Faut pas pousser

Venez nous parler des problèmes de nos écoles ( service minimum, l'accueil des enfants, effectifs dans les classes ... )
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racaille
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Message non lu par racaille » 03 juin 2010, 00:49:00

Ce qui me semble primordial c'est au moins l'égale considération des intérêts. Soit que chaque élève français puisse bénéficier d'un égal accès aux moyens d'apprentissages. Hélas c'est impossible sans pénétrer la cellule familiale, car c'est là où se créent les premières inégalités, qui ne font que se creuser par la suite suivant, entre autre, ce que décrit MPS.

Fife l'a dit et ma compagne l'a constaté régulièrement en maternelle petite section, les parents qui ne se donnent pas la peine de parler français à leurs enfants - ou même parler tout court ! - présentent déjà un retard scolaire par rapport à leurs petits camarades. dès la première année de maternelle !

Mais ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres. Il y a les gosses de riches qui ont leur chambre à eux, avec leur bureau, éventuellement leur ordinateur perso, etc. D'autres gosses plus pauvres qui partagent leur espace vital avec leurs frères et soeurs, dont les parents se fichent de leur études et leurs disent que l'école c'est de la connerie. Ceux qui bénéficient d'un soutien scolaire privé et ceux qui n'en bénéficient pas. Etc. Bref c'est un peu comme si lors d'une épreuve du 110m haies, certains coureurs partaient 10m en retrait des autres, d'autres qui n'auraient le droit de partir que 5 secondes après le début de la course, d'autres qui devraient courir avec un boulet accroché à la cheville, d'autres une combinaison de ces tares, etc.
Ce qui distingue principalement l'ère nouvelle de l'ère ancienne, c'est que le fouet commence à se croire génial. K M

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mps
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Message non lu par mps » 03 juin 2010, 07:21:00

En fait, c'est plus simple que cela !

La chambre individuelle, avec vue sur le parc et ordinateur dernier cri, les enfants n'en ont rien à cirer. Les miens, qui avaient tout cela, ont toujours préféré s'installer ensemble à la table de la salle à manger, l'un à gauche, l'autre à droite, et moi au milieu. On discute des sujets du jour, l'un fait des mises au net, l'autre mémorise, j'admire la dernière production, bref, l'heure bénie des devoirs est un moment de partage et de stimulation.

Mais en fait, je suis persuadée que tout se joue avant 3 ans ! Les uns sont l'objet d'éveil constant, d'attention, de consignes à respecter, de structuration de l'espace et des idées, de compassion pour la "pauvre petite araignée", de curiosité de tout ; les autres passent de leur baby-relax à la crèche où, quoi qu'on en dise, les normes sont celles d'un élevage plutôt que d'une éducation.a trois ans, la différence d'acquisitions est colossale, et la distance n'est déjà plus récupérable.

Mais il y a aussi, hélas, une forme de programmation génétique fondamentale : de même que certaines morphologies ne donneront jamais des athlètes, certains cerveaux semblent limités. On le voit avec certains enfants adoptés, qui grandissent dans des conditions optimales de dévouement, d'amour et de capacité intéllectuelle de leurs parents adoptifs, mais ne dépassent jamais le stade de "jardinier assisté", par exemple. On peut se consoler en étant certains que, sans ces conditions privilégiées, c gosse n'y serait même jamais arrivé. 
C'est quand on a raison qu'il est difficile de prouver qu'on n'a pas tort. (Pierre Dac)

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Message non lu par Nombrilist » 03 juin 2010, 10:45:00

"certains cerveaux semblent limités [génétiquement]"

Tu me disais le contraire sur un autre fil. Faudrait savoir.

"Mais en fait, je suis persuadée que tout se joue avant 3 ans"

100% d'accord.

"les autres passent de leur baby-relax à la crèche où, quoi qu'on en dise, les normes sont celles d'un élevage plutôt que d'une éducation"

Oui, mais la société ne nous donne pas le choix.

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Message non lu par mps » 03 juin 2010, 12:41:00

Pour le choix, c'est plutôt une mode "gosses casés, femme émancipée".

