire la révolution, fut elle citoyenne, en un jour est assez caractéristique de l'immaturité politique de l'extrême gauche. Comme les enfants, ils ne supportent pas de devoir différer leurs envie. Leur slogan est toujours "tout, tout de suite", et si cela n'arrive pas vite, ils se découragent.

Mais plus sérieusement, ce score est un échec non pas parce qu'il est faible, mais parce qu'il témoigne que la percée vers l'électorat populaire n'a pas eu lieu. Mélenchon a raison de dire que le combat contre le FN est fondamental. Mais ses raisons ne sont pas les bonnes : ce n'est pas parce que Marine Le Pen soit "semi-démente", ou parce que le FN soit le parti de la haine, mais parce que la seule manière de faire triompher une alternative progressiste est de récupérer la confiance des couches populaires, actuellement captées par le Front National.

Le Front de Gauche a un besoin urgent d'analyse sérieuse sur le vote des couches populaires. Il faut comprendre pourquoi des gens qui socialement et économiquement ont tout intérêt à une politique progressiste ne trouvent pas l'offre de la gauche attractive. Cela implique un retour critique sur son propre discours, sur son propre programme. Le moins qu'on puisse dire, c'est que ça commence mal: lorsqu'il s'agit d'expliquer le score, on trouve des coupables partout... sauf chez soi. C'est la faute aux sondages, qui ont démobilisé les gens. C'est la faute à Hollande, et à son vote utile. C'est la faute à la presse, qui nous a tiré dans le dos. En d'autres termes, pas besoin de la moindre révision, du moindre retour critique, du moindre examen de conscience. C'est un peu court.

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Narbonne
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Re: Le parti de gauche

Message non lu par Narbonne » 01 mai 2012, 21:53:47

1) ce n'est pas des embauches mais un rééquilibrage entre les differents corps.
2) les europeens ont déjà le droit de voter et de se presenter aux municipales, la porte a été ouverte. Donc, dans ton raisonnement, la négation de la citoyenneté est déjà effective.
3) l'italie, la grece, l'espagne commence à suivre le raisonnement d'Hollande sur la necessité d'une croissance. Les Pays-bas vont bientôt suivre. Il suffit de dire à l'europe que si rien n'est fait pour lancer la croissance, la france quittera l'€. L'€, sans la France, cela ne sera pas grand chose ( le DM) et Merkel pliera. Il faut arreter de se mettre à genoux devant elle.
Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait.

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wesker
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Re: Le parti de gauche

Message non lu par wesker » 02 mai 2012, 12:17:13

Le front de gauche n'a pas augmenté le résultat obtenu par les différentes chapelles de la gauche communiste, en revanche, il est évident que ce rassemblement et la personnalité de Mélenchon, la dynamique de cette structure a réussi à fédérer autour les électeurs de cette gauche qui a placé ses espoirs dans cette formation afin de peser sur les futures orientations. Il semble cependant qu'en dépit de discussions pour les législatives Hollande ne souhaite discuter de son programme, conscient peut être de la liberté et de la capacité des électeurs à s'affranchir des consignes.

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Re: Le parti de gauche

Message non lu par Nico37 » 02 mai 2012, 19:22:48

Les illusions keynésiennes

Avec la crise, les marges de manoeuvre de la bourgeoisie se sont réduites. Alors que les partis « sociauxdémocrates» ont renoncé, même en parole, aux recettes keynésiennes, le flambeau a été repris par les antilibéraux comme le Front de gauche en France.

Pour les antilibéraux, la crise n'est pas le produit des contradictions du mode de production capitaliste, mais la conséquence d'une mauvaise politique économique. D'où l'idée qu'on pourrait sortir de la crise avec une bonne politique monétaire et budgétaire :

- permettre à la Banque centrale de faire fonctionner la planche à billets ? Comme s’il suffisait de créer de la monnaie pour créer de la richesse. Faute de s'attaquer aux causes de la crise, soit ce surplus de monnaie serait stocké par les banques, soit il alimenterait l'inflation financière (une nouvelle bulle sur les marchés financiers) ou réelle (hausse des prix des marchandises). C'est d'ailleurs ce que reconnaît cyniquement une des idoles des antilibéraux, le prix Nobel Krugman, qui a affirmé : « L'inflation n'est pas le problème, c'est la solution (...) Pour restaurer la compétitivité en Europe, il faudrait que, disons d'ici les cinq prochaines années, les salaires baissent, dans les pays européens moins compétitifs, de 20% par rapport à l'Allemagne. Avec un peu d'inflation, cet ajustement est plus facile à réaliser (en laissant filer les prix sans faire grimper les salaires en conséquence) »5. Autrement dit, ce type de politique serait simplement un autre moyen de faire payer la crise aux travailleurs...

- augmenter les dépenses sociales et redonner du pouvoir d'achat aux travailleurs en augmentant les salaires et en menant une réforme fiscale redistributive ? Cette politique a été mise en place en France en 1981 et on connaît le résultat : deux ans plus tard, Mitterrand prenait le tournant de la « rigueur ». La raison en est simple : faute de s'attaquer au pouvoir des capitalistes sur
l'économie, le volontarisme politique doit se soumettre à la logique capitaliste. Le moteur de l'accumulation (et donc de la croissance) est la maximisation du profit, et tout ce qui contribue à réduire les profits conduit à une perte de compétitivité, à une « grève » de l'investissement, aux délocalisations, etc. D'où une politique d'austérité très violente qui a suivi, pour mettre fin à la hausse du déficit commercial et du déficit public.

Il n'y a pas de sauveur suprême qui pourrait nous sortir de la crise et redistribuer les richesses sans rompre avec le système capitaliste. Les gouvernements bourgeois ne peuvent que mettre en place la rigueur. Et le capitalisme ne peut sortir de sa crise systémique que par une immense destruction de capital, entraînée par une guerre ou un effondrement économique (faillites en cascade).

Le système n'a donc que l'austérité à perpétuité ou la barbarie à nous proposer.

