Le NPA

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wesker
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Message non lu par wesker » 21 juin 2012, 20:02:01

El Fredo....Je suis convaincu, tout de même que tu peux comprendre qu'une fiscalité excessive conduit à ce que trés peu de personne n'y soit soumises. Cela amène le législateur à élargir indéfiniment l'assiette fiscale. Tout cela ne peut que conduire au nivellement par le bas et n'incite guère à la création d'entreprise !

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El Fredo
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Message non lu par El Fredo » 21 juin 2012, 20:27:09

D'après je ne sais plus quelle étude (je peux la retrouver si on me la demande TRES gentiment), le taux d'imposition effectif (pas marginal) où le rendement de l'impôt devient négatif est supérieur à 70% pour les plus riches (le dernier centile). On en est donc très loin.
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Message non lu par Nico37 » 22 juin 2012, 01:23:54

Cannabis : un débat pas si fumeux que ça Antoine Boulangé Hebdo Tout est à nous ! 153 (14/06/12)

Nous ne pouvons qu’être d’accord avec Cécile Duflot lorsqu’elle se positionne pour la dépénalisation du cannabis. Reste à espérer qu’elle ne l’a pas fait seulement avant une élection pour se démarquer du PS, mais que ce combat se poursuivra dans les mois à venir. C’est pour cela qu’une fois de plus, nous participerons au rassemblement du 18 joint, le 18 juin à la Villette à Paris.

Quelques jours avant les législatives, Cecile Duflot, la nouvelle ministre du Logement, a réussi à faire le « buzz », se déclarant « toujours favorable à la dépénalisation du cannabis. Il faut considérer que le cannabis, c’est comme l’alcool et le tabac, même régime : une politique de santé publique et de prévention, notamment vis-à-vis des plus jeunes ». La droite, sans surprise, s’est emparée de la question pour dénoncer le « laxisme » de la gauche. Le PS, qui aurait pu faire preuve d’un peu d’ouverture sur cette question, a aussitôt rappelé son opposition à toute dépénalisation du cannabis. Valls, le nouveau ministre de l’Intérieur, a bien enfilé la tenue de premier flic de France, étant « fermement opposé, au nom même des valeurs de gauche [...], à toute concession dans ce domaine ».
Pourtant, il est évident pour la grande majorité des professionnels de santé que la criminalisation de la simple consommation de cannabis amène dans une impasse. L’Observatoire européen des drogues et de la toxicomanie (OEDT) vient de publier une nouvelle étude qui le confirme clairement en comparant la toxicomanie dans 36 pays différents. Alors que la France a les lois les plus répressives, elle est bonne dernière en termes de consommation chez les jeunes de 15-16 ans : 39 % des jeunes français ont déjà consommé du cannabis (chiffre en hausse), 10 % ont déjà essayé une autre drogue et même la consommation de tabac remonte avec 60 % qui ont déjà fumé (68 % pour les filles, 58 % pour les garçons). Si la raison qui justifie la pénalisation du cannabis est la santé des gens, la politique suivie par la France, que souhaite poursuivre Hollande, est totalement contre-productive. On le sait depuis fort longtemps ; rappelons-nous l’expérience américaine, après la Première Guerre mondiale, de prohibition de l’alcool, qui ne fit que favoriser les gangs et Al Capone…

Une interdiction prétexte à ficher

Pourquoi donc un tel acharnement à maintenir une loi absurde en termes de santé, et qui est bafouée quotidiennement par des millions de personnes ? La santé et la lutte contre la toxicomanie ne sont en réalité que des prétextes qui permettent en fait une répression croissante. En 2010, il y a eu 120 000 interpellations pour consommation de cannabis, 142 000 en 2011 : cela représente le quart des gardes à vue en France (hors infractions routières). En région parisienne, c’est même 40 % de l’activité judiciaire de la police qui est consacrée à la prétendue lutte contre la drogue. Il y a 24 000 poursuites par an pour simple consommation de cannabis alors même que l’OMS considère que l’alcool et le tabac sont des drogues bien plus néfastes pour la santé des populations (2 millions de morts dans le monde par an du simple tabagisme, totalement légal…). Le prétexte du cannabis est donc un moyen puissant pour fliquer, contrôler, ficher, mettre la pression sur des dizaines de milliers de jeunes chaque année, en particulier dans les quartiers populaires, et cibler les populations d’origine immigrée. À la suite des déclarations de Duflot, Georges Moréas, commissaire honoraire de la police, écrivait ainsi dans le Monde à propos de la criminalisation du cannabis : « J’ai donc posé la question à droite à gauche, dans les commissariats, et la réponse quasi unanime repose sur la connaissance de "la" population. En résumé, la loi qui pénalise l’usage des stupéfiants (un an de prison et 3 750 euros d’amende, jusqu’à cinq ans de prison pour certaines professions, comme les policiers) permet d’arrêter et de ficher un maximum de gens, et notamment des jeunes. "C’est le vivier de la délinquance de demain" m’a dit un commissaire. Cela peut paraître cynique, mais c’est le principe même d’un fichier : plus il contient de noms (auteurs, suspects, victimes, plaignants…), plus il est efficace ».