En Angleterre, par exemple, aucun enfant ne va à la crèche, sauf des cas sociaux.
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Message non lu par Nombrilist » 03 juin 2010, 13:12:00

Femme non émancipée --> pas de retraite ! Donc, c'est bien que la société ne donne pas le choix.

En Angleterre, il y a des nurses anglaises. C'est du pareil au même.

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Message non lu par racaille » 04 juin 2010, 12:53:00

mps a écrit :En fait, c'est plus simple que cela !

La chambre individuelle, avec vue sur le parc et ordinateur dernier cri, les enfants n'en ont rien à cirer. Les miens, qui avaient tout cela, ont toujours préféré s'installer ensemble à la table de la salle à manger, l'un à gauche, l'autre à droite, et moi au milieu. On discute des sujets du jour, l'un fait des mises au net, l'autre mémorise, j'admire la dernière production, bref, l'heure bénie des devoirs est un moment de partage et de stimulation.
Ca c'est surtout parce que tes enfants ont la chance que tu aies le désir et les moyens de t'occuper de leur éducation. Ils peuvent faire leurs devoirs d'école dans la bonne humeur et tous ensembles avec toi. D'autres gosses conçoivent leur chambre comme un refuge, le seul endroit où ils ont la paix.

Je me souviens que je faisais mes devoirs à mon bureau, dans ma chambre. J'avais la chance de ne pas avoir à subir la musique de mes jeunes soeurs (Dorothée et Chantal Goya en boucle toute la journée), aucun doute que cela a permis une certaine concentration qui m'aurait fait défaut si nous avions vécu dans un F2 tous les uns sur les autres. Surtout qu'à l'époque j'étais déjà bien dissipé, je n'avais vraiment pas besoin de distraction :)
mps a écrit :Mais en fait, je suis persuadée que tout se joue avant 3 ans ! Les uns sont l'objet d'éveil constant, d'attention, de consignes à respecter, de structuration de l'espace et des idées, de compassion pour la "pauvre petite araignée", de curiosité de tout ; les autres passent de leur baby-relax à la crèche où, quoi qu'on en dise, les normes sont celles d'un élevage plutôt que d'une éducation.a trois ans, la différence d'acquisitions est colossale, et la distance n'est déjà plus récupérable.
Je ne peux pas donner un âge plutôt qu'un autre mais j'ai tendance à être d'accord avec toi, ça se joue très tôt même si rien n'est jamais irrécupérable par la suite. Heureusement pour l'espèce humaine, les exemples abondent d'enfants maltraités ou simplement délaissés qui se sont révélés être par la suite des individus structurés et responsables.
mps a écrit :Mais il y a aussi, hélas, une forme de programmation génétique fondamentale : de même que certaines morphologies ne donneront jamais des athlètes, certains cerveaux semblent limités. On le voit avec certains enfants adoptés, qui grandissent dans des conditions optimales de dévouement, d'amour et de capacité intéllectuelle de leurs parents adoptifs, mais ne dépassent jamais le stade de "jardinier assisté", par exemple. On peut se consoler en étant certains que, sans ces conditions privilégiées, c gosse n'y serait même jamais arrivé. 
Et oui, c'est bien pour cela que je parlais plus haut d'égale considération des intérêts plutôt que d'égalité tout court, une telle chose n'existant nulle part.
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Message non lu par mps » 04 juin 2010, 15:01:00

D'accord avec Racaille. Le travail entre la télé qui hurle, le petit frère qui braille, et la mère qui engueule les autres, c'es pari impssible !

Je signale un système mis au point par mon centre d'aide sociale, pour les gosses défavorisés ayant de mauvais résultats. Nous avons simplement lancé un appel à des gens, souvent retraités, de bonne formation sans plus, pour qu'ils accueillent un gosse du coin tous les jours à la sortie de l'école, pendant une heure ou deux selon les besoins. Un accueil bien défini : oui à la tartine confiture, non aux petits gateaux de luxe ... L'idée étant que l'enfant soit accueilli, écouté et soutenu dans ses devoirs et leçons.

En quelques jours, nous avions 30 volontaires, à proximité des écoles ou des domiciles des gosses. Cela n'a pas coûté un cent de budget, et sur les 30 enfants, 27 étaient en un trimestre dans le peloton de tête de leur classe !