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Re: Le parti de gauche

Message non lu par wesker » 03 mai 2012, 14:01:26

Il est évident qu'en dépit des alertes exprimées par des noms célèbre tels que Soros ou d'autres les politiques, de gauche comme de droite nous conduisent vers l'austérité qui ne répond pas aux difficultés structurelles qui résident dans le modèle économique lui même.

C'est pourquoi d'ailleurs, nous considérons que les deux finalistes ne présentent pas les bonnes solutions car l'un nous engage dans une spirale d'austérité budgétaire imposée et l'autre nous berce de promesses de dépenses intenables, dans un contexte de mondialisation sauvage qui nous incite d'abord à assainir nos finances avant de songer à de nouvelles aventures dépensières. Par conséquent, les français doivent être lucides, réalistes et se tourner vers l'avenir afin de se préparer à affronter le changement de modèle qu'impose aujourd'hui la situation mais qui nécessitera des efforts et de la durée, choses que les marchés et les créanciers usuriers nous refusent !

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Re: Le parti de gauche

Message non lu par Nico37 » 03 mai 2012, 20:39:08

Pour Jean-Luc Mélenchon, " Hollande a plié en quatre Nicolas Sarkozy " 03.05 Raphaëlle Besse Desmoulières

Le candidat du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon, a suivi le débat à son ancien QG de campagne, aux Lilas (Seine-Saint-Denis), dans son bureau, avant de rejoindre, peu avant la fin du débat, les quelques militants rassemblés devant un écran géant dans le hall de L'Usine.

(...)
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Re: Le parti de gauche

Message non lu par wesker » 04 mai 2012, 11:55:17

Je ne crois pas que l'écart ait été aussi important que cela mais Sarkozy paye aujourd'hui ses contradictions, son comportement ses échecs non assumés.....

Quant à Hollande, c'est le sens de l'histoire que de voir la gauche l'emporter, y compris dans un pays où le peuple est majoritairement de droite, quand la droite fait n'importe quoi !

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Re: Le parti de gauche

Message non lu par Nico37 » 05 mai 2012, 01:03:23

Réponse du Front de Gauche au Mouvement national des chômeurs et précaires

Le Front de gauche de la lutte contre la précarité a répondu aux questions du Mouvement national des chômeurs et précaires.

Le service public de l’emploi – Pôle Emploi

Le MNCP souhaite la reconstruction d’un service public de l’emploi de qualité, capable de mener à bien chacune de ses missions, avec la participation des chômeurs et précaires et dans le respect de leur autonomie et de leur liberté. Pour atteindre ce but, êtes-vous d’accord pour séparer les 3 missions : contrôle, indemnisation, accompagnement dans la recherche d’emploi ; et sortir la fonction de contrôle des chômeurs hors de Pôle Emploi ?

Contre la restructuration libérale du service public de l’emploi, qui, au nom de la flexibilité, fragilise encore davantage les chômeurs, brise les protections sociales, organise la pression à la baisse sur les indemnités, facilite les licenciements et les délocalisations, stigmatise les « assistés », nous défendons le retour à un service public de l’emploi identifiant clairement chacune des missions (conseil et accompagnement ; indemnisation : orientation et formation professionnelle), en concertation avec les personnels, leurs représentants et les usagers, et autour des principes suivants :
Regroupement géographique de chacune des structures assurant ces différentes missions. D’autres structures intervenant sur le marché du placement et du conseil pouvant disposer de permanences (Missions locales pour l’insertion des jeunes, Cap Emploi, etc.).
Proximité du service public (création de nouveaux lieux d’accueil, permanences décentralisées, accueil physique, suppression des plates-formes téléphoniques – 3949 pour les chômeurs et 3995 pour les employeurs – et de la dématérialisation des courriers).
Prise en charge des frais de transport et si besoin d’hébergement nécessaires pour rejoindre le lieu de formation.
Retour au droit public pour les agents chargés du conseil et de l’accompagnement, garantissant les droits des agents, leur évolution de carrière, la stabilité de l’emploi et confirmant leur indépendance, conformément à la convention 88 de l’OIT.
Représentation des usagers dans les instances des composantes du service public de l’emploi.
Gratuité des services.
Création d’un service public de la formation professionnelle articulé au service public de l’emploi.
Négociation d’une nouvelle convention Unedic permettant une meilleure indemnisation des demandeurs d’emploi, l’ouverture des droits à la protection chômage dès le premier mois de travail, visant la fin des radiations et des refus d’allocations, et l’arrêt des dispositifs de contrôle social des chômeurs, ainsi que des sanctions injustifiées et des convocations abusives.
Création d’une sécurité sociale professionnelle.
Augmentation du budget de l’État en direction du service public de l’emploi, permettant d’attribuer à celui-ci les moyens indispensables à l’exercice de ses missions.
Réattribution au service public de l’emploi de prestations de conseil, d’accompagnement, d’évaluation et interdiction des activités de placement de l’emploi pour les entreprises privées (dont les entreprises d’intérim).

Indemnisation du chômage et Revenus

Le MNCP exige de voir chaque individu, quel que soit son âge, son parcours de vie et/ou professionnel, garanti d’un revenu décent et inconditionnel. Vous engagez-vous à revaloriser fortement les minima sociaux et à instaurer un véritable Revenu Garanti et Décent indexé sur le SMIC ? Et à inscrire le Revenu comme droit réellement opposable pour chacun ? Quel montant envisagez-vous ? Êtes-vous d’accord pour réformer le système d’indemnisation existant pour mettre en place le Système Unifié et Universel d’Indemnisation du Chômage tel que le propose le MNCP ?

