Le parti de gauche

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wesker
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Re: Le parti de gauche

Message non lu par wesker » 14 oct. 2012, 20:37:56

L'Union Européenne qui reçoit le prix nobel d'économie alors qu'elle organise la guerre économique et que les impulsions budgétaires provoquent une régression et des tensions relève d'une certaine ironie tragique....C'est tardif et décalé au regard des conflits au sein de l'Union Européenne (Chypre, Balkans....)

Nico37
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Re: Le parti de gauche

Message non lu par Nico37 » 16 oct. 2012, 00:56:20

Si nous sommes d’accord alors rapprochons nous !
Texte adopté par le Conseil national de Gauche Unitaire des 29 et 30 septembre 2012

Avec les campagnes présidentielle et législatives le Front de gauche a démontré son utilité politique, son attractivité, en particulier auprès des courants politiques, des secteurs du mouvement social et des militants qui sont en recherche d’une alternative politique. Dans le même temps, il se confirme que la formule du front politique, pluraliste, associant des partis qui veulent continuer à exister en tant que tels, dans le respect de leur souveraineté, des collectifs militants, des adhérents n’appartenant à aucun des partis constituants, est une réalité durable.
Cette situation invite à se poser le problème de surmonter la dispersion entre différents courants et organisations, de dimensions modestes et proches par leurs références et leurs orientations, et qui se trouvent militer côte à côte dans le Front de gauche.
Gauche Unitaire ne se satisfait pas de l’émiettement politique qui prévaut actuellement entre les différentes forces politiques alors qu’elles participent au cadre commun qu’est le Front de gauche. Nous ne sommes pas condamnés à cheminer éternellement côte à côte pour peu que nous ayons la volonté, tout en respectant les traditions et les histoires des uns et des autres, de mettre en commun nos réflexions, nos analyses et d’en dégager ce qui pourrait constituer le socle d’un rapprochement entre nos différentes organisations. Ce rapprochement s’il se concrétisait pourrait être un premier pas en direction d’un rassemblement plus large au sein du Front de gauche.
Il ne saurait toutefois s’agir, à nos yeux, de nous engager dans un travail de regroupement sur des bases purement idéologiques, ni avoir pour seul objectif de regrouper les courants issus de la gauche révolutionnaire ou alternative (quel que soit le nom qu’on leur donne) au sein du Front de gauche. Seule la vérification qu’il existe une vision partagée des grands enjeux de la période politique et des objectifs qui en découlent, ainsi qu’une approche commune des réponses à apporter à une série de grandes questions posées à la gauche si elle veut transformer la société, pourrait permettre d’avancer dans cette direction.
C’est en fonction de cette approche que nous nous adressons à Convergences et Alternative et à République et Socialisme avec lesquelles nous avons, pour ce qui nous concerne, déjà vérifié à partir de textes communs que la réunion de nos courants au sein d’une même organisation pourrait être immédiatement réalisable. Nous nous adressons également à l’Association des communistes unitaires, à la Fédération pour une alternative sociale et écologique, à la Gauche anticapitaliste avec lesquels nous commençons un travail de vérification de nos convergences politiques.
Défendre ensemble une appréciation commune de la gravité des crises


Nul ne nie la gravité de la crise économique que nous connaissons, et il est communément admis que celle-ci se combine et aggrave les autres crises, écologique, politique et démocratique, culturelle…
Mais le risque est, au nom de la globalité de cette/ces crise(s), de considérer qu’une fois ce constat fait l’analyse est achevée, et qu’il ne reste que débattre à loisir des formules de « sortie » de crise préconisées par les uns et les autres.
Il s’agit de ne pas lâcher sur la donnée déterminante du point de vue de l’action politique, autour de laquelle s’articulent les autres (même s’il est évident que la crise écologique renvoie à des coordonnées autres et de très long terme), qui est qu’il s’agit d’une crise systémique du capitalisme. C’est la fin du mode d’accumulation du capital qui était à la base de l’ultralibéralisme, ce qui conduit à une situation dont la nature et la gravité renvoient au précédent de la grande crise des années 1930.
Ce qui se traduit par le fait qu’en l’absence des conditions permettant d’envisager un nouveau mode d’accumulation, les classes dirigeantes, en particulier en Europe, n’envisagent d’autre politique que d’exploiter cette crise pour imposer aux salariés et aux peuples la destruction des acquis sociaux et démocratiques gagnés par eux au cours de la période précédente. C’est-à-dire une régression majeure, au prix d’affrontements de classe de grande ampleur. Ce que concrétisent aujourd’hui les politiques d’austérité menées partout en Europe, et dont seuls les degrés de brutalité varient d’un pays à l’autre.
Les menaces qu’une telle situation font peser sur l’avenir de nos sociétés et les risques de barbarie dont elle est porteuse indiquent l’ampleur du défi auquel est confronté le mouvement ouvrier et le peuple.
Dans une telle situation, le Front de gauche doit oser s’appuyer sur le peuple pour affronter les privilèges de l’oligarchie financière. Sa première tâche serait donc de combattre la résignation et le repli sur soi. Pour trouver une issue à la crise, il est nécessaire pour les travailleurs et les jeunes de se rassembler et de s’organiser pour la défense de leurs intérêts. Le développement de mobilisations sociales d’ampleur, convergentes, sera indispensable pour faire reculer les libéraux et le patronat qui veulent détruire tous les droits sociaux. « Place au peuple ! » : cette exigence est plus que jamais d’actualité. C’est la démarche à laquelle le Front de gauche doit contribuer et qu’il doit promouvoir dans la gauche en poursuivant la dynamique qu’il a impulsée.
Défendre ensemble une orientation pour le Front de gauche pour faire bouger les lignes à gauche

