Monsanto reconnaît l’inutilité de son coton OGM

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El Fredo
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Message non lu par El Fredo » 18 mars 2010, 14:41:00

http://www.bastamag.net/article943.html
Monsanto reconnaît l’inutilité de son coton OGM

Suite à une étude menée dans l’Etat du Gujarat, à l’ouest de l’Inde, la firme Monsanto feint aujourd’hui de découvrir que son coton transgénique (le « coton Bt ») se révèle... inefficace. Les insectes contre lesquels est censé lutter ce coton OGM ont développé des résistances aux pesticides inoculés dans les plantes. Annoncé depuis longtemps par diverses ONG, ce risque d’apparition de résistance est documenté scientifiquement depuis plusieurs années déjà. Monsanto et ses chercheurs sont, en fait, en retard de dix ans. Ça c’est de l’innovation !

Cultivé à partir 1998 en Chine, le coton Bt fait l’objet d’études scientifiques qui ont, dès 2006, mis en évidence le développement de résistance chez les insectes « L’adoption généralisée du coton Bt exerce une forte pression sélective sur les populations de ravageurs et accélère le développement de résistance », résume Lillian Ceballos dans son ouvrage Plantes insecticides : évaluation de l’impact sur les insectes auxiliaires. « Depuis 2001, l’évolution de la résistance au coton Bt dans les populations d’un ravageur important du coton a été mise en évidence dans le comté du Qiuxian. Des suivis au champ indiquent que la densité de la population du papillon a augmenté de 3 à 20 fois dans la région entre 2003 et 2007 », ajoute-il. On n’imagine pas une seconde que les pointilleux scientifiques de la firme Monsanto aient pu ignorer ces diverses publications.

L’autre problème des OGM qui, semble-t-il, vient d’apparaître, c’est l’émergence de ravageurs secondaires. En détruisant les ravageurs primaires, les OGM leur laissent place nette. Là encore, l’exemple de la Chine, pionnière en matière de culture de coton Bt, a été soigneusement étudié. Les résultats sont sans détour :« Des informations détaillées sur les dépenses en pesticides révèlent que bien que les cultivateurs de coton Bt économisent 46% des pesticides pour le contrôle du ver de la capsule par rapport aux cultivateurs conventionnels, ils dépensent 40% de pesticides en plus pour tuer les ravageurs secondaires émergents. (…) Les dépenses supplémentaires pour contrôler les ravageurs secondaires compensent presque les économies fréquemment citées dans la littérature réalisées sur le pesticide principale », peut-on lire dans l’ouvrage de Lillian Ceballos. Et il termine de nous rassurer en précisant que « certains entomologistes suggèrent que cela va prendre cinq à dix ans pour que la population de ravageurs secondaires prolifère à un niveau qui cause des problèmes économiques significatifs. »

Malgré cela, on peut parier que les consultants continueront de chanter les louanges du « progrès » OGM pendant que paysans et agriculteurs continueront de payer les nouveaux pesticides que Monsanto aura préparé pour lutter contre les problèmes que ses OGM auront créés. A quand des études sur la patate OGM BASF ?
Quand on ose dire que la culture des OGMs est une catastrophe écologique et une bombe à retardement, on se fait traiter d'obscurantistes et de criminels responsables de la faim dans le monde...
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Golgoth
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Message non lu par Golgoth » 18 mars 2010, 15:50:00

Plus globalement, c'est l'emploi de pesticide qui montre ses limites. Seul l'écologie (la science) peut amener des solutions intelligentes au problème des ravageurs, qui n'est pas du tout résolu par l'emploi des pesticides. La monoculture est une des causes des ces problèmes.
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Nombrilist
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Message non lu par Nombrilist » 18 mars 2010, 16:00:00

L'emploi des OGMs végétaux transgéniques n'apporte aucun plus par rapport aux risques environnementaux que cela fait prendre de manière générale. Néanmoins, si tu veux nourrir la planète, la monoculture intensive avec ajout d'engrais et de pesticides est la seule option que l'on ait.

Ce n'est pas avec les rendements en bio que tu vas nourrir 6 milliards d'êtres humains.

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El Fredo
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Message non lu par El Fredo » 18 mars 2010, 16:38:00

L'article suivant de deux chercheurs en agronomie affirme qu'on peut nourrir le monde avec l'agriculture biologique :

http://www.theecologist.org/trial_inves ... s_why_orga…

De plus l'argument des rendements comparés entre agricultures productivistes et bio ne tient plus si on se base sur long terme. En effet l'agriculture productiviste a de meilleurs rendements que le bio dans des conditions optimales. Mais quand ces conditions ne sont plus réunies (ce qui risque de se généraliser avec les changements climatiques) alors le bio reprend l'avantage : en effet les variétés bio sont plus rustiques et plus robustes alors que les variétés productivistes sont spécialement sélectionnées pour des conditions particulières et sont plus sensibles aux variations.
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Message non lu par Golgoth » 18 mars 2010, 20:30:00

si tu veux nourrir la planète, la monoculture intensive avec ajout d'engrais et de pesticides est la seule option que l'on ait.
Cela me navre que tu puisse affirmer cela comme ça. Le débat est loin d'être clos mais plusieurs études tempèrent largement ce point de vue. L'article cité par El Fredo est un exemple.
De toute façon comme pour les antibiotiques, les effets des pesticides s'étiolent à cause de la sélection naturelle. Utiliser comme ils le sont ce ne peut être qu'une solution à court terme. La monoculture est bientôt foutue. Mais le choix de l'agriculture de demain est avant tout un choix politique, on ne peut dire qu'on a pas le choix, sauf en dictature.
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Dantedu48
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Message non lu par Dantedu48 » 18 mars 2010, 20:45:00

La révolution agricole ne viendra pas des agriculteurs, ni des OGM mais du consommateur qui refusera de bouffer des tomates au mois de décembre.

