Le parti de gauche

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wesker
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Re: Le parti de gauche

Message non lu par wesker » 17 mars 2012, 14:00:10

Ne s'adresser qu'au gens de gauche ou qui se reconnaissent dans ce "bloc" n'est pas une attitude de rassemblement mais relève plutôt d'une logique de bloc, obsolète et de sectarisme à l'égard de travailleurs modestes mais qui estiment qu'il est nécessaire d'avoir des finances publiques saines afin de pouvoir disposer de capacités budgétaires pour des investissements....

n1n3yard5
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Re: Le parti de gauche

Message non lu par n1n3yard5 » 17 mars 2012, 17:50:05

Le Front de Gauche n'est pas dans une logique de bloc. Mais effectivement il a des idées et ces idées ne peuvent pas plaire.

Ils sont pour avoir des finances saines.

Nico37
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Re: Le parti de gauche

Message non lu par Nico37 » 17 mars 2012, 18:31:20

Mélenchon et sa "règle verte" au pays des volcans

REPORTAGE - Devant plus de 8.000 personnes réunies au Zénith de Clermont-Ferrand, Jean-Luc Mélenchon a plaidé pour une "règle verte" dans un discours tourné vers l’écologie et durant lequel il s’est aussi échiné à déminer l’argument du vote utile.

(...)
Résumé et photos du meeting de Jean-Luc Mélenchon à Clermont-Ferrand 15 mars, par Bertrand

Le candidat du Front de Gauche pour l’élection présidentielle était ce mercredi soir au Zénith d’Auvergne. Il a notamment expliqué le concept de planification écologique et souhaite une règle verte dans la constitution. Résumé et photos.

Le Front de Gauche a réussi son pari en remplissant copieusement le Zénith d’Auvergne ce mercredi soir. Il annonce 9.000 personnes, un poil exagéré car le Zénith a une capacité de 8.500 places, et 8.000 personnes regardant en live sur internet.

Avant l’ouverture des portes à 18h30, déjà des milliers de personnes se massaient devant les portes. En quelques minutes la salle s’est remplie et il devenait difficile de trouver une place assise ou même circuler dans la fosse.

Éducation populaire

La soirée débute alors par la diffusion de trois petits films sur la dette, le Front National et la 6ème république puis le discours d’une porte parole. C’est la manière pour le Front de Gauche de faire de ces meetings des moments d’"éducation populaire" afin que chacun puisse partir avec des arguments pour répondre à ses collègues et amis. Ils en remettront une couche un peu plus tard en présentant trois livres sur le Front National.

Puis apparait celui que tout le monde attendait. Accompagné des membres du Front de Gauche, Jean-Luc Mélenchon traverse la foule jusqu’à la scène. Mais pour l’entendre il faudra patienter un peu. C’est la porte parole de la gauche unitaire qui ouvre les discours et commence à chauffer la salle.

André Chassaigne enchaîne ensuite en confiant "j’ai le sentiment de recevoir à la maison". Son discours débute par plein d’humour puis la grosse voix du député tonne dans le Zénith et les arguments font mouche dans la foule. Après avoir cité tous les produits Auvergnats au début, André Chassaigne cite aussi Vialatte et n’oublie pas Che Guevara.

Pour lui "Jean-Luc Mélenchon est un candidat extra-ordinaire, un grand candidat." Mais André Chassaigne n’oublie pas les entreprises locales qui licencient dans la région et termine en confiant son rêve : "que le Front de Gauche pèse sur toutes les décisions et développe une nouvelle pratique politique dans la durée".

I’m dangerous !

Jean-Luc Mélenchon peut alors prendre le relai. Pendant plus d’une heure quinze, le public clermontois va vérifier l’incroyable talent d’orateur du candidat qui manie humour, arguments et n’oublie pas quelques noms d’oiseaux pour quelques "concurrents". Il visera principalement Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen, qui seront copieusement sifflés, mais n’oubliera pas quelques pics pour les Verts et François Hollande. Il fustige notamment "la stupide danse du vote utile" du PS.

