Les producteurs de lait en ont ras le bol

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politicien
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Re: Les producteurs de lait en ont ras le bol

Message non lu par politicien » 30 mars 2013, 11:36:07

Bonjour,
Une trentaine d'agriculteurs ont déversé plusieurs tonnes de fumier devant un supermarché, à Riorges (Loire), samedi matin, pour faire pression sur la grande distribution avant une table ronde nationale sur le prix du lait, a-t-on appris de source policière.

Les manifestants, qui répondaient à un appel de la FDSEA et des Jeunes agriculteurs, ont rassemblé des chariots au centre du parking d'un Centre Leclerc, sur lesquels ils ont déversé du lisier amené par cinq tracteurs, a-t-on indiqué de même source.

(...)

L'intégralité de cet article à lire sur France 24.com
Qu'en pensez vous ?
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Re: Les producteurs de lait en ont ras le bol

Message non lu par Nombrilist » 30 mars 2013, 11:41:06

On attend la sortie de Valls sur la destruction de l'outil de production.

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johanono
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Re: Les producteurs de lait en ont ras le bol

Message non lu par johanono » 31 mars 2013, 14:26:18

Pourquoi la filière lait française reste en ébullition

Vaches maigres, vaches grasses… certains producteurs de lait français sont au bord du gouffre. Mais la sécheresse en Nouvelle-Zélande redonne de l’espoir. Décryptage avec Alain le Boulanger, spécialiste de l’économie laitière et directeur des études au CER France Normandie Maine.

La FNPL tire la sonnette d’alarme. La filière laitière française est-elle à nouveau en crise ?

On ne peut pas comparer la situation actuelle à celle de 2009. À l’époque, dans le secteur que je suis plus particulièrement : la Normandie, la Mayenne et la Sarthe, il y avait eu des dépôts de bilan EBE négatifs. Ce n’est pas le cas cette fois. Certains arrêtent le lait mais pas l’agriculture. La problématique est beaucoup plus complexe. Il y a des facteurs internes aux exploitations avec une dégradation des trésoreries liées à l’augmentation des charges (envolée du prix de l’aliment des céréales). S’y ajoutent des facteurs externes avec la disparition progressive des quotas laitiers et des instruments de régulation européens. La situation est très difficile pour 20 à 25 % des éleveurs. Ces derniers peinent à être rentables quelle que soit la conjoncture. Dans le haut du tableau, un autre quart des éleveurs s’en sort nettement mieux. Le revenu moyen des éleveurs laitiers a été de 26 000 € en 2012-. Pour les plus performants, il a été de 35 000 €. Pour tous, l’exercice en cours se traduit par un recul des revenus.

Mais on n’assiste pas à des dépôts de bilan car même en crise, l’agriculture a une capacité de résistance que n’ont pas d’autres secteurs.

. En fait, nous sommes en train d’assister à une restructuration en profondeur du secteur laitier qui a déjà affecté les autres pays européens.

Pourquoi cette restructuration a-t-elle lieu plus tard en France que dans les autres pays européens ?

La politique agricole commune et la gestion des quotas laitiers à la française ont été un formidable outil d’aménagement. En liant les quotas et le territoire, la France a maintenu des éleveurs laitiers dans toutes les régions y compris les zones qui n’étaient pas les plus compétitives. La fin des quotas laitiers en 2015 entraîne une restructuration en profondeur de la filière laitière française.

Vous affichez un optimisme qui contraste avec les communiqués syndicaux des éleveurs ?

Ils sont dans leurs rôles : Ma position vise plutôt à prendre du recul et éventuellement à donner des perspectives. La sécheresse qui sévit en Nouvelle-Zélande fait flamber les cours de la matière grasse (+36% en deux mois), la poudre de lait entier (+60%) et dans une moindre mesure la poudre de lait écrémé (+14%). Il n’y a quasiment pas de stocks. Les prix du lait vont donc se redresser. Le marché mondial est un oligopole tenu par une poignée de pays : l’Australie, la Nouvelle-Zélande, l’Europe et les Etats-Unis. Ce secteur des produits industriels est par ailleurs en croissance : + 2 % en moyenne par an. Le marché des produits de grande consommation (yaourts, fromage) est quant à lui mature. Il ne progresse plus, au moins en Europe.