Nous voulons éradiquer la pauvreté. Dans cette perspective, les minima sociaux seront fixés en référence au SMIC (lui-même fixé immédiatement à 1700 euros brut par mois pour 35 heures) et indexés sur celui-ci. Ils ne pourront plus être inférieurs au seuil de pauvreté.
Créé au nom de la lutte contre la pauvreté salariale, le RSA n’est qu’un instrument de plus dans la panoplie libérale des politiques de flexibilité contrainte, cherchant à imposer petits boulots et temps partiel aux salariés ; il fait office de subvention déguisée au travail pauvre et précaire. Il valide l’existence de bas salaires, et entérine le fait que les entreprises ne peuvent payer un salaire décent, créant ainsi de véritables trappes à bas salaires. au nom de la lutte contre les supposés profiteurs des Assedic, il contribue à aggraver dramatiquement la situation de la majorité des chômeurs et des travailleurs pauvres. Loin d’être une solution à la précarité, il est un des éléments qui contribuent à son maintien et à son institutionnalisation.
C’est cette situation que nous voulons abolir. De manière générale, tous les salariés privés d’emploi doivent pouvoir bénéficier du droit à un revenu de remplacement décent. L’instauration d’une sécurité sociale professionnelle, au cœur de notre programme, vise à combattre la notion même de licenciement et les situations de chômage. Revendiquer la préservation et la continuité des droits des salariés même en situation de chômage signifie combattre le chômage tel qu’il est défini et vécu aujourd’hui, alors que moins de 50% des chômeurs inscrits au Pôle Emploi sont aujourd’hui indemnisés par l’assurance chômage, et que près de 2 millions de demandes d’allocation chômage sont rejetées chaque année au motif d’une insuffisance de la durée d’activité avant l’entrée au chômage.

Mesures d’urgence :
Abrogation des lois visant à détricoter le droit à l’indemnisation du chômage :
- loi Borloo de « cohésion sociale » qui libéralise le marché du travail en mettant fin au monopole de placement de l’ANPE et en ouvrant cette activité au secteur marchand ;
- loi de « l’offre raisonnable d’emploi » qui oblige les demandeurs d’emploi au chômage depuis plus de 3 mois d’accepter un emploi rémunéré en dessous de ce qu’ils percevaient en activité et pour ceux au chômage depuis plus d’un an d’accepter tout emploi rémunéré à la hauteur du revenu de remplacement ;
- loi sur les « droits et devoirs des demandeurs d’emploi ».

Revalorisation immédiate de 300 euros des allocations de chômage.

Droit au maintien de la rémunération prise en charge par l’entreprise en cas de périodes de chômage partiel.
Redéfinition de l’offre valable d’emploi : elle doit être un emploi stable et durable, un CDI à temps plein. L’emploi précédemment occupé doit être la référence du point de vue de la qualification et de la rémunération.
Assurer un revenu de remplacement décent en cas de chômage à hauteur de 90 % du dernier salaire et en aucun cas inférieur au SMIC.
A plus long terme :
Nous agirons dans une logique de plein emploi, de réduction du temps de travail, d’abolition de la précarité, d’installation d’une « sécurité emploi formation », et pour la gratuité des services publics. Loin de toute « flexicurité », nous sécuriserons les parcours de chacune et de chacun dans l’emploi et la formation avec une continuité de revenu tout au long de la vie. Une Sécurité sociale professionnelle sera instituée, prenant en charge les périodes de non-emploi, de formation et de retrait d’activité, notamment pour les femmes ou les hommes élevant leurs enfants. Ainsi nous empêcherons que la force de travail du pays soit détruite par le chômage de masse.
La Sécurité Sociale Professionnelle changera le statut du travail salarié. Elle veut rendre effectif le droit au travail pour toutes et tous, en garantissant les droits individuels et collectifs de tous les salariés pendant les périodes où ils n’occupent pas un emploi. Ainsi, ce nouveau dispositif vise à reconnaître à chaque salarié le droit à la dignité, à un parcours professionnel, à un déroulement de carrière, malgré les aléas des restructurations et du chômage. Cette Sécurité Sociale Professionnelle garantira, dans une période de transition entre deux emplois, le maintien des droits du salarié acquis dans son dernier emploi, ou dans le plus favorable en cas d’emploi précaire, puis la transférabilité des mêmes droits (et de leur ancienneté) dès l’obtention du nouvel emploi. Elle transformera les dispositifs existants (dispositif d’assurance garantie des salaires, Ags, congé de reclassement, Crp, etc.) de manière à maintenir le contrat de travail et le salaire même en cas de suppression d’emploi.
La Sécurité Sociale Professionnelle est aussi un élément de la planification écologique. Dans le cadre nécessaire de la reconversion de milliers de salariés de notre pays qui sera rendue obligatoire par les changements que la planification écologique imposera, elle permet l’anticipation et la formation des travailleurs.
Cette Sécurité Sociale s’inscrit en complément d’une politique qui se fixe pour objectif le plein emploi.

Les retraites et la protection sociale

Le MNCP demande que le système de protection sociale (santé, retraite, dépendance) soit réformé en profondeur pour garantir à tous un accompagnement digne à toutes les étapes de la vie.
Principalement pour les personnes en précarité, vous engagez-vous à donner des droits à trimestres validés quelle que soit la situation des personnes, au chômage, indemnisées ou non, au RSA, à temps partiel ou en formation ?


Le maintien des droits à trimestres validés quelle que soit la situation des personnes constitue l’un des objets centraux de l’institution d’une Sécurité Sociale Professionnelle, qui ouvrira droit à la prise en charge des cotisations sociales, afin entre autres de valider les périodes de chômage en référence au salaire antérieur ; de valider les périodes de stage et toutes celles d’apprentissage ; d’aller vers la prise en compte des années d’études et de formation tant universitaire/supérieure que professionnelle (continue et initiale) dans la durée de cotisation pour la retraite.
Plus généralement, s’agissant des retraites, nous rétablirons le droit à la retraite à 60 ans à taux plein (75 % du salaire de référence) pour toutes et tous avec la prise en compte de la pénibilité de professions particulières donnant droit à des départs anticipés. Nous arrêterons l’augmentation de la durée de cotisation et reviendront vers une durée permettant un départ effectif à 60 ans sans pénalisation. Aucun salarié ne touchera de retraite inférieure au SMIC, et les retraites seront indexées sur les salaires. Nous reviendrons au calcul des pensions sur les 10 meilleures années au lieu des 25 meilleures dans le privé. Le financement des retraites sera assuré en particulier par une cotisation nouvelle sur les revenus financiers des entreprises, au même taux que les cotisations employeurs sur les salaires. Aucun recours à la fiscalisation des retraites ou de la protection sociale ne sera opéré pour leur financement.