A partir d’un accord sur les grandes coordonnées de la situation, le point de départ de la discussion et ce qui la rend possible est le choix qui nous est commun de la construction du Front de gauche. Gauche Unitaire estime qu’il n’existe pas d’autre cadre à cette étape pour agréger les forces disponibles avec l’objectif de donner toute sa vigueur à une orientation contestant dans la durée et à grande échelle les politiques libérales ou d’adaptation à ces dernières. Notre choix du Front de gauche n’est en ce sens pas une simple option d’opportunité mais bien une politique qui vise à faire prévaloir, au sein d’une gauche traversée par deux orientations, une autre politique que celle défendue et mise en œuvre par la direction du parti socialiste. En définitive, ce que nous visons avec le Front de gauche c’est une réorganisation et une recomposition d’ensemble de la gauche. La ligne de partage entre l’adaptation aux logiques libérales et la volonté de rompre avec elles traverse en effet l’ensemble de la gauche et du mouvement social, y compris la mouvance socialiste ou écologiste. Partant de ce qu’il considérait être l’intérêt général de la gauche et des classes travailleuses, le Front de gauche s’est efforcé, depuis sa création, d’unir toutes les forces qui veulent mettre un terme à la domination sur la gauche des politiques de soumission au libéral-capitalisme dominant. C’est ce qui lui a valu ses succès des trois dernières années. Nous considérons donc qu’il doit, pour mener à bien sa bataille de conquête d’une majorité au sein de la gauche, poursuivre dans cette voie et situer plus que jamais son action au cœur de la gauche pour y faire bouger les lignes et dessiner ainsi les contours d’un rassemblement à vocation majoritaire.
De l’accord sur cette conception du Front de gauche découlerait selon nous l’orientation pratique que nous pourrions proposer comme base d’un rapprochement en son sein de nos organisations. Si nous sommes d’accord pour considérer que Le Front de gauche est partie prenante de la majorité populaire qui a chassé Sarkozy et la droite, qui a permis les victoires de la gauche à la présidentielle et aux législatives mais qu’il ne peut se retrouver dans une majorité présidentielle formée autour des 60 engagements du projet de François Hollande dont nous considérons qu’ils ne constituent pas une réponse à la hauteur de la crise que connaît notre pays et l’Union européenne il nous semble alors qu’une question nous est posée : celle du rassemblement des forces vives de la gauche sur une politique de rupture avec l’austérité, ainsi que de la majorité et du gouvernement à même de la porter.
Si nous nous accordons sur ce point, nous pourrions alors défendre ensemble dans le Front de gauche les mesures d’urgence susceptibles de favoriser dans un premier temps les rassemblements majoritaires dans la gauche et le mouvement social permettant non seulement d’illustrer concrètement ce que pourrait être ces politiques alternatives mais aussi d’entrainer de puissantes dynamiques populaires pour changer immédiatement les conditions de vie et de travail du plus grand nombre et conquérir de nouveaux progrès sociaux et démocratiques.
A partir d’un tel programme d’urgence, le Front de gauche se doit selon nous d’interpeller vigoureusement dans la gauche et mener le débat au sein de celle-ci et dans l’ensemble du mouvement social sur ce qu’est l’urgence de la situation et sur l’impasse que représente l’acceptation des règles d’un libéralisme qui plonge la société dans une crise de grande ampleur dont personne ne sait à l’heure actuelle ce qu’elle réserve comme catastrophes à venir.
Pour notre part, nous souhaitons soumettre à la discussion commune quelques axes qui nous paraissent être au cœur du débat politique à gauche et qui nous semblent être en mesure de dénouer la crise en faveur des classes populaires.
Défendre ensemble le programme d’urgence que devrait porter le Front de gauche

En premier lieu, nous pensons que la situation exige de se doter des moyens permettant de remettre en cause concrètement la domination de la finance sur la société :
- Refuser la politique d’austérité à l’échelle européenne, imposer la renégociation générale des traités qui ont conduit l’Europe à l’impasse actuelle et remettre sur le tapis la question du statut et des missions de la Banque centrale européenne. Rien de bon ne peut sortir d’un carcan qui limite drastiquement la dépense publique, en généralisant la « règle d’or », en sanctionnant les gouvernements qui ne s’y plient pas. Il faut redonner la parole aux peuples ! C’est le seul moyen pour créer un rapport de force suffisant face aux autres gouvernements européens pro libéraux et impulser une dynamique positive qui permette de poser les bases d’une autre Europe, au service des peuples.
- Se libérer du joug de la finance et imposer une autre répartition des richesses : réalisation d’un audit citoyen de la dette publique, création d’un pôle public bancaire par la nationalisation et l’appropriation sociale des principales banques, mise en œuvre d’une révolution fiscale qui s’attaque à la concentration des richesses dans les mains d’une minorité
Une telle politique permettrait de récupérer une série de moyens au service de la transformation qu’attend le pays :
- Mettre la planification écologique au centre de la relance de l’activité économique, commençant par replacer l’eau comme l’énergie dans la propriété publique, en favorisant la mise en œuvre d’une grande politique industrielle respectueuse de l’environnement. Développer et rénover les services publics et la Fonction publique.
- Lutter efficacement contre les fermetures d’entreprises et les licenciements qui se multiplient en ce moment en imposant l’interdiction des licenciements boursiers, de nouveaux droits pour les salariés comme la création d’un droit de veto des élus du personnel en cas de fermeture ou délocalisation, un droit de préemption de l’activité par les salariés, la mise en place d’une véritable Sécurité Sociale Professionnelle qui permette une continuité du revenu et du statut tout au long de vie.
- Engager la hausse des salaires et des pensions, la revalorisation des minima sociaux pour que chacun puisse vivre dignement. Relever dès maintenant le SMIC à 1700 euros bruts, c’est indispensable pour des millions de familles qui n’arrivent plus à boucler leur fin de mois. Il faut également en finir avec les scandaleux écarts de rémunérations en imposant le salaire maximum (à hauteur de 20 fois le salaire minimum) dans les entreprises privées comme dans le secteur public. La jeunesse, qui subit de la crise de plein fouet, doit sortir de la précarité. Il faut donc créer un réel statut de la jeunesse et mettre en place le pré-salaire d’autonomie.
- Défendre l’hôpital public débarrassé de la loi “Hôpital, patients, santé, territoires” (HPST)
- Obtenir l’égalité salariale entre les femmes et les hommes, la sauvegarde des maternités et des centres d’IVG, une loi-cadre contre les violences faites aux femmes
- Rétablir le droit à la retraite à 60 ans pour tous et toutes. Le rétablissement du droit de partir en retraite à 60 ans pour ceux qui ont commencé à travailler à 18 ans et validé 41,5 années de cotisation ne profitera qu’à quelques dizaines de milliers de salariés et entérinera le passage à 62 et 67 ans des âges de départ légaux. Il faut remettre en cause les réformes imposées par la droite ces dernières années. Alors que le Conseil d’Orientation des Retraites prépare de nouvelles recommandations en vue de la réforme prévue en 2013, il faut imposer l’exigence majoritaire d’un droit à la retraite pour tous et toutes à taux plein dès 60 ans.
Enfin, parce que rien ne se fera sans avancée de la démocratie et de l’égalité des droits, il est nécessaire de :
- Changer et démocratiser les institutions, car le régime monarchique de la Vème République étouffe les aspirations du peuple à décider de son avenir. Abroger la réforme des collectivités territoriales. Mettre un terme aux politiques de stigmatisation des immigrés, des Rroms et à la chasse aux sans papiers. La justice passe par la régularisation de toutes les personnes sans papiers pour en finir avec la situation laissée par la droite, et en particulier celle des travailleuses et travailleurs, des jeunes majeurs et des familles avec des enfants scolarisés. Ouvrir le droit au mariage pour les couples de même sexe, accorder le droit de vote aux résidents étrangers à commencer par les élections locales.
Dans notre esprit, cette politique vise à chaque étape à rassembler dans la gauche et dans le mouvement social les forces qui sur tel ou tel point sont disponibles pour le faire avec un Front de gauche qui mènerait autour de ces points de ruptures de grandes campagnes visant la mobilisation populaire tout en dessinant ce que pourrait être une autre politique avec une autre majorité et un autre gouvernement.
A partir de ces éléments d’orientation, nous pourrions défendre ensemble l’idée que le Front de gauche doit se donner les moyens de son renforcement.
Défendre ensemble le renforcement du Front de gauche pour mettre en œuvre efficacement une telle politique

