Délires sexistes : suite et pas fin

venez parler des sujets de société qui vous concerne ( drogue, alcool, avortement...)
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Yakiv
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Re: Délires sexistes : suite et pas fin

Message non lu par Yakiv » 23 juin 2019, 11:36:47

asterix a écrit :
23 juin 2019, 11:25:01
La critique est aussi une oppression à la liberté d'expression, si elle en décide ainsi: le bashing. Dans la toxicité, c'est toujours le dosage qui est en cause, jamais le produit.
Aussi, celui qui a le temps de s'exprimer, aura toujours raison de celui qui en a moins le temps ou moins d'argent, ou encore moins de culture.

Cela relativise nettement les bienfaits théoriques de la liberté d'expression. Elle est proclamée sans vraiment exister. Pas de quoi se gargariser, même s'il est heureux qu'elle existe, par concept intellectuel. Mais depuis qu'elle existe, je ne vois pas globalement quels progrès fondamentaux a fait l'humanité qui la pratique. Cela n'a rien résolut. Chaque fois que l'on croit tenir un progrès universel, on ne tarde jamais à faire la liste des contre effets, que ce soit en économie ou en sociologie.

Du coup, cette liberté d'expression n'est qu'un confort de l'égo, qui j'en conviens participe à une bonne construction de soi, en aucun cas une denrée substantielle génératrice de progrès durable et sans toxicité cachée. Elle ne garantie rien contre l'oppression, puisqu'elle peut elle même générer l'oppression.
Le féminisme est né de la liberté d'expression, et catalogué justement et rationnellement comme progrès. Mais je ne vois pas ou est la garantie qu'il ne devienne pas une oppression, et que sa puissance de communication actuelle ne mette pas ses honnêtes adeptes dans un sentiment d'impunité et de toute puissance, qui les amèneraient à dépasser leur pensée. Tout le monde sait que le sentiment de pouvoir est grisant. En toutes guerres et toutes batailles, il est courant de ne pas se satisfaire d'une victoire, et d'au moins effleurer le fantasme de l'écrasement.

Ce n'est pas pour cela qu'il faut s'en passer (la liberté d'expression), gardons là précieusement. Elle est sa propre contremesure, souvent avec trois guerres de retard et bien des dégâts, mais contremesure tout de même.
Tu as apporté des nuances très intéressantes en effet.

A la lecture de ce que tu dis, j'ai pensé à une série d'articles publiés dans 20 minutes dénommée "Pris pour cible", ou quand des personnes plus ou moins connues ont été brutalement harcelées sur les réseaux sociaux.
Je conseille la lecture de quelques uns : https://www.20minutes.fr/dossier/pris-cible
Je pense que c'est une illustration de ce que tu dis.

Néanmoins, comme tu l'as toi-même affirmé en conclusion, je persiste à dire qu'une société vit beaucoup mieux avec la liberté d'expression que sans. C'est très révélateur au niveau politique d'ailleurs. Sans liberté d'expression politique, nous n'échangeons plus sur ce forum et les discussions se restreignent alors à un cercle privé, quasiment intime.
On pourrait dire en paraphrasant Churchill que la liberté d'expression est le moins mauvais des systèmes. Mais clairement, je préfère vivre en France qu'en RPC.

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signora
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Re: Délires sexistes : suite et pas fin

Message non lu par signora » 23 juin 2019, 12:14:29

@asterix
Du coup, cette liberté d'expression n'est qu'un confort de l'égo, qui j'en conviens participe à une bonne construction de soi, en aucun cas une denrée substantielle génératrice de progrès durable et sans toxicité cachée. Elle ne garantie rien contre l'oppression, puisqu'elle peut elle même générer l'oppression.
Le féminisme est né de la liberté d'expression, et catalogué justement et rationnellement comme progrès. Mais je ne vois pas ou est la garantie qu'il ne devienne pas une oppression, et que sa puissance de communication actuelle ne mette pas ses honnêtes adeptes dans un sentiment d'impunité et de toute puissance, qui les amèneraient à dépasser leur pensée. Tout le monde sait que le sentiment de pouvoir est grisant. En toutes guerres et toutes batailles, il est courant de ne pas se satisfaire d'une victoire, et d'au moins effleurer le fantasme de l'écrasement.
Et oui ... :love2:
dans quelques années les hommes mettront sur pied un système pour défendre leurs droits ...
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Nolimits
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Re: Délires sexistes : suite et pas fin

