Le parti de gauche

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wesker
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Re: Le parti de gauche

Message non lu par wesker » 12 janv. 2012, 21:11:03

n1n3yard5

Alors cela induit que ce rassemblement reconnaît l'utilité des frontières économiques mais persistent à vouloir demeurer dans une vision internationaliste, mélangiste malgré le fait que l'abondance de main d'oeuvre sert, prioritairement aux patrons.

Nico37
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Re: Le parti de gauche

Message non lu par Nico37 » 12 janv. 2012, 23:37:37

Carcassonne: " Ensemble, construisons l'espoir "
Le 12/01/2012

Les voeux de Rosine Charlut candidate du Front de gauche aux élections législatives sur la première circonscription de Carcassonne, membre de la Fase 11.

Les politiques menées par le président des riches sont accablantes sur le plan social et écologique. Les inégalités se sont aggravées en raison d'une fiscalité injuste qui pénalise les classes moyennes et les plus modestes, en préservant les intérêts des plus fortunés.

La course effrénée aux profits épuise les ressources naturelles de notre planète. La réforme des retraites qui prolonge la période d'activité accroît les difficultés d'accès à l'emploi pour les jeunes, alors que les travailleurs âgés sont au chômage forcé. L'accès aux soins devient un luxe pour certains d'entre nous.

La TVA sociale, si elle allège la contribution patronale, augmentera, encore une fois, la pression fiscale sur les ménages. Les dégradations, que le pouvoir impose à l'enseignement public et qu'il veut accentuer, conduiraient à un enseignement à plusieurs vitesses. Pour les pauvres, des conditions dégradées et un enseignement aux pauvres contenus. Pour les enfants de riches, un enseignement leur permettant de figurer parmi les classes dirigeantes.

Dans notre département, au revenu par habitant l'un des plus faibles du pays, le nombre de travailleurs pauvres est inquiétant. Nombre de femmes, chargées de familles, doivent faire face à des charges quasi impossibles à assumer. Beaucoup de retraités et plus particulièrement les femmes ont à peine de quoi survivre.

Pour diviser les salariés, la droite et l'extrême droite stigmatisent les immigrés, tenus pour responsables de la crise.

Les demandeurs d'asile sont traités d'une manière indigne, quand ils ne sont pas purement et simplement surexploités. Comment a-t-on pu en arriver là, dans la cinquième puissance économique du monde, patrie des droits de l'homme ? La situation sociale, écologique et démocratique exige des changements profonds et non des réformettes. Celles-ci laisseraient la place à de nouvelles crises dans lesquelles le capitalisme se complaît et qu'il sait utiliser pour imposer l'austérité aux couches sociales les plus modestes.

Je formule le voeu, qu'ensemble, nous ayons le courage de combattre ces politiques qui provoquent tant d'injustices et de souffrances, suscitent tant de haine et sont les premières responsables de la catastrophe écologique qui nous menace.

Mais pour cela, il faut que tous ceux et toutes celles qui en sont les victimes soient capables de se regrouper pour débattre et agir dans l'intérêt général.

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Narbonne
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Re: Le parti de gauche

Message non lu par Narbonne » 13 janv. 2012, 08:33:34

Je suis partisan de la mise en place d'une constituante mais pas comme le propose JLM.
"Propositions :
- organisation d’un référendum proposant l’élection au suffrage universel d’une Assemblée Constituante dont le mandat unique sera l’élaboration d’une nouvelle Constitution
- les ministres, députés et sénateurs en fonction ne pourront être élus à l’Assemblée Constituante"
Cela signifie, concrètement, que seuls les membres des partis et anciens/futurs representants du peuple en seront membres.
Comme les chiens ne font pas des chats, on aura une constitution quasiment equivalente à celle d'aujourd'hui.

En islande, petit pays, pour etre candidat il suffisait d'etre parrainé par 30 citoyens. En France, pays beaucoup plus peuplé, le tirage au sort (un peu comme pour les jurés) serait une bonne solution.
Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait.