Nous pensons que le Front de gauche doit se vivre comme la force qu’il est devenu dans les faits et au yeux de l’immense majorité de la population, ce qui implique qu’il se pense comme un acteur à part entière de la vie sociale et politique en dehors des périodes de campagnes électorales. Il devrait donc se donner les moyens d’étendre son influence, de s’adresser aux classes populaires, de leur redonner confiance, de les aider à retrouver le chemin de la mobilisation. Pour cela, il doit encore se renforcer, il doit partir de l’enthousiasme qu’il a suscité dans une partie de la gauche, du monde du travail, du mouvement social et de la jeunesse lors de l’élection présidentielle et de l’implication militante qui s’est poursuivie au cours de la campagne législative.
Nous pourrions défendre en commun l’idée que toutes celles et tous ceux, courants ou individus, qui veulent ouvrir le chemin d’un nouvel avenir pour la gauche dans son ensemble, ont leur place dans le Front de gauche.
Nous vous proposons également de défendre ensemble la nécessité pour le Front de gauche de répondre positivement aux femmes et aux hommes qui ne sont pas membres d’une des organisations politiques le composant, qui se sont tournés vers lui et qui veulent en être partie prenante à part entière. L’essentiel étant de trouver les moyens et les formes de structuration qui permettant d’associer ces militants de manière durable aux activités du Front de gauche, aux campagnes qu’il impulsera et à son développement. Dans cet objectif, les Assemblées citoyennes, les Fronts thématiques, le Front des luttes, les collectifs départementaux et locaux et le conseil national sont autant d’outils précieux à notre disposition qu’il faut faire vivre et ouvrir encore davantage.
Avec le Conseil National et la Coordination hebdomadaire, le Front de gauche s’est doté d’instances régulières qui doivent lui permettre d’avoir un fonctionnement intégré et pluraliste permettant la mise en commun, le débat, l’efficacité dans l’action et le respect de la souveraineté des organisations. Cet acquis doit, nous semble-t-il, être préservé et consolidé.
Envisager un rapprochement plus poussé

A partir du moment où nous avons un accord sur l’orientation que nous pourrions défendre ensemble dans le Front de gauche, une autre étape de rapprochement pourrait alors s’ouvrir entre les formations qui sont disponibles pour viser un rassemblement de tout ou partie de ces forces dans une même organisation.
Une telle entreprise nécessite à la fois des expériences pratiques partagées et une élaboration politique approfondie. En effet, un rapprochement organisationnel ne peut se faire à partir d’approches consistant uniquement par exemple à s’appuyer sur des références communes liées au passé, ou à décider de nouvelles définitions politiques censées opérer à priori des démarcations par rapport à d’autres composantes.
Ainsi, on voit à propos de références telles que l’anticapitalisme, l’écosocialisme, l’autogestion, qu’il convient d’œuvrer à ce qu’elles soient partagées – et elles le sont déjà pour une bonne part à titre individuel ou collectif – par l’ensemble des composantes du Front de gauche. Ce qui implique qu’elles ne sauraient suffire à elles seules à tracer des démarcations et indiquer des identifications pour le rassemblement de tels ou tels courants.
Le travail nécessaire demande donc d’approfondir quelques questions clefs :
Sur les questions de stratégie et des modalité de la transformation sociale ; sur les combinaisons entre élections et mobilisations sociales, entre les ruptures imposées par le mouvement populaire et leur validation démocratique, leur consolidation ou leurs avancées par le suffrage universel.
Sur les questions de la refondation d’une alternative au capitalisme et au productivisme, d’une société libérée de toutes les formes d’exploitation et d’oppression, la perspective d’un socialisme et d’un communisme réinventés.
Sur la question du « parti », c’est-à-dire de l’organisation politique apte à porter ce combat, ne répétant pas les modèles passés du mouvement ouvrier, intégrant dans toutes ses dimensions l’impératif démocratique, et en capacité de relayer la grande ambition originaire du mouvement ouvrier de militer pour l’émancipation humaine.
Au regard d’une telle ambition, on ne saurait prétendre que les réponses à ces questions sont disponibles de manière achevée et qu’il ne resterait plus qu’à les confronter. Il s’agit d’un chantier à ouvrir, d’un défi à relever. Et ce en étant conscient que nous entrons dans une situation qui rend cette tâche possible, et qui est susceptible de la favoriser par les évolutions politiques qu’elle appelle. Si nous sommes d’accord alors rapprochons nous !

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Re: Le parti de gauche

Message non lu par wesker » 16 oct. 2012, 19:35:12

En effet, si les formations qui composent le front de gauche revenaient à la situation antérieure, pris isolément elles n'auraient aucune audience, aucune capacité de faire passer des messages et aucune possibilité d'influer sur le cours des évènements.

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Re: Le parti de gauche

Message non lu par Nico37 » 19 oct. 2012, 22:24:20

Le Front de gauche ne votera pas le budget 2013

Pour les députés du Front de gauche, c'est non. "En l'état actuel, nous ne voterons pas la partie recettes de ce projet de loi de finances, nous prendrons notre décision à l'issue des débats, ce sera un vote contre ou une abstention", a expliqué leur chef de file André Chassaigne ce mardi.