Pour lui "l’élection est un moment de rencontre entre la colère du peuple et un bulletin de vote." Il revient sur les bidouillages sur la fiscalité et sur les exilés fiscaux, déclare son amour pour la mixité, démonte la société de consommation et la publicité et milite pour un SMIC à 1700 euros. En permettant à tous d’acheter de bons produits et notamment bios "augmenter les salaires est une décision écologiste qui lie l’ouvrier et le paysan dans un intérêt commun."

Il fera aussi rire en se moquant de la polémique sur la viande halal : "Vous parlez du halal, mais il y a un vrai problème à la cantine, c’est : pendant combien de temps y aura-t-il des frites molles…" Faisant référence au "I’m not dangerous" de François Hollande à la City, il clame : "I’m dangerous, je vais vous faire les poches."

L’écologie au coeur du programme

Une bonne part de son discours sera ainsi centré sur l’écologie. Un thème cher à André Chassaigne et que le Front de Gauche a mis au coeur de son projet. Jean-Luc Mélenchon va alors expliquer le concert de planification écologique : "A bas le court terme, il faut la vision à long terme !"

Plus qu’une règle d’or sur le budget, Jean-Luc Mélenchon souhaite une règle verte dans la constitution pour solder la dette écologique, "la seule vraie dette que nous laissons à nos enfants". Il fera un hommage appuyé aux communistes qui ont vu "qu’il y a là un intérêt commun à l’humanité." Juste renvoi d’ascenceur à l’adoubement d’André Chassaigne en début de meeting.

Il termina ensuite sur un appel à la révolution et un appel à la 6ème république : "l’insurrection est un devoir quand le peuple est opprimé.". Il terminera en citant Victor Hugo et les Misérables : "Une insurrection qui éclate c’est une idée qui passe son examen devant le peuple." Et d’ajouter "bon courage" avant de chanter l’Internationale puis la Marseillaise.

Oui les clermontois ont vu du grand Jean-Luc Mélenchon de plus en plus à l’aise dans son costume de trublion de cette élection présidentielle.
Mercredi 14 mars 2012, le Front de gauche est en déplacement en Auvergne. Récit de Paul Degruelle

8h58 – Gare de Paris-Bercy
L’Auvergne nous voilà ! Depuis la presque-champêtre gare de Bercy, nous partons en petit groupe dès le début de matinée pour préparer le meeting du Front de Gauche de ce soir à Clermont-Ferrand. Nous y retrouverons Jean-Luc Mélenchon en milieu d’après-midi.

Le voyage en train se déroule paisiblement lorsqu’on entend la voix du contrôleur annoncer « Vichy, deux minutes d’arrêt ». Léger tressaillement. Que voulez-vous, il y a des noms comme ça, qui ne vous laisse jamais indifférent. Enfin ça n’empêche pas un peu d’humour : « Faut que j’appelle un copain, que je lui dise « allo » de Vichy », lance rigolard un membre de l’équipe du service d’ordre. Hé hé hé…

Plus sérieusement, nous apprenons en lisant L’Huma du jour, que selon un sondage, 71% des français soutiendraient la proposition de Jean-Luc Mélenchon sur l’évasion fiscale. Celui qui ne paie pas ses impôts en France ne pourrait diriger une entreprise française ou bien porter le maillot de l’équipe nationale s’il est un sportif. « Quel tonus ! Quel coup d’œil ! Quelle gnaque ! Décidemment le peuple français porte toujours en lui l’implacable passion historique pour la justice » écrit Claude Cabanes dans son édito.

12h36 – Gare de Clermont-Ferrand
Après avoir acheté des sandwichs, nous embarquons dans le mini-car qui nous emmène au Zénith. Je demande au chauffeur s’il supporte les « jaunards » de l’ASM, le club de rugby local, un des meilleurs de France. « Évidemment », répond celui-ci, « je suis un enfant Michelin, ma famille a travaillé de génération en génération à l’usine ». Pour ceux qui l’ignoreraient, à Clermont, rugby et Michelin c’est un peu la même chose.