Message non lu par Nolimits » 23 juin 2019, 12:56:36

signora a écrit :
23 juin 2019, 12:14:29
@asterix
Du coup, cette liberté d'expression n'est qu'un confort de l'égo, qui j'en conviens participe à une bonne construction de soi, en aucun cas une denrée substantielle génératrice de progrès durable et sans toxicité cachée. Elle ne garantie rien contre l'oppression, puisqu'elle peut elle même générer l'oppression.
Le féminisme est né de la liberté d'expression, et catalogué justement et rationnellement comme progrès. Mais je ne vois pas ou est la garantie qu'il ne devienne pas une oppression, et que sa puissance de communication actuelle ne mette pas ses honnêtes adeptes dans un sentiment d'impunité et de toute puissance, qui les amèneraient à dépasser leur pensée. Tout le monde sait que le sentiment de pouvoir est grisant. En toutes guerres et toutes batailles, il est courant de ne pas se satisfaire d'une victoire, et d'au moins effleurer le fantasme de l'écrasement.
Et oui ... :love2:
dans quelques années les hommes mettront sur pied un système pour défendre leurs droits ...
En effet et je crains surtout une "réaction" : cette égalité H/F, totalement légitime, est en train de prendre un tour "communautariste" très inquiétant. Pour l'instant, sur le terrain, les relations H/F sont encore bonnes (dans l'immense majorité des cas), il ne faudrait pas que ça se délite à cause des éternelles extrémistes qui ne recherchent que confrontations.

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Baltorupec
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Re: Délires sexistes : suite et pas fin

Message non lu par Baltorupec » 23 juin 2019, 13:51:54

@Nolimits J'en sais rien. Pour les plus jeunes générations, cela me semble plus compliqué. J'ai l'impression qu'à ma génération, les hommes et les femmes sont plus distants, il y a moins de relations amoureuses, et plus de relation purement sexuelles.

Dans les deux cas, l'investissement émotionnel semble faire peur, et j'ai l'impression que c'est du à une forme de méfiance.

Bien évidemment, des personnes continue à se mettre en couple, se marier, mais j'ai l'impression qu'il y a une vraie dégradation.

Il y a des raisons purement philosophiques, je pense que de moins en moins d'homme voie leur utilité dans le couple, et il y a aussi une chose assez simple.
Beaucoup d'hommes préfèrent passer 10 heure sur le dernier jeu vidéo à la mode plutôt qu'à rechercher une nouvelle partenaire.

Là, je m'avance complètement, mais j'ai l'impression que les jeunes hommes commencent à se diviser en trois catégories : les hyper séducteurs qui ont beaucoup de relations courtes, purement sexuelle, les hommes en couple (part qui me semble se réduire) et les herbivores (pour reprendre un terme utilisé par les japonais).
Là où des hommes "herbivores" me semblait être une exception encore il y a 30 ans, des hommes assez marginaux, il me semble aujourd'hui devenir un phénomène de masse. C'est le cas au japon aujourd'hui où ils représenteraient la majorité des jeunes hommes.
Chez ces hommes "herbivores", je pense qu'on peut voir deux grandes tendances, les frustrés et les moines. Les frustrés, je pense que c'est pas la peine d'expliquer, c'est des hommes qui souhaiteraient être en couple, essaient, mais n'y arrive pas, sans parler d'être en couple, qui essaient d'intégrer "le marché du sexe".
Chez les moines, une nouvelle fois, il y aurait plusieurs profils, sans être des hommes qui ne souhaitent pas être en relation, il y a ceux qui soit préfèrent faire autre chose (les jeux vidéos) à se consacrer à rechercher une partenaire, voir ceux qui n'ont ni le temps, ni l'argent à consacrer à rechercher une partenaire.
Enfin, il faut mentionner un dernier aspect : la pornographie. La pornographie est clairement devenue un phénomène de masse. Une université américaine a du annulé une étude sur l'effet de la pornographie sur les hommes car ils n'ont pas trouvé d'hommes qui n'en regardait pas.
Résultat, on a une génération d'hommes qui se vident tous les soir sur youporn, forcément, cela a une influence sur leur recherche de partenaire. Un homme vide va clairement faire moins pour rechercher une partenaire qu'un qui est "en chien" comme on le dit familièrement.