L’accès à l’emploi

Le MNCP exige que l’accès à l’emploi, garanti par la Constitution et la DUDH, devienne une réalité vécue par tous les citoyens. Quelles mesures concrètes comptez-vous prendre pour favoriser l’accès à l’emploi et combattre le chômage et la précarité ?

Nous agirons dans une logique de plein emploi, de réduction du temps de travail, d’abolition de la précarité et d’installation d’une « sécurité emploi formation ». Chaque année, nous réunirons les partenaires sociaux et les différentes collectivités publiques dans une assemblée nationale et des assemblées régionales permettant de fixer des objectifs précis pour l’emploi, les qualifications et les salaires.
Après leur remise en cause par la droite, les 35 heures seront pleinement établies par la loi, sans annualisation, ni perte de salaire et avec les embauches correspondantes (notamment dans la fonction publique), sous le contrôle des élus du personnel. Le recours aux heures supplémentaires sera strictement limité.
L’une des caractéristiques du capitalisme de notre époque est la généralisation de la précarité. Nous combattrons ce fléau qui ronge à petit feu les forces vives du pays. Nous agirons pour éradiquer le chômage et prendrons des mesures contre la précarisation de toute la vie sociale, et en particulier en faveur de celles et de ceux qui en sont les premières victimes : les jeunes, les travailleurs précaires (exploités par le détournement des lois), les chômeurs (mis à l’écart et stigmatisés), les femmes, etc.
Pour sortir les jeunes de la précarité, de la dépendance familiale et du recours au salariat pendant leurs études, nous créerons un statut social pour tous les jeunes permettant leur autonomie. Nous mettrons en place un système d’allocations financées, pour les jeunes en formation, par la solidarité nationale, et pour ceux en recherche d’un premier emploi, par la Sécurité sociale professionnelle. Ces contrats sécurisés de formation et d’emploi ouvriront droit à la prise en charge des cotisations sociales afin entre autres d’inclure les années de formation dans la durée de cotisation pour la retraite. Ainsi, l’entrée sur le marché de l’emploi ne sera plus cette période blanche où le jeune travaille autant, sinon plus qu’un autre salarié, pour un revenu et des droits moindres.
Le CDI à plein temps sera réaffirmé comme norme du contrat de travail, le recours aux intérimaires et contrats à durée déterminée strictement encadré. Un quota maximal d’intérimaires et de contrats à durée déterminée égal à 5% des effectifs dans les grandes entreprises et 10% dans les PME sera instauré sauf dérogation justifiée. Afin de lutter contre la perpétuation à l’infini de la galère, nous créerons un droit automatique au passage à temps plein pour les temps partiels. Les droits des salariés des entreprises sous-traitantes seront alignés vers le haut sur ceux des donneurs d’ordre. Les stages seront encadrés avec une obligation de rémunération à 50 % du SMIC dès le premier mois de stage, une limitation de la durée des stages à 6 mois, un délai de carence de 3 mois entre deux stages, un quota de stagiaires par entreprise, une cotisation sociale sur les indemnités de stage et un accès des stagiaires à la protection sociale. Une sécurité sociale professionnelle pour tous les salariés sera créée.
En plus des nouveaux droits donnés aux salariés et aux comités d’entreprise en cas de licenciement et de délocalisation, nous rétablirons l’autorisation administrative de licenciement. Nous interdirons les licenciements boursiers ainsi que la distribution de dividendes pour les entreprises qui licencient. En cas de délocalisation ou de dépôt de bilan, nous instaurerons un droit des salariés à la reprise de leur entreprise sous forme de coopérative. Nous instaurerons un droit de veto suspensif des représentants des salariés sur les licenciements et l’obligation d’examiner les contre-propositions présentées par les syndicats.
Nous abrogerons la RGPP et renforcerons la fonction publique, notamment par les embauches nécessaires à la satisfaction des services rendus à la population. Parce que l’État doit être exemplaire, nous titulariserons les 800.000 précaires de la fonction publique.
Nous abrogerons toutes les lois antisociales qui ont cassé le Code du travail et engagerons sa refonte pour introduire de nouveaux droits et des garanties élevés pour les salariés, ainsi qu’une nouvelle convention de l’Unedic (visant la fin des radiations, l’arrêt des dispositifs de contrôle social des chômeurs mis en place à Pôle emploi, l’ouverture des droits à la protection chômage dès le premier mois de travail). La hiérarchie des normes et le principe de faveur seront notamment rétablis : aucun accord d’entreprise ne pourra être moins favorable aux travailleurs qu’un accord de branche ou que le droit commun. Nous réintroduirons l’obligation de réintégrer les travailleurs abusivement licenciés s’ils le souhaitent et nous supprimerons la loi Maillé d’extension du travail du dimanche.
Le respect de ces droits et de ces protections sera, au quotidien, le meilleur garant du recul de la souffrance au travail. Le nouveau Code du travail assurera l’abolition de la précarité et l’égalité femmes-hommes dans l’entreprise en prévoyant de lourdes pénalités pour les entreprises qui ne respecteront pas cette égalité. Les effectifs de l’inspection du travail seront doublés pour faire respecter les droits sociaux du travail. Nous ferons de la protection sociale un bien commun et un droit de base pour tous en renforçant le principe de solidarité entre les générations. La perte d’autonomie (que la droite nomme « dépendance ») sera couverte dans le cadre de la protection sociale sans recours aux assureurs privés. Et nous favoriserons, au niveau départemental, la création de pôles publics de « l’autonomie ».
L’abolition du chômage et l’objectif du plein-emploi passera aussi par la relocalisation de l’économie : la France agira pour l’institution de protections et de normes sociales et environnementales communes aux Européens, face à la pression des capitaux et des productions à bas coût sur les marchés mondialisés avec, par exemple :
des prélèvements nationaux concertés sur les réimportations en Europe de productions délocalisées ;
une taxe « kilométrique » de manière à réduire les transports de marchandises évitables ;
l’instauration de visas écologiques et sociaux pour les échanges commerciaux et de droits de douane au niveau européen pour lutter contre le dumping social, fiscal et écologique.
Mais, de manière plus générale et systématique, le cœur de notre programme de lutte contre le chômage et pour le plein emploi réside dans le refus de l’austérité, et dans la planification écologique comme moyen de redéfinir nos modes de production, de consommation et d’échange en fonction de l’intérêt général de l’humanité et de l’impact de l’activité économique sur l’écosystème. D’une part, nous refusons tous les pactes et plans d’austérité qui concourent à amplifier la récession économique et la régression sociale au nom de la même logique libérale de soumission aux marchés financiers. D’autre part, la planification écologique permettra de préciser les orientations et les investissements publics nécessaires pour enclencher une transition écologique et promouvoir un développement humain durable créateur de millions d’emplois et facteur d’égalité sociale.
Le mode de production actuel ne vise pas la satisfaction des besoins humains. Il donne la priorité au profit à court terme, laisse de côté des besoins sociaux immenses parce que ceux-ci sont non rentables tout en encourageant les productions inutiles au bénéfice de la surconsommation des plus riches. Il dégrade gravement les conditions de travail et d’emploi. Nous lui opposons un nouveau mode de production dont la finalité sera le développement de toutes les capacités humaines et l’épanouissement de chacun(e) plutôt que l’intérêt du capital. Ce nouveau mode de production n’est évidemment pas incompatible, au contraire, avec l’objectif de réindustrialisation du pays : nous récusons le modèle d’une économie de services que nous assigne la division internationale du travail pilotée par les financiers, et nous voulons développer et rétablir le potentiel industriel de la France. Parce que l’urgence écologique implique de relocaliser l’économie et que l’urgence sociale commande de lutter contre le chômage ouvrier, nous refusons de limiter notre ambition industrielle à quelques secteurs de pointe et voulons reconstruire un tissu industriel diversifié.
Le nouveau mode de production défendu par le Front de Gauche sera basé sur une politique industrielle favorisant l’éco-développement (création de pôles publics de l’industrie et redéfinition de filières industrielles prioritaires pour répondre à des objectifs sociaux et environnementaux) ; une nouvelle politique agricole commune fondée sur un plan national de transition écologique, sur l’objectif de souveraineté alimentaire et centrant la production sur les besoins intérieurs ; une politique de réduction du temps de travail avec création d’emplois correspondants ; ainsi que le développement d’emplois utiles intégrant de nouveaux besoins communs. Cette réorientation passera par un renforcement des droits des salarié(es) pour avancer vers un contrôle collectif des conditions de travail, de son organisation et de son contenu. Combattre le chômage, c’est donc d’abord créer des millions d’emplois, ce que permettra la refonte de notre mode de production, de consommation et d’échange.