15h05 – Zenith d’Auvergne
Un meeting, c’est comme un concert. Dans les coulisses, on se prépare à l’avance pour que tout soit prêt à l’entrée sur scène des artistes. Le service d’ordre effectue les repérages de toutes les issues. Distribution de talkie-walkie. Mathias du service presse, s’occupe des accréditations pour les journalistes. Le voilà parti à l’entrée du Zenith, coller des pancartes indiquant le chemin à emprunter pour accéder à la salle de presse. Son téléphone sonne toutes les deux minutes. Peu à peu, l’équipe de communication s’approprie les lieux. On apprécie le calme qui règne pour l’instant. Le calme avant le bruit et la fureur, le tumulte et le fracas…

16h35 – Gare de Clermont-Ferrand
De retour à la gare, nous attendons Jean-Luc Mélenchon et sa délégation. Le voici qui descend du train. Tony Bernard, maire PG de Châteldon et Zubeyda Coskun, conseillère régionale Front de Gauche l’accueillent d’une bise fraternelle. Le patron départemental du syndicat Force Ouvrière est également présent. « Je voulais te saluer et te dire que tu es le bienvenu ici, camarade », adresse-t-il à Jean-Luc Mélenchon.

18h30 – Salle de conférence de presse
Marie-Pierre Toubhans (Gauche Unitaire), André Chassaigne (PCF et député du Puy-de-Dôme) et Jean-Luc Mélenchon s’installent pour une conférence de presse. « Étant le régional de l’étape, je suis particulièrement heureux d’accueillir Jean-Luc qui mène une campagne formidable », déclare André Chassaigne. « Dans ma bouche, cette reconnaissance à une dimension particulière, car j’étais candidat à la candidature Front de Gauche », poursuit-il. Grâce à Jean-Luc, le « je » et le « vous » se transforme en « nous ». Quel bonheur de retrouver une gauche de combat ».

« D’après ce qu’on m’a dit », intervient ensuite Jean-Luc Mélenchon, « si ce soir, on remplit la salle, on réalisera le plus grand meeting de gauche de l’Histoire à Clermont-Ferrand ». « C’est une étape de plus de franchie dans cette campagne de terrain sans précédent », salue pour sa
part Marie-Pierre Toubhans.

C’est ensuite au tour des journalistes de poser des questions. « Monsieur Chassaigne et Monsieur Mélenchon, êtes-vous tous les deux d’accord sur le refus de participer à un gouvernement sous la
présidence de François Hollande ? », interroge l’un d’entre-eux. « Nous ne sommes pas dans cette démarche-là », répond le député communiste. »On a le cuir qui est tanné à un autre niveau. On est aux côtés des salariés en lutte. Ce qui compte, c’est de peser dans le paysage politique français ». Jean-Luc Mélenchon rappelle la dernière déclaration de Marie-Georges Buffet sur le sujet : « Aucune condition n’est réunie à ce jour pour participer à un gouvernement avec les socialistes ».

C’est un journaliste de TF1 qui conclue le tour de questions : « comment justifiez-vous l’actuel ébullition autour de votre campagne, Monsieur Mélenchon ? » Réponse de l’intéressé : « Depuis le début, nous sommes les seuls à voir que le pays souffre et veut autre chose. Tout simplement, les propositions et la stratégie de rassemblement du Front de Gauche coïncide avec les aspirations du peuple ». Il a fallu que Sarkozy se fasse chahuter à Bayonne pour qu’il se rende compte de l’exaspération. »

Fin de la conférence de presse. Jean-Luc Mélenchon s’en va se préparer pour son discours.

19h05 – Grande salle du Zenith d’Auvergne
“Tope-là !” s’exclame un militant clermontois. “C’est énorme, on a jamais vu ça ici !”. Le meeting n’a pas encore commencé et déjà la grande salle est presque remplie dans son intégralité. Quelqu’un annonce 8 000 personnes. Ceux qui ne se connaissaient pas quelques minutes auparavant, s’échangent des regards complices, malicieux. Quelque chose se passe dans cette salle. Ce n’est pas une foule, c’est une assemblée qui se forme.