Pour Nombrilist :
Femme non émancipée --> pas de retraite ! Donc, c'est bien que la société ne donne pas le choix.
Pas tout à fait vrai. D'abord, toute femme à l'age de la retraite peut choisir entre sa pension et celle que lui vaut son mari : il faut donc examiner les salaires respectifs des conjoints avant de voir si la femme a avantage ou non  avoir sa propre pension.

Ensuite, une femme qui interrompt sa carrière pour un congé parental garde en principe ses droits à la retraite ses années éducatives étant valorisées.

Mais il existe d'autres systèmes : télé-travail salarié (pendant la sieste et le soir par exemple).
Travail le week-end ou deux nuits, quand le mari peut prendre la rélève = salaire plein et beaucoup de libertés.
Mère présente le matin, mettant Jojo à dormir chez ses grands-parents pour la sieste et le reprenant à 5 heures : pas dur pour les grands-parents, chouette pour le bébé. La mère peut compenser le second mi-temps par quelque travail en soirée.

Non, le choix existe bel et bien.
 
En Angleterre, il y a des nurses anglaises. C'est du pareil au même.
Ne confonds pas. Une "nurse anglaise", c'est un budget de 70.000 € par an !!! Pas vraiment à la portée de tout le monde icon_confused

Les mères ont des organisations moins ruineuses, assurant seulement une grande proximité affective à leurs enfants.
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Message non lu par Nombrilist » 04 juin 2010, 15:09:00

"D'abord, toute femme à l'age de la retraite peut choisir entre sa pension et celle que lui vaut son mari"

C'est là qu'on voit que t'es old school (mais je le suis aussi). Néanmoins, 80% des couples explosent en plein vol. Si la femme n'est pas financièrement indépendante, elle fait quoi ?

"Ensuite, une femme qui interrompt sa carrière pour un congé parental garde en principe ses droits à la retraite ses années éducatives étant valorisées."

En France, un congé parental, c'est 6 mois max, et c'est payé des clopinettes (donc faut que le mari puisse assurer derrière). ça n'emmène pas loin, car un enfant, c'est du full-time pendant 3 ans.

"Mère présente le matin, mettant Jojo à dormir chez ses grands-parents pour la sieste et le reprenant à 5 heures : pas dur pour les grands-parents, chouette pour le bébé."

Fréquent en Belgique, mais impossible en France dans la majorité des cas en raison de l'éloignement géographique.

"Mais il existe d'autres systèmes : télé-travail salarié (pendant la sieste et le soir par exemple)."

En France, ça n'est pas développé.

"Une "nurse anglaise", c'est un budget de 70.000 € par an !!!"

Lol, 3 fois mon salaire de chercheur. Elles font quoi à ce tarif là ?

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avatabanana
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Message non lu par avatabanana » 04 juin 2010, 15:12:00

racaille a écrit : 1. Les profs sont régulièrement évalués. Enfin c'est le cas pour ma compagne qui se fait contrôler au moins une fois tous les trois ans. Ce qui est marrant d'ailleurs c'est que c'est souvent elle qui demande à se faire controller. Avec une bonne note elle peut espérer toucher quelques euros de plus l'année suivante :)

2. La recherche de nouveauté en matière pédagogique ne vient pas du gouvernement mais des profs eux-mêmes. Les méthodes d'enseignement telles que la méthode Freinet restent désespérément boudées par l'Etat. Ce que les gouvernement font régulièrement, en revanche, c'est de mettre des bâtons dans les roues des profs en proposant au moins deux ou trois réformes par mandat présidentiel ; réformes toujours incomplètes, contradictoires, en décalage de l'année scolaire, souvent réformes de réformes de réformes à la manière d'un vieux pneu recouvert de rustines.

3. Entièrement d'accord avec ta remarque sur le rôle des parents. Ma compagne, en maternelle, repère tout de suite dès les premiers jours d'école quels sont les parents qui stimulent leurs enfants et quels sont ceux qui les collent devant la Playsation toute la journée pour avoir la paix. Les enfants qui sont les plus stimulés - comme tu dis par des visites de musées, des promenades dans les bois en famille, des jeux, etc. - sont évidemment ceux qui développent le plus rapidement leurs capacités de langage, de déduction, de calcul, de discrimination ("tri"), etc.
Peter Singer a fait remarquer depuis bien longtemps que la quête de l'égalité des chances dans notre société est illusoire tant que la cellule familiale présentera toujours autant de disparités d'une famille à l'autre.