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Message non lu par n1n3yard5 » 13 janv. 2012, 10:32:02

Narbonne a écrit :Je suis partisan de la mise en place d'une constituante mais pas comme le propose JLM.
"Propositions :
- organisation d’un référendum proposant l’élection au suffrage universel d’une Assemblée Constituante dont le mandat unique sera l’élaboration d’une nouvelle Constitution
- les ministres, députés et sénateurs en fonction ne pourront être élus à l’Assemblée Constituante"
Cela signifie, concrètement, que seuls les membres des partis et anciens/futurs representants du peuple en seront membres.
Comme les chiens ne font pas des chats, on aura une constitution quasiment equivalente à celle d'aujourd'hui.
Cela signifie surtout qu'on aura plus de citoyens qui ne sont pas des pros qui écriront la constituante.
Narbonne a écrit :En islande, petit pays, pour etre candidat il suffisait d'etre parrainé par 30 citoyens. En France, pays beaucoup plus peuplé, le tirage au sort (un peu comme pour les jurés) serait une bonne solution.
Je pense que c'est une excellente idée et qu'il faudrait peut-être la proposer en Assemblée Citoyenne.

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wesker
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Re: Le parti de gauche

Message non lu par wesker » 14 janv. 2012, 21:28:31

La droite et l'extrême droite ne sont que des conceptions politiciennes qui permettent aux biens pensants de maintenir un clivage qui justifient de leurs ralliements, malgré des divergences idéologiques amplement marquées. Cela ne correspond pas aux exigences que posent la gravité de la situation.

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Re: Le parti de gauche

Message non lu par Nico37 » 17 janv. 2012, 22:00:13

wesker a écrit :La droite et l'extrême droite ne sont que des conceptions politiciennes qui permettent aux biens pensants de maintenir un clivage qui justifient de leurs ralliements, malgré des divergences idéologiques amplement marquées. Cela ne correspond pas aux exigences que posent la gravité de la situation.
Oui bien sûr plus rien n'existe, il n'y a d'ailleurs ni bourgeois, ni prolétaire :roll:
Parti de gauche : Raquel Garrido ce mardi à Cholet lundi 16 janvier 2012

Raquel Garrido, porte-parole internationale du Parti de Gauche, est invitée du Front de gauche choletais ce mardi soir, à l’occasion de son assemblée citoyenne. Avocate au barreau de Paris, elle est secrétaire nationale du Parti de Gauche et « habilitée à réagir sur la perte du triple A, indique le PG de Cholet, et sur notre mobilisation devant Standard and Poor’s auquel elle participe chaque jour, y compris [hier] soir avec Jean-Luc Mélenchon ».

Mardi 17 janvier, de 20 h à 22 h, à la salle de la Bruyère. Débat sur la démocratie, la VIe République.
Présidentielle : rencontre publique avec le Front de gauche, à Caen mardi 17 janvier 2012

Dans le cadre de la campagne pour l’élection présidentielle, Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, Martine BiIlard, co-présidente du Parti de gauche participent à une rencontre publique du Front de gauche, ce soir à 20 h, au centre des congrès de Caen. Nicolas Beniés, de la Gauche unitaire et Etienne Adam (Fédération pour une alternative sociale et écologique) seront également présents.

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Re: Le parti de gauche

Message non lu par n1n3yard5 » 17 janv. 2012, 23:04:54

Chacun à leur manière, et à des degrés divers, Argentins, Brésiliens, Boliviens, Équatoriens, Uruguayens, Paraguayens et Vénézuéliens ont changé de cap. Ils ont tourné la page de « la seule politique possible ». Ils ont expulsé les institutions financières internationales qui prétendaient dire à leur place quelles politiques conduire. Ils ont repris en main les grands leviers du développement économique : monnaie, budget, ressources naturelles, commerce. Et ils s’en portent très bien. L’Argentine est ainsi sortie en un temps record d’une crise de la dette beaucoup plus terrible que celle qu’affronte aujourd’hui la Grèce. Se référer à ces expériences a fait crier à l’exotisme révolutionnaire. Les rieurs rappellent avec boursouflure que l’Amérique du Sud n’est pas l’Europe. Ce qui ne les empêche nullement, l’instant d’après d’imposer des remèdes libéraux identiques aux deux endroits.
Jacques Généreux – Nous, on peut ! – Edition du Seuil – p.10-11

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Re: Le parti de gauche

Message non lu par n1n3yard5 » 17 janv. 2012, 23:30:40

« Des paroles et des actes » sur France 2 : L'émission a été regardée par 3,2 millions de téléspectateurs, mieux que Copé, Juppé et Bayrou

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Re: Le parti de gauche

Message non lu par Nico37 » 19 janv. 2012, 00:44:11

Mélenchon veut bouffer le capitaine de Pédalo ! 18/01/2012
Chaque mercredi, Anna Cabana, grand reporter au "Point", livre une analyse politique pour le 6/7 de France Inter.