20h – Grande Salle du Zenith d’Auvergne
“Regardez votre voisin à l’instant. Si un jour nous sommes moins nombreux que dans cette salle, n’oublions jamais la force que nous sommes capables de représenter”. Jean-Luc Mélenchon débute son discours d’un ton presque confidentiel. Après les grandes envolées du fabuleux André Chassaigne, orateur de feu, le candidat du Front de Gauche invite les participants du meeting à se reconcentrer un petit peu. “Faisons la démonstration de notre intelligence” propose Jean-Luc Mélenchon, “faisons de nos meetings, un moment d’éducation populaire”.

“Le référendum sur le nucléaire, la sortie du Traité de Lisbonne, la planification écologique… prenez tout ce que vous voulez !” lance Jean-Luc Mélenchon à ses concurrents qui depuis peu commencent à s’inspirer de ses propositions. “Mais sachez que nous sommes les mieux placés pour les appliquer !”

“En 1995, Lionel Jospin avait trois points d’avance sur Chirac au soir du 1er tour. Mais à la fin qui a gagné ? Ce qui compte, c’est la capacité à rassembler toute la gauche. Et je le dis, nous sommes au Front de Gauche, les mieux placés !”. François Hollande, le candidat lymphatique du PS est prévenu. “L’ambition du Front de Gauche n’est pas de faire du témoignage, c’est de passer en tête”. “Arrêtons avec cette stupide danse du vote utile”.

“Nous sommes contents d’être un peuple mélangé, fiers d’être le premier pays des mariages mixtes. Nous avons des paroles d’amour pour nos frères et nos sœurs du Maghreb” adresse-t-il en dézinguant le clan Le Pen.

Mais le point essentiel de la soirée, c’est l’explication d’un element fondamental du programme : la planification écologique. “Nous n’avons qu’un seul éco-système, c’est un bien humain qu’il faut préserver”. “Le socialisme, le communisme, le progressisme est refondé par l’écologie”. “La classe ouvrière est spontanément la classe la plus écologique”. Certains commentateurs refusent encore de le voir, mais c’est bien le candidat du Front de Gauche qui defend le programme le plus écolo. “Plutôt que la règle d’or, instaurons la règle verte dans la constitution, afin de planifier l’écologie”. La formule est bien trouvée, elle marque les esprits.

L’heure de la fin du meeting approche. “Je ne suis qu’un passeur. L’objectif c’est la Révolution…” silence dans la salle… “citoyenne”. Les gens n’en reviennent pas. “Oui, la révolution c’est de nouveau possible”, semblent-ils se dire.

Rendez-vous le 18 mars à la Bastille. Le moment de tourner la page est arrivé”. Comme il en a pris l’habitude, c’est une citation de Victor Hugo qui clos son discours.

Au son de l’Internationale et de la Marseillaise, les drapeaux agités et les poings levés dressent un tableau aux couleurs vives d’espoir. Nul ne ressortira de ce Zenith totalement indemne. A Clermont, un horizon nouveau se lève.

Jeudi 8h20 – Hôtel, avenue de l’Union Soviétique
Dans la salle de petit-déjeuner, on s’éveille tranquillement en buvant son café. L’article de La Montagne, la canard du coin, est plutôt pas mal. Un Monsieur s’avance vers Jean-Luc Mélenchon pour lui serrer la main. “Bravo. Normalement je devais voter Hollande, mais depuis votre débat face à Le Pen, vous m’avez convaincu. Je suis cadre et je peux vous dire que nous aussi, on souffre. Et on est prêt à partager. Merci Monsieur Mélenchon !”. Sous le soleil clermontois, la journée s’annonce radieuse. Mais déjà il faut partir. Direction Marseille et le Forum Alternatif Mondial de l’Eau. A cheval !
[BBvideo 425,350]http://www.dailymotion.com/video/xpg7cg ... rrand_news[/BBvideo]

[BBvideo 425,350]http://www.youtube.com/watch?v=SAKTAnSk6yw[/BBvideo]

http://centrefrance.kewego.fr/video/5b866b4a0efs.html

Nico37
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Re: Le parti de gauche

Message non lu par Nico37 » 18 mars 2012, 09:57:31

" Nous soutenons Jean-Luc Mélenchon "

Justice, démocratie, écologie au cœur d’une nouvelle République. Des personnalités d’horizons divers et aux motivations multiples mais convergentes disent leur accord avec l’ambition d’une VIe République portée par le Front de gauche et leur soutien à son candidat, Jean-Luc Mélenchon.