4. Je crois qu'un des grands problèmes du système éducatif français est sa rigidité intellectuelle. A noter aussi son incapacité à adapter l'enseignement à l'élève en tant qu'individu unique. L'analogie avec le potier, d'une part, et le sculpteur sur bois d'autre part, est toujours d'actualité selon moi. L'EN agit toujours à la manière du potier : elle considère l'élève tel une boule de glaise informe qu'il convient de lisser et de travailler au corps jusqu'à obtention de la forme désirée. Le sculpteur sur bois, lui, est obligé de visualiser son oeuvre avant même de l'avoir entreprise, au moment même où il doit trouver la buche idéale, dont la forme brute et dont les noeuds seront adaptés à la forme de l'oeuvre finale.
Tu es d'accord avec moi que ce n'est pas de l'évaluation au sens suivi du déroulement d'un projet. C'est un peu lâche tout ça (lâche au sens manque de  tension)

Il est vrai que certains enseignants font preuve d'imagination pédagogique mais ce sont souvent les enseignants en début de carrière ceux qui on encore un peu d'espoir pour faire changer les chose. Avec l'âge la routine s'installe (c'est humain)

Le rôle des parents est essentiel nous sommes d'accord.

Là ou je ne suis plus d'accord c'est lorsque que tu dis que c'est à l'école de faire de l'individualisme. Justement je ne le pense pas.
D'abord il est illusoire qu'un enseignant puisse faire ce travail individuel c'est un travail trop lourd par ailleurs incompatible avec la délivrance d'une formation à un large public.
Par ailleurs ce serait au détriment de ceux qui non pas besoin d'un soutien supérieur.
L'école doit être la même pour tous. C'est aux parents de faire de l'individualisme et d'accompagner son enfant.

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Message non lu par avatabanana » 04 juin 2010, 15:21:00

logan a écrit : la quête de l'égalité des chances ?

voyons racaille tu te mets à utiliser la novlangue de la droite pour supprimer de sa substance la nécessaire égalité

l'école n'a pas pour but de se contenter de donner les mêmes chances de réussites et puis après s'ils ne réussissent pas tant pis pour eux, là tu décris le système éducatif us
le but de l'éducation en france c'est de permettre à tous les enfants de réussir, peu importe où ils sont sur le territoire, aucun enfant ne doit être abandonné en route

ca suppose une égalité de moyens sur tout le territoire, mais cela suppose aussi plus d'aide pour les élèves en difficulté, cela suppose de la solidarité entre les élèves ( groupes de travail / projets commun )
OK pour le mot réussir.

Mais pas tous dans la même voie présentée aux parents comme royale.

Ce n'est pas qu'une question de moyens.


Comme il n'est pas suffisant d'acheter des chaussures de marque, un beau short et un joli ballon voire lui payer des cours particulier pour faire de son fils un Zidane, l'achat d'une calculette et des cours particulier ne suffiront peut-être pas  à faire de son fils un matheux.


Chacun est câblé pour avoir plus de facilités dans un domaine plutôt que dans un autre.


Cela ne sert à rien de s'user et d'user les deniers de la nation à essayer de faire un scientifique d'un littéraire et vice versa. Une orientation plus précoce éviterait de dépenser des moyens et d'inutiles efforts menant la plupart de nos enfants à un sentiment d'échec.

Faisons les étudier dans les domaines où ils sont doués et sortons de la spirale de l'échec qui touche beaucoup d'enfants.

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Message non lu par avatabanana » 04 juin 2010, 15:29:00

racaille a écrit : 1. Peter Singer, que je cite à propos de l'égalité des chances, n'a rien à faire avec les idées de droite il me semble.