Les manifestations, dans le Finistère notamment sont pourtant bien l’expression d’un mal-être ?

Effectivement, car l’agriculteur vit la trésorerie au quotidien, tandis que sa rentabilité est plus abstraite. Les prix devraient remonter à 360-370 euros cet été. Avec les primes qualité, le prix devrait flirter avec les 400 euros. Mais c’est vrai, il y a aussi une crise que je qualifierais de crise du bien-être de l’éleveur. Les écarts se creusent avec les céréaliers : 26000 euros de revenu annuel pour les éleveurs laitiers en 2012 contre 75000 euros pour les céréaliers. Si on prend en considération le temps de travail, le rapport est de un à dix. Même si cette notion de temps de travail est discutable et surtout très variable. Une exploitation céréalière de 100 hectares bien équipée, c’est un gros mi-temps.

Il n’y a plus un mais des marchés du lait ?

C’était déjà le cas avant. Mais les éleveurs seront de plus en plus confrontés à des fluctuations plus ou moins fortes sur les marchés mondiaux. Selon le positionnement des entreprises coopératives ou privés avec lesquelles ils contractent, les éleveurs n’auront pas les mêmes perspectives. Lactalis ou danone qui sont positionnés sur des marchés matures n’auront probablement pas besoin de plus de lait. Les coopératives dont l’activité est plus orientée sur les produits industriels pourront de leur côté avoir besoin de plus de lait si elles se lancent à la conquête de l’export. la question va être de savoir si les éleveurs sont capables d’encaisser le choc quand le prix du lait tombera à moins de 200 euros les 1000 litres pour le volume B (Beurre-Poudre)

Comment aider les éleveurs à s’adapter à cette nouvelle donne ?

Les cours seront désormais chahutés. En 2001, le prix du lait payé au producteur n’avait varié que de 16 % sur l’année soit 1,5 % par mois. Au cours des douze derniers mois, il a varié de 54 %. Il faut s’y préparer et disposer de trésoreries suffisantes pour passer les caps difficiles. Lisser le résultat sur plusieurs années en facilitant les provisions sur le plan fiscal est une option. Les coopératives et les industriels doivent aussi donner une vision aux éleveurs. Les Hollandais et les Irlandais ont de leur côté déjà fixé le cap en disant qu’ils voulaient produire plus. La France laitière a de réels atouts, mais sa diversité qui est une richesse, peut aussi apparaître comme un handicap lorsqu’il s’agit de définir une stratégie de filière.
http://www.ouest-france.fr/actu/Agricul ... 3_actu.Htm

Et c'est là qu'on s'aperçoit que la libéralisation du secteur du lait provoque la ruine de nos agriculteurs. Alors la vermine socialo-UMPiste peut bien pleurer sur le sort de nos producteurs, mais c'est bien elle qui a signé et approuvé tous les accords de libre-échange ! icon_evil

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Re: Les producteurs de lait en ont ras le bol

Message non lu par Nombrilist » 31 mars 2013, 14:31:53

La France n'a pas forcément vocation à faire plus de lait. Si ce sont les céréales qui rapportent, faisons des céréales. On sait faire.

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Re: Les producteurs de lait en ont ras le bol

Message non lu par johanono » 31 mars 2013, 14:37:47

Je crois avoir lu un article indiquant que ces derniers mois, environ 30% des producteurs de lait français avait cessé leur activité. Pourtant, la consommation de lait en France reste à peu près la même. Ce qui veut bien dire que la France importe de plus en plus de lait pour satisfaire sa demande intérieure. C'est de la délocalisation, tout simplement. Je parie que, dans 5 ou 10 ans, il y a aura un scandale alimentaire en France concernant du lait importé en provenance de Chine ou d'on ne sait où, on s'apercevra alors que la majorité du lait consommé en France est importée, les dirigeants politiques crieront au scandale et promettront de remédier au problème, mais il sera trop tard. A part ça, tout va bien.