Le député PCF du Puy-de-Dôme et président du groupe Gauche démocrate et républicaine a expliqué lors de sa conférence de presse hebdomadaire que le texte ne taxait pas suffisamment le capital. Les onze députés Front de gauche se sont prononcés contre le nouveau traité budgétaire européen et la loi organique qui le met en oeuvre.

"Le chemin est pris pour trouver des recettes nouvelles mais on estime qu'il ne va pas suffisamment loin. D'autant que les recettes supplémentaires seront mobilisées pour réduire le déficit: elles ne serviront pas le peuple de France mais préserveront les intérêts financiers européens", précise André Chassaigne. Dans l'état actuel du projet de budget, "nous ne voterons pas la partie recettes" et nous déciderons au vu des débats, "si nous nous abstiendrons ou si nous voterons contre" mardi prochain, a précisé M. Chassaigne.

(...)

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Re: Le parti de gauche

Message non lu par wesker » 20 oct. 2012, 14:37:53

Cela est cohérent de ne pas voter un budget qui ne reflète que les dispositions d'austérité budgétaire induites par la ratification du TSCG par la majorité.

En revanche, le front de gauche, du moins par la voix de Chassaigne hésite encore entre l'abstention et le refus du budget, les deux attitudes n'ayant tout de même pas la même interprétation....

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Re: Le parti de gauche

Message non lu par Nico37 » 21 oct. 2012, 21:03:37

NOTRE SANTE EN DANGER ! Gauche unitaire 82

Depuis 4 ans, avec la crise, les coups redoublent contre le service public hospitalier et les regroupements-fermetures de services et d’établissements s’accélèrent. Suppressions de lits et de postes, dégradation massive des conditions de travail, précarisation, manque de personnels sont le lot quotidien pour les hospitaliers.

La situation de crise financière de très nombreux établissements publics, étranglés par la tarification à l’activité (T2A), l’explosion de la dette imposée depuis le plan hôpital 2007 et des emprunts devenus toxiques, sert de prétexte à de nombreux plans de «retour à l’équilibre».

Les agences régionales de santé (ARS) mises en place par la loi HPST de Bachelot, organisent cette politique sur une base strictement financière. Produire des soins dans un hôpital transformé en entreprise commerciale c’est l’objectif de ces managers-gestionnaires.
Pour les populations, les conséquences sont claires: Eloignements des structures, allongement des délais d’attentes pour avoir une consultation ou une intervention, urgences débordées.
Le secteur des cliniques privées est le principal bénéficiaire de cette situation. Il récupère les pathologies les plus rentables, choisit les malades solvables et pratique systématiquement les dépassements d’honoraires notamment en chirurgie.
En dehors de l’hôpital, les déserts médicaux liés à la pénurie de professionnels et les dépassements d’honoraires de spécialistes libéraux constituent un obstacle à l’accès aux soins pour de plus en plus de personnes.
Les mesures prises depuis 20 ans sur la protection sociale viennent aggraver la situation : multiplication des forfaits, franchises, baisse de remboursements, augmentation des tarifs des complémentaires (pour ceux qui peuvent les payer), font peser sur la population un « reste à charge » toujours plus important, en particulier pour les personnes âgées ou atteintes de maladies chroniques.

Hold-up du MEDEF

En 20 ans le patronat a obtenu 350 milliards d’euros d’exonérations de cotisations sociales. Elles ont été largement compensées par l’Etat, c’est-à-dire nos impôts, contribuant ainsi à l’endettement public qui sert de prétexte aujourd’hui, à l’austérité et au vote du fameux TSCG.
Le Medef mène désormais une campagne contre le « coût du travail trop élevé » et demande encore plus d’exonérations : de 30 à 50 milliards d’euros !

En déclarant que le mode de financement de la sécurité sociale doit être revu, qu’il pénalise le travail et gène la compétitivité des entreprises, les responsables socialistes tournent le dos aux aspirations populaires et cautionnent le Medef.

Si nous les laissons faire, ce cadeau au patronat entrainera un autre choc : celui de la hausse de la CSG, du retour de la TVA « sociale » de Sarkozy ou d’un mixte des deux.

En Europe, la santé victime des politiques austéritaires.

Partout en Europe, systèmes de soins et de protection sociale sont remis en cause.

Dans une série de pays l’espérance de vie a reculé et la mortalité infantile a augmenté. La santé et la protection sociale sont devenues une simple variable d’ajustement financier, pour satisfaire l’appétit des marchés financiers et des banquiers au mépris des besoins des populations.

A Montauban la tension monte !

L’intersyndicale du centre hospitalier de Montauban a décidé de déposer un préavis de grève avec mouvement revendicatif le 16 octobre.

UNE ALTERNATIVE EST POSSIBLE !

Nous exigeons l’arrêt immédiat de toutes les restructurations, l’accès aux soins partout et pour tous :
• L’abrogation de la loi HPST et instauration d’une véritable démocratie sanitaire pour décider collectivement de ce dont nous avons besoin.
• L’abrogation des forfaits franchises, interdiction des dépassements d’honoraires. Pour un remboursement à 100% par une sécurité sociale universelle et solidaire financée par la cotisation sociale.
Pas de profits sur la santé ! La santé est un bien trop précieux pour être confié à des intérêts privés.
Elle doit sortir du secteur marchand. Nous ne nous sommes pas débarrassé de Sarkozy pour voir revenir sa politique par la fenêtre. Si Hollande ne rompt pas rapidement avec sa politique actuelle, ce sont la droite et le FN qui risquent d’en profiter. Il faut continuer à faire converger et à coordonner, dans l’unité, les résistances pour la défense de l’accès aux soins et à la protection sociale. Et créer les conditions d’un gouvernement de redressement social qui rompe avec les politiques d’austérité et qui s’attaque au pouvoir de la finance.

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Re: Le parti de gauche

Message non lu par wesker » 22 oct. 2012, 19:10:09

La santé devrait être au coeur des préoccupations car elle concerne tout le monde mais n'a pas les mêmes incidences selon le lieu de résidence de chacun. En période de crise budgétaire, les français doivent déterminer et exiger que des choix clairs soient effectués par les dirigeants. La santé, l'emploi, la sécurité, me paraissent être des secteurs qui méritent d'être soutenue, aux côtés de la formation, aujourd'hui à la charge des seules régions qui perçoivent certes des recettes mais ne parviennent pas à informer les chômeurs qui en auraient pourtant besoin.

