Menace terroriste et crise politique...

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racaille
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Message non lu par racaille » 27 sept. 2010, 19:06:00

Un article intéressant qui met en parallèle l'utilisation faite des annonces terroristes par George bush junior et ce qui pourrait bien se passer en France dans les mois à venir :
Menace terroriste et crise politique: le précédent George Bush

Tous les responsables de l'anti-terrorisme s'accordent pour considérer leur travail comme l'un des plus ingrats qui existe. Soit ils le font bien en démantelant des réseaux et en prévenant les attentats avant leur exécution et, du fait de la nature secrète de leur tâche, personne ne l'apprend jamais. Soit une bombe explose et leur compétence est alors remise en cause.

C'est en partie pour éviter ce second écueil que les services d'espionnage et de police, à l'instar de leurs patrons dans les ministères, communiquent occasionnellement sur les menaces terroristes qu'ils pressentent, ou qu'ils déjouent. Cette technique de la semi-transparence (ponctuelle et partielle) est une forme d'assurance-vie pour ces responsables. Si un attentat survient, ils peuvent dire: «Nous l'avions vu venir, nous avons alerté, nous avons tout fait pour l'éviter.» Si rien ne se passe, il peuvent plaider: «Nos mises en garde et notre mobilisation ont porté leurs fruits.»

Voilà pour la théorie. Seulement, ces annonces, et leur justification officielle au nom de la responsabilisation des citoyens, ne sont acceptables – et ne fonctionnent – que lorsqu'elles émanent d'un gouvernement et de hauts fonctionnaires dignes de confiance. C'est pourquoi les récents coups de clairons sonnés par le ministre de l'intérieur Brice Hortefeux, le patron de la DCRI, Bernard Squarcini, ou le directeur général de la police nationale, Frédéric Péchenard, sont plus que suspects. Tous les trois sont des «hommes du président», des proches de Nicolas Sarkozy qui, cela n'a échappé à personne, traverse une mauvaise passe vis-à-vis de l'opinion publique. Il n'existe en effet rien de mieux que l'annonce d'une menace terroriste pour détourner l'attention, selon le bon vieux principe de l'escroc qui crie «Au feu!» dans un restaurant bondé afin de partir sans payer l'addition.

Il est d'ailleurs assez remarquable de noter que ces annonces à répétition depuis quinze jours ont davantage suscité de la dérision, de la suspicion ou de la rébellion que de l'inquiétude. Pourquoi un gouvernement qui n'hésite pas à stigmatiser une population entière en difficulté – les Roms – afin de mordre sur l'électorat d'extrême droite; pourquoi un gouvernement qui présente comme de dangereux terroristes une bande d'intello-anarchistes appréhendés au terme d'une enquête bâclée (Tarnac); pourquoi un gouvernement impopulaire qui cherche à faire oublier les casseroles qu'il a aux fesses ne chercherait pas à instrumentaliser la menace terroriste à son profit?

Plutôt que de répondre à cette question, examinons un précédent quasi-similaire, dans une démocratie proche, avec une présidence idéologiquement semblable. Entre 2002 et 2005, George W. Bush et son équipe ont utilisé la peur du terrorisme comme moyen de détourner l'attention des Américains. Détourner leur attention des erreurs commises dans la lutte contre le terrorisme avant les attentats du 11 septembre 2001, détourner leur attention des politiques répressives mises en place dans la foulée (le Patriot Act), détourner leur attention des mensonges proférés pour justifier l'invasion de l'Irak et l'échec annoncé de cette guerre, détourner leur attention d'un président de moins en moins populaire qui risquait de ne pas être réélu.

Tous les responsables de l'anti-terrorisme s'accordent pour considérer leur travail comme l'un des plus ingrats qui existe. Soit ils le font bien en démantelant des réseaux et en prévenant les attentats avant leur exécution et, du fait de la nature secrète de leur tâche, personne ne l'apprend jamais. Soit une bombe explose et leur compétence est alors remise en cause.

C'est en partie pour éviter ce second écueil que les services d'espionnage et de police, à l'instar de leurs patrons dans les ministères, communiquent occasionnellement sur les menaces terroristes qu'ils pressentent, ou qu'ils déjouent. Cette technique de la semi-transparence (ponctuelle et partielle) est une forme d'assurance-vie pour ces responsables. Si un attentat survient, ils peuvent dire: «Nous l'avions vu venir, nous avons alerté, nous avons tout fait pour l'éviter.» Si rien ne se passe, il peuvent plaider: «Nos mises en garde et notre mobilisation ont porté leurs fruits.»