Il y a donc urgence à changer cette situation. En 1981, Mitterand avait « promis » dans ses 110 propositions la dépénalisation du cannabis. Cela n’a jamais été tenu. Il y a fort à parier que Hollande s’inscrive dans cette continuité. Cela illustre son respect du système policier. Légaliser le cannabis ne provoquerait pas la catastrophe annoncée et serait une réelle avancée pour commencer à faire de la prévention et de l’éducation. En effet, le capitalisme ne serait pas ébranlé par la légalisation : la Californie a fait par exemple un choix inverse en développant une économie capitaliste légale de production de cannabis et dépasse maintenant largement le Maroc en production, avec des milliers d’emplois…

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Message non lu par wesker » 22 juin 2012, 20:48:15

Je ne vois pas en quoi la fumette est indispensable à la défense des intérêts des salariés. Mais bon, je veux bien croire que dans les salons de thé ou l'on refait le monde, où l'on révolutionne entre soi, la fumette procure un instant de plaisir considérable.

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Message non lu par Nico37 » 24 juin 2012, 01:16:43

wesker a écrit :Je ne vois pas en quoi la fumette est indispensable à la défense des intérêts des salariés. Mais bon, je veux bien croire que dans les salons de thé ou l'on refait le monde, où l'on révolutionne entre soi, la fumette procure un instant de plaisir considérable.
Légaliser signifie tuer le traffic et la criminalité associée. C'est aussi désengorger les tribunaux et plus encore alléger le travail policier...
Législatives : victoire socialiste contre la droite… et le reste de la gauche Yann Cézard Hebdo Tout est à nous ! 154 (21/06/12)

Les socialistes ont remporté la majorité absolue des sièges à l’Assemblée nationale, ce qui leur permet de mettre en place la politique qu’ils souhaitent sans se préoccuper de leurs divergences avec Europe Écologie-Les Verts et le Front de Gauche.

Les socialistes sont contents. Ils ont la majorité absolue à l’Assemblée nationale, pour la première fois depuis 1981, avec 278 députés, plus leurs appendices habituels, 22 « divers gauche » et 13 radicaux de gauche. Soit 313 députés sur 577, 52 % des sièges. Ils avaient eu 58 % des sièges en 1981, 48 % en 1988, 42 % en 1997.

Certes, l’abstention a été massive. Un électeur sur deux ne s’est pas déplacé : l’enthousiasme populaire pour le nouveau pouvoir socialiste est limité. Selon un sondage Ipsos, 41 % des ouvriers auraient voté (contre 59 % des cadres), et 37 % des 18-24 ans, 44 % des 25-34 ans (contre 73 % des plus de 60 ans) ! Si le PS obtient la moitié des députés à lui seul, seulement 16, 4 % des inscrits ont voté pour lui au premier tour des législatives. Mais qu’importe l’abstention pourvu qu’on ait l’ivresse de la victoire, même si elle est rendue encore plus éclatante par les mécanismes antidémocratiques du système électoral de la ve République.
Or, c’est précisément ce système qui permet aussi aux socialistes d’imposer leur hégémonie sur leurs alliés et concurrents à gauche. Europe Écologie-Les Verts (EÉLV) et le Front de Gauche ne sont pas indispensables aux socialistes pour avoir la majorité. Pour le député PS Bartolone, « François Hollande et Jean-Marc Ayrault ne se lèveront pas chaque matin en se demandant si tel ou tel groupe de députés le soutiendra. […] La porte du gouvernement ne leur est pas fermée, mais ils ne peuvent pas venir menacer le besoin de cohérence qui a été exprimé dimanche par les électeurs. Ils ne peuvent pas venir en posant leurs conditions. C’est la situation idéale. » C’est-à-dire celle qui permettra aux socialistes de mener plus facilement leur politique d’austérité !