Le statut de vie sociale et professionnelle

Le MNCP revendique un véritable statut pour les personnes, avec les droits attachés à la personne et non plus seulement à leur activité professionnelle, un statut général de vie sociale et professionnelle pour tous les citoyens. Allez-vous créer des droits (accès à l’emploi, la santé, la formation, le logement, la retraite, les loisirs, un revenu garanti et décent, …) égaux pour tous les citoyens, avec ou sans emploi, base d’un véritable Statut de Vie Sociale et Professionnelle ?

La Sécurité Sociale Professionnelle, l’augmentation des salaires et des minima sociaux qui ne pourront plus être inférieurs au seuil de pauvreté, les plans de relance et l’objectif réaffirmé du plein-emploi et de l’abolition du précariat, le retour à la retraite à 60 ans à taux plein, le rétablissement des 35 heures effectives : toutes ces propositions visent à rétablir le droit au travail, à l’emploi et au repos dans une nouvelle répartition des richesses. La Constitution que nous défendons réaffirmera les droits sociaux : droit à l’emploi et au travail, à la santé, au logement, à l’éducation, à la protection sociale.
Nous assurerons le droit à la formation professionnelle : la formation professionnelle continue et l’éducation permanente doivent être accessibles sur tout le territoire à toutes et à tous, quels que soient l’âge, le niveau d’étude, l’emploi occupé et la taille de l’entreprise.
Plus précisément :
Afin d’assurer l’accès gratuit de tous les salariés à une formation professionnelle libérée des logiques patronales, un service public de la formation professionnelle articulé avec le service public de l’emploi sera édifié. Les décrets de décentralisation des budgets de la formation professionnelle de la loi du 13 août 2004 seront abolis afin de rendre à l’Etat sa mission de service public en la matière.
Les opérateurs de la formation professionnelle dont la qualité (professionnalisme des formateurs, préparation à des titres professionnels reconnus au niveau national) et la déontologie seront reconnues, seront intégrés dans ce service public de la formation professionnelle, à l’image de l’AFPA avant que le gouvernement ne la démantèle. Ce SPFP intégrera les missions des Missions Locales.
Constitué de deux pôles d’ingénierie se développant en synergie, l’un pour la formation professionnelle, l’autre pour l’orientation professionnelle, ce service public aura pour mission de mettre ses ressources (en matière de pédagogie, orientation professionnelle, professionnalisation des acteurs, etc.) à la disposition de tous les organismes de formation qui satisferont à un cahier des charges agréé par l’État.
L’État s’assurera que les bénéficiaires de la formation professionnelle disposent à titre gratuit des services associés nécessaires à leur formation (hébergement, transport, restauration en particulier) et bien sûr qu’ils seront rémunérés.
Dans un premier temps, le DIF sera réellement mis en œuvre pour permettre à chaque salarié de bénéficier effectivement des droits à formation qu’il prévoit. Des sanctions frapperont les entreprises qui ne satisferaient pas à leurs obligations en la matière. Les dispositions actuelles du DIF évolueront pour qu’à terme, dans l’entreprise, 10% des heures collectivement travaillées soient consacrées à la formation sur le temps de travail (un mois de formation chaque année ou une année de formation tous les dix ans pour chaque salarié, soit au total quatre années de formation pour quarante années de travail salarié).
Afin d’augmenter l’investissement formation, les taux de contribution des entreprises au financement de la formation professionnelle seront harmonisés vers le haut et augmentés. Ces ressources seront collectées par l’Etat et reparties en fonction des besoins.
La part consacrée au congé individuel de formation (CIF) sera considérablement accrue, de 0,2 % de la masse salariale à au moins 1%, pour le rendre accessible au plus grand nombre et assurer sa solvabilité.
D’autre part, nous ferons à nouveau du logement un droit et une priorité nationale. La construction du service public national et décentralisé du logement, de l’habitat et de la ville réaffirmera le rôle majeur d’un patrimoine locatif public, pour faire vivre et garantir le droit au logement pour tous, partout et à tous les moments de la vie. Pour cela, nous abrogerons la loi Boutin (MOLLE) et toutes les aides fiscales au logement spéculatif privé. Le logement locatif social sera reconnu comme le logement universel accessible à tous. Nous engagerons un plan d’urgence national pluriannuel de construction de 200.000 logements publics sociaux par an pendant cinq ans comprenant un volet spécifique de logements étudiants et pour les jeunes. Nous porterons donc le budget logement à 2 % du PIB en crédits de paiement, et reviendrons à une aide à la pierre à hauteur de 40 % du coût des opérations, avec des prêts publics bonifiés et de longue durée de remboursement.
Nous interdirons les expulsions locatives de toute personne et famille en difficulté économique et sociale. Nous garantirons à chacune et chacun le droit au maintien dans son logement, par la mise en œuvre d’une sécurité locative mutualisée. Nous mettrons en place une tarification sociale garantissant le droit et l’accès de toutes et de tous à l’eau et à l’énergie. Nous garantirons et renforcerons les moyens de l’hébergement d’urgence.
Nous revaloriserons l’APL en supprimant le mois de carence de son attribution, son caractère rétroactif, et en indexant le forfait charges sur l’évolution réelle de celles-ci. Pour favoriser l’accès au logement dans le parc privé, nous supprimerons la caution.