Un garde-côte américain surveille le pont de Brooklyn, en septembre 2002
Un garde-côte américain surveille le pont de Brooklyn, en septembre 2002© US Coast Guards



Voilà pour la théorie. Seulement, ces annonces, et leur justification officielle au nom de la responsabilisation des citoyens, ne sont acceptables – et ne fonctionnent – que lorsqu'elles émanent d'un gouvernement et de hauts fonctionnaires dignes de confiance. C'est pourquoi les récents coups de clairons sonnés par le ministre de l'intérieur Brice Hortefeux, le patron de la DCRI, Bernard Squarcini, ou le directeur général de la police nationale, Frédéric Péchenard, sont plus que suspects. Tous les trois sont des «hommes du président», des proches de Nicolas Sarkozy qui, cela n'a échappé à personne, traverse une mauvaise passe vis-à-vis de l'opinion publique. Il n'existe en effet rien de mieux que l'annonce d'une menace terroriste pour détourner l'attention, selon le bon vieux principe de l'escroc qui crie «Au feu!» dans un restaurant bondé afin de partir sans payer l'addition.

Il est d'ailleurs assez remarquable de noter que ces annonces à répétition depuis quinze jours ont davantage suscité de la dérision, de la suspicion ou de la rébellion que de l'inquiétude. Pourquoi un gouvernement qui n'hésite pas à stigmatiser une population entière en difficulté – les Roms – afin de mordre sur l'électorat d'extrême droite; pourquoi un gouvernement qui présente comme de dangereux terroristes une bande d'intello-anarchistes appréhendés au terme d'une enquête bâclée (Tarnac); pourquoi un gouvernement impopulaire qui cherche à faire oublier les casseroles qu'il a aux fesses ne chercherait pas à instrumentaliser la menace terroriste à son profit?

Plutôt que de répondre à cette question, examinons un précédent quasi-similaire, dans une démocratie proche, avec une présidence idéologiquement semblable. Entre 2002 et 2005, George W. Bush et son équipe ont utilisé la peur du terrorisme comme moyen de détourner l'attention des Américains. Détourner leur attention des erreurs commises dans la lutte contre le terrorisme avant les attentats du 11 septembre 2001, détourner leur attention des politiques répressives mises en place dans la foulée (le Patriot Act), détourner leur attention des mensonges proférés pour justifier l'invasion de l'Irak et l'échec annoncé de cette guerre, détourner leur attention d'un président de moins en moins populaire qui risquait de ne pas être réélu.

«S'agissait-il de sécurité ou de politique ?»

La technique était relativement simple. À chaque mauvaise nouvelle susceptible d'endommager la popularité de Bush, répondaient, quelques jours plus tard, la révélation d'un complot avorté, une arrestation de présumés terroristes, ou la montée d'un cran de l'échelle de vigilance terroriste (illustration ci-contre). Le présentateur et éditorialiste de la chaîne d'information MSNBC, Keith Olbermann, a rassemblé ces récurrences dans un mini-documentaire qu'il a intitulé «le croisement de la politique et de la terreur». L'enchaînement est frappant:

* La presse révèle l'existence d'un mémo d'août 2001 annonçant «Ben Laden déterminé à frapper les États-Unis»; deux jours plus tard, le directeur du FBI explique qu'un nouvel attentat est «inévitable», et le département de la sécurité intérieure fait état de menaces contre les trains, la statue de la Liberté et le pont de Brooklyn.

* Le 30 mai 2004, le chef des inspecteurs sur les armes de destruction massive en Irak annonce qu'il n'a rien trouvé, le lendemain, quatre employés de la firme de mercenaires Blackwater sont assassinés à Falloujah; le 2 avril, le département de la sécurité intérieure annonce que des terroristes sont prêts à commettre des attentats dans des bus et des trains en utilisant de l'engrais, comme lors de l'attentat d'Oklahoma City.

* Le 29 juillet 2004, les démocrates choisissent John Kerry pour être leur candidat à la présidence, ils font un bond dans les sondages. Trois jours plus tard, le niveau d'alerte est élevé pour New York et Washington. Il sera révélé par la suite que les informations ayant conduit à cette alerte sont périmées depuis quatre ans.

Et ainsi de suite, Olbermann, relevant treize occurrences en trois ans de «coïncidences qui n'en sont pas vraiment» (voir vidéo ci-dessous).

À l'époque, seuls une poignée de médias de gauche et quelques humoristes osent clamer que «le roi est nu». Dans un pays traumatisé par le 11 septembre 2001, engagé dans deux guerres, et qui n'a pas encore découvert l'étendue des manipulations de la Maison Blanche, il n'est pas aisé de proclamer que le président et son équipe exagèrent la menace terroriste afin de gouverner par la peur. Car, il y a toujours, dans un coin des esprits, un petit doute: «Et s'ils avaient raison?»

Pourtant, en 2005, le centriste Tom Ridge, secrétaire du département de la Homeland Security entre 2002 et 2004 (l'équivalent du ministre de l'intérieur français), expliquera: «La plupart du temps, nous (le ministère) n'étions pas favorables à l'élévation du niveau d'alerte. Parfois, nous n'étions pas d'accord avec les renseignements recueillis. Parfois, nous pensions que, même si les renseignements étaient valides, il n'était pas nécessaire de mettre le pays en alerte. Mais, bien souvent, certains (au gouvernement) étaient vraiment agressifs dans leur volonté d'élever le niveau d'alerte.» Quatre ans plus tard, dans ses mémoires, il confiera avoir subi des pressions de la part de la Maison Blanche afin d'élever le niveau d'alerte terroriste quelques jours avant les élections présidentielles de 2004, dans la foulée de la diffusion d'une cassette audio d'Oussama ben Laden: «Il n'y avait absolument personne pour défendre cette option au sein de mon département. Personne. Alors, je ne pouvais que m'interroger: s'agissait-il de sécurité ou de politique?»