2. Je n'ai pas parlé d'égalité des chances l'école mais d'égalité des chances dès la cellule familiale, ce qui est de toute façon une utopie (toujours selon Singer). A moins d'imposer le kibboutz à tous les français ou de mettre un juge de paix derrière chaque papa-maman de France.
La vraie égalité serait de séparer les enfants des parents dès la naissance et de les faire tous élevés par des fonctionnaires dédiés à cette tâche.

Et encore il resterait l'aspect génétique....

Alors il faut imaginer une socité sur le mode de la race bovine, telle que nous l'avons fasconné, à savoir limitons le nombre de géniteurs afin de limiter les écarts génétiques....

Ou clonons...


Assez déconné :

Voilà je crois qui tord définitivement le cou aux espoirs égalitaristes.

Nous sommes tous différents, et c'est à chacun, aidé par ses parents, de trouver la voie dans laquelle il a le plus de chance de s'épanouir.

C'est aux parents d'assumer cette responsabilité. L'école n'est qu'une ressource parmi d'autres (livres, internet, famille, parents...). D'ailleurs certaines familles s'en passent et ce sont d'ailleurs souvent des réussites (voir l'origine des plus jeunes bacheliers)

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Message non lu par racaille » 04 juin 2010, 16:22:00

avatabanana a écrit :
racaille a écrit : 1. Les profs sont régulièrement évalués. Enfin c'est le cas pour ma compagne qui se fait contrôler au moins une fois tous les trois ans. Ce qui est marrant d'ailleurs c'est que c'est souvent elle qui demande à se faire controller. Avec une bonne note elle peut espérer toucher quelques euros de plus l'année suivante :)

2. La recherche de nouveauté en matière pédagogique ne vient pas du gouvernement mais des profs eux-mêmes. Les méthodes d'enseignement telles que la méthode Freinet restent désespérément boudées par l'Etat. Ce que les gouvernement font régulièrement, en revanche, c'est de mettre des bâtons dans les roues des profs en proposant au moins deux ou trois réformes par mandat présidentiel ; réformes toujours incomplètes, contradictoires, en décalage de l'année scolaire, souvent réformes de réformes de réformes à la manière d'un vieux pneu recouvert de rustines.

3. Entièrement d'accord avec ta remarque sur le rôle des parents. Ma compagne, en maternelle, repère tout de suite dès les premiers jours d'école quels sont les parents qui stimulent leurs enfants et quels sont ceux qui les collent devant la Playsation toute la journée pour avoir la paix. Les enfants qui sont les plus stimulés - comme tu dis par des visites de musées, des promenades dans les bois en famille, des jeux, etc. - sont évidemment ceux qui développent le plus rapidement leurs capacités de langage, de déduction, de calcul, de discrimination ("tri"), etc.
Peter Singer a fait remarquer depuis bien longtemps que la quête de l'égalité des chances dans notre société est illusoire tant que la cellule familiale présentera toujours autant de disparités d'une famille à l'autre.

4. Je crois qu'un des grands problèmes du système éducatif français est sa rigidité intellectuelle. A noter aussi son incapacité à adapter l'enseignement à l'élève en tant qu'individu unique. L'analogie avec le potier, d'une part, et le sculpteur sur bois d'autre part, est toujours d'actualité selon moi. L'EN agit toujours à la manière du potier : elle considère l'élève tel une boule de glaise informe qu'il convient de lisser et de travailler au corps jusqu'à obtention de la forme désirée. Le sculpteur sur bois, lui, est obligé de visualiser son oeuvre avant même de l'avoir entreprise, au moment même où il doit trouver la buche idéale, dont la forme brute et dont les noeuds seront adaptés à la forme de l'oeuvre finale.
Tu es d'accord avec moi que ce n'est pas de l'évaluation au sens suivi du déroulement d'un projet. C'est un peu lâche tout ça (lâche au sens manque de  tension)

Il est vrai que certains enseignants font preuve d'imagination pédagogique mais ce sont souvent les enseignants en début de carrière ceux qui on encore un peu d'espoir pour faire changer les chose. Avec l'âge la routine s'installe (c'est humain)

Le rôle des parents est essentiel nous sommes d'accord.