Chez les femmes, j'ai l'impression que la misère sexuelle/affective fait des ravages autrement.
On a en bref les femmes complètement exclues du "marché sexuel", je sais que ce terme peut marcher, mais quelque part ça marche, comme cela, il y a une offre (les hommes) et une demande (les femmes). Souvent ce sont les femmes les moins attirantes sexuellement, ou les moins séductrices. J'ai lu quelque part que cela fait des ravages particulièrement chez les femmes noires aux USA.
Les femmes "baisées mais pas aimées", désolé pour le terme cru, mais je ne vois pas d'autre façon d'appeler ça. Des femmes qui attire des hommes mais qui n'arrivent pas à les retenir. J'ai l'impression que la frustration n'est pas la même chez les hommes et les femmes (globalement). Là où les hommes ont plus de mal d'avoir accès aux relations sexuelles mais une fois qu'ils ont ces relations, les relations émotionnelles sont là, il me semble que chez les femmes, il y a une part croissante de jeunes femmes, qui n'arrivent pas à avoir de relations amoureuses et affectueuses, et autant rappeler que la solitude affective fait des dégâts monstres chez les hommes comme les femmes, on a aussi le cas de femmes qui enchainent les relations courtes;
Enfin, dernière catégories, les femmes en couples, pas besoin de beaucoup de commentaire.

Mon impression est globalement que la misère affective va augmenter, j'avais lu un article en anglais qu'apparemment les "millenial" (ceux nés dans les années 90) apparemment avaient moins de relations sexuelles que leurs ainés au même âge.

Est-ce que le féminisme est à blâmer ?
Dur à dire, mais il y a clairement des facteurs très importants qui n'ont rien à voir avec le féminisme.
Le plus important est l'état de notre système de récompense. Les sensations de plaisir sont gérés par la dopamine, or notre système dopaminique est fatigué. Internet, les réseaux sociaux, les jeux vidéos, tout cela sollicite ce système qui est probablement fatigué, d'où une perte de plaisir et de goût. Les jeunes et très jeunes hommes particulièrement exposés aux jeux vidéo et à la pornographie sont particulièrement ravagés de ce côté là.
Les "likes" d'un réseau social sollicite aussi ce système. Bref, cela explique des phénomènes d'addiction aux "likes" de tweeter ou facebook, de ce côté là je pense que les jeunes femmes sont plus vulnérables.
Où je veux en venir ? Si votre système de récompense à dopamine est surstimulé par des jeux vidéos ou des réseaux sociaux, il est moins disponible pour la séduction.
Enfin, les réseaux de séduction tel "tinder" créer un nouveau marché affectif/sexuel. Là où les offres de partenaires étaient avant limitées au travail, aux amis, maintenant d'un clic quelqu'un peut avoir accès à des dizaines de partenaires différent. Bref, la compétition sexuelle et affective s'est énormément accrue et ceux qui ne sont pas assez aptes à séduire et garder des partenaires restent sur le bas côté de la route.
Tout cela, le féminisme n'y a rien à voir.

