Vu des Etats-Unis : l’Union européenne se meurt....

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FIFE
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Message non lu par FIFE » 21 sept. 2010, 17:20:00

L’Union européenne est en train de mourir. Ce n’est ni une mort violente ni une mort tragique mais une longue agonie, si lente que nous pourrions un jour regarder de l’autre côté de l’Atlantique pour nous apercevoir que le projet européen - que nous prenions pour un fait acquis depuis plus d’un demi-siècle - n’est plus.

Le déclin de l’Europe est en partie économique. Un grand nombre de pays européens ont payé un lourd tribut à la crise financière et le niveau d’endettement des Etats et les incertitudes planant sur les banques du continent ont de quoi inquiéter. Ces calamités ne sont pourtant rien comparées à la propagation d’une maladie autrement plus grave : de Londres à Berlin en passant par Varsovie, l’Europe connaît une renationalisation de son paysage politique, chaque pays se raccrochant désormais à sa souveraineté qu’il était auparavant prêt à abandonner à la réalisation d’un rêve collectif.
Une multitude de nations éparses

Les Européens ne semblent plus guère se préoccuper du bien commun. Ils se demandent ce que l’Union leur apporte et si cela en vaut la peine. S’ils poursuivent dans cette voie, ils pourraient compromettre l’un des projets les plus marquants et les plus ambitieux du 20e siècle : celui d’une Europe unie, en paix avec elle-même, et affirmant sa puissance comme un tout cohérent. Il en résulterait une multitude de nations éparses, sans la moindre influence géopolitique, et les Etats-Unis se verraient privés d’un partenaire prêt à les seconder dans leurs missions internationales et ayant les moyens de le faire.

Le désintérêt pour le projet européen gagne même l’Allemagne dont l’obsession de supprimer les rivalités nationales, sources de conflit, en avait fait le moteur de l’Europe. La réticence de Berlin à venir en aide à la Grèce en pleine débâcle financière a marqué une rupture avec l’esprit de bien commun qui caractérisait le projet européen.

Le populisme de droite a le vent en poupe, essentiellement à cause d’un regain d’hostilité contre les immigrés. Ce nationalisme dur ne vise pas seulement les minorités, il dénonce également la perte d’autonomie associée à l’union politique. En Hongrie, le parti Jobbik, qui frôle la xénophobie, a remporté 47 sièges aux élections cette année alors qu’il n’en avait pas un seul en 2006. Même dans un pays traditionnellement tolérant comme les Pays-bas, le Parti pour la liberté (PVV), formation d’extrême droite, a recueilli 15% des suffrages et obtenu à peine sept sièges de moins que le premier parti du pays.

Comme si cela ne suffisait pas, en juillet, la présidence tournante de l’UE est échue à la Belgique, un pays où les tensions entre Flamands néerlandophones et Wallons francophones empêchent toujours la formation d’un gouvernement de coalition viable, ce alors que les élections ont eu lieu en juin dernier. L’Etat actuellement en charge de mener le projet européen souffre précisément des problèmes de nationalisme que l’UE avait pour mission d’éliminer. Voilà qui en dit long sur l’état de l’Union.
L'Europe n'est plus un article de foi

La renationalisation du paysage politique européen est avant tout une conséquence du changement de génération. Pour les Européens qui ont grandi pendant la Seconde Guerre mondiale ou pendant la Guerre froide, le projet européen était un moyen d’échapper à un passé meurtrier. Les choses sont différentes pour les jeunes Européens d’aujourd’hui : selon un récent sondage, les Français de plus de 55 ans sont presque deux fois plus nombreux que leurs compatriotes de moins de 36 ans à considérer l’UE comme une garantie de paix sur le continent. Comment s’étonner dès lors de voir les nouveaux dirigeants européens parler de l’Europe en termes de calculs bénéfices-coûts et non comme un article de foi.