Nous supprimerons le surloyer ainsi que les plafonds de ressources. Dans un premier temps nous bloquerons les loyers dans le public et encadrerons leur évolution dans le privé par le plafonnement des prix à la vente et à la location, en fonction de la tension dans les territoires. Dans un deuxième temps, pour garantir l’égalité d’accès de tous à un logement de qualité, la mixité sociale de l’habitat, et permettre la baisse des loyers pour le plus grand nombre, nous nous fixerons l’objectif que la proportion du loyer et des charges dans le budget des familles n’excède pas 20 % de leurs revenus.
Nous appliquerons la loi de réquisition des logements vacants et engagerons un plan de mobilisation des logements vides : réduisant le délai de vacance d’un logement, nous renforcerons les critères de procédure de réquisition et l’abattement annuel de 10 % au bout de la cinquième année et d’exonération pour les étrangers. Nous instaurerons une taxe sur les bureaux vides. Nous créerons un service public national et décentralisé du logement, de l’habitat et de la ville. Nous agirons pour une application résolue de la loi SRU élargie. Le financement des crédits alloués au logement social sera assuré par le relèvement du plafond du Livret A à 20 000 euros, la recentralisation de sa collecte par la Caisse des dépôts et consignations, la majoration de 0,55 % de la contribution des employeurs à l’effort de construction pour établir un véritable 1 % logement. Nous taxerons la spéculation financière et immobilière avec la création d’une taxe « contribution logement » de 10 % sur les revenus financiers, et nous supprimerons la taxation des bailleurs sociaux adoptée dans le projet de loi de finances de 2011. Nous soutiendrons les collectivités qui créeront les conditions d’une accession sociale à la propriété. Nous appuierons les projets innovants favorisant l’accompagnement des personnes en demande d’urgence.
Concernant la santé, les mesures de notre programme concourent toutes à renforcer le droit à la santé, que nous définissons comme « un état de bien-être physique, mental et social » et considérons comme une préoccupation transversale de toutes les politiques publiques.
Nous mettrons fin en priorité aux fermetures et démantèlements d’hôpitaux, de maternités, de centres de soins et d’IVG. Nous garantirons l’accès effectif et gratuit à la contraception et à l’IVG. Nous abrogerons la loi Bachelot et la loi de 2003 instituant la tarification à l’activité. Nous investirons massivement pour redonner à l’hôpital public les moyens nécessaires à une politique de santé de qualité.
Nous rétablirons le remboursement intégral à 100 % des besoins de santé couvertes par la Sécurité sociale en y incluant les lunettes et les soins dentaires et les prothèses auditives ; les mutuelles seront orientées principalement sur les questions de prévention. Nous supprimerons les forfaits et les franchises. Le financement de la protection sociale doit être construit à partir des cotisations sur les salaires, avec une modulation et une contribution sur les revenus financiers des entreprises, des banques et des assurances.
Nous voulons reconstruire et développer un service public de santé basé sur la proximité et la qualité des soins avec les personnels, les élus et les citoyens. Nous favoriserons la mise en réseau des hôpitaux entre eux et avec la médecine ambulatoire pour développer la prise en charge technique nécessaire sans l’opposer à la proximité, pour réduire les temps d’attente dangereux et onéreux et contribuer à la coopération des professionnels. Nous assurerons la promotion des centres de santé et le respect de leur vocation initiale d’accès aux soins pour tous.
Pour faire face à la pénurie des médecins généralistes et de certaines spécialités, le nombre d’étudiants à l’entrée des études de médecine sera augmenté de manière significative dans la perspective de la suppression du numerus clausus.
Nous organiserons une négociation conclue par un accord majoritaire pour redéfinir une nouvelle convention médicale, remettant en cause les dépassements d’honoraires et créant de vraies incitations à l’installation (financières, techniques, d’aide à l’installation ou à l’équipement, etc.) pour en finir avec la désertification médicale.
Le maillage du territoire national devra être assuré pour répondre aux besoins de santé et non pas en fonction de logiques comptables. Pour ce faire, nous établirons une couverture nationale de santé égale sur tout le territoire. Tous les bassins de vie seront dotés d’équipements publics de santé (hôpitaux, services hospitaliers, maternités, urgences, etc.) en rapport avec leur population. Les réponses au manque d’autonomie seront prises en charge par la Sécurité sociale à 100 % pour la partie « soins » et par le développement des services publics.
Nous libérerons la recherche pharmaceutique de la soumission aux marchés et aux laboratoires en mettant en place un pôle public du médicament avec au moins une entreprise publique qui interviendra sur la recherche, la production et la distribution des médicaments.
Enfin, et de manière générale, les services publics seront préservés de toute soumission à des intérêts privés comme aux marchés financiers.
L’éducation, la santé, la protection sociale, la recherche, l’énergie, l’eau, les transports, les télécommunications, le crédit, le logement, la Poste, la sécurité et la justice seront protégés comme notre patrimoine commun car ils assurent les conditions de l’égalité et de la citoyenneté.
Nous ferons nôtres les objectifs du Pacte pour les services publics, adopté aux États généraux de janvier 2011, fondé sur le principe d’appropriation sociale, d’égalité et de solidarité, de reconquête du bien commun par le peuple dans le plein exercice de sa souveraineté et sur l’ambition d’un développement humain durable.
Nous reconstruirons et développerons nos services publics. La RGPP qui les démantèle sera abrogée, les postes qui répondaient aux besoins collectifs et ont été supprimés par la droite seront tous rétablis. Pour que l’accès égal de tous y soit garanti, nous maintiendrons et reconstruirons les services publics de proximité et réviserons les tarifs, en appliquant le cas échéant la gratuité.