Ce matin, Anna, vous voulez nous parler de Jean-Luc Mélenchon...

(...)

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Re: Le parti de gauche

Message non lu par Nico37 » 19 janv. 2012, 20:52:05

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Message non lu par n1n3yard5 » 19 janv. 2012, 21:06:00

Nulle part ailleurs que dans l’UE, la mise en compétition des territoires et des travailleurs n’a été aussi radicalement instrumentalisée pour tenter d’imposer la nouvelle orientation néolibérale des gouvernements. Mais songez-vous peut-être, pourquoi diable les citoyens européens n’ont-ils pas fini par voter contre cette orientation ? Après une décennie de libéralisation financière et d’intensification de la libre concurrence, ne voyaient-ils pas s’étendre la pauvreté, les inégalités, le chômage de longue durée, la précarité et la souffrance au travail ? Ignoraient-ils les crises financières à répétition déclenchées par la spéculation sans frein ? N’étaient-ils pas choqués par la richesse indécente d’une minorité et les salaires surréalistes des patrons ?
Mais si, bien sûr, ils voyaient, savaient et étaient choqués ! Alors que s’est-il passé ? Une tragédie politique ! Car, en fait, les électeurs européens ont bien fini par chasser la droite néolibérale par le vote… mais en vain. Après la dominante néolibérale des années 1980 jusqu’au milieu des années 1990, ils ont clairement manifesté leur désir d’une autre politique. Rappelons l’arrivée au pouvoir (entre autres) de Lionel Jospin (France, 1997), Tony Blair (Royaume-Uni, 1997), Gerhard Schröder (Allemagne, 1998). A la fin des années 1990, travaillistes, socialistes et sociaux-démocrates gouvernement treize pays de l’UE sur quinze. Mais au grand dam des électeurs qui croyaient voter pour le changement, il s’agit là, certes, d’une alternance des partis au pouvoir, mais sans alternative politique réelle. Car, après avoir été renversée par la grande vague néolibérale des années 1980, la gauche européenne a opéré une conversion idéologique et stratégique. Les nouveaux dirigeants qui prennent le contrôle des partis socialistes et sociaux-démocrates sont en effet convaincus de deux choses également erronées : 1) la mondialisation libérale est une donnée irréversible, de sorte que toute politique doit composer avec l’impératif de compétitivité face à une concurrence mondiale ; 2) la désaffection des classes populaires à leur égard les oblige à élargir leur électorat « au centre ».
Jacques Généreux (économiste, professeur à Sciences-Po., maitre de conférences à l'Institut d'études politiques de Paris) – Nous, on peut ! – Edition du Seuil – p.59-60

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Re: Le parti de gauche

Message non lu par Nico37 » 20 janv. 2012, 22:12:07


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Re: Le parti de gauche

Message non lu par n1n3yard5 » 21 janv. 2012, 05:27:11

http://www.courrierinternational.com/ar ... e-la-crise

Selon les services sociaux, les cas d'abandon d'enfants, que les familles ne peuvent plus nourrir, se sont multipliés ces derniers mois. Reportage.

Un soir, Anna était encore à l'école. Et sa maman ne venait toujours pas venir la chercher. Les instituteurs ne savaient pas quoi faire. Puis la petite a sorti de sa poche un papier. C'était une note qu'elle ne pouvait déchiffrer à son âge. "Anna, je ne viendrai pas te chercher ce soir. Je n'ai pas d'argent, je ne peux plus m'occuper de toi. Pardon. Ta maman". La personne qui raconte cette histoire m'en parle comme d'un cas quotidien. "Dans cette situation, que pensez-vous que l'école puisse faire ? Ils ont appelé le juge pour enfants et ce dernier nous l'a envoyé", témoigne Stratos, responsable d'un centre d'accueil pour enfants en détresse.

Tout cela n'a rien d'un livre de Dickens. Cela se passe aujourd'hui, dans une banlieue d'Athènes. La maman d'Anna n'est pas folle. C'est une jeune femme qui a perdu son travail et a paniqué. Il y en aurait des centaines comme elle aujourd'hui en Grèce. Des parents, tombés dans une impasse économique et qui ne peuvent plus s'occuper de leurs enfants.