Il faut aussi constater qu'une part croissante de personnes ont été élevées sans père. L'absence de repère masculin a été mesurée, elle affecte grandement, les suicides, la prise de drogue, l'instabilité émotionnelle. Evidemment, les jeunes garçons élevés sans pères sont plus impactés, mais les jeunes filles aussi.

Par contre, clairement, aujourd'hui, les hommes n'ont plus de repères moraux. Dans un systèmes qui répètent sans cesse que les femmes sont "formidables" et ne parle de masculinité que quand elle est "toxique" ou "dominatrice", il n'y a pas de place pour les hommes.

@signora Non, le mouvement des droits des hommes n'arrive clairement pas à décoller. On assiste déjà, et il y a un risque que cela augmente à la démission des hommes. C'est à dire un accroissement du nombres d'hommes avec des comportements associaux.
Je ne pense pas que l'histoire se répétera en miroir.
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signora
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Re: Délires sexistes : suite et pas fin

Message non lu par signora » 23 juin 2019, 14:04:32

J'ai dit dans quelques années Balto mais j'espère que vous n'aurez pas à en arriver là ...
Moi, je fais partie de la génération des mères de ces jeunes féministes, et, je suis assez épouvantée d'entendre autant de sottises !
Je ne sais pas ce qui a pris à Macron de nous mettre cette Schiappa à ce ministère, elle est toujours dans l'excès.

@Baltorupec
Edit :
Là, je m'avance complètement, mais j'ai l'impression que les jeunes hommes commencent à se diviser en trois catégories : les hyper séducteurs qui ont beaucoup de relations courtes, purement sexuelle, les hommes en couple (part qui me semble se réduire) et les herbivores (pour reprendre un terme utilisé par les japonais).
Là où des hommes "herbivores" me semblait être une exception encore il y a 30 ans, des hommes assez marginaux, il me semble aujourd'hui devenir un phénomène de masse. C'est le cas au japon aujourd'hui où ils représenteraient la majorité des jeunes hommes.
Chez ces hommes "herbivores", je pense qu'on peut voir deux grandes tendances, les frustrés et les moines. Les frustrés, je pense que c'est pas la peine d'expliquer, c'est des hommes qui souhaiteraient être en couple, essaient, mais n'y arrive pas, sans parler d'être en couple, qui essaient d'intégrer "le marché du sexe".
Chez les moines, une nouvelle fois, il y aurait plusieurs profils, sans être des hommes qui ne souhaitent pas être en relation, il y a ceux qui soit préfèrent faire autre chose (les jeux vidéos) à se consacrer à rechercher une partenaire, voir ceux qui n'ont ni le temps, ni l'argent à consacrer à rechercher une partenaire.
Enfin, il faut mentionner un dernier aspect : la pornographie. La pornographie est clairement devenue un phénomène de masse. Une université américaine a du annulé une étude sur l'effet de la pornographie sur les hommes car ils n'ont pas trouvé d'hommes qui n'en regardait pas.
Résultat, on a une génération d'hommes qui se vident tous les soir sur youporn, forcément, cela a une influence sur leur recherche de partenaire. Un homme vide va clairement faire moins pour rechercher une partenaire qu'un qui est "en chien" comme on le dit familièrement.
Je n'avais pas lu ta réponse intégrale ...
Je change d'avis, il faut vite démarrer un groupe d'hommes pour contrer ces féministes ... trouvez le nom j'adhère ... je veux pas voir mes fils se transformer ainsi ... c'est sur ce que tu dis ?
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asterix
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Re: Délires sexistes : suite et pas fin

Message non lu par asterix » 23 juin 2019, 14:30:25

Yakiv a écrit :
23 juin 2019, 11:36:47
asterix a écrit :
23 juin 2019, 11:25:01
La critique est aussi une oppression à la liberté d'expression, si elle en décide ainsi: le bashing. Dans la toxicité, c'est toujours le dosage qui est en cause, jamais le produit.
Aussi, celui qui a le temps de s'exprimer, aura toujours raison de celui qui en a moins le temps ou moins d'argent, ou encore moins de culture.