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Re: Les producteurs de lait en ont ras le bol

Message non lu par Nombrilist » 31 mars 2013, 14:38:53

Pourtant, j'aurais cru que nous étions largement excédentaires en lait. Ce n'est pas le cas ?

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Re: Les producteurs de lait en ont ras le bol

Message non lu par johanono » 31 mars 2013, 14:39:30

C'était peut-être le cas par le passé, mais si tous nos producteurs mettent la clé sur la porte, ça va vite changer.

Lire ceci, par exemple :

http://www.lafranceagricole.fr/actualit ... 43890.html

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Re: Les producteurs de lait en ont ras le bol

Message non lu par Nombrilist » 31 mars 2013, 14:42:48

Si les producteurs mettent la clé sous la porte, ça ne veut pas dire pour autant que la production baisse.

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Re: Les producteurs de lait en ont ras le bol

Message non lu par johanono » 31 mars 2013, 14:46:17

En l'occurrence, la balance commerciale est quand même en train de s'inverser.

Et un système dans lequel il y a de moins en moins de producteurs pour une production stable ne me satisfait guère.

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Re: Les producteurs de lait en ont ras le bol

Message non lu par Nombrilist » 31 mars 2013, 14:48:36

Pourtant ça marche comme ça pour les céréaliers. Mais je suis d'accord que de toute façon, il n'est pas souhaitable de voir le nombre de nos agriculteurs continuer à diminuer. Et puis il y a aussi l'aspect terroir à protéger.

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Re: Les producteurs de lait en ont ras le bol

Message non lu par johanono » 12 avr. 2013, 10:16:01

Agriculteurs en colère. Ayrault prêt à prendre des « mesures transitoires »

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a assuré que s’il fallait « prendre des mesures transitoires » pour aider les producteurs de lait, le gouvernement « les prendra », en réponse à la mobilisation des éleveurs qui réclament des mesures d’urgence.

« S’il faut prendre des mesures transitoires, on les prendra, mais ce qui est important, c’est les réformes structurelles pour que ça ne se reproduise pas à chaque hausse de coût des matières premières », a affirmé, vendredi, sur RTL, le chef du gouvernement alors que les producteurs de lait peinent à faire face à la hausse de leurs charges.

Des manifestations sont prévues vendredi dans plus de 70 départements, devant préfectures, sous-préfectures ou grandes surfaces, à l’appel du premier syndicat agricole français, la FNSEA, et des Jeunes Agriculteurs.

« Pas des vaches à lait »

Pour Jean-Marc Ayrault, interpellé à l’antenne par un producteur de lait, « il faut arrêter de prendre les producteurs pour des vaches à lait ».

Reconnaissant que les producteurs « sont aujourd’hui dans une position de faiblesse dans les négociations face à la grande distribution », le Premier ministre a estimé qu’il fallait « partir des coûts réels de production et non pas de l’offre que fait la grande distribution. Parce que lorsque les prix des matières premières, des coûts de base, augmentent, le producteur, c’est lui le dindon de la farce. »

Il a rappelé que la négociation avec la grande distribution « n’a pas abouti » mais « nous souhaitons qu’elle reprenne ».
http://www.ouest-france.fr/ofdernmin_-A ... filDMA.Htm

Toute l'impuissance gouvernementale est réumée dans cette histoire. Nos producteurs sont victimes d'une crise structurelle durable (baisse des cours à cause de la concurrence internationale, conjuguée à une hausse de certaines charges), et notre gouvernement en est réduit à proposer des "mesures transitoires". Ayrault lui-même admet qu'il faudrait des mesures structurelles, mais que peut-il faire ? Il ne peut pas restaurer un quelconque protectionnisme pour protéger nos agriculteurs de la concurrence déloyale de certains pays à bas coûts de production, car le droit européen l'interdit. Il ne peut pas non plus imposer un accord commercial entre producteurs et grande distribution, car un tel accord serait contraire au droit communautaire qui consacre la libre concurrence et prohibe toute forme d'entente commerciale.