Ridan, chanteur.

«Pour moi, le facteur principal c’est la VIe République. Il faut cesser de mettre des pansements sur une République qui ne tient plus debout et déconstruire pour reconstruire quelque chose. Dans cette approche-là, je trouve que le Front de gauche est franc. On entre dans une autre ère de civilisation qui doit mettre en place une nouvelle fraternité, une nouvelle solidarité. Ce n’est plus une fracture sociale, c’est une crevasse qui sépare les peuples, les citoyens. Il y a un maximum de gens qui sont de plus en plus pauvres et arrivent aux portes de la précarité. Est-ce qu’on peut encore vivre dignement quand on sait que dix millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté ? Je suis pour une VIe République pour plus de justice, d’humanisme, de priorité à la difficulté d’exister, plus d’équité entre les gens qu’ils soient blancs, noirs, arabes, juifs, hommes, femmes… Il faut remettre les pendules l’heure.»

Nouvel album Madame la République, sortie le 10 avril chez Pias.

Maryse Dumas, militante syndicale.

« La manifestation du Front de gauche à la Bastille, c’est d’abord l’affirmation d’une mobilisation en continuité avec les mouvements révolutionnaires qui ont marqué l’histoire sociale et les conquêtes ouvrières dans notre pays. Il est impératif de montrer qu’il y a toujours eu des gens pour se battre et exiger des changements. C’est une initiative qui fait appel à l’intervention des citoyens et ne se contente pas de choisir des ouvriers pour se faire prendre en photo en méprisant leurs paroles et leurs interventions. À l’inverse, elle est la manifestation d’un rapport de forces, d’une conception de la politique qui ne se résume pas au seul bulletin de vote, puisqu’il ne s’agit pas de “récupérer” mais bien d’affirmer un choix politique. C’est quelque chose de nouveau que je trouve intéressant. Il ne peut y avoir de démocratie politique sans démocratie sociale. Pour obtenir la démocratie, les salariés doivent disposer d’une sécurité sociale professionnelle afin d’être libres d’intervenir sur les choix de gestion et de stratégie des entreprises. Réaffirmer la primauté de la loi sur le contrat : c’est la condition de l’égalité sur tout le territoire pour tous les salariés afin de résister au pouvoir patronal.»

Paul Ariès, directeur de la rédaction de Sarkophage.

« Mon appel est autant un soutien de cœur que de raison. J’appartiens à la gauche antiproductiviste et je sais que les gauches sont partagées sur des questions comme la remise en cause du culte de la croissance, comme le refus de la foi béate dans la “technoscience” libératrice. J’ai trop longtemps mangé de ce pain-là pour ne pas en connaître la saveur et les impasses. Ce qui se passe en ce moment en France est à l’image du renouveau de l’idée révolutionnaire dans le monde. J’ai publié, le 1er mars, un nouvel ouvrage, le Socialisme gourmand, qui ouvre le dialogue entre toutes les sensibilités des gauches anticapitalistes et écologiques pour inventer ensemble un “buen vivir” (un bien-vivre – NDLR) à la française. Socialiste, car il faut dire la nécessité de sortir du capitalisme. Gourmand, car il faut en finir avec le socialisme de la grisaille. Nous devons apprendre à passer des passions tristes aux passions joyeuses. La campagne de Jean-Luc Mélenchon témoigne que quelque chose s’invente dans ce domaine. Je rêve bien sûr que nous allions beaucoup plus loin et que nous parlions de rupture avec le productivisme. Nous n’avons cependant pas le droit de nous taire face à l’urgence sociale et écologique. »

Yves-Marie Le Bourdonnec, boucher et auteur de l’Effet bœuf (Éditions Michel Lafon).