Pendant ce temps, les exigences du marché mondial, ajoutées à la crise financière, mettent à rude épreuve les Etats-Providence européens. A l’heure où l’âge de la retraite augmente et les pensions diminuent, l’Union européenne fait souvent office de bouc émissaire. En France, par exemple, les campagnes anti-européennes ont largement dénoncé les offensives "anglo-saxonnes" de l’UE contre l’Etat-Providence et mis en garde contre le "plombier polonais" venant voler le pain des Français grâce à l’ouverture du marché européen du travail.

Gagner du temps est peut-être encore ce que l’Europe a de mieux à faire. L’UE semble toutefois condamnée à poursuivre son déclin, ce qui aura également des conséquences en dehors de l’Europe. L’administration Obama a déjà exprimé sa contrariété vis-à-vis d’une Europe de plus en plus effacée sur la scène internationale. "Si la démilitarisation de l’Europe, où une part importante de la population et de la classe politique sont hostiles à la force militaire et aux risques qu’elle implique, était une bénédiction au 20e siècle, elle est devenue un obstacle à la réalisation d’une paix et d’une sécurité durables au 21e siècle", a déploré Robert Gates, secrétaire américain à la Défense, lors d’une réunion de l'’OTAN en février dernier.
Une nouvelle génération introuvable de dirigeants

A l’heure où les Etats-Unis essaient de se désendetter et d’offrir un peu de répit à leurs forces armées, Washington jugera de plus en plus la valeur de ses alliés à l’aune de l’aide qu’ils peuvent lui apporter. Dans le cas de l’Europe, celle-ci n’est pas grande et ne cesse de diminuer.

Les Européens ne sont pas près de renouer avec la guerre, ils ont perdu le goût des conflits armés. Lentement mais sûrement, la scène politique européenne deviendra de moins en moins européenne et de plus en plus nationale, jusqu’à ce que l’UE n’ait plus d’union que le nom. Certains n’y verront pas une grande perte mais dans un monde qui a désespérément besoin de l’influence, de la force et de la richesse combinées de l’UE, le retour à une Europe fragmentée et repliée sur elle-même constituerait un revers historique.

Il y a soixante ans, Jean Monnet, Robert Schuman et Konrad Adenauer étaient les pères de l’Europe. Aujourd’hui, l’Europe a besoin d’une nouvelle génération de dirigeants capables d’insuffler de la vie à un projet gravement menacé de disparition. Ils sont pour l’heure introuvables.

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El Fredo
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Message non lu par El Fredo » 21 sept. 2010, 17:29:00

Vu de l'Union Européenne : les Etats-Unis se meurent.
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lancelot
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Message non lu par lancelot » 21 sept. 2010, 17:30:00

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El Fredo
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Message non lu par El Fredo » 21 sept. 2010, 17:32:00

Bon, blague à part je partage une grande partie de ce constat. Raison de plus pour essayer de raviver l'idée européenne, mais ça n'est pas avec nos dirigeants actuels qu'on va y arriver.

Sinon, c'aurait été bien de citer la source originale :
http://www.presseurop.eu/fr/content/art ... enne-se-me…
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mps
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Message non lu par mps » 21 sept. 2010, 18:21:00

Les replis locaux, la balcanisation des états (la Flandre, la Ligue du Nord en Italie, les basques et tant d'autres veulent jouer cavaliers seuls tout en restant européens) n'a guère d'importance : d'après tout, les USA sont une fédération de 60 états.

La crise économique n'a pas fait pire ici qu'ailleurs, et certains états sont déjà à résorber leur dette (les autres feraient bien de se grouiller !)

Ce qui fait mal, c'est le mental ! Beacoup de pays européens arrivent à la fin de leur rêve éveillé, en matière de capacité des Etats à pourvoir à tout, à aider tout le monde, à accueillir tout le monde.  Les politiques le savent bien, mais doivent louvoyer entre des tendances électorales allant en sens contraire. Ce qui leur donne une apparente incohérence.