"Il y a encore deux ans, 95 % des admissions dans nos centres d'accueil concernaient des cas de mineurs maltraités", explique Marine, qui travaille depuis dix-neuf ans dans un de ces centres. "Alors qu'aujourd'hui, la moitié des demandes vient de parents très pauvres. Huit fois sur dix, ce sont des familles monoparentales qui n'ont pas de parents autour d'eux", poursuit-elle. "Le plus souvent, les enfants viennent avec leur mère. Elle leur montre la chambre, le lit et me présente. Puis elle s'en va en disant 'je t'aime' et l'enfant reste collé à la porte en voyant sa mère s'éloigner", raconte encore Marina, qui succombe à l'émotion en racontant ces scènes de séparation. "Ces enfants ne crient pas, ne pleurent pas. Ils restent plantés devant la porte jusqu'à ce que l'ombre de leur maman disparaisse. Quand il y a des frères et sœurs, on ne peut pas les séparer immédiatement. Surtout le premier soir. On les met dans des lits séparés puis ont les retrouve dans le même quelques instants plus tard, enlacés, pour être certains de ne pas se perdre...".

En principe, ces foyers ne sont pas destinés à ce genre de situations. Pour les familles pauvres, il y a les services sociaux. Mais la pauvreté n'arrive jamais seule. "L'autre jour, on a eu le cas de cette petite fille", raconte une assistante sociale. "Elle avait trois ans et elle ne connaissait pas plus de quinze mots. Les médecins l'ont auscultée, elle se portait bien. Son père travaille du matin au soir sur des chantiers, sa maman est handicapée et ils ne pouvaient plus s'occuper de leur enfant. Quand personne ne te parle, comment peut-on apprendre la langue ?". La pauvreté conduit à la destruction du foyer et parfois aux mauvais traitements, témoignent encore les responsables des services sociaux. Ainsi, beaucoup de parents, avant d'arriver à l'extrême déchéance, préfèrent leur confier leurs enfants.

"Un jour, j'ai trouvé une femme à l'entrée du foyer, tenant sa fille par la main", reprend Marina. "Elle lui disait : 'Ne crois pas que maman ne t'aime pas. Elle t'adore, mais elle n'a pas de quoi te nourrir. Ici, les gens sont gentils, tu verras'. Que voulait faire cette mère ? Laisser son enfant chez nous et repartir ? Quelque soit le nombre d'années passées dans ce métier, il y a des choses qu'on n'accepte pas. Comme l'image de cette femme qui tient son enfant par la main et lui explique qu'elle va l'abandonner", conclut Marina.

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Re: Le parti de gauche

Message non lu par n1n3yard5 » 21 janv. 2012, 14:37:25

http://www.lemonde.fr/idees/article/201 ... _3232.html

La bêtise ou l'ignorance n'a pas de limites, mais elle a au moins un nom : Guy Sorman. Sa diatribe contre le communisme à l'occasion du procès - justifié, je le précise - d'un responsable des crimes des Khmers rouges (Le Monde du 10 août) témoigne d'une radicale incompréhension du projet de Marx, faute sans doute de s'être un tant soi peu renseigné à ce propos.

Une remarque préalable : sauf à verser dans le nominalisme qui fait du mot la chose, ce n'est pas parce que le régime cambodgien et les régimes "totalitaires" du XXe siècle qu'il dénonce se disaient "communistes" qu'ils l'étaient.

A ce compte, les chrétiens de l'Inquisition et des bûchers étaient chrétiens... alors qu'ils ne l'étaient pas ! Dans le cas présent, l'assimilation de ces régimes à l'idée communiste dont ils se réclamaient (cela est exact) tient à un double oubli, politique et théorique. L'oubli politique, d'abord : pour Marx le communisme était identique à une démocratie complète, dépassant la seule sphère politique des institutions, qu'elle intégrait, et investissant les sphères de la vie sociale et économique.

Corrélativement, cette démocratie intégrale, qui entendait même se passer d'Etat sur le long terme, avait pour ambition anthropologique de permettre la satisfaction des besoins de tous et, du même coup, d'actualiser les potentialités humaines qu'une société de classes mutile chez la majorité de ses membres. Marx n'a cessé de mettre l'émancipation individuelle au coeur de son projet, au point qu'il le concevait comme une association où "le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous" (Manifeste du Parti communiste, 1948) et non l'inverse ! Où Guy Sorman a-t-il donc vu que les régimes qu'il critique aient en quoi que ce soit ressemblé à cette définition du communisme ?