Cela relativise nettement les bienfaits théoriques de la liberté d'expression. Elle est proclamée sans vraiment exister. Pas de quoi se gargariser, même s'il est heureux qu'elle existe, par concept intellectuel. Mais depuis qu'elle existe, je ne vois pas globalement quels progrès fondamentaux a fait l'humanité qui la pratique. Cela n'a rien résolut. Chaque fois que l'on croit tenir un progrès universel, on ne tarde jamais à faire la liste des contre effets, que ce soit en économie ou en sociologie.

Du coup, cette liberté d'expression n'est qu'un confort de l'égo, qui j'en conviens participe à une bonne construction de soi, en aucun cas une denrée substantielle génératrice de progrès durable et sans toxicité cachée. Elle ne garantie rien contre l'oppression, puisqu'elle peut elle même générer l'oppression.
Le féminisme est né de la liberté d'expression, et catalogué justement et rationnellement comme progrès. Mais je ne vois pas ou est la garantie qu'il ne devienne pas une oppression, et que sa puissance de communication actuelle ne mette pas ses honnêtes adeptes dans un sentiment d'impunité et de toute puissance, qui les amèneraient à dépasser leur pensée. Tout le monde sait que le sentiment de pouvoir est grisant. En toutes guerres et toutes batailles, il est courant de ne pas se satisfaire d'une victoire, et d'au moins effleurer le fantasme de l'écrasement.

Ce n'est pas pour cela qu'il faut s'en passer (la liberté d'expression), gardons là précieusement. Elle est sa propre contremesure, souvent avec trois guerres de retard et bien des dégâts, mais contremesure tout de même.
Tu as apporté des nuances très intéressantes en effet.

A la lecture de ce que tu dis, j'ai pensé à une série d'articles publiés dans 20 minutes dénommée "Pris pour cible", ou quand des personnes plus ou moins connues ont été brutalement harcelées sur les réseaux sociaux.
Je conseille la lecture de quelques uns : https://www.20minutes.fr/dossier/pris-cible
Je pense que c'est une illustration de ce que tu dis.

Néanmoins, comme tu l'as toi-même affirmé en conclusion, je persiste à dire qu'une société vit beaucoup mieux avec la liberté d'expression que sans. C'est très révélateur au niveau politique d'ailleurs. Sans liberté d'expression politique, nous n'échangeons plus sur ce forum et les discussions se restreignent alors à un cercle privé, quasiment intime.
On pourrait dire en paraphrasant Churchill que la liberté d'expression est le moins mauvais des systèmes. Mais clairement, je préfère vivre en France qu'en RPC.
...comme la démocrartie son corolaire.

