Un juge surnommé "Libérator" refait des siennes

venez parler des sujets de société qui vous concerne ( drogue, alcool, avortement...)
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sarkonaute
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Message non lu par sarkonaute » 03 juin 2010, 09:23:00

Un juge des libertés et de la détention du Tribunal de grande instance de Créteil, dans le Val-de-Marne, n'en finit plus de faire parler de lui. Déjà dans le collimateur des policiers ces derniers mois pour ses refus quasi-systématiques de prolonger des gardes à vue dans des affaires pourtant sensibles, il remet le couvert de façon fracassante. Celui que l'on surnomme "Libérator" vient en effet de relâcher quatre trafiquants de drogue ainsi qu'un meurtrier présumé, se contentant de les placer sous contrôle judiciaire, à la grande surprise de leurs propres avocats. Le parquet de Créteil a dû immédiatement faire appel de ces décisions, jugées scandaleuses et délirantes par les forces de l'ordre et par les collègues de travail du magistrat.

http://www.rtl.fr/fiche/5941914774/info ... siennes.ht…

qu'on le pende.
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Nombrilist
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Message non lu par Nombrilist » 03 juin 2010, 11:02:00

J'attends d'en savoir plus sur les placés sous contrôle judiciaire avant de juger un juge ^^. Il a dit assumer totalement. Soit il est complètement azimuté, soit il a de bonnes raisons.

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sarkonaute
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Message non lu par sarkonaute » 03 juin 2010, 11:35:00

en 1974, Oswald Baudot, substitut du procureur de la République de Marseille, encarté au Syndicat de la Magistrature, publiait cette appel à la partialité de la justice:
La harangue de Baudot à des magistrats qui débutent
Pour maintenir la balance entre le fort et le faible, le riche et le pauvre, soyez partiaux ! ...

par Oswald Baudot, substitut du procureur de la République de Marseille, en 1974.

Vous voilà installés et chapitrés. Permettez-moi de vous haranguer à mon tour, afin de corriger quelques-unes des choses qui vous ont été dites et de vous en faire entendre d’inédites.

En entrant dans la magistrature, vous êtes devenus des fonctionnaires d’un rang modeste. Gardez-vous de vous griser de l’honneur, feint ou réel, qu’on vous témoigne. Ne vous haussez pas du col. Ne vous gargarisez pas des mots de " troisième pouvoir "de " peuple français ", de " gardien des libertés publiques ", etc. On vous a dotés d’un pouvoir médiocre : celui de mettre en prison. On ne vous le donne que parce qu’il est généralement inoffensif. Quand vous infligerez cinq ans de prison au voleur de bicyclette, vous ne dérangerez personne. Evitez d’abuser de ce pouvoir.

Ne croyez pas que vous serez d’autant plus considérables que vous serez plus terribles. Ne croyez pas que vous allez, nouveaux saints Georges, vaincre l’hydre de la délinquance par une répression impitoyable. Si la répression était efficace, il y a longtemps qu’elle aurait réussi. Si elle est inutile, comme je crois, n’entreprenez pas de faire carrière en vous payant la tête des autres. Ne comptez pas la prison par années ni par mois, mais par minutes et par secondes, tout comme si vous deviez la subir vous-mêmes.

Il est vrai que vous entrez dans une profession où l’on vous demandera souvent d’avoir du caractère mais où l’on entend seulement par là que vous soyez impitoyables aux misérables. Lâches envers leurs supérieurs, intransigeants envers leurs inférieurs, telle est l’ordinaire conduite des hommes. Tâchez d’éviter cet écueil. On rend la justice impunément : n’en abusez pas.

Dans vos fonctions, ne faites pas un cas exagéré de la loi et méprisez généralement les coutumes, les circulaires, les décrets et la jurisprudence. Il vous appartient d’être plus sages que la Cour de cassation, si l’occasion s’en présente. La justice n’est pas une vérité arrêtée en 1810. C’est une création perpétuelle. Elle sera ce que vous la ferez. N’attendez pas le feu vert du ministre ou du législateur ou des réformes, toujours envisagées. Réformez vous-mêmes. Consultez le bon sens, l’équité, l’amour du prochain plutôt que l’autorité ou la tradition.

La loi s’interprète. Elle dira ce que vous voulez qu’elle dise. Sans y changer un iota, on peut, avec les plus solides " attendus " du monde, donner raison à l’un ou à l’autre, acquitter ou condamner au maximum de la peine. Par conséquent, que la loi ne vous serve pas d’alibi.

D’ailleurs vous constaterez qu’au rebours des principes qu’elle affiche, la justice applique extensivement les lois répressives et restrictivement les lois libérales. Agissez tout au contraire. Respectez la règle du jeu lorsqu’elle vous bride. Soyez beaux joueurs, soyez généreux : ce sera une nouveauté !

Ne vous contentez pas de faire votre métier. Vous verrez vite que pour être un peu utile, vous devez sortir des sentiers battus. Tout ce que vous ferez de bien, vous le ferez en plus. Qu’on le veuille ou non, vous avez un rôle social à jouer. Vous êtes des assistantes sociales. Vous ne décidez pas que sur le papier. Vous tranchez dans le vif. Ne fermez pas vos coeurs à la souffrance ni vos oreilles aux cris.

