Sortir de l’euro : nécessaire, et possible !

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FIFE
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Message non lu par FIFE » 03 mai 2010, 08:44:00

 
A la manoeuvre en Grèce, et demain au Portugal et en Espagne, les fanatiques de l’euro ont fait leur choix : la monnaie unique à tout prix, quitte à sacrifier le peuple.

Alors que la Grèce aurait urgemment besoin d’une politique monétaire plus finement adaptée à ses besoins, et disons-le clairement d’une bonne dévaluation pour retrouver un peu d’air, elle se trouve contrainte de faire porter l’intégralité de l’effort sur son peuple, n’ayant pas la possibilité de s’extraire du carcan de l’euro.

Les pensions grecques baisseront ainsi de 15 %, les fonctionnaires perdront 2 mois de traitement sur 14, les salaires seront gelés pendant 3 ans pour tous, alors que les prix augmenteront du fait de la hausse programmée de la TVA. On demande aussi à la Grèce de décaler de 14 ans (!) l’âge de départ à la retraite de ses travailleurs…

Face à ce saccage social, qui montre que la zone euro est devenue à l’instar des pays du tiers-monde le terrain de chasse du FMI, de ses supplétifs européistes et de leurs fameuses « mesures structurelles », il y a bien sûr une autre voie : la sortie de l’euro. Aveuglés par leur dogmatisme, se refusant à voir la réalité en face, les élites européennes ne peuvent s’y résoudre, et brandissent immédiatement la théorie du chaos dès que l’hypothèse d’une restauration des souverainetés monétaires est avancée.

L’euro est un échec total. La croissance dans la zone est la plus faible du monde depuis la création de la monnaie européenne, nettement derrière celle des Etats-Unis et des pays européens qui n’ont pas adopté la monnaie unique. Des crises à la grecque sont en train de gagner un nombre croissant de pays de la zone. La crise a ici frappé plus vite, et plus durement. La récession en 2009 a atteint 4 % dans la zone euro, contre 2,4 % aux Etats-Unis, pourtant situés à l’épicentre de la crise.

Il faudra donc un jour accepter de sortir du dogmatisme quasi-religieux de l’euro, et envisager une solution de bon sens : la fin de la monnaie unique. Il est toujours préférable de prévenir plutôt que de subir.

Est-ce seulement possible, dans des conditions acceptables ?

Contrairement à ce que tentent de faire croire aux peuples les aficionados de la monnaie unique, c’est parfaitement possible. Plusieurs économistes travaillent même déjà sur ces scénarios, tels Jean-Jacques Rosa ou Christian Saint-Etienne.

Quitter l’euro doit se faire ensemble. Une sortie groupée de plusieurs pays simultanément évitera qu’un effet de stigmatisation ne se produise à l’égard d’un pays en particulier. Une sortie le même jour de la France, l’Italie, l’Espagne, l’Irlande, le Portugal et la Grèce mettrait fin de facto à la monnaie unique.

Il faut bien avoir à l’esprit que les marchés ne sanctionneront pas des pays qui auront fait le choix de quitter une monnaie qu’eux-mêmes ne jugent plus viable. Au contraire, ceux qui resteront dans l’euro seront certainement les premiers mis en cause.

La restauration de la liberté monétaire dans les pays en question se traduira nous dit-on par une dévaluation immédiate de leur monnaie. C’est probable, et alors ? Une dévaluation est sûrement ce qui pourrait arriver de mieux à nos économies, étouffées depuis des années par un euro fort qui déprime nos exportations et encourage les délocalisations (même Airbus a dû délocaliser en zone dollar !). Rappelons qu’entre les années 1950 et les années 1990, le franc n’a cessé de se dévaluer face au mark. Cela nous a-t-il empêché de connaître les « 30 Glorieuses » et la prospérité ? Absolument pas.

Il est nécessaire de se défaire des craintes irrationnelles que diffusent les fanatiques de l’euro et les puissances d’argent qui tiennent à sa survie. Rien n’est heureusement irréversible, surtout quand il y va de l’intérêt presque vital des peuples !

Source : http://www.levraidebat.com
 

pierre30
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Message non lu par pierre30 » 03 mai 2010, 11:09:00

Si la Grêce sort de l'Euro et reprend une Drachme dévaluée, elle est morte : ses emprunts sont en euro !
C'est ce qui arrive à la Hongrie en ce moment : ses emprunts sont en euro et sa monnaie à plongé.