En fait, ce qui est un peu barbant dans la société démocratique, et souvent du fait de la jeunesse (ce qui est logique) (toutes les jeunesses y ont mordu, c'est assez peu critiquable en soi), c'est cette religiosité sur la démocratie, les libertés (qu'on utilise si peu en fait tant elles sont lourdes de responsabilité), les égalités (faussement nommées puisqu'elles ne sont qu'équités). Alors même que l'on s'éloigne du religieux, revoila de nouvelles saintes écritures? Revoilà le saint graal?
C'est ce que je critique donc dans cette religiosité du féminisme, comme pas mal d'autres choses.
Je crois que l'essentiel du féminisme résidait dans l'égalité des droits: à partir de là, la femme dispose de tout l'espace dont elle a besoin. Qu'elle y fasse sa place, c'est tout ce qu'on lui demande.
Elles ne veulent plus qu'on leur tienne les porte? Soit, ça a du sens, et même du bon sens. Pourquoi alors veulent elles des quotas et des discriminations positives? Comment ne pas comprendre que de nouveau, elles veulent qu'on leur tienne la porte?
Non, c'est terminé. Plus jamais on ne tiendra la porte. Parce que les hommes ont fait ce cheminement de comprendre que le féminisme d'origine leur a appris l'aspect infantilisant du geste. Les femmes ne sont pas des enfants. On a pris note, on a compris, on a acté. Tout le reste n'est qu'une pantomine et une mascarade. C'est bien tenté, mais c'est nous prendre pour des imbéciles.
Simone de Beauvoir et ses petites sœurs nous ont enseigné un féminisme hautement pédagogique, auquel elles associaient les hommes. Moi je suis resté là dessus, et je ne conçois rien d'autre. Tout autre féminisme est, à l'image de la lutte des classe pataude et ringarde, une lutte des genres. Ce sera sans moi.
Un libéral a du mal à concevoir l'existence de niches sociales par décret ministériel. C'est un camouflet à la révolution française et à la république qui s'en est érigée, qui déclare qu'il n'y a pas d'être digne d'un traitement de faveur (couper la tête du roi était hautement symbolique, même s'il ne le méritait pas), et que toute loi reconnaissant certains être humains comme incapacitaires à prendre leur place dans la société, rend bancale, une bonne partie de la déclaration des droits de l'Homme, et remet en cause l'idée d'une humanité comme race unique, pour laisser porte ouverte à l'ancien concept: l'humanité était un amas hiérarchique de races et de genres. Autant la gauche n'a cessé de le crier, autant elle n'a eu de cesse de vouloir créer des exceptions, et de se laisser tenter par facilité, par l'aménagement de niches génératrices de communautarismes que la république reconnait comme des exceptions. La paix sociale à bon prix, mais absolument provisoire: aujourd'hui les communautés se déchirent, les femmes et les hommes s'affrontent. Parfait!
La libre expression mène aussi à ça: convaincre un peuple intellectuellement en friche, malgré ses résultats au bac.
Vos mains ont un cerveau: ne les mettez pas dans vos poches

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Re: Délires sexistes : suite et pas fin

Message non lu par Yakiv » 23 juin 2019, 14:36:36

signora a écrit :
23 juin 2019, 14:04:32
Je ne sais pas ce qui a pris à Macron de nous mettre cette Schiappa à ce ministère, elle est toujours dans l'excès.
Je trouve au contraire Schiappa assez irréprochable, toujours juste et sans excès.
Et je pense qu'elle colle aux idées de Macron.

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Re: Délires sexistes : suite et pas fin

Message non lu par signora » 23 juin 2019, 14:45:44

Vos posts m'interpellent, les féministes demandaient elles l'égalité des sexes ? où la reconnaissance ? l'indépendance ?
Quant on s'est battues pour le droit à l'IVG, par exemple, ce n'était pas une question d'égalité ! mais de nous faire admettre responsables, faire admettre que nous pouvions disposer de notre corps.
Quand nos mères, nos grand-mères, se sont battues pour le droit de vote, le droit de disposer de leur fortune, le droit de divorcer, le droit de travailler sans l'autorisation de leur père ou conjoint ...
C'était juste des mesures de reconnaissance pour devenir des êtres de plein droit. Je n'avais pas vu cet angle égalitaire ...
Du coup, moi je veux toujours qu'on me tienne la portière ouverte, et, aussi j'aime autant qu'un monsieur s'arrête pour changer ma roue de voiture ...
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Re: Délires sexistes : suite et pas fin

Message non lu par Nolimits » 23 juin 2019, 14:58:01

signora a écrit :
23 juin 2019, 14:45:44
Vos posts m'interpellent, les féministes demandaient elles l'égalité des sexes ? où la reconnaissance ? l'indépendance ?
Quant on s'est battues pour le droit à l'IVG, par exemple, ce n'était pas une question d'égalité ! mais de nous faire admettre responsables, faire admettre que nous pouvions disposer de notre corps.
Quand nos mères, nos grand-mères, se sont battues pour le droit de vote, le droit de disposer de leur fortune, le droit de divorcer, le droit de travailler sans l'autorisation de leur père ou conjoint ...
C'était juste des mesures de reconnaissance pour devenir des êtres de plein droit. Je n'avais pas vu cet angle égalitaire ...
Du coup, moi je veux toujours qu'on me tienne la portière ouverte, et, aussi j'aime autant qu'un monsieur s'arrête pour changer ma roue de voiture ...
Que du bon sens, mais que c'est bon de le lire.