Là ou je ne suis plus d'accord c'est lorsque que tu dis que c'est à l'école de faire de l'individualisme. Justement je ne le pense pas.
D'abord il est illusoire qu'un enseignant puisse faire ce travail individuel c'est un travail trop lourd par ailleurs incompatible avec la délivrance d'une formation à un large public.
Par ailleurs ce serait au détriment de ceux qui non pas besoin d'un soutien supérieur.
L'école doit être la même pour tous. C'est aux parents de faire de l'individualisme et d'accompagner son enfant.
L'évaluation des profs - mais je ne peux parler que du cas de ma compagne qui est institutrice en maternelle, ça ne vaut peut-être pas pour le collège, le lycée ou la primaire... - consiste juste à voir s'ils font bien le boulot et qu'ils collent à peu près aux méthodes décrites par le ministère. Tant mieux s'il y a des innovations pédagogiques, à condition que cela reste relativement conformiste les inspecteurs aiment bien. Encore une fois je parle de la maternelle.

Je n'ai pas dit que l'école devait créer de l'individualisme. Par contre il me semble nécessaire, lorsque l'on s'intéresse au potentiel des élèves (et donc de tous les élèves), de chercher à exploiter au maximum ce que peut chacun d'entre eux. D'où mon allusion au potier contre le sculpteur sur bois. MPS et d'autres l'ont reconnu ici, chacun a un potentiel différent et on ne peut exiger la même chose de tous, tout du moins pas avec des moyens identiques.

Mais il est évident que l'école doit conserver son caractère collectif. C'est d'ailleurs toute l'optique de la pédagogie libertaire dont découlent des méthodes modernes telles que la méthode Freinet, méthodes qui se proposent généralement d'impliquer les élèves à la vie sociale et de les responsabiliser.

Un exemple parmi d'autres : l'oeuvre du grand pédagogue libertaire Paul Robin : http://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Robin
avatabanana a écrit :
racaille a écrit : 1. Peter Singer, que je cite à propos de l'égalité des chances, n'a rien à faire avec les idées de droite il me semble.

2. Je n'ai pas parlé d'égalité des chances l'école mais d'égalité des chances dès la cellule familiale, ce qui est de toute façon une utopie (toujours selon Singer). A moins d'imposer le kibboutz à tous les français ou de mettre un juge de paix derrière chaque papa-maman de France.
La vraie égalité serait de séparer les enfants des parents dès la naissance et de les faire tous élevés par des fonctionnaires dédiés à cette tâche.

Et encore il resterait l'aspect génétique....

Alors il faut imaginer une socité sur le mode de la race bovine, telle que nous l'avons fasconné, à savoir limitons le nombre de géniteurs afin de limiter les écarts génétiques....

Ou clonons...


Assez déconné :

Voilà je crois qui tord définitivement le cou aux espoirs égalitaristes.

Nous sommes tous différents, et c'est à chacun, aidé par ses parents, de trouver la voie dans laquelle il a le plus de chance de s'épanouir.
Nous sommes d'accord. Les inégalités physiologiques sont une réalité et personne ici n'a tenté d'affirmer le contraire.
avatabanana a écrit :C'est aux parents d'assumer cette responsabilité. L'école n'est qu'une ressource parmi d'autres (livres, internet, famille, parents...). D'ailleurs certaines familles s'en passent et ce sont d'ailleurs souvent des réussites (voir l'origine des plus jeunes bacheliers)
Les parents ne sont pas plus égaux en moyens que leurs enfants. Ni même en volonté ou en capacités physiques et/ou intellectuelles. Par conséquent on ne peut espérer compter sur l'ensemble des parents français pour assurer correctement l'éducation de leur progéniture. Se reposer là-dessus c'est juste un voeux pieux !
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Message non lu par mps » 04 juin 2010, 17:40:00

Trop de choses trop intéressantes dans vos interventions ! Je dois arbitrairement en sélectionner une ...
MPS et d'autres l'ont reconnu ici, chacun a un potentiel différent et on ne peut exiger la même chose de tous, tout du moins pas avec des moyens identiques.
Bien entendu : la diversité des dons, des goûts, des potentialités est infinie.

Mais est-ce pour autant au professeur de s'adapter à chacun ?