Le renforcement inouï de l'Etat, l'absence de pluralisme idéologique et de liberté politique, le contrôle collectif sur les consciences dans des domaines qui doivent en droit lui échapper comme la religion, l'art ou la science, enfin le recours à la violence meurtrière (même s'ils n'en furent pas les seuls responsables, ce que refuse d'admettre Guy Sorman) n'ont rien à voir avec le communisme marxien (et il n'y en a pas d'autre !), mais ils illustrent sa défiguration et l'illusion dans laquelle étaient ceux qui croyaient être sur la voie de sa réalisation.

Tout cela pèse encore d'un poids terrible sur notre situation politique et empêche d'admettre à la fois que l'idée communiste est généreuse, moralement exigible, et qu'elle n'est pas morte puisqu'elle n'a jamais existé dans les faits. Mais d'où vient cette dramatique défiguration ? C'est ici qu'intervient l'autre oubli, théorique, qui n'est d'ailleurs pas l'apanage de Guy Sorman puisqu'il est partagé par les commentateurs, voire les hommes politiques, y compris quand ils sont de gauche.

Marx, qui était un penseur matérialiste soucieux de comprendre scientifiquement l'histoire et pas seulement d'en dénoncer les injustices, a toujours estimé qu'une révolution communiste n'était possible qu'à partir des conditions économiques fournies par le capitalisme développé et à partir d'un ensemble majoritaire de salariés liés à la grande industrie.

Et si, à la fin de sa vie, il a envisagé avec Engels qu'une révolution pourrait se déclencher dans un pays arriéré comme la Russie, il a ajouté qu'elle ne pourrait réussir qu'avec l'appui d'une révolution en Europe l'aidant de ses acquis ! Sa théorie condamnait donc à l'échec, en quelque sorte par avance et sur la base d'un pronostic intellectuel, l'idée d'un communisme prétendant s'accomplir dans des sociétés sous-développées... ce qui s'est passé malheureusement au XXe siècle ; et les exemples de la Chine ou du Vietnam, se convertissant partiellement à une économie capitaliste, prouvent a contrario la justesse de cette vue.

Point n'est donc besoin d'affirmer que "la masse" ne veut pas du communisme et de suggérer ainsi que les hommes y sont par nature rebelles pour comprendre l'échec apparent de cette idée ; il suffit de réfléchir aux conditions historiques de sa réalisation telles que Marx les a conçues, qui nous montrent que le soi-disant "communisme réel" était un "communisme irréel", volontariste et utopique, voué à échouer.

En revanche, sur cette même base théorique et face à un capitalisme en pleine débâcle dont Guy Sorman ne dit mot (comme il ne dit mot des millions de morts dont il est, lui aussi, responsable ou des dictatures qu'il a engendrées ou soutenues), on peut penser sans naïveté que l'idée communiste peut resurgir en Occident, comme elle le fait à sa manière en Amérique latine, et qu'elle correspond aux possibilités objectives de notre développement historique, comme l'histoire du mouvement ouvrier en Europe l'a selon moi attesté au XXe siècle, sous la forme d'acquis qui avaient pour horizon une société postcapitaliste et portaient la marque de l'héritage marxien.

J'ajoute qu'elle est porteuse d'une universalité morale incontestable et qu'à ce titre on a le droit d'estimer, sans prophétisme, que la "masse" des hommes devrait un jour y reconnaître le visage apaisé de ses intérêts partagés.

Philosophe, auteur de L'Ambition morale de la politique : changer l'homme ? (L'Harmattan, 270 p., 26 euros)

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Re: Le parti de gauche

Message non lu par n1n3yard5 » 21 janv. 2012, 14:54:03

http://www.marianne2.fr/En-1931-Moody-s ... 14650.html

En 1931, Moody's conduisait déjà la Grèce au chaos


Dans le commentaire d'un article sur les agences de notation, une mariannaute rappelle l'épisode historique qui a vu l'agence Moody's dégrader la note de la Grèce, générant des troubles sociaux et politiques dans le pays avant l'arrivée au pouvoir du général Metaxas, fasciné par les régimes fascistes. Moody's exprimera ses regrets, annoncera la fin de la notation des dettes publiques avant de ressortir son funeste carnet de notes en 1975.