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Nombrilist
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Message non lu par Nombrilist » 03 mai 2010, 11:23:00

Je ne vois pas l'intérêt de supprimer l'euro. La Grèce a toujours été un pays en difficulté, avec ou sans euro. Et si l'Europe n'était pas là pour lui filer un coup de main, ce serait probablement pire. Non, pour moi, l'exemple Grec démontre surtout qu'il faut mettre en prison leurs dirigeants, réformer le système bancaire et vitrifier le QG de Goldman & Sachs une bonne fois pour toutes.

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El Fredo
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Message non lu par El Fredo » 03 mai 2010, 11:49:00

Il existe une solution pour sortir de l'Euro, mais elle est extrêmement risquée car elle provoquera nécessairement un mouvement de panique des institutions ("bank run") :

1. Rétablissement du Drachme à parité avec l'Euro
2. Conversion de tous les actifs et passifs en Dragmes
3. Rétablissement de la flottabilité du Dragme
4. A partir de là on laisse le marché fonctionner ce qui aboutit à une forte dévaluation du Drachme, ce qui est une bonne nouvelle pour la Grèce car cela atténue le poids du plan de rigueur qui à l'heure actuelle est d'autant plus à la limite du supportable pour la population qu'il est insuffisant
5. A terme, annulation d'une partie de la dette et ré-échelonnement du reste.

C'est plus ou moins le scénario Argentin. A la différence que l'Argentine avait encore sa propre monnaie, le Peso, en parité avec le Dollar US. Donc on passe directement au point 3.

Dans le cas de la Grèce, les principales difficultés techniques concernent justement les points 1 et 2. Le "bank run" est causé par le point 3, mais démarre dès l'annonce du point 1 car les autres points sont des conséquences logiques. Ça devrait aboutir à un merdier de classe historique, mais d'après je ne sais plus quel économiste la Grèce est déjà dans une telle cagade que ça ne peut pas être pire vu que le "bank run" est déjà en oeuvre. Contrairement aux autres pays qui auraient la mauvaise idée de vouloir les imiter.

Pour limiter les risques à l'avenir il faudrait que l'Euro devienne une simple monnaie de réserve pour les pays faibles qui auraient leur propre monnaie flottante.
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pierre30
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Message non lu par pierre30 » 03 mai 2010, 13:34:00

4. dévaluation = bonne chose ?
C'est pas si évident. Les dettes de la Grêce sont en Euro et si la Drachme dévalue elles ne seront que plus difficiles à rembourser.
De plus la Grêce importe plus qu'elle n'exporte. Donc le niveau de vie des Grecs va plonger encore plus bas en attendant que son économie profite de la compétitivité améliorée à l'exportation. Mais ça va prendre du temps et le malade risque de mourir avant de retrouver la santé.

5. Annulation d'une partie de la dette ?
Pour en arriver là ce n'est pas la peine de sortir de l'Euro.



La situation de la Grêce est dans la cagade en effet. Pourquoi pas alors sortir de l'Euro ? Et pourquoi pas sortir de l'UE ? En effet, dans sa situation, on peut imaginer rebattre les cartes. Mais je ne crois pas à la solution miracle. Le risque pour eux est maintenant de tomber dans le désordre, qui précède l'anarchie, qui précède la dictature. Ils ont déjà connu ça.


Je crois que l'UE doit aider la Grêce à s'en sortir. Cela va couter cher à tous les européens, mais c'est certainement notre intérêt. Mélanchon disait hier à la radio que le plan imposé à la Grêce n'était pas raisonnable et que la Grêce ne pourrait pas rembourser les prêts à cause de ce plan qui est délirant. Je crois qu'il n'a pas tort.


Mais on peut comprendre aussi que les européens ne souhaitent pas que d'autres pays suivent le chemin de la Grêce. Est-ce une raison pour se tirer une balle dans le pied ?

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Message non lu par Nombrilist » 03 mai 2010, 13:46:00

"Le risque pour eux est maintenant de tomber dans le désordre, qui précède l'anarchie, qui précède la dictature. Ils ont déjà connu ça."

Vaut mieux qu'ils restent dans l'UE alors. Comme ça le risque sera moins grand.

"Je crois que l'UE doit aider la Grêce à s'en sortir. Cela va couter cher à tous les européens, mais c'est certainement notre intérêt."

Oui, tant pis pour ce que ça coûtera (15 milliards d'euros à tout casser ??? Soit 1 milliard par pays en position de prêter ?).

"Mais on peut comprendre aussi que les européens ne souhaitent pas que d'autres pays suivent le chemin de la Grêce."


En quoi sortir la Grèce de l'UE empêcherait cette éventualité ?