Cela peut encore se concevoir en gardiennes, mais une classe de plus grands doit être un package homogène auquel chaque enfant doit s'adapter, en en tirant le meilleur pour lui. En fait, cela fait partie de la formation : tu ne vois pas un conférencier devoir avoir autant de discours que de personnes dans son auditoire.

Donc, le maître, si sympa et ouvert qu'il soit, se doit de diffuser ses connaissances ; aux élèves de se ruer sur la ramassette ...

N'oublions pas aussi que notre société de Cocagne offre une foule de classes très différentes, allant de la théorie pure à des formations ludiques ou pratiques : il appartient à l'élève (aidé de ses parents et du corps enseignant) de trouver son créneau. Mais pas de mettre toute une classe à son diapason.
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Message non lu par racaille » 04 juin 2010, 18:26:00

Bien sûr l'intérêt porté à l'élève par l'éducateur ne peut pas être le même pour un élève de trois ans que pour un autre de 24 ans. Tout ce dont j'ai parlé plus haut vaut principalement pour les premières années et n'interdit aucunement de continuer à pratiquer les cours magistraux à la fac. De plus, lorsque les élèves "prennent le pli" dès les petites classes, ils finissent par devenir autonomes et responsables assez rapidement. Un ami danois ne cesse de m'expliquer que c'est comme ça que ça se passe dans son pays.

Tu fais aussi bien de parler de l'orientation, on n'en avait pas trop discuté jusqu'ici et c'est pourtant un mode de sélection crucial dans le développement des gosses. Par contre je n'y connais foutrement rien ! Mais autour de moi j'ai vu des ados rester bloqués au niveau cancre durant des années, avant de trouver l'orientation qui leur convient et enfin devenir studieux, désireux d'apprendre, responsables et raisonnables. Des fois c'est presque un coup de bol, ou un coup de foudre.

Je ne sais pas comment c'est en Belgique, mais en France durant un temps les filières dites "manuelles" étaient très dévalorisées, elles signifiaient souvent une voie de garage dès l'adolescence pour ceux qui avaient le malheur d'y échouer. Je parle des années 80 en particulier, mais c'était peut-être déjà le cas avant (j'imagine). C'était ce qui pouvait arriver de pire en matière d'orientation, on jugait qu'un gosse allait devenir chaudronnier uniquement parce qu'il n'arrivait pas à résoudre une équation du second degré...
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Message non lu par mps » 04 juin 2010, 22:43:00

Pareil ! Nos sociétés normatives se sont forgé des crédos parfaitement stupides :

- un diplôme peut être indispensable pour un médecin ou un avocat, il est en réalité tout à fait facultatif dans la vie professionnelle en général. Il y a des diplômés c... comme des balais, des empirsites éblouissants, et des changements de voies parfaits ! Je me souviens, un jour où je devais engager un documentaliste, avoir arrêté mon choix sur un zoologue, partant du principe qu'il devait être le roi des classifications. Bingo, je n'en ai jamais vu de meilleur ...
- j'ai vu des élèves en dessous de tout, virés en apprentissage (un jour de cours, le reste de la pratique chez un patron) se passionner tellement pour ce qu'ils découvraient qu'au bout d'un an, ils enrichissaient volontairement leurs connaissances en suivant des cours du soir. Aucune orientation ne devrait être dévalorisante.Par contre, glander dans une médiocrité cafardeuse sur des programmes qui n'intéressent pas, c'est un crime contre soi-mêmeet l'humanité !
- l'enseignement obligatoire lui-même devrait signifier un certain nombre d'années d'études avant 21 ans, par exemple, mais laisser des espaces sabbatiques à ceux qui en ont besoin. Au lieu de raccrocher de force un élève défaillant à son école, mieux vaudrait le laisser faire la plonge en Angleterre, soigner des kangourous dans un parc, ou garder des bébés esquimaux pendant une année. Cela permet de dissiper les blocages, de prendre du recul et de revenir à l'étude dans de meilleurs dispositions. Et bien non, c'est puni !

Même avec les meilleurs intentions, Big Brother n'a tenu compte que de ses statistiques, et crois toujours que le meilleur chemin est le plus court. Mille exemples prouvent le contraire.
C'est quand on a raison qu'il est difficile de prouver qu'on n'a pas tort. (Pierre Dac)

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