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Re: Délires sexistes : suite et pas fin

Message non lu par Nolimits » 23 juin 2019, 14:58:59

Yakiv a écrit :
23 juin 2019, 14:36:36
signora a écrit :
23 juin 2019, 14:04:32
Je ne sais pas ce qui a pris à Macron de nous mettre cette Schiappa à ce ministère, elle est toujours dans l'excès.
Je trouve au contraire Schiappa assez irréprochable, toujours juste et sans excès.
Et je pense qu'elle colle aux idées de Macron.
:star3: si avec ça, tu fais pas du clic, c'est à désespérer...

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Re: Délires sexistes : suite et pas fin

Message non lu par Yakiv » 23 juin 2019, 14:59:16

La question des quotas en politique (asterix y refait référence et s'affirme archi-contre si j'ai bien compris) vient aussi de l'idée que la politique doit légiférer sur la vie d'autant d'hommes que de femmes.
Et lorsqu'on avait 90 à 95% d'hommes pour légiférer sur la moitié de femmes que compose la société, il ne fallait pas s'étonner de l'extrême lenteur des politiques pour faire avancer le droit des femmes à une certaine époque (pas si éloignée que ça).

C'est bien expliqué dans cet article que j'ai trouvé extrêmement intéressant (et qui fait valoir les 2 points de vue par ailleurs).
https://www.politika.io/fr/notice/parit ... -politique

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Re: Délires sexistes : suite et pas fin

Message non lu par signora » 23 juin 2019, 15:03:18

Tiens, faudra regarder quel pourcentage d'hommes dans l'hémicycle quand Simone Veil a fait voter sa loi pour l'IVG... et elle est passée !
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Re: Délires sexistes : suite et pas fin

Message non lu par Yakiv » 23 juin 2019, 15:12:42

signora a écrit :
23 juin 2019, 15:03:18
Tiens, faudra regarder quel pourcentage d'hommes dans l'hémicycle quand Simone Veil a fait voter sa loi pour l'IVG... et elle est passée !
Alors justement, c'est mentionné comme "contre-argument" dans l'article.
Pour autant, on aurait pu imaginer qu'avec des femmes bien plus présentes au parlement, cette décision aurait pu intervenir beaucoup plus tôt, qu'on aurait pas eu besoin de Mai 68 pour en arriver là, etc.
Ainsi, la légalisation de l'avortement, gratuit, a été votée en Union soviétique en 1920, alors je ne sais pas combien de femmes il y avait au parlement, je pense une proportion assez significative pendant que chez nous, c'était 0, par contre je sais qu'il y avait une femme au gouvernement, Alexandra Kollontaï (qui est rentrée dans l'histoire).

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Re: Délires sexistes : suite et pas fin

Message non lu par asterix » 23 juin 2019, 15:27:14

signora a écrit :
23 juin 2019, 12:14:29
@asterix
Du coup, cette liberté d'expression n'est qu'un confort de l'égo, qui j'en conviens participe à une bonne construction de soi, en aucun cas une denrée substantielle génératrice de progrès durable et sans toxicité cachée. Elle ne garantie rien contre l'oppression, puisqu'elle peut elle même générer l'oppression.
Le féminisme est né de la liberté d'expression, et catalogué justement et rationnellement comme progrès. Mais je ne vois pas ou est la garantie qu'il ne devienne pas une oppression, et que sa puissance de communication actuelle ne mette pas ses honnêtes adeptes dans un sentiment d'impunité et de toute puissance, qui les amèneraient à dépasser leur pensée. Tout le monde sait que le sentiment de pouvoir est grisant. En toutes guerres et toutes batailles, il est courant de ne pas se satisfaire d'une victoire, et d'au moins effleurer le fantasme de l'écrasement.
Et oui ... :love2:
dans quelques années les hommes mettront sur pied un système pour défendre leurs droits ...
:D on se prépare déjà :love2:
Non, en fait je m'en fiche, ce n'est plus de mon âge. Et puis je crois que notre génération est en paix avec cela, au moins en grande partie. Je me demande même si nous n'avons pas vécu le meilleur de la relation homme / femme, indépendamment du fait que nous ayons été les champions du divorce, c'est un autre problème (ce n'est pas la crise des sexes, c'est la crise de la cellule familiale face à l'individualisme et l'identité de consommation).