Nous sommes au bout d'un système, et il y aura évidemment des spasmes. Mais je ne crois pas qe cela soit fondamental.
C'est quand on a raison qu'il est difficile de prouver qu'on n'a pas tort. (Pierre Dac)

pierre30
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Message non lu par pierre30 » 21 sept. 2010, 18:28:00

Je suis bien d'accord avec l'analyse proposée par Fife. Pour raviver l'UE, il faudrait trouver un intérêt commun évident et poursuivre cet objectif. Actuellement la diversité des situations rencontrées dans les pays de l'UE ne le permet plus.

L'UE se meurt. Pour la sauver, ne faudrait-il pas dynamiter cet ensemble trop grand en plusieurs ensembles plus petits mais plus cohérent ?


Les remarques de mps sont également intéressantes, même si je ne partage pas son point de vue.

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Nombrilist
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Message non lu par Nombrilist » 21 sept. 2010, 18:46:00

Je ne sais pas si l'UE se meurt, mais les peuples de l'Europe commencent à comprendre que les règles économiques et financières imposées par une poignée de technocrates européens (nommés par on ne sait qui) ne vont pas dans leur intérêt. D'où la remontée du nationalisme, dont profitent les partis xénophobes. Et aussi un peu de la gauche radicale, même en Angleterre.

lancelot
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Message non lu par lancelot » 21 sept. 2010, 20:49:00

Il est évident que le siècle que nous avons mal entamé ne verra pas l'apogée de l'europe ni des états unis. Nous sommes dans le même bateau mais avec des valeurs bien différentes. Les US aiment la guerre, pas l'europe, les US aiment les madoff, pas l'UE,  il faudra chercher ailleurs les futures grandes puissances :  Chine, Inde, pakistan, Le continent Africain, l'indonésie ou la belgique.

Pour moi, je vous avoue que ça m'en touche une sans faire bouger l'autre.

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artragis
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Message non lu par artragis » 21 sept. 2010, 21:21:00

l'Europe commence à douter de la "croissance" comme synonyme de bien etre, nos ascenseurs sociaux battent de l'aile, nos administrations vieillissantes (autant que la population), lourdingues et passablement lentes sont sans cesse remises en question sans que rien ne soit changer. Je me souviens d'un article sur l'éducation où le journaliste parlait du conservatisme de certains tout en critiquant le "bougisme" des autres. Notre société a tellement fait de compromis, que l'Egalité est devenu égalitarisme, vous remarquerez la majuscule sur le E de Egalité.
Surtout nous revenons, mais aujourd'hui d'une manière plus économiques que culturelles (cicatrices laissées par homo oeconomicus) une vieille oposition entre le monde occidental où chacun essaie d'être l'égal des autres sur tel ou tel plan, et en tire sa fièreté, et le monde oriental où le rapport de domination/soumission ancestral est le moyen de chacun de montrer combien il est différent et meilleur que ses paires, le serviteur (dans l'idéal oriental) cherche à servir le mieux sans ne jamais être servile, le maître (idem) cherche à dominer sans être cruel.
Les USA ne sont plus le nouveaux monde, l'Asie s'est levée, l'Afrique devrait suivre, ne serait-ce que parce que les entrepreneurs moyens européens et asiatiques y déploient leurs techniques agricoles et industrielles (l'ISA, istitue supérieur d'Agriculture a une antenne en Afrique et forme, en France des étudiants qui ne viennent en France que pour ça. Je suis à l'ISEN (institue supérieur d'électronique et du numérique.) et dans ma classe j'ai un étudiant malien.) alors que les très gros entrepreneurs font construire de plus en plus.
Les pays anciennement sous apartheid remontent peu à peu et chaque année est meilleure même si encore bien trop mauvaise pour être saluée.
Enfin Europe et USA, enfin surtout les USA, subissent de plus en plus de condamnation, non plus pour racisme, non respect des droits de l'Homme... mais parce qu'ils sont aux coeur des grands problème du monde : guerre en Irak =>G.W.Bush, crise économique mondiale=>usa aux origines, l'environnement=>les USA n'ont pas ratifié kyoto, j'en passe et des meilleures.
Je rappellerai enfin, pour relativiser le tout, que l'Europe est le plus petit continent du monde, que l'UE, est la première zone commerciale du monde, que notre monnaie est de plus en plus appréciée car contrairement au dollar elle ne s'est pas imposée, et lorsqu'elle a subit des difficulté (grèce, espagne) elle a tenu le coup, ce que le dollar ne sait pas faire malgré tout.
Je termine sur un cocorico : nous avons la médaille Fieldz encore une fois cette année, pas les américains, notre science n'est donc pas éteinte et nous ne sommes pas parti.
http://zestedesavoir.com une association pour la beauté du zeste.