Pourtant ravalés au rang de godillots d’appoint, jamais décisifs, les responsables d’EÉLV sont tout de même bien contents, eux aussi ! Ils passent de trois à dix-huit députés. « C’est une grande et très belle date dans l’histoire des écologistes », a dit la ministre Cécile Duflot. Mais dans celle de l’écologie ? Car pour obtenir ces députés et un groupe « indépendant », les Verts ont renoncé à leur indépendance politique en signant avec le PS un accord qui garantissait, dès le premier tour, l’investiture commune PS-EÉLV à 63 de leurs candidats, en échange de l’acceptation du nucléaire et d’un ralliement à l’essentiel du programme socialiste. Daniel Cohn-Bendit, pourtant favorable à cette capitulation complète, s’en inquiète un peu : « À long terme, le danger c’est qu’on devienne les radicaux de gauche : on a quelques ministres et beaucoup de députés, mais on n’existe pas dans la société. »

C’est ce qui explique le sort si contraire d’EÉLV et du Front de Gauche. EÉLV a dix-huit députés après avoir fait 2, 3 % des voix à la présidentielle, le Front de Gauche en a dix (il perd neuf élus par rapport à 2007) en ayant fait 11, 1 % avec Mélenchon, et en ayant progressé au premier tour par rapport aux législatives de 2007 (6, 9 % contre 4, 3 % au seul PCF).

Le communiste Pierre Laurent n’a pas tort de dire que « le Front de Gauche paie ainsi le prix de son indépendance ». Mais quelle indépendance exactement ? Car s’il est à peu près certain que ni le PCF ni le PG n’entreront au gouvernement, ils entretiennent une grande ambiguïté à l’égard du nouveau pouvoir. « Ni dans la majorité ni dans l’opposition » dit Mélenchon. Quelle perspective le Front de Gauche peut-il alors offrir aujourd’hui, pour résister à l’austérité de gauche ?

Alors maintenant ? On attend les prochaines élections, ou on prend des initiatives politiques sur le terrain de la lutte de classe ?

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Re: Le NPA

Message non lu par wesker » 24 juin 2012, 11:34:51

Nico37, serais tu prêts à légaliser le meurtre pour éviter les tueurs à gages ?

Je crois qu'il faut être sérieux, le meilleur moyen de tuer le traffic est de lutter résolument contre les traffiquants, cela me semble plus cohérent !

Nico37
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Re: Le NPA

Message non lu par Nico37 » 25 juin 2012, 02:04:18

wesker a écrit :Nico37, serais tu prêts à légaliser le meurtre pour éviter les tueurs à gages ?

Je crois qu'il faut être sérieux, le meilleur moyen de tuer le traffic est de lutter résolument contre les traffiquants, cela me semble plus cohérent !
Cohérent intellectuellement parlant mais totalement dépassé dans les faits depuis la prohibition...
Appel à la gauche du parti pour une plateforme commune Daniela (93), Ludivine (75), Ludovic (75), Marie (75), Manu (28), Vincent (68), membres du CPN

La crise du capitalisme provoque des mesures d’austérité terribles, des licenciements massifs, mais aussi des résistances inédites. Les luttes sont souvent menées à la défaite par les réformistes ou canalisées par les institutions. La démoralisation permet à l’extrême droite de progresser dangereusement. La situation exige un parti à la hauteur des enjeux d’une période convulsive : un parti anticapitaliste et révolutionnaire.


La conférence nationale doit permettre de commencer à sortir le NPA de sa crise. Finissons-en avec les compromis boiteux, les formules ambiguës, les accords au sommet ! Il faut une réorientation qui passe d’abord et avant tout par le refus de la dissolution du NPA dans le Front de Gauche, mais aussi de sa subordination politique par un front permanent « d’opposition »... alors que le FdG soutient Hollande ! La politique d’un bloc politique durable avec les réformistes n’a rien à voir avec un front unique, qui implique de « frapperensemble », mais en « marchant séparément ».

C’est pourquoi en Grèce, loin de soutenir le programme antilibéral et donc impuissant de Syriza, nous sommes avec ceux qui défendent un programme révolutionnaire et se battent pour un véritable gouvernement des travailleurs auto-organisés, tout en menant une politique de front unique. Face aux contradictions entre les promesses de Syriza et son refus de rompre avec le capitalisme, nous disons qu’il n’y a pas de troisième voie entre l’austérité et la rupture révolutionnaire.

Nous devons relier inlassablement nos mots d’ordre (interdiction des licenciements, partage des heures de travail, SMIC à 1700€, sortie du nucléaire, généralisation des énergies renouvelables, défense des droits des femmes, etc.) à l’objectif d’un gouvernement des travailleurs, c’est-à-dire de notre propre pouvoir, rompant avec les institutions capitalistes, basé sur l’auto-organisation généralisée. C’est la seule solution pour annuler la dette, exproprier les banques et les grands groupes capitalistes, rompre avec l’UE, planifier l’économie, ouvrant la voie vers une société véritablement socialiste.

Il faut sortir enfin de l’électoralisme, réorienter le parti en direction du monde du travail, construire l’implantation qui nous fait tant défaut, intervenir dans les luttes pour aider à leur auto-organisation et à leur convergence dans la perspective d’une grève générale. Pour cela, il est indispensable de proposer une politique de front unique et de travailler dans les syndicats de façon coordonnée pour être en capacité d’affronter les bureaucraties et leur « dialogue social ».