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Re: Le parti de gauche

Message non lu par Nico37 » 23 oct. 2012, 23:41:26

Assemblée citoyenne du Front de Gauche Paris 20me : Avec le Front de Gauche, dire non à l'austérité !

Alors que les plans sociaux se multiplient (PSA Aulnay, Doux, Sanofi...), alors qu'il y a désormais plus de 3 millions de chômeurs dans ce pays, Hollande et son gouvernement n'ont qu'un objectif en tête, atteindre les 3% de déficit en 2013. Pour Ayrault c'est même un « objectif impératif ». Ils veulent nous faire croire que la seule manière de sortir de cette crise, c'est la baisse rapide de l'endettement public, la baisse des charges sociales et plus de flexibilité sur le « marché » du travail. C'est faux !

Nous au Front de Gauche, nous pensons que ce sont justement ces politiques d'austérité qui ont aggravé la crise en Grèce et en Espagne et qui ont jeté ces peuples dans la misère. Nous au Front de Gauche nous pensons qu'il est possible d'imposer une autre politique en rupture avec les politiques ultra-libérales exigées par les marchés financiers, la BCE et les gouvernements européens. Pour nous, la priorité, ça doit être la satisfaction des besoins sociaux et non le remboursement de la dette publique aux banques.

Mais pour pouvoir imposer ce changement, le Front de Gauche aura besoin de tout le monde. Ceux qui hier ont sorti Sarkozy, ceux qui aujourd'hui veulent imposer un changement de cap avec les politiques menées par Hollande, ceux qui le 30 étaient dans la rue contre le Traité européen, ceux qui étaient dans la rue le 9 octobre, ceux qui serrent les poings devant leur télé, ceux qui veulent que ça change maintenant, vraiment.

Notre prochaine Assemblée citoyenne se tiendra le 23 Octobre. Ce sera l'occasion d'en parler et surtout de voir comment ensemble on peut changer les choses. Nous discuterons de l'avenir du Front de Gauche. Plus que jamais notre volonté c'est de permettre à tout le monde de trouver pleinement sa place au sein du Front de Gauche pour pouvoir participer à son élargissement, pour en faire un outil plus efficace encore pour rompre vraiment avec les politiques d'austérité.

Venez Nombreux. On vous attend. Plus que jamais, pour construire le Front de Gauche, pour échanger, pour lutter et pour peser ensemble

http://www.demosphere.eu/node/32627

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Re: Le parti de gauche

Message non lu par wesker » 24 oct. 2012, 12:22:30

Ce qui est certain c'est que le front de gauche a cru que le changement de Président impliquerait un changement d'orientation et s'aperçoivent aujourd'hui que c'est la continuité de l'austérité budgétaire qui se creusent et avec elle le cortège de plans sociaux et de récession qui s'annoncent.

Sur le fonds, il est évident cet objectif de déficits budgétaires peut se comprendre mais ne pourra être atteint par la politique de ponction fiscale sur les modestes et les moyens. De même qu'une réforme en vue de soutenir la compétitivité des entreprises est nécessaire mais ne peut se réduire à une course au moins disant social que nous ne pourrons remporter face aux esclaves dès lors il n'est que temps d'abandonner les chimères du fédéralisme et du mondialisme pour, enfin, revenir à des ambitions plus modestes mais plus efficaces de vendre là où l'on produit et de n'exporter que ce qui est en surproduction, ce qui fut le fondement de l'économie et du commerce internationale.

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Re: Le parti de gauche

Message non lu par Nico37 » 27 oct. 2012, 02:35:29

Résolution adoptée au CN des 13 et 14 octobre

Les majorités de l’Assemblée nationale et du Sénat viennent de ratifier le TSCG. La nouvelle mandature débute sur une voie sans issue. Au mépris du vote des Français, la continuité avec la politique de Sarkozy l’a emporté sur les promesses du changement. Le Premier Ministre J.M. Ayraulta dû reconnaître, après de nombreux mensonges, qu’il s’agissait, exactement comme nous le disions, du texte élaboré au mot près par Merkel et Sarkozy. Le pacte de croissance annexé ne représente aucun apport sérieux en terme d’investissements et aucune orientation n’est donnée sur les priorités et notamment sur les nécessités d’investissements massifs pour la transition énergétique.

La droite ne s’y est pas trompée et a voté la ratification avec enthousiasme. Le refus d’un débat public conclu par un référendum, comme la manière expéditive dont s’est organisée la discussion parlementaire, confirme que l’austérité porte en elle le viol de la démocratie. Une institution austéritaire, le Haut Conseil des finances publiques, non élu, a vu le jour dans le pays de la Révolution Française pour réduire la souveraineté des élus du peuple sur le budget. Cet épilogue désastreux était, hélas, en filigrane dans les premiers mois du nouveau pouvoir.

Pendant qu’il renie ses engagements sur l’amnistie des syndicalistes condamnés et sur une loid’interdiction des licenciements boursiers, François Hollande multiplie les gestes en direction du Medef jusqu’à reprendre son vocabulaire sur la compétitivité et le « coût » du travail. Le patronat a vite compris qu’il pouvait s’engouffrer dans la brèche pour accélérer les plans de licenciements (PSA, Sanofi, ArcelorMittal, ...). Une fois passés les effets de manche d’Arnaud Montebourg, la résistance du gouvernement se limiterait à mendier quelques améliorations des conditions de licenciement des travailleurs.

Au niveau international, François Hollande a tout de suite donné des signes d’allégeance à l’OTAN et à l’accompagnement des conflits menés par l’impérialisme étasunien.

La dette est toujours un prétexte. Le budget 2013, pour respecter la règle des 3% de déficit, organise l’austérité à tous les échelons et dans tous les secteurs, y compris l’éducation et la santé. Les collectivités locales n’échapperont pas à la contrainte austéritaire. Elles assument 70% de l’investissement public. La ministre de la réforme de l’État l’a d’ores et déjà annoncé : les dotations seront gelées en 2013 et devront être baissées de 1,5 milliard d’euro sur les deux exercices budgétaires suivants. Les conséquences seront désastreuses sur les services publics de proximité et le tissu économique local (TPE, PME). Dans ces conditions, la relance des activités caractérisées par leur contenu social et écologique devient d’autant plus impossible.

À l’image des poupées russes, le traité et le budget 2013 s’emboîtent pour dessiner une politique d’austérité qui entraîne le pays tout droit à la récession. Comme pour le traité, le Parti de Gauche s’oppose à cette logique budgétaire. Les chiffres du chômage explosent et la précarité s’étend inexorablement, en particulier chez les jeunes. Parce qu’elles sont déjà les plus précarisées autravail, les femmes sont les premières touchées par cette politique d’austérité généralisée.