Vers un autre modèle économique

Le MNCP rejette le modèle économique actuel entrainant la destruction du politique et la dictature de la dette. Le MNCP exige que le plan de rigueur instauré pour réduire cette dette et imposée aux salariés, aux chômeurs et aux précaires, se transforme en plan visant à restaurer le plein emploi et assumé par la richesse produite et les revenus du capital.
Allez-vous prendre les initiatives nécessaires pour assurer une redistribution des richesses équitables ? Allez-vous prendre les mesures utiles pour imposer de réels devoirs sociaux aux employeurs ?


Afin d’enrayer la montée des inégalités de richesse dans notre pays, nous procéderons à une réévaluation globale des salaires et des traitements, des indemnisations du chômage et des retraites, et les indexerons sur l’évolution du coût de la vie. Cette réévaluation se fera aux deux extrémités de l’échelle des salaires. Nous porterons immédiatement le SMIC à 1 700 euros brut par mois pour 35 heures, conformément aux revendications syndicales, et 1 700 euros net pendant la législature. Un salaire maximum sera instauré. La Confédération européenne des syndicats propose d’ailleurs, dans toutes les entreprises, que l’écart entre le plus bas et le plus haut salaire ne puisse dépasser 1 à 20. Ainsi, les patrons ne pourront gagner plus sans d’abord augmenter les salariés du « bas de l’échelle ». Par la fiscalité, nous établirons un revenu maximum fixé à 20 fois le revenu médian (soit aujourd’hui 360 000 euros par an).
La Constitution que nous défendons renforcera les pouvoirs du citoyen là où il travaille, en reconnaissant la citoyenneté d’entreprise : nous instaurerons des droits nouveaux pour les salariés dans l’entreprise, et le statut des grandes entreprises sera redéfini en tenant compte de leur responsabilité sociale. Le pouvoir économique ne sera plus entre les mains des seuls actionnaires, les salariés et leurs représentants seront appelés à participer aux choix d’investissement des entreprises en tenant compte des priorités sociales, écologiques et économiques démocratiquement débattues ; mais aussi aux négociations pour un partage plus juste de la valeur ajoutée entre capital et travail. L’avis favorable des représentants du personnel ou des comités d’entreprise sera obligatoire pour toutes les décisions stratégiques.
Nous proposerons des mesures précises pour désintoxiquer les entreprises de la finance et pour mettre fin à la déstructuration du marché du travail et à la désindustrialisation du pays. Nous en finirons avec les 30 milliards d’euros annuels d’exonérations de cotisations sociales patronales, dont on a pu constater l’inefficacité pour l’emploi, et avec les exonérations fiscales.
Nous taxerons les revenus financiers des entreprises.
Nous modulerons l’impôt sur les sociétés et le taux et la masse des cotisations sociales patronales afin d’inciter les entreprises à développer la valeur ajoutée, les formations, les salaires et l’emploi, en pénalisant les entreprises qui délocalisent, développent leurs placements financiers, ou se servent des nouvelles technologies pour supprimer des emplois et dégrader les conditions de travail.
D’autre part, nous voulons prendre le contre-pied exact du dogme austéritaire aujourd’hui imposé dans toute l’Europe, et nous voulons libérer les finances publiques des griffes des marchés financiers.
Notre stratégie se décline en quatre axes : reprise du contrôle des mouvements de capitaux aux frontières de l’Union européenne ; possibilité que les banques centrales contribuent directement au financement des biens et des services publics ; obligation de détention de titres de la dette publique par les institutions financières ; abrogation du Pacte de stabilité, de coordination et de gouvernance et du Pacte pour l’Euro+ pour ouvrir la voie à un nouveau Pacte européen de progrès social et de co-développement.
Nous proposons que la BCE (et les banques centrales nationales comme la Banque de France qui constituent ensemble l’Euro-système) finance directement, par création monétaire, un Fonds de développement social, solidaire et écologique européen. Celui-ci remplacera le « Mécanisme européen de stabilité ».
Des titres publics pour le développement social seront rachetés directement par la BCE et les banques centrales nationales. Cette création monétaire, allouée via le Fonds de développement, permettrait de répartir des masses volumineuses de financement, à taux d’intérêt nuls ou très bas, entre les pays membres de l’euro, en fonction de leurs besoins propres et, expressément, pour le développement des services publics nationaux et de leur coopération européenne. Le Fonds financerait également des projets publics démocratiquement sélectionnés sur la base de critères précis de création et de sécurisation des emplois, de développement de la formation et de la recherche, de respect de l’environnement, d’élévation du potentiel de création de valeur ajoutée des territoires. Cela permettrait, non seulement de défendre, mais d’élever le modèle social européen.
Sans attendre, la Banque de France sera mise au service de ces objectifs.
Parce que l’investissement public est nécessaire et tout particulièrement en période de crise pour suppléer les défaillances de l’investissement privé, nous refusons le dogme de la réduction de la dépense publique. Nous refusons d’inscrire dans la Constitution l’objectif de l’équilibre budgétaire que Nicolas Sarkozy appelle « la règle d’or ». Nous établirons une fiscalité qui redonne toute sa place à un impôt sur le revenu réellement progressif, avec quatorze tranches d’imposition.
La réforme de la fiscalité permettra de contribuer à cette réorientation radicale de la politique économique. Nous mettrons fin au démantèlement de la fiscalité du patrimoine engagé par le gouvernement actuel, nous supprimerons le bouclier fiscal et nous augmenterons le rendement de l’ISF. Une loi anti-évasion fiscale permettra l’imposition des revenus des Français à l’étranger.