Ne soyez pas de ces juges soliveaux qui attendent que viennent à eux les petits procès. Ne soyez pas des arbitres indifférents au-dessus de la mêlée. Que votre porte soit ouverte à tous. Il y a des tâches plus utiles que de chasser ce papillon, la vérité, ou que de cultiver cette orchidée, la science juridique.

Ne soyez pas victime de vos préjugés de classe, religieux, politiques ou moraux. Ne croyez pas que la société soit intangible, l’inégalité et l’injustice inévitable, la raison et la volonté humaine incapables d’y rien changer.

Ne croyez pas qu’un homme soit coupable d’être ce qu’il est ni qu’il ne dépende que de lui d’être autrement. Autrement dit, ne le jugez pas. Ne condamnez pas l’alcoolique. L’alcoolisme, que la médecine ne sait pas guérir, n’est pas une excuse légale mais c’est une circonstance atténuante. Parce que vous êtes instruits, ne méprisez pas l’illettré. Ne jetez pas la pierre à la paresse, vous qui ne travaillez pas de vos mains. Soyez indulgents au reste des hommes. N’ajoutez pas à leurs souffrances. Ne soyez pas de ceux qui augmentent la somme des souffrances.

Soyez partiaux. Pour maintenir la balance entre le fort et le faible, le riche et le pauvre, qui ne pèsent pas d’un même poids, il faut que vous la fassiez un peu pencher d’un côté. C’est la tradition capétienne. Examinez toujours où sont le fort et le faible, qui ne se confondent pas nécessairement avec le délinquant et sa victime. Ayez un préjugé favorable pour la femme contre le mari, pour l’enfant contre le père, pour le débiteur contre le créancier, pour l’ouvrier contre le patron, pour l’écrasé contre la compagnie d’assurance de l’écraseur, pour le malade contre la sécurité sociale, pour le voleur contre la police, pour le plaideur contre la justice.

Ayez un dernier mérite : pardonnez ce sermon sur la montagne à votre collègue dévoué.
Oswald Baudot
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Message non lu par Nombrilist » 03 juin 2010, 13:18:00

Je trouve le discours très bon, sauf la fausse note à la fin (le dernier paragraphe), qui est une grossière erreur. La justice n'a pas à être partiale. Mais c'était il y a 36 ans.

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sarkonaute
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Message non lu par sarkonaute » 03 juin 2010, 13:22:00

le dernier paragraphe est l'objet même du texte.
et ce sont les mots d'ordre du Syndicat de la Magistrature gauchiste depuis 36 ans.
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Message non lu par Nombrilist » 03 juin 2010, 13:29:00

Je ne suis pas d'accord. Tout le reste du texte n'appelle pas à la partialité, mais insiste sur les responsabilités du juge et sur le fait qu'il détient un pouvoir capable de briser des vies. Il appelle à juger au cas par cas en tenant compte des circonstances, et pas à appliquer les peines comme un robot. ça ne me choque pas.

Exemple: "Ne comptez pas la prison par années ni par mois, mais par minutes et par secondes, tout comme si vous deviez la subir vous-mêmes." ; "On rend la justice impunément [c'est à dire qu'on n'a à en justifier à personne et que donc on ne risque absolument rien à mettre des innocents en prison] : n’en abusez pas."

La fin du discours, en revanche, me choque.

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Message non lu par sarkonaute » 03 juin 2010, 13:40:00

c'est normal que ça ne te choque pas puisque ça fait partie de la liberté d'appréciation du juge, qui a toujours existé.
c'est une lapalissade.
le but du texte, c'est bien sûr sa conclusion : utiliser cette latitude d'appréciation du juge pour faire de la politique, pour une partialité de la justice.
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Message non lu par El Fredo » 03 juin 2010, 14:28:00

N'oublions pas le contexte de l'époque : une justice de classe aux ordres du pouvoir. La création du SM en 1968 avait fait l'effet d'une petite révolution. Son appel à la partialité n'est bien évidemment qu'une volonté de contre-balancer la partialité naturelle de la justice en faveur des forts et des puissants, exprimée sur un ton volontairement provocateur.
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Message non lu par logan » 03 juin 2010, 14:33:00

avoir un préjugé favorable n'empêche pas un jugement juste, j'vois pas ce qu'il y a de choquant, cela ne dit absolument en rien qu'il faut toujours juger non coupable les gens en qui il aura un préjugé favorable

bonjour la grosse ficelle

et puis je ne vois pas le rapport avec le cas cité plus haut où nous n'avons aucune information qui puisse nous permettre de prendre position

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sarkonaute
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Message non lu par sarkonaute » 03 juin 2010, 18:45:00

il s'agirait de Bernard SELTENSPERGER, qui est notoirement un activiste gauchiste, et adhère donc à l'idéologie de l'appel au-dessus, selon toute vraisemblance.
il n'en est pas à son coup d'essai.
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