Bref, on s'aperçoit, une fois de plus, que le droit européen condamne notre gouvernement à l'impuissance... Pathétique. icon_frow

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Re: Les producteurs de lait en ont ras le bol

Message non lu par Nico37 » 26 avr. 2013, 16:29:11

Distributeurs et industriels au chevet des éleveurs 26/04

Le médiateur désigné par le ministère de l'Agriculture souhaite voir augmenter le prix versé aux producteurs de 2,5 centimes par litre.

Industriels et distributeurs vont devoir serrer les coudes autour des éleveurs : le médiateur, désigné par le ministère de l'Agriculture pour sortir de la crise du lait, leur a demandé vendredi d'augmenter de 2,5 centimes par litre le prix versé aux producteurs pour rattraper la hausse de leurs charges. Cette hausse correspond aux revendications des principaux syndicats agricoles qui réclamaient une revalorisation de 2 à 3 centimes par litre pour venir en aide aux éleveurs. "Le prix d'achat du lait de vache aux producteurs est depuis le début de l'année 2013 inférieur au prix du lait constaté sur le marché et ne (leur) permet plus de couvrir leurs charges", rappelle dans son communiqué le médiateur désigné à l'issue d'une table ronde de tous les protagonistes, le 8 avril.

(...)

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Re: Les producteurs de lait en ont ras le bol

Message non lu par johanono » 11 juin 2013, 23:05:09

Des producteurs de lait manifestent à Berlin

Plusieurs centaines de producteurs de lait européens ont manifesté le 3 juin contre la position d’Angela Merkel sur la régulation du marché du lait.

Quelques jours après la journée internationale du lait (1er juin), les producteurs de lait européens ont manifesté leur mécontentement devant la chancellerie allemande. Ils entendent ainsi protester contre le soutien du gouvernement allemand aux nouvelles règles du marché du lait voulu par la Commission européenne à partir de 2015.

Les producteurs souhaitent notamment se battre pour conserver le système de réduction volontaire de production, instrument de régulation du marché du lait. La crainte est de voir les prix descendre tellement bas que les producteurs n’arriveront plus à suivre pour couvrir leurs coûts.

suite

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Re: Les producteurs de lait en ont ras le bol

Message non lu par politicien » 02 janv. 2014, 23:30:40

Bonjour,
Entre 2000 et 2010, près de 40% des exploitations laitières ont disparu de la carte, beaucoup d'agriculteurs ayant notamment troqué leurs vaches pour la culture de céréales bien plus rémunératrice, selon une étude Agreste publiée jeudi.

En 2010, le service statistique du ministère de l'Agriculture recensait 76.648 exploitations laitières bovines (-37% par rapport à 2000).

Dans toutes les régions, il y a de moins en moins d'éleveurs, mais certaines sont plus touchées.

Dans le Sud-Ouest, Agreste compte seulement une installation pour sept départs: en 10 ans, le nombre d'exploitation s'est effondré de 50%.

"Les nouveaux rapports de prix et de rentabilité entre productions végétales et animales, dans ces zones où la production laitière est peu dense, réduisent les incitations à s'installer dans la production laitière", commente l'étude.

Une tendance qui est toutefois en passe de s'inverser à en croire les prévisions d'Agreste selon lesquelles les éleveurs laitiers ont gagné 25.100 euros en 2013, contre 24.200 euros pour les céréaliers.

(...)

http://www.revenuagricole.fr/focus-marc ... ru-agreste


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Re: Les producteurs de lait en ont ras le bol

Message non lu par Pascale » 03 janv. 2014, 09:07:09

Ils ont raison.
Vu Le prix auquel on leur achète...
- Tu sais qui je suis ?
- Une débauchée, luxurieuse, corrompue, déréglée, voluptueuse, immorale, libertine, dissolue, sensuelle, polissonne, baiseuse, dépravée, impudique, vicieuse...
Louis Calaferte

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