Ce que je vois gros comme une maison, c'est la lutte des hommes pour avoir des enfants. La PMA généralisée est profondément anticonstitutionnelle, mais on la fera. Elle était constitutionnelle en tant qu'acte médical. Mais du coup, elle devient sexiste, et cela appele à grand cris la GPA pour rétablir le bon droit. Pandore que tout cela...

Seul l'invention d'un utérus artificiel non humain permettant la gestation jusqu'à terme, sans location d'utérus humain, permettrai de s'en sortir de manière éthique, et rationnelle, conforme à l'esprit du droit.
Les hommes vont se battre pour ça. On verra si les femmes sont de la partie. On verra si dans le débat sur la PMA elle se considèrent d'abord comme femme, ou d'abord comme être humain. Dans le second cas, elle auront le soucis de veiller à ce que leur droit soit aussi accessible aux hommes. Si c'est le premier cas, je ne donne pas cher de la république et de la démocratie future, ce problème associé aux autres aspects transhumanistes mus par le progrès technologique et scientifique.
Je ne vois pas comment notre démocratie, essence même de notre imperfection, de notre gestion "artisanale" et intuitive de l'humain, resistera à la vérité et au pragmatisme implacable et froid, de l'analyse informatique, qui prend déjà aujourd'hui, le pas sur nos opinions, par la statistique et le taux de probabilité. La question sera: "que pense Google?" et non pas "qu'est ce que tu en penses ma (mon) chéri(e)?" Comment la démocratie résistera à l'absence de débat? Le débat va devenir une corvée, comme le reste, un truc "domestique". C'est oui ou c'est non. Tout ce qu'il y a entre les deux "ça me gave". Ce n'est pas comme ça qu'elles parlent les lolitas du jour, à peine plus jeunes que Marlène Schiappa, qui n'ont pas encore bien compris ce que c'est qu'un député ou un conseil constitutionnel, et qui pensent que les règles c'est du sang pourrit, de toute façon une injustice et une damnation quoi qu'il en soit? Tu verras que lorsque ce féminisme fou n'aura plus rien à se mettre sous la dent, il réclamera la supression des menstruations génétiquement. La science est là, pourquoi s'encombrer du politique et de l'intellectuel?

Voilà les sujets féministes d'aujourd'hui. on a pris un coup de vieux!
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signora
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Re: Délires sexistes : suite et pas fin

Message non lu par signora » 23 juin 2019, 15:28:47

@Yakiv
Ainsi, la légalisation de l'avortement, gratuit, a été votée en Union soviétique en 1920, alors je ne sais pas combien de femmes il y avait au parlement, je pense une proportion assez significative pendant que chez nous, c'était 0, par contre je sais qu'il y avait une femme au gouvernement, Alexandra Kollontaï (qui est rentrée dans l'histoire).
Je ne savais pas. Intéressant.
Par contre, tu as vu aux EU ? ce retour en arrière est inquiétant !
Je suis pas sure que les femmes soient aussi proches des problèmes féminins (ça fait drôle à lire ;) ) il y a aussi une question de caste ...
Pour le coup, Simone Veil, a agi pour TOUTES les femmes.
"Dans la profondeur de l'hiver, j'ai finalement appris qu'il y avait en moi un soleil invincible."
Albert Camus

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