Immigration : les thèses à rebours de Stephen Smith, l'africaniste cité par Macron

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johanono
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Immigration : les thèses à rebours de Stephen Smith, l'africaniste cité par Macron

Message non lu par johanono » 17 avr. 2018, 20:47:55

Immigration : les thèses à rebours de Stephen Smith, l'africaniste cité par Macron

DÉCRYPTAGE - Explosion démographique subsaharienne, «misérabilisme aveugle» à l'égard de l'Afrique : dans son dernier ouvrage, le professeur cité dimanche soir par Emmanuel Macron défend plusieurs thèses originales à contre-pied de certains poncifs sur l'immigration.

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● La bombe démographique africaine

Pour Stephen Smith, nous ne sommes qu'à l'aube des grands mouvements migratoires du XXIe siècle. Il se base sur des prévisions démographiques implacables: en quelques dizaines d'années, l'Afrique a connu une explosion démographique sans précédent. De 150 millions d'habitants dans les années 1930, elle est passée à 1,3 milliard de personnes aujourd'hui.

Et en 2050, Stephen Smith anticipe un nouveau doublement de la population africaine, qui devrait passer à 2,5 milliards de personnes. «Sur un total de 10 milliards d'habitants, 25% seront des Africains», estime-t-il. «Enfin, en 2100, cette proportion aura de nouveau doublé: sur un total mondial d'un peu plus de 11 milliards d'habitants, 40% seront africains ; ils seront, pour l'essentiel, la jeunesse du monde.»

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● C'est le relatif «décollage» de l'Afrique qui favorise les migrations

À cet égard, Stephen Smith décrit un «misérabilisme aveugle à l'égard de l'Afrique». Le chercheur nuance le raccourci fréquent selon lequel les migrants forment un bloc monolithique de «pauvres» qui «fuient» leur pays. «Ne fuit pas qui veut», souligne-t-il. «Les plus pauvres parmi les pauvres n'ont pas les moyens d'émigrer. ils n'y pensent même pas. Ils sont occupés à joindre les deux bouts, ce qui ne leur laisse guère le loisir de se familiariser avec la marche du monde et, encore moins, d'y participer.»

Pour le chercheur, «deux conditions majeures doivent être réunies pour déclencher la ‘ruée vers l'Europe'».

La première, c'est le franchissement «d'un seuil de prospérité minimale par une masse critique d'Africains». Stephen Smith estime que la somme minimale nécessaire au départ se situe entre 1500 et 2500 euros, «soit une ou plusieurs fois le revenu annuel dans tel ou tel pays subsaharien».

La seconde condition est «l'existence de communautés diasporiques, qui constituent autant de têtes de pont sur l'autre rive de la Méditerranée». La diaspora facilite l'installation, l'orientation du migrant, voire l'obtention de son premier emploi. Stephen Smith cite la communauté somalienne de Minneapolis-Saint-Paul dans le Minnesota, la communauté togolaise d'Eschweiler en Allemagne ou les multiples «China town» aux États-Unis. «Après, c'est une question de point de vue: on peut se féliciter d'une aide communautaire facilitant beaucoup de choses ou, au contraire, déplorer des ‘enclaves étrangères' dans le pays d'accueil, qui en compliquent d'autres», écrit-il.

● L'aide au développement alimente la migration

C'est l'une des conséquences du point qui vient d'être évoqué: contrairement à ce qui est régulièrement avancé, l'aide au développement ne limite pas l'immigration. Au contraire, elle la favorise, estime Stephen Smith. Selon lui, «les pays riches se tirent une balle dans le pied. En effet, du moins dans un premier temps, ils versent une prime à la migration en aidant des pays pauvres à atteindre le seuil de prospérité à partir duquel leurs habitants disposent des moyens pour partir et s'installer ailleurs. C'est l'aporie du ‘codéveloppement', qui vise à retenir les pauvres chez eux alors qu'il finance leur déracinement», écrit-il dans son ouvrage.

Très critique à l'égard du codéveloppement, il estime que celui-ci n'a pas provoqué de décollage dans les pays qui en bénéficient, contrairement à d'autres pays comme la Chine ou l'Inde, dont le dynamisme économique ne doit rien à ces politiques. «Les cyniques se consoleront à l'idée que l'aide a rarement fait advenir le développement mais, plus souvent, servi de ‘rente géopolitique' à des alliés dans l'arrière-cour mondiale» note-t-il.

(...)

● L'immigration ne comblera pas le déficit d'actifs en Europe

Stephen Smith conteste aussi l'idée selon laquelle l'«exportation» de main-d'oeuvre africaine puisse «codévelopper» la jeune Afrique et le Vieux Continent.

En Europe, la venue de migrants n'enrayera pas le déclin démographique, et ne sauvera pas le système de retraites et de Sécurité sociale fondé sur la solidarité intergénérationnelle. «Certes, les migrants adultes intégreraient la population active et contribueraient, à travers leurs cotisations, à financer le système des retraites, mais, compte tenu de leurs familles qui sont, en moyenne, plus nombreuses, le gain auprès des retraités serait compensé par le coût pour scolariser, former et soigner les enfants», écrit-il.

Parallèlement, Stephen Smith voit aussi les départs des jeunes Africains comme «une perte nette pour l'Afrique». En effet, ce sont généralement les jeunes les plus éduqués et les plus «débrouillards» qui tentent le voyage: «Pour partir, il faut des diplômes, un petit pactole, un esprit qui permette d'échapper à une vision étriquée. Ce sont donc les forces vives qui s'en vont», explique Stephen Smith.

● Du plus optimiste au plus noir, quelques scénarios possibles:

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Article complet sur http://www.lefigaro.fr/international/20 ... macron.php
L'article est très intéressant. Et cette idée selon laquelle l'aide au développement à destination des pays africains favorise l'immigration clandestine, au lieu de la freiner, bouscule beaucoup d'idées reçues.

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Narbonne
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Re: Immigration : les thèses à rebours de Stephen Smith, l'africaniste cité par Macron

Message non lu par Narbonne » 17 avr. 2018, 21:40:39

La première, c'est le franchissement «d'un seuil de prospérité minimale par une masse critique d'Africains». Stephen Smith estime que la somme minimale nécessaire au départ se situe entre 1500 et 2500 euros, «soit une ou plusieurs fois le revenu annuel dans tel ou tel pays subsaharien».
Manifestement, il ne connaît pas l'Afrique sub saharienne. Cela ne marche pas du tout comme cela. Cela peut être des centaines de personnes qui cotisent pour une seule personne. La notion de famille n'est pas la même qu'en Europe
Au moins 60% des jeunes sont au chômage, en particulier les diplômés. Ce n'est qu'en créant des jobs sur place que l'immigration diminuera
Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait.

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