Ce contexte de mise en concurrence de tous contre tous favorise les manifestations de racismes et de xénophobie comme en témoignent les évènements de Marseille ou de Lille à l’encontre des Roms. L’action de Manuel Valls, qui continue dans la logique politique d’exclusion des gouvernements précédents, entretient ce climat comme en témoigne la poursuite, médiatisée, du harcèlement des Roms et le refus de régulariser plus de personnes sans papiers. Nous réaffirmons notre volonté de régulariser les sans-papiers afin de régler la situation laissée par la droite. L’expulsion des Roms a été utilisée comme écran de fumée pour empêcher le débat citoyen sur le TSCG alors qu’il fallait réaffirmer leurs droits à la liberté de circuler et de travailler. Il est vrai qu’il est plus facile de s’attaquer à des boucs émissaires que de s’en prendre aux patrons voyous. On mesure là le courage politique !

En fait, en refusant de construire dans l’opinion le rapport des forces contre les oppositions de droite, d’extrême-droite et des forces réactionnaires sur l’ensemble des questions de société et de l’égalité des droits qui ne relèvent pour certaines pas directement des finances du pays, le gouvernement marque également déjà des reculs par rapport aux engagements de campagne de François Hollande. Il en est ainsi du droit de vote et d’éligibilité des résidents étrangers aux élections locales, promesse de plus de 30 ans du PS relayée par des mobilisations citoyennes régulières du temps des gouvernements UMP : le gouvernement refuse d’annoncer un calendrier parlementaire pour faire aboutir la proposition de loi déjà votée en ce sens au Sénat, notamment par les parlementaires du PS et de EÉLV. De même concernant l’égalité des droits pour les personnes LGBT, le gouvernement annonce pour la fin de l’année une loi sur le « mariage pour tou-te-s » et l’adoption, très restrictive et en retrait des promesses de campagne. Elle maintiendra des inégalités en droits selon l’orientation sexuelle des parents et ne permettra pas de garantir une filiation pour l’ensemble des enfants déjà en situation d’homoparentalité. Le gouvernement refuse d’annoncer le moindre calendrier quant au droit au changement d’état-civil en fonction de son identité de genre à l’instar de la loi modèle adoptée cette année en Argentine.

Quant aux prises de position concernant la laïcité, elles ne sont pas moins inquiétantes. M. Valls a défendu lors d’un déplacement à Strasbourg le Concordat: "(…) lorsqu’un système fonctionne, qu’il est compatible avec notre République et notre démocratie, il n’y a pas de raison de le supprimer en prétextant l’exception qu’il représente". En cela, M. Valls défend une organisation de la société à l’opposé d’une conception républicaine et laïque, socle de tout projet d’émancipation citoyenne. Il contribue à enfermer les citoyens dans des particularismes où le religieux sert de compensation face au renoncement politique sur un mode compassionnel qui donne du grain à moudre aux tenants du « choc des civilisations » si cher à Nicolas Sarkozy et au Front National. Ces derniers s’en servent pour alimenter une lecture identitaire des appartenances sociales où la haine de l’autre remplace la lutte des classes. Ces renoncements font malheureusement le lit des droites extrêmes et de l’extrême-droite.

Du côté des questions environnementales, l’enfumage médiatique aura été parfait mais n’aura duré que peu de jours : pas d’annulation des permis d’exploration des huiles et gaz de schiste déjà délivrés, absence de réflexion quant à la sortie du recours aux énergies fossiles dont font partie les gaz de schiste. Une fermeture de Fessenheim (qui devait être immédiate) et qui est maintenant repoussée à 2016, un engagement de diminution de la part du nucléaire de 75% à 50% au rythme du calendrier AREVA / EDF, révèlent la pression des lobbys. Comme l’a montré la conférence environnementale, François Hollande, c’est peu de promesses et déjà beaucoup de reculades ! Dans ce cadre, Europe Écologie Les Verts est bien obligée d’avaler les couleuvres les unes après les autres (Notre Dame des Landes, poursuite de l’EPR, PAC, ligne THT). La catastrophe climatique et les menaces pesant sur l’écosystème sont déjà là (appauvrissement des sols, OGM, extinction des espèces), mais les gouvernants continuent à refuser de remettre en cause les intérêts du capitalisme financier et du productivisme énergivore.

La politique du gouvernement Ayrault est en tous points dans la lignée des politiques sociales libéralesqui, de Schroeder à Zapatero, en passant par Papandréou, ont accompagné le libéralisme avec les résultats catastrophiques que l’on sait. Les résultats du congrès du PS confirment malheureusement la normalisation de ce parti sur le modèle de la gauche démocrate, désormais généralisée à l’Europe entière. La participation a été très faible à l’issue d’un congrès largement dépolitisé. La motion de gauche perd cinq points par rapport au congrès précédent. Elle culmine désormais à 13%. Nous avions diagnostiqué cette évolution du PS, elle explique même en partie la création du PG ; mais c’est la première fois qu’elle s’applique à ce niveau en France, sans complexe et aussi rapidement ; c’est une mauvaise nouvelle. Les dégâts d’une telle politique se voient pourtant déjà en Grèce, Espagne et Portugal avec comme seule conséquence la montée de la récession dans toute l’Europe avec son cortège de chômage et de pauvreté. Cette politique va dans le mur, plus vite même que nous ne l’imaginions.

Face à cette situation, il revient au Front de Gauche d’organiser la solidarité avec les luttes pour éviter que la révolte populaire ne tourne à la résignation, au dégoût de la politique, voire à la tentation de rejeter toutes les forces de gauche. Oui, il est possible de mener une autre politique. Par exemple, face à la destruction de l’outil industriel, nous proposons la nationalisation d’Arcelor-Mittal. Nous démontrons ainsi, que le Front de Gauche, avec son programme « l’Humain d’abord » a cette capacité et peut l’imposer par les luttes et son action dans les institutions.

Dans ce contexte, les quatre millions de voix de Jean-Luc Mélenchon et du Front de Gauche à l’élection présidentielle nous permettent d’aborder la période avec toujours plus de crédibilité. La cohérence du Front de Gauche a été de refuser de participer à un tel gouvernement et de ne pas voter la confiance au premier ministre. Nous avons largement contribué à la défaite de NicolasSarkozy. Nous sommes donc à juste titre les ayants-droits exigeants de la volonté de changement exprimé. Engagés à résister et à porter des propositions de rupture avec la logique capitaliste, nous sommes l’alternative gouvernementale à la politique austéritaire.