« Je suis un peu comme tous les Français, je suis versatile, mais je m’aperçois que le modèle en vigueur aujourd’hui ne nous soutient pas du tout. Ce qui me plaît dans le discours de Jean-Luc Mélenchon, c’est qu’il propose qu’on prenne le pouvoir nous-mêmes, qu’on ne s’attende pas à ce que les hommes politiques nous donnent un coup de main. C’est à nous de prendre les décisions pour changer les choses. Or, il est absolument indispensable de changer de modèle. Suite au livre que j’ai écrit sur l’élevage, les hommes politiques en place me disent que j’ai raison, qu’il faut changer de modèle, mais personne ne s’y engage. Seul Jean-Luc Mélenchon propose un vrai changement. En réalité, c’est le monde de la finance qui gère ce pays, pas les hommes politiques. L’élevage va très mal parce que les bouchers sont égoïstes et que les éleveurs sont prisonniers du système européen, de la politique agricole commune, des subventions… Il faut les libérer, il faut qu’ils puissent produire et vendre par eux-mêmes. C’est la philosophie de Jean-Luc Mélenchon : prenons nous-mêmes le pouvoir, changeons les choses nous-mêmes. »

Jacques Testart, biologiste.

«Sans parler de décroissance, ce qui serait un pas supplémentaire audacieux, le Front de gauche ne revendique pas l’idée que tout va s’arranger avec la croissance, comme la gauche “classique” et la droite. C’est pour moi un point clé parce qu’il me paraît stupide de continuer à imaginer que la croissance va être infinie. Tous les programmes proposés par les candidats éligibles, donc le programme du prochain président de la République, sont basés sur une croissance dont on sait qu’elle ne sera pas atteinte. Dans un an, on nous dira, quel que soit l’élu, que la croissance n’est pas au rendez-vous et que, pour cette raison, ce qui avait été promis n’a pas pu être fait. D’un point de vue écologique, la croissance signifie la perte de biodiversité, le réchauffement de la planète… Le Front de gauche et ses partenaires ont fait un effort remarquable pour parvenir à prendre le train de l’écologie, à reconnaître que c’est un élément clé dans un programme politique. Malgré certaines réserves que je pourrais avoir sur le candidat ou sur son programme, il y a dans le Front de gauche une authentique volonté de prendre en compte l’écologie comme un élément fondamental de la survie de l’espèce, de la qualité de vie. Pour le reste, on retrouve dans le Front de gauche les positions pour lesquelles j’ai toujours voté depuis trente ans : la lutte contre les banquiers, les groupes d’intérêts, le grand capital, les inégalités. »

Annie Ernaux, écrivaine.

« Je soutiens Jean-Luc Mélenchon car j’apprécie la manière très concrète dont il porte l’espérance des gens. J’apprécie sa proposition de fonder une VIe République. La Ve était un vêtement pour le général de Gaulle. Aujourd’hui, il est clair que les gens n’ont plus confiance en ce système. L’État social est démantelé, et il faut associer les citoyens à une rénovation. Jean-Luc Mélenchon a rappelé la manière dont on a refait passer discrètement toutes les mesures qui ont été rejetées lors du référendum de 2005. C’est ce qui ne peut plus être toléré. C’est pourquoi j’approuve l’idée d’un référendum sur le nucléaire. Et je soutiens aussi ses propositions en matière de fiscalité, la priorité donnée à l’éducation et à la culture. »

Didier Motchane, cofondateur du PS à épinay.

« Je me retrouve dans la plupart des propositions avancées par Jean-Luc Mélenchon. D’abord pour mettre l’exigence d’égalité au cœur du changement de politique à commencer par le rétablissement de toute la justice possible par la fiscalité. Ensuite, je pense que Jean-Luc Mélenchon réagit bien contre ce qui pollue l’air du temps, le conformisme ambiant. Si une gestion exacte et méthodique des finances publiques est un des moyens nécessaires du bien gouverner, c’est un prétexte pour accentuer les inégalités, pour ne pas taxer le capital par rapport au travail. Pour servir les intérêts des privilégiés qui apparaissent de plus en plus nettement comme des intérêts de classe contre les intérêts du plus grand nombre et contre l’intérêt commun et l’intérêt national.»

Propos recueillis par : Victor Hache, Julia Hamlaoui, Clothilde Mathieu, Alain Nicolas, Marie-José Sirach.