C’est l’économiste Jean-Marc Daniel, qui, le plus récemment, est venu rappeler cet épisode historique méconnu.
En 1909, John Moody, journaliste financier reconverti, crée la notation stricto sensu : sa société jauge les risques en s'appuyant sur une grille de notes, qui permet de résumer les risques pris par le créancier. S & P suit en 1916 et Fitch en 1924. La notation des Etats débute, elle, dès 1918...

Au début des années 1930, le Trésor américain reproche aux agences de notation de n’avoir pas vu venir les faillites en chaîne des banques et la crise boursière de l'automne 1929. Elles entreprennent dès lors d‘élargir leur champ de compétence à la dette des états. Pendant la Grande Dépression, de nombreux pays européens n'ont pu faire face à leur dette : l'Allemagne, la Grèce, la Hongrie, la Roumanie. Mais les agences de notation ont alors essentiellement dans leur collimateur des pays latino-américains, victimes de la chute des cours des matières premières. Les agences baissent la note du Brésil et de la Bolivie, qui fera défaut en janvier 1931.
A Washington, on reproche alors « aux agences de se concentrer sur la zone américaine et d’ignorer l’Europe » écrit Jean-Marc Daniel. Le doigt sur la couture du pantalon, les agences se penchent sur l’état du vieux continent. Moody’s « repère l’homme malade de l’Europe ». C’est la Grèce qui aura « le triste privilège d’avoir été, dans l’Europe des années 30, la cible régulière des agences de notation, alors dans leur « adolescence ».

Etiqueté libéral de gauche, le premier Ministre Venizélos, un avocat Crétois considéré comme le fondateur de la Grèce moderne. Accusé par l’opposition monarchiste de ruiner l’Etat, il dit distinguer « la bonne dette qui prépare l’avenir de la mauvaise dette qui sert à payer les fonctionnaires ».

Pas assez convaincant pour Moody’s qui dégrade la Grèce. Les taux d’intérêts augmentent. C’est l’escalade. Les exportations de produits agricoles, principales sources de revenu, diminuent. L'autre grande source de capitaux, les envois d'argent des Grecs émigrés, se tarit. Enfin, les prix flambent en Grèce. Venizélos essaie, dans un premier temps, de rester optimiste. Le 25 avril 1931, il supprime la liberté des changes et impose un cours forcé de la drachme. Le 1er mars 1932, il arrête les remboursements des emprunts contractés auprès de la Grande-Bretagne, de la France et de l'Italie. Les critiques de l'opposition sont de plus en plus virulentes. Pour sauver sa majorité à la chambre lors de législatives qui s'annoncent, Venizélos décide de remettre en place la proportionnelle, qu'il avait critiquée en 1928 en disant qu'elle avait conduit le pays à l'anarchie. Il va aussi jusqu'à limiter la liberté de la presse pour modérer les attaques. Accusé de tendances dictatoriales, son parti est battu. Le retour au pouvoir des monarchistes s’amorce en 1935 avant le coup d’état du général Plastiras. Après une période de désordre, le Roi nommera le général Metaxas ministre de la guerre. S’inspirant des formes autoritaires du régime fasciste italien de Mussolini, il interdit les partis politiques. Il fait arrêter les opposants : près de 15,000 Grecs sont arrêtés et torturés durant les cinq ans de la dictature de Metaxás. Il déclara les grèves illégales et instaura la censure.

Constatant l’étendue des dégâts politiques, Moody’s exprimera ses regrets s’engageant à ne plus noter les dettes publiques des états.

Après guerre, les affaires des agences reprennent, même si elles arrêtent de noter les Etats, qui ne se financent plus guère sur les marchés. La polémique reprend en 1968, quand le maire de New York, furieux de voir sa ville dégradée, fustige S & P et met en cause la faiblesse de ses ressources humaines. Les agences répliquent en changeant de modèle économique : elles adoptent celui d' "emprunteur-payeur" - l'emprunteur paie désormais l'agence pour l'évaluer -, afin d'affiner leurs analyses. Mais à partir de 1975, le marché des obligations d'Etat repart. Les agences ressortent leurs carnets de notes pour évaluer les Etats, et à susciter la critique. Ainsi, elles ont accordé aux pays d'Amérique du Sud de très bonnes notes au début des années 1980, avant que ceux-ci n'enchaînent les faillites. Paradoxalement, bien que toutes ces « Sœur Anne » de la finance n’auront rien vu venir de la crise de 2008, multipliant les scandales, aggravant la situation des états mis au piquet, la référence aux notes dans les législations financières n'a jamais été aussi importante. Retour vers le futur.

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