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Message non lu par Nombrilist » 18 mars 2010, 20:50:00

En gros, actuellement, avec la production agricole annuelle mondiale, si l'on éliminait toute production animale à base de végétaux issus des cultures, on pourrait nourrir correctement entre 9 et 12 milliards d'êtres humains. C'est un calcul personnel, qui fait la somme des production végétales comestibles + la somme des productions animales multipliées par 3 car il faut environ 5 kilos de végétal pour faire un kilo de viande de vache. Je prends 3 pour un calcul plus sécurisé.

Voilà pour la théorie. Ensuite, les meilleurs rendements cultures céréalières en bio sont de 40% comparés à l'intensif. Donc déjà, si tu divises par 2 la production mondiale d'aliments, tu ne parviens même plus à nourrir de manière théorique (en changeant drastiquement nos coutumes alimentaires) l'ensemble de la population humaine dès 2020.

Enfin, si tu enlèves les pesticides et que tu retournes au bio, c'est la catastrophe annoncée en moins de 2 ans: des famines à n'en plus finir à cause des ravageurs qui auront décimé les récoltes (virus, bactéries, champignons, insectes).

Le lien d'El Fredo, c'est le point de vue de 2 journalistes. Donc bon, comme experts, on a vu mieux. ces journalistes n'ont même pas essayé de raisonner de manière globale comme je l'ai fait pour essayer de voir si ce qu'ils affirment est justifié ou pas.

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Golgoth
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Message non lu par Golgoth » 18 mars 2010, 20:56:00

Je te donne un autre lien, prend le temps de le lire : http://www.delaplanete.org/L-agricultur ... -elle.html
L'auteur est un scientifique.
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Message non lu par Nombrilist » 18 mars 2010, 21:10:00

Oui, mais il passe totalement sous silence la question de savoir comment on se passe des pesticides. Autrement dit, totalement sous silence les risques de passer d'une production de 100 à une production de 0 en quelques semaines, avec les crises de la faim que ça pourrait rapidement engendrer.

Ses élucubrations sur les rendements me laissent un peu circonspect. On peut produire presque autant en enrichissant le sol que sans l'enrichir ? Euh... je ne crois pas.

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Message non lu par Golgoth » 18 mars 2010, 21:17:00

La question n'est pas à court terme, évidemment on ne change pas de modèle en un an ou deux... D'autant qu'il faut plusieurs années pour qu'un agriculteur converti au bio soit au top.
Mais en bio on enrichit aussi le sol, avec du fumier, de la luzerne... Des procédés qui fixent mieux les éléments. Par ce que les engrais chimiques qui partent dans les rivières après la pluie ne servent pas à grand chose à part créer des marées vertes.
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Message non lu par Nombrilist » 18 mars 2010, 21:22:00

Admettons, là-dessus, je ne suis pas assez calé pour contre-argumenter. Mais pour les pesticides ? Comment on fait pour s'en passer ?

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Message non lu par Golgoth » 18 mars 2010, 21:36:00

Bah de toute façon bientôt, toute comme les antibiotiques, ils ne serviront plus à grand chose. J'ai un un chiffre en tête lu dans un bouquin, sur leur efficacité toute relative, aux USA, j'essaierais de le retrouver d'ici demain.
Comme autre possibilité, il y a l'utilisation de prédateurs contre les ravageurs, ou de parasites, de mesure de protection physique, d'espèces cultivées plus résistantes (mais moins rentables). Et surtout la rotation et le mélange des cultures.
Mais tout cela nécessite de se casser plus le bol que la monoculture bourrin.
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Message non lu par El Fredo » 18 mars 2010, 22:41:00

Nombrilist a écrit :le lien d'El Fredo, c'est le point de vue de 2 journalistes. Donc bon, comme experts, on a vu mieux. ces journalistes n'ont même pas essayé de raisonner de manière globale comme je l'ai fait pour essayer de voir si ce qu'ils affirment est justifié ou pas.
Anslow est certes journaliste, mais Hamer est chercheur. De plus l'OMS avait publié une étude allant dans ce sens il y a quelque temps mais je n'ai pas réussi à mettre la main dessus.

Concernant l'agriculture productiviste, son principal problème est qu'elle stérilise les sols : la faune microbienne finit par être éradiquée par le labourage, les produits phytosanitaires, et l'épuisement dû à l'absence de repos ou de rotation des cultures. Pour remédier à ça, il existe des techniques pour enrichir le sol comme la Terra Preta (inventée par les Amazoniens) ou le BRF (bois raméal fragmenté), cette dernière ayant été spécialement conçue pour optimiser la faune microbienne et permet des rendements excellents. Les Nord-Américains développent également des techniques de culture sans labour qui sont moins violentes pour l'environnement.

Quant aux risques de famine, il s'agit d'un bon argument, mais qui je pense est étranger à la problématique du choix de la technique agricole, et tient plus aux circuits de distribution.
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Message non lu par Golgoth » 19 mars 2010, 07:27:00

J'ai retrouvé les données : Aus USA, entre 1945 et 2000, les perte de récoltes dues aux insectes est passée de 7% à 13%, alors que pendant ce temps l'emploi d'insecticides a été multiplié par 10. Pour le maîs, cultivé sans rotation sur la moitié des surfaces, on passe de 3,5% à 12 % de pertes et x1000 pour les insecticides.
Source : Ecologie Générale, Robert Barbault, Dunod. Page 277
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Message non lu par Nombrilist » 19 mars 2010, 10:26:00

Peut-être, mais ça ne répond pas à la question de savoir comment on fait pour se passer des pesticides ?

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