La représentation collective des usagers

Le MNCP exige que les politiques publiques concernant l’emploi ou les chômeurs et précaires fassent systématiquement l’objet d’une concertation avec les usagers (et leurs représentants organisés) de ces politiques et que l’État assume la charge de cette expression démocratique et permette pleinement son organisation collective. Allez-vous instaurer cette représentation des usagers et de leurs représentants à tous les niveaux de décisions ? Allez-vous faire de cette représentation un droit réellement opposable pour tous les usagers ? Plus précisément, quels seront, selon vous, les nouveaux droits de concertation des usagers au niveau départemental (RSA), des régions (Formation), de Pôle Emploi, de l’État, du CESE ? Avec quels moyens apportés aux associations d’usagers des services publics de l’emploi ?

Comme le disait Pierre Bourdieu lors de l’occupation par le mouvement des chômeurs de l’École normale supérieure, le 17 janvier 1998 : « Ce mouvement des chômeurs est un événement unique, extraordinaire. […] La première conquête de ce mouvement est le mouvement lui-même, son existence même : il arrache les chômeurs et avec eux tous les travailleurs précaires, dont le nombre s’accroît chaque jour à l’invisibilité, à l’isolement, au silence, bref à l’inexistence. »
C’est pourquoi nous soutenons la représentation active des usagers dans les instances des composantes du service public de l’emploi, à tous les niveaux de décision, et proposons de faire de cette représentation un droit réellement opposable pour tous les usagers.

Nico37
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Re: Le parti de gauche

Message non lu par Nico37 » 05 mai 2012, 13:27:47

Place Stalingrad à Paris, Mélenchon flingue toujours A.D. | Publié le 05.05

« Chassons Sarkozy! » C’est avec cet appel tonitruant que le Front de gauche avait appelé ses sympathisants à se rassembler place Stalingrad à Paris hier. Un lieu emblématique pour Jean-Luc Mélenchon, qui y avait lancé sa campagne en juin. Là aussi où, au soir du premier tour (11,1%), il avait pris la parole pour demander à ses sympathisants de « battre Sarkozy ».

(...)

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Re: Le parti de gauche

Message non lu par wesker » 05 mai 2012, 17:46:19

Ce texte est un peu long....Dommage, concernant le front de gauche, j'attend de voir comment évoluera cette formation au lendemain des législatives alors que ces composantes seront invitées à faire des choix sans doute peut être différents.

Mélenchon a semble t-il l'envie (et la capacité) de continuer l'aventure en indépendant estimant et sachant les hésitations vers lesquelles Hollande s'oriente vis à vis des créanciers à qui il faudra bien honorer, dès cette année, des échéances de dettes qui risque de pénaliser les promesses qu'il fait aux électeurs et que Mélenchon souhaite voir tenu, je pense.

Se débarrasser de Sarkozy, politiquement est une chose possible au vu des échéances électorales, en revanche, oublier les dettes sera autrement plus complexe ! Les réalités budgétaires s'imposeront au nouveau président et l'audit qui sera commandée auprès de la cour des comptes risques de "doucher" les espérances de ses millions de français qui espèrent tant !

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Re: Le parti de gauche

Message non lu par Nico37 » 06 mai 2012, 20:07:37

Législatives : Jean-Luc Mélenchon ne sait où aller Raphaëlle Besse Desmoulières, 05.05

"Je participerai peut-être à cette bataille des législatives si on en décide, que ce soit à Paris ou à Marseille." Vendredi 4 mai, devant une place Stalingrad bondée lors d'un meeting parisien destiné à mobiliser contre Nicolas Sarkozy, Jean-Luc Mélenchon a entretenu le suspense sur son avenir.

Comment rebondir après ses 11,10 % des voix à la présidentielle ? Une performance pour le Front de gauche (FG), mais qui ne lui permet pas de peser sur le PS comme il l'aurait souhaité. Lui assure que rien n'est encore décidé même s'il se verrait bien en VRP du Front de gauche. "Ce qui m'intéresse fondamentalement, c'est cette tâche politique qui m'a été confiée pendant cette élection. Comment continue-t-on à la faire vivre ?", soulignait-il, jeudi, à Troyes.

Ses partenaires ont quasiment tous exprimé "à titre personnel" leur souhait de le voir député. Il dit que "ça ne l'obsède pas" mais reconnaît que ce n'est pas gagné. "La vérité est qu'on est partout derrière le PS, il faut donc réussir à monter la marche", juge-t-il. En se lançant dans la bataille ? "Tout le monde veut que je sois député. Très bien, mais où ?", répond-il. C'est toute la question. Depuis qu'il a quitté l'Essonne qui l'avait fait sénateur, il n'a plus de fief. Or, les circonscriptions jugées gagnables ne sont pas légion pour le FG.

(...)

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Re: Le parti de gauche

Message non lu par Georges » 06 mai 2012, 20:37:23

S'il se présente, je pense que ce sera plutôt dans le sud qu'à Paris.

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Re: Le parti de gauche

Message non lu par wesker » 06 mai 2012, 21:26:09

Voilà dont le rebelle discutailler et négocier son atterrissage avec les socialistes. Où donc se situe l'indépendance et la volonté de s'investir auprès de ses concitoyens.

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Re: Le parti de gauche

Message non lu par Georges » 06 mai 2012, 21:34:58

Il se présentera où le PS lui laissera une place, car je doute qu'un élu PC accepte de lui laisser son siège.

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