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El Fredo
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Message non lu par El Fredo » 03 mai 2010, 13:55:00

Attendez, ne mélangeons pas tout. Sortir de l'Euro est une chose, sortir de l'UE une autre.
pierre30 a écrit :4. dévaluation = bonne chose ?
C'est pas si évident. Les dettes de la Grêce sont en Euro et si la Drachme dévalue elles ne seront que plus difficiles à rembourser.
D'où le point 2.
De plus la Grêce importe plus qu'elle n'exporte. Donc le niveau de vie des Grecs va plonger encore plus bas en attendant que son économie profite de la compétitivité améliorée à l'exportation. Mais ça va prendre du temps et le malade risque de mourir avant de retrouver la santé.
Certes mais en dévaluant ça profitera mécaniquement à ses exportations, ce qui permettrait un retour plus rapide à la croissance. Alors qu'en l'absence de dévaluation le plan de rigueur ne fera que déprimer l'économie : la consommation et les investissements publics sont deux piliers importants de la croissance.
5. Annulation d'une partie de la dette ?
Pour en arriver là ce n'est pas la peine de sortir de l'Euro.
En effet, mais sans sortie de l'Euro, pas de dévaluation compétitive, donc aucune possibilité de rétablissement des comptes à terme. La renégociation de la dette n'est possible qu'en cas de garantie d'une situation de croissance (voir ci-dessus), sinon on s'oriente vers une annulation pure et simple après des années de rigueur, comme dans les pays du tiers-monde.

Encore une fois, voir le cas de l'Argentine qui a réussi à s'en sortir toute seule sans l'aide du FMI en 3 ou 4 ans alors que la situation était catastrophique. Sans dévaluation et avec les plans du FMI ils y seraient encore.
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Message non lu par pierre30 » 03 mai 2010, 14:10:00

Convertir la dette en Drachme ? c'est accepter d'effacer une énorme partie des créances. C'est pas gagné et on peut effacer ces créances sans sortir de l'euro.


Le but de sortir de l'euro est de créer un choc (rebattre les cartes), mais rien ne dit qu'il est suffisant. Alors sortir de l'UE peut aussi s'envisager : barrières douanières aux importations par exemple.

On parle de mesures qui se comparent aux électro-chocs en médecine : on secoue le malade et on espère que son évolution sera positive. Ce n'est pas garanti.


Je crois qu'il est plus sûr d'aider la Grêce en payant une partie de sa dette ou en lui prêtant de l'argent pas cher, ce qui revient un peu au même : c'est le reste de l'europe qui est mis à cintribution.



Pour répondre à Nombrilist : l'UE montre qu'elle est intraitable avec les mauvais élèves. C'est un avertissement pour ceux qui seraient tentés de les imiter.

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Message non lu par Nombrilist » 03 mai 2010, 14:26:00

"l'UE montre qu'elle est intraitable avec les mauvais élèves."

C'est un principe que je n'aime pas. J'aurais préféré que l'on fasse acte de plus de solidarité, sans chercher à s'enrichir sur leur dos.

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Message non lu par El Fredo » 03 mai 2010, 15:45:00

pierre30 a écrit :Le but de sortir de l'euro est de créer un choc (rebattre les cartes), mais rien ne dit qu'il est suffisant. Alors sortir de l'UE peut aussi s'envisager : barrières douanières aux importations par exemple.
Pas forcément si la Grèce reste membre de l'Union Douanière comme la Turquie.
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logan
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Message non lu par logan » 03 mai 2010, 17:57:00

le paquet fiscal était aussi censé créer un choc ^^

la politique à coup de choc psychologique je crois franchement qu'on pourrait aisément s'en passer icon_cheesygrin

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Golgoth
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Message non lu par Golgoth » 03 mai 2010, 19:44:00

Il ne faut pas sortir de l'Euro, il faut exclure l'Allemagne et son caniche Trichet de l'Euro et tout ira bien. Je dis ça très sérieusement. icon_mrgreen
T'es vraiment kon François, fallait créer une SCI. :mrgreen2:

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Message non lu par Nombrilist » 03 mai 2010, 19:48:00

Amusante, cette façon de prendre le problème dans l'autre sens. Un peu extrémiste peut-être ?

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Message non lu par Golgoth » 03 mai 2010, 19:51:00

Imagine, tu coloue avec plusieurs gars, dont un très riche. Celui paye la moitié du loyer, mais t'imposes les horaires de corvées, la couleur des murs, même celui de ta chambre, les horaires de sortie... Tu fais quoi ? icon_mrgreen
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Message non lu par Nombrilist » 03 mai 2010, 19:52:00

Perso, je me barre pour co-louer avec des gens du même niveau de vie que moi.

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