lancelot
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Message non lu par lancelot » 21 sept. 2010, 21:59:00

L'europe (pas en tant qu'entité juridique) mais en tant que vieux continent serait elle le miroir qui va montrer aux USA que leur leadership a du plomb dans l'aile ?

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avatabanana
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Message non lu par avatabanana » 22 sept. 2010, 17:50:00

A mon avis l'Europe est morte depuis belle lurette.

Comment mettre d'accord 27 pays dont les ambitions et les attentes sont très différents.

la plupart des pays sont entrés dans l'UE dans l'espoir d'une aide des pays plus riches qu'eux et en aucun cas afin de fonder une fédération. Peut-on imaginer que des pays qui ont recouvert leur souveraineté il y a moins de 20 ans acceptent de la dissoudre dans une ensemble supérieur.

C'est impensable. Pour moi L'Europe est pliée.

Pour la faire renaître, il faut maintenir l'existante en tant que zone de libre échange sur la base de normes définies en commun, pour le reste il convient de recréer autre chose, des groupes restreints prêt à aller plus loin dans la création d'une entité plus politiquement unie. Il semble que le nouveau Centre a quelques idées dans le domaine. pas étonnant d'ailleurs c'est le parti historiquement le plus européen.

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Message non lu par mps » 22 sept. 2010, 21:37:00

Il te manque sans doute d'avoir pris l'humeur dans les pays baltes, ou Pologne ou en Tchéquie. Ces gens ont eu faim, et l'Europe leur donne la frite !  

Autre chose que nos gros lards grognons !
C'est quand on a raison qu'il est difficile de prouver qu'on n'a pas tort. (Pierre Dac)

lancelot
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Message non lu par lancelot » 22 sept. 2010, 22:41:00

Ils vont se calmer quand ils devront contribuer a hauteur des pays plus à l'ouest.

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racaille
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Message non lu par racaille » 23 sept. 2010, 13:21:00

Ce qui est en train de mourir surtout c'est l'Europe des nations mises en concurrence. Si on reste accroché à ce schéma stupide alors oui, il n'y a aucun espoir de s'en sortir. Il n'est pas trop tard pour tenter l'aventure fédéraliste, cette fois débarrassée de son centralisme et de tous ses idéologues néo-libéraux qui ont fait des pieds et des mains pour que la politique économique - nécessairement néo-libérale - soit inscrite définitivement dans le marbre.
Ce qui distingue principalement l'ère nouvelle de l'ère ancienne, c'est que le fouet commence à se croire génial. K M

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Message non lu par pierre30 » 23 sept. 2010, 18:07:00

Sur le forum on trouve encore quelques partisans de l'europe fédérale. Mais en dehors ils semblent très rares.
Perso, je ne vois pas l'avènement d'une europe fédérale avant 2 ou 3 générations. Il faudra d'abord que les états se trouvent des intérêts communs et pour y parvenir il faut qu'ils aient un niveau de richesse économique proche.

Quoique il n'est pas exclu qu'on se retrouve tous au niveau de la Bulgarie actuelle d'ici à 20 ans.

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