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Re: Le parti de gauche

Message non lu par n1n3yard5 » 18 mars 2012, 23:40:12

Salut,

Je vous fais suivre cet article. Le titre contient une certaine touche d'ironie :D

Il revient sur le fait que le vote utile doit être avant tout un vote qui écoute les convictions et non un pari lors d'une course de cheval et sur le fait que la campagne d'Hollande se base trop sur l'anti-sarkozysme primaire. Et il a clairement raison ! Il y a beaucoup trop d'électeurs qui ne vont pas faire un vote d'adhésion pour le PS mais un vote par défaut. On retrouve bien là les conséquences de la fabrique de l'opinion faites par les mass-médias et les sondages. C'est dommage :/

Il évoque un peu plus précisément la mesure sur l'évasion fiscale afin de ne pas s'attaquer aveuglément à tous les expatriés mais bel et bien qu'à ceux qui font de l'évasion fiscale. Il parle du pacte PS-EELV qui finalement a vidé EELV de son électorat ce qui pourrait finalement profiter au Front de Gauche qui se trouve être l'une des forces principales de l'écologie en France. Il parle un petit peu du concept de croissance qui doit être révisé du concept de capitalisme qui n'est capable que d'accroître la production et contractant la demande ce qui créé de l'instabilité. Il explique assez bien l'arnaque du "Made in France" de Bayrou aussi.

Bref, un assez bon article même s'il vient des Echos :p

Jean-Luc Mélenchon : «Les investisseurs n'ont aucune raison d'avoir peur de mon programme»
http://www.lesechos.fr/economie-politiq ... 302907.php

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Re: Le parti de gauche

Message non lu par El Fredo » 19 mars 2012, 00:24:17

Je ne trouve pas que la campagne de Hollande soit fondée sur l'antisarkozysme, au contraire c'est plutôt la campagne de Sarkozy qui est fondée sur l'antihollandisme, cf. ce billet de l'excellent Romain Pigenel qui analyse leurs discours respectifs :

http://www.variae.com/sarkozy-lanti-hol ... -primaire/
Sur un document de 32 246 caractères (le discours de Sarkozy), seuls 2065 sont consacrés au projet présidentiel, soit un peu plus de 6%. Si on considère que les éléments de bilan prennent à peu près autant de place dans le texte, on se retrouve donc avec un discours tourné à 90% vers la critique – violente – de François Hollande et de la famille politique qu’il représente. La comparaison avec le dernier grand discours de François Hollande, à Marseille, est sans appel. Sur 49 487 caractères, 7125 (14%) sont consacrés à la critique de la droite et de Nicolas Sarkozy. Soit une proportion à peu près exactement inverse. Quand François Hollande utilise les 9/10èmes de son temps de parole pour présenter sa candidature, Nicolas Sarkozy utilise une aussi grande proportion du sien … pour critiquer François Hollande.
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Re: Le parti de gauche

Message non lu par n1n3yard5 » 19 mars 2012, 00:28:34

Depuis 1 semaine, on entend surtout du "votez utile, votez Hollande pour dégager Sarkozy". C'est ce que l'on peut appeler faire de l'anti-sarkozysme primaire. Surtout que le PS est devenu un parti social-libéral donc est sur la même ligne que l'UMP sur les questions économiques.

Par exemple, à Canal+, Hollande trouvait que les plans d'austérité du départ en Grèce n'avaient pas été assez massif.

Tout est dit.

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Re: Le parti de gauche

Message non lu par El Fredo » 19 mars 2012, 00:32:00

C'est sûrement pour ça qu'il se propose de remettre en cause les accords actuels qui institutionnalisent cette austérité... Je me méfie des raccourcis faciles sur des sujets complexes.
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Re: Le parti de gauche

Message non lu par n1n3yard5 » 19 mars 2012, 00:38:09

Le PS est social-libéral et ce n'est pas un scoop.