Les Estivales, la Fête de l’Humanité, et surtout le formidable succès de la manifestation nationale unitaire du 30 septembre, montrent un Front de Gauche à l’offensive partout. Le souffle citoyen de la campagne présidentielle est toujours là. Le Front de Gauche démontre sa capacité à dynamiser un large front social, associatif et politique contre l’austérité.

Dans une perspective d’élargissement, nous restons évidemment favorables au principe d’adhésion directe au Front de Gauche de toutes et tous les citoyen-nes, militant-e-s du mouvement social et syndical, qui n’envisagent pas aujourd’hui d’intégrer l’une des composantes du Front de Gauche. Nous souhaitons développer les Assemblées Citoyennes et les Fronts Thématiques. Pour ces derniers, nous proposons l’organisation d’une convention nationale. Là où les conditions sont réunies, il est tout à fait envisageable de constituer des comités locaux du Front de Gauche. La manifestation du 30 septembre est un événement qui pourrait se révéler décisif pour la suite. Elle est la plus importante manifestation jamais organisée contre un traité européen. Jamais gouvernement de « gauche » n’avait dû faire face, aussi vite, à une telle mobilisation venue de sa gauche. Mais surtout elle commence à donner à voir le Front du Peuple que revendique de devenir au final le Front de Gauche. C’est essentiel pour la suite.

Elle a également contribué à changer les conditions du débat parlementaire qui s’en est suivi. Elle a permis d’augmenter la pression sur les parlementaires qui ne peuvent ignorer qu’ils ont été élus sur la promesse d’une renégociation du traité. Enfin, elle a accru la légitimité d’un référendum attendu par une majorité de Français.

Cette exigence démocratique renforce l’élan de la manifestation du 18 mars pour l’Assemblée Constituante pour la VIème République. Elle détonne brutalement avec les travaux opaques de la commission Jospin-Bachelot sur la « moralisation de la vie politique » dont les réunions devraient être transmises en direct et qui jette un doute quant à la mise en oeuvre de la proportionnelle aux législatives.

Enfin, cette manifestation survient après des mobilisations monstres dans les pays où la récession sévit déjà. Les peuples ne se laissent pas faire. Ces événements confirment l’inéluctabilité des bouleversements sur le vieux continent. Pourtant, deux issues restent possibles : révolution citoyenne ou solution réactionnaire, lutte des classes ou haine des autres et divisions « ethniques » ? C’est pourquoi le Front de Gauche se doit d’éviter toute assimilation à la politique d’austérité menée. Il lui revient de travailler à une alternative capable de rassembler une majorité de gauche sur une ligne de rupture tant d’un point de vue institutionnel que dans les mobilisations. L’opposition au traité prouve que c’est possible sans attendre 2017. Le vote de certains parlementaires du PS et la décision d’Europe Écologie les Verts contre le traité sont de ce point de vue de bonnes nouvelles. Enfin, la concomitance de mobilisations populaires dans tout le pourtour méditerranéen, véritable Printemps Méditerranéen, est un encouragement. L’internationalisme est une question centrale pour le Parti de Gauche. La compréhension des situations internationales nourrit notre projet politique d’émancipation humaine. Le Parti de Gauche oeuvre à la coordination de ces luttes, à leur mise en réseau et à la solidarité entre elles.

Pour construire et rendre crédible cette alternative, le Parti de Gauche doit continuer de se renforcer. Il a marqué la campagne contre le traité austéritaire par son dynamisme, son imaginationet sa capacité à mener dans un délai si court une campagne d’éducation populaire. Il a joué un rôle essentiel dans la réussite du 30 septembre. C’est la conséquence d’un élargissement militant important et régulier qui a porté nos effectifs à 12000 adhérents. C’est le résultat des apprentissages individuels et collectifs réalisés dans l’action, notamment lors de la présidentielle et des législatives. Il nous faut maintenant continuer à mener de pair la construction du PG et du Front de Gauche (ledynamisme du premier renforçant les chances de succès du second) et le développement du mouvement de résistance à l’austérité avec une attention particulière pour les entreprises, les quartiers populaires et la jeunesse (lycées, universités, jeunes travailleurs, ...).

À celles et ceux qui partagent nos combats, en particulier aux quatre millions d’électeurs de Jean-Luc Mélenchon, nous disons « c’est le moment de prendre parti ». Dans ce but, nous tiendrons des bureaux d’adhésion dans toute la France le samedi 27 octobre à l’occasion d’une journée nationale d’adhésion, que nous voulons annuelle, et nous multiplierons dans les semaines et les mois qui viennent les réunions de formation et d’accueil des nouveaux adhérents.

Le 14 novembre, journée de mobilisation contre l’austérité en Espagne et au Portugal, et en pleine discussion budgétaire, nous organiserons plusieurs meetings dans toute la France pour combattre ces politiques mortifères et populariser nos propositions alternatives.

Les manifestations du 9 octobre ont démontré la détermination face aux plans de licenciements et fermetures d’entreprises (PSA, Sanofi, Petroplus, etc.) qui se multiplient y compris dans des entreprises faisant des profits. Le Parti de Gauche propose aux autres forces du Front de Gauche de lancer une campagne pour l’inscription à l’ordre du jour de l’assemblée de la loi contre les licenciements boursiers votée au Sénat y compris par les sénateurs du PS et déposée à l’assemblée par les députés du Front de Gauche.

Les propositions du Front de Gauche pour un droit de veto suspensif des travailleurs et pour le droit de préemption se révèlent plus que jamais indispensables. Nous devrons aussi lancer une mobilisation pour exiger l’amnistie de tous les syndicalistes et militants associatifs (anti-OGM, paysans contre NDDL ou contre l’EPR, militants RESF ...) condamnés pour des faits de militantisme. Les propositions de loi issues des ateliers législatifs permettront de crédibiliser notre capacité à exercer le pouvoir et à refonder notre démocratie. Nous les proposerons aux parlementaires des groupes du Front de Gauche à l’Assemblée Nationale et au Sénat. Ceux-ci ont un rôle important à jouer. Bien sûr nous tenons compte de leur autonomie par rapport à notre Parti. Cette autonomie signifie que nous sommes nous mêmes libres par rapport à leurs décisions. Elle appelle aussi à renforcer notre dialogue avec les groupes parlementaires sur une base libre, fraternelle et constructive.