En 2004, le sociologue américain Robb Willer apportera un éclairage scientifique documenté sur cette question dans la très sérieuse revue Current research in social psychology: à chaque annonce gouvernementale d'une menace terroriste entre 2001 et 2004, il observe une légère progression de la cote de popularité du président dans les sondages. Prudent, il conclut: «Le fait que le président profite politiquement des avertissements du gouvernement en matière de terrorisme ne signifie pas forcément qu'il les utilise dans ce but. Mais mon étude montre que les questions de sécurité sont potentiellement une arme dangereuse, qui peut aisément être utilisée pour des objectifs politiques.»

Ce qui s'est passé aux États-Unis durant cette période n'est que cela: un exemple. Il illustre néanmoins ce qui se passe quand un gouvernement peu digne de confiance abuse de celle de ses concitoyens dans un contexte de difficulté politique.
http://www.mediapart.fr/journal/interna ... riste-et-c…
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Message non lu par El Fredo » 27 sept. 2010, 19:36:00

Je m'étais fait la même réflexion : on vit en ce moment à peu près la même chose qu'aux USA mais avec quelques années de retard.
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Message non lu par Georges » 27 sept. 2010, 20:31:00

Ca marche tellement bien qu'il y a deopuis quelques jours plusieurs alerte à la bombe sur Paris. Il y en a qui s'amusent.

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Message non lu par Golgoth » 27 sept. 2010, 21:02:00

La différence c'est que l'enlèvement de quelques employés d'Areva, loin de chez nous, ça fait moins peur que des tours qui s'effondrent en face de chez soi.
T'es vraiment kon François, fallait créer une SCI. :mrgreen2:

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Message non lu par Nombrilist » 27 sept. 2010, 21:08:00

Sarkozy est un américain à passeport français. Il nous jouera donc tous les tours politiques les plus fourbes utilisés outre-Atlantique.

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racaille
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Message non lu par racaille » 27 sept. 2010, 21:16:00

La politique de la peur c'est quelque chose de bien ancré dans la tête du président. Peur des attentats, peur de ces salauds de roms, peur des musulmans, peur des gauchos au couteau entre les dents, peur de l'Europe, peur du lendemain.

Rien de mieux que de développer un sentiment irrationnel dans la tête gens pour les mener à la baguette. C'est pas très neuf comme stratégie mais bon cette fois-ci on commence à être un peu habitué et la ficelle ne peut nous paraître que d'autant plus grosse qu'elle est éculée.

PS : Je trouve que niveau communication Sarko baisse dangereusement. Avant, quand il était ministre de Chirac, il avait plein d'idées presque inédites en France ; mais maintenant c'est juste du bas de gamme, de la resucée. Pas de doute, son âge d'or est derrière lui.
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pwalagratter
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Message non lu par pwalagratter » 27 sept. 2010, 21:31:00

Son manque d'imagination est peut être lié aux nombre de casseroles qui encombrent son espace vital  icon_biggrin

Mais il baisse vraiment : nous envoyer Hortefeux tout rouge limite suant, nous expliquant que l'alarme n'est pas encore passée à l'écarlate c'est vraiment se moquer de nous.

Sur le sujet regardez l'émission de Tadei de mardi dernier :

http://ce-soir-ou-jamais.france3.fr/ind ... n&date=201…

Au moins pour les qualités de jésuite de Bauer et les coups de g..... de Todd

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racaille
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Message non lu par racaille » 27 sept. 2010, 21:52:00

C'est vrai que sa stratégie de communication doit être bien plus difficile à imaginer qu'à l'époque où tout était encore tout-nouveau-tout-beau. A ce propos, un philosophe dont j'ai oublié le nom, interviewé par Mediapart, expliquait que désormais Sarko était contraint de dépenser une énergie de plus en plus considérable dans un plan média qui est de moins en moins rentable politiquement. Comme disait l'autre : "pu.... encore deux ans (à tenir) !".

Merci pour le lien, je vais aller voir ça dès que ma compagne aura cessé ses saloperies de téléchargements qui me bouffent toute ma bande passante^^
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lancelot
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Message non lu par lancelot » 27 sept. 2010, 22:07:00

Ce que sarko n'a pas compris c'est : (j'ai 2 hypothèses)
 - 1 les français ne sont pas des américains (il n'y a pas de texans et de born again chez nous)
- 2 les français ne sont pas belges, même si le seul français que connait NS c'est johnny howliday ....

ça va compliquer sa fin de carrière ....

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