Rappelons l’arrivée au pouvoir (entre autres) de Lionel Jospin (France, 1997), Tony Blair (Royaume-Uni, 1997), Gerhard Schröder (Allemagne, 1998). A la fin des années 1990, travaillistes, socialistes et sociaux-démocrates gouvernement treize pays de l’UE sur quinze. Mais au grand dam des électeurs qui croyaient voter pour le changement, il s’agit là, certes, d’une alternance des partis au pouvoir, mais sans alternative politique réelle. Car, après avoir été renversée par la grande vague néolibérale des années 1980, la gauche européenne a opéré une conversion idéologique et stratégique. Les nouveaux dirigeants qui prennent le contrôle des partis socialistes et sociaux-démocrates sont en effet convaincus de deux choses également erronées : 1) la mondialisation libérale est une donnée irréversible, de sorte que toute politique doit composer avec l’impératif de compétitivité face à une concurrence mondiale ; 2) la désaffection des classes populaires à leur égard les oblige à élargir leur électorat « au centre ».

Par ailleurs, ils ont fait campagne pour le OUI pour le TCE qui entérine ce libéralisme au niveau européen (et donc français) et ils ont signé le Traité de Lisbonne.

Et dernièrement, ils ne se sont pas opposé au MES.

Bref plutôt que de juger les promesses, je préfère m'attarder sur les faits.

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Re: Le parti de gauche

Message non lu par El Fredo » 19 mars 2012, 00:42:37

Que le PS ne soit pas sur la même ligne que le PG/FdG, c'est une évidence. Que leur campagne soit axée sur l'antisarkozysme (ta remarque originelle), c'est en revanche une contre-vérité. Les seuls qu'on n'entend jamais rien proposer, ce n'est pas le PS mais l'UMP.
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n1n3yard5
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Re: Le parti de gauche

Message non lu par n1n3yard5 » 19 mars 2012, 00:50:28

Le vote utile, c'est quoi à part de l'anti-sarkozysme primaire ?

n1n3yard5
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Re: Le parti de gauche

Message non lu par n1n3yard5 » 19 mars 2012, 00:51:13

Salut,

Voici un petit reportage de TéléTOC sur Mélenchon avant le congrès (dont Mélenchon était le signataire de la motion C) : http://www.dailymotion.com/video/x7966z ... ode-1_news

Ca date un peu (car il était encore au PS) mais ça rappele un peu son parcours au sein du PS et ce qu'il a essayé de faire au début (le changer de l'intérieur). Il a un avis assez bon sur la droite du parti (François Hollande et consort) et finalement, après toutes ces années, ce petit reportage est toujours d'actualité.

C'est assez cool TéléTOC :p

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Re: Le parti de gauche

Message non lu par El Fredo » 19 mars 2012, 09:26:22

n1n3yard5 a écrit :Le vote utile, c'est quoi à part de l'anti-sarkozysme primaire ?
C'est assez désolant de voir un électeur du PG reprendre mot pour mot la rhétorique de l'UMP sachant que celle-ci est conçue pour masquer l'indigence de leurs propositions, ce qui n'est pourtant pas le cas du PG. On a le droit de ne pas être d'accord avec ce qui est proposé par le PS ou le PG, mais résumer la campagne du PS à de "l'antisarkozysme primaire", ça illustre malheureusement la médiocrité du débat démocratique en France depuis quelques années et c'est dommage qu'elle vienne contaminer un parti qui jusque là s'était plutôt distingué par la force de ses propositions.
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Re: Le parti de gauche

Message non lu par n1n3yard5 » 19 mars 2012, 10:28:57

Tu n'as pas répondu à ma question concernant le vote utile qui est sorti à tout bout de champ.

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Re: Le parti de gauche

Message non lu par El Fredo » 19 mars 2012, 10:41:25

Hollande n'a pas parlé de vote utile mais de vote efficace, ce qui n'est pas tout à fait pareil (l'expression "vote utile" implique que certains votes sont inutiles, ce qui n'est pas très respectueux). Mais après chacun voit midi à sa porte. Personnellement je préfère voter pour un projet moins à gauche mais qui a plus de chance d'être adopté, je ne ferai jamais le reproche à autrui de faire le choix inverse. Sachant qu'on est toujours à la droite de quelqu'un d'autre (par exemple pour le NPA et LO, le PG est un nid de réformistes valets du Kapital).
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