Après 4 ans d’existence, le Parti de Gauche est dorénavant reconnu comme une force politique autonome porteuse d’une radicalité concrète, alliant l’écologie à la transformation sociale et à l’idéal républicain. Il est un formidable creuset d’histoires et d’identités politiques qui se renforcent et se complètent les unes les autres. C’est maintenant le moment d’asseoir cette richesse sur un socle théorique ambitieux et partagé. C’est l’objectif des premières assises pour l’éco-socialisme qui auront lieu le 1er décembre et que nous comptons ouvrir aux autres forces du Front de Gauche.

C’est donc un Parti de Gauche renforcé et mobilisé qui tiendra son prochain congrès les 22, 23 et 24 mars 2013.

Nico37
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Re: Le parti de gauche

Message non lu par Nico37 » 28 oct. 2012, 01:54:10

Le FDG 76 s’adresse à la population de Petit-Couronne et de l’agglomération rouennaise

Ami-e-s et camarades,

La décision du Tribunal de commerce du 16 octobre – en clair, la liquidation de l’entreprise au 5 novembre si aucun nouveau dossier n’est accepté – est inhumaine, indigne et inique. Comme vous, nous la refusons. Elle obéit, ni plus, ni moins à la loi de la finance, aux intérêts des capitalistes. Il est impossible de laisser les tribunaux de commerce arbitrer la vie des salariés et de leurs familles ainsi que la politique industrielle de la France.

C’est à vous, salariés, dans le cadre de votre intersyndicale, de décider des suites de votre lutte. Sachez que nous appuierons vos décisions.

En tant que militant-e-s et élu-e-s du Front de gauche, nous n’acceptons pas une nouvelle fois d’entendre que « l’État ne peut pas tout. » Oui, l’État peut et doit sauver la raffinerie et les emplois.

C’est sa responsabilité.

C’est en son pouvoir.

C’est un enjeu politique majeur.

Il y a urgence !

Le gouvernement doit agir en décidant, dès maintenant, la réquisition et la nationalisation de la raffinerie sous contrôle social de la raffinerie, et ce, sous le contrôle des salariés eux-mêmes. Ils ont montré depuis près d’un an qu’ils possédaient le savoir-faire, la compétence pour faire fonctionner l’entreprise. Qui, mieux que les salariés connaît leur outil de travail ? Ils ont remis en route la raffinerie. Ils ont à cœur, concrètement, la protection de l’environnement.

Pour son indépendance énergétique, le pays a besoin de ses raffineries. La France ne raffine pas assez aujourd’hui pour répondre à ses besoins de consommation. Importer, c’est exploiter des peuples à l’autre bout de la planète, c’est dégrader l’environnement à grande échelle.

Il existe à l’Assemblée nationale et au Sénat une majorité de parlementaires pour voter sans attendre les lois nécessaires. Exigeons la nationalisation, le droit de veto des salariés sur la politique de leur entreprise, un pôle de l’énergie incluant le raffinage, les visas sociaux environnementaux aux frontières.

Partout, nous appelons à soutenir votre lutte, dans la plus grande solidarité, dans la plus grande unité. Nous appelons à la convergence de toutes les luttes en cours pour faire entendre la voix des salariés pour la satisfaction de leurs revendications, pour une vie digne et humaine. Nous voulons mettre en œuvre une rupture concrète avec la loi du profit et de la finance, une véritable politique de gauche.

Nous avons toujours été à vos côtés et de toutes les mobilisations. Nous vous assurons que nous répondrons toujours présents. On ne lâche rien ! On peut changer la donne. Nous avons la force et le nombre avec nous. Toutes et tous ensemble, c’est possible !

Nos fraternelles salutations

Front de Gauche 76

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Re: Le parti de gauche

Message non lu par wesker » 28 oct. 2012, 11:23:03

La liquidation d'une entreprise est évidemment un drame et il est démagogique de contester cette réalité qui incite une entreprise à fermer pour cause qu'elle n'arrive plus à faire face à ses échéances.

Entre d'un côté une droite qui souhaite ne faire porter l'effort que sur les seuls salariés et de l'autre un front de gauche qui refuse de voir et d'expliquer les réalités à ses partisans il y a la voie pragmatique, réaliste, qui consiste d'une part à tenir compte des réalités, à exiger et mettre en oeuvre une politique d'effort et d'autres part à étaler cet effort sur tous et sur la durée nécessaire au remboursement des dettes les plus discutables que les gouvernants de gauche et de droite ont pu réaliser.

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Re: Le parti de gauche

Message non lu par Georges » 28 oct. 2012, 13:25:56

Qu'est ce qu'il y a expliquer ? que dans un système capitaliste, seul le profit compte, ils l'ont bien compris, mais voilà il ne sont pas encore prêt pour un vrai changement de société, la pauvreté ne doit pas être suffisante pour qu'ils se révoltent, mais encore un effort de la droite et des sociaux-démocrates et cela va venir.

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Re: Le parti de gauche

Message non lu par Nico37 » 28 oct. 2012, 15:08:01

Georges a écrit :Qu'est ce qu'il y a expliquer ? que dans un système capitaliste, seul le profit compte, ils l'ont bien compris, mais voilà il ne sont pas encore prêt pour un vrai changement de société, la pauvreté ne doit pas être suffisante pour qu'ils se révoltent, mais encore un effort de la droite et des sociaux-démocrates et cela va venir.
Surtout le profit et les richesses des capitalistes viennent exclusivement du travail des salariés...
Et ni le FdG ni le PG ne veulent le dire, ils se contentent des patrons dit voyou...

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Re: Le parti de gauche

Message non lu par wesker » 28 oct. 2012, 15:23:11

Georges, je pense que tu seras en mesure de comprendre que les profits sont nécessaires aux investissements, et au développement d'une entreprise, pour ma part la génération de profits en provenance d'une activité n'est pas choquante.

Empêcher les profits reviendrait à se priver de recettes fiscales nécessaire au financement de l'Etat, d'une part et réduirait nombre d'initiative qui sont pourtant nécessaire à la création d'emplois, je crois qu'il ne faut pas tout confondre. Les salariés se moquent que les entreprises dégagent des bénéfices tant qu'ils parviennent à vivre, payer leur facture, remplir leur frigo et se divertir un minimum, c'est cela que les gens attendent et c'est aussi à cela que sert la vie. Nous ne pouvons pas être uniquement des consommateurs nés pour ne travailleur jusqu'à notre mort et payer des impôts !

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