Il faut enfin renforcer notre internationalisme, soutenir activement les révoltes des peuples des pays arabes et d’ailleurs, s’opposer résolument aux interventions impérialistes qui se multiplient au nom de la « démocratie », en prenant position pour la défaite de notre propre impérialisme.

Il est urgent de relancer le NPA. Finissons-en une fois pour toutes avec l’ambiguïté sur le Front de Gauche et les orientations confuses. Nous nous adressons à l’ensemble de la gauche du parti pour construire une plateforme commune fondée sur l’implantation dans le monde du travail et une politique révolutionnaire indépendante du réformisme.

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Re: Le NPA

Message non lu par wesker » 25 juin 2012, 21:06:24

Il est clair que le front de gauche, du moins les élus de ce rassemblement s'oriente clairement vers un soutien au PS.

D'ailleurs, les choix stratégiques peuvent diverger selon les responsables car Chassaigne est clairement dans une démarche de soutien aux socialistes là où le PG serait pour exprimer de fortes exigences !

Bref, ce rassemblement devra clarifier son positionnement vis à vis des électeurs mais bon, une fois la dynamique Mélenchon épuisé, cela risque fort de revenir au rôle de supplétif d'une majorité de gauche, dont le PS n'a pas vraiment besoin, au vu de son influence.

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Message non lu par Nico37 » 26 juin 2012, 02:08:34

Pour une politique révolutionnaire indépendante du réformisme et donnant la priorité aux luttes

La conférence nationale doit permettre de commencer à sortir le NPA de sa crise. Finissons-en avec les compromis boiteux, les formules ambiguës, les accords au sommet ! Beaucoup de camarades sont écœurés par ces méthodes et le manque de radicalité du parti. Nous souhaitons rassembler celles et ceux qui veulent un NPA révolutionnaire et démocratique. Nous proposons un projet de plateforme commune fondée sur quatre axes : l’indépendance totale à l’égard du Front de gauche ; la défense d’un véritable programme de transition qui ouvre sur notre projet de société socialiste ; un tournant vers l’implantation dans le monde du travail et la priorité aux luttes ; l’internationalisme.


La crise capitaliste provoque des mesures d’austérité terribles et des licenciements massifs. En Europe, l’économie stagne : la seule solution des capitalistes pour que leur accumulation de profits redémarre serait de « purger » le capital excédentaire par des faillites et des licenciements gigantesques. Cela a pu être en partie évité jusqu’à présent parce que les États sont massivement intervenus au secours des capitalistes en faisant payer les travailleurs. La crise de la dette empêche toute relance par les dépenses publiques : les gouvernements n’ont pas d’autre choix que d’aggraver l’austérité à un niveau sans précédent. De ce point de vue, la Grèce est l’avenir de l’Europe. Avec la « Troïka » (FMI, UE, BCE), les classes dirigeantes européennes, dominées par la bourgeoisie allemande, imposent au peuple grec une destruction de ses conditions de vie pour tenter d’éviter le défaut de paiement et la sortie de l’euro. Mais d’ores et déjà la spirale de la crise et de nouvelles menaces pour l’euro s’étendent : Espagne, Portugal, Italie, Irlande...

Cependant, cela entraîne aussi des résistances inédites. Partout dans le monde, en réaction aux attaques capitalistes, la lutte de classe s’est intensifiée depuis le début de la crise (Guadeloupe, pays arabes, Europe, États-Unis...). Si la résistance sociale est insuffisante à ce stade pour permettre l’arrêt des plans d’austérité, elle a constitué un frein à leur mise en œuvre. En Grèce, elle a provoqué une crise politique majeure et la victoire de la droite aux élections du 17 juin fait planer la menace d’une application à marche forcée des plans européens et d’une répression importante des mobilisations.

Les luttes sont souvent menées à la défaite par les réformistes et les directions syndicales au nom du « dialogue social » qui les associe à la mise en œuvre des contre-réformes et des restructurations. Ces défaites aggravent la démoralisation et le désarroi des classes exploitées, permettant à l’extrême droite de progresser dangereusement en désignant les étrangers comme les coupables. La colère et la peur sont également canalisées dans le cadre les institutions, notamment par la voie électorale, qui entraîne des illusions envers la « gauche ».

En France, les travailleurs et les travailleuses, les jeunes, celles et ceux d’en bas ont dégagé Sarkozy pour en finir avec une politique brutale et cynique. Sans croire que Hollande puisse « changer la vie », on pense que ça va être « moins pire ». En réalité, au-delà du « style » et de quelques mesures très limitées pour amadouer les gens, le « président normal » prépare un dur plan d’austérité, cautionne les licenciements et mènera une politique au service des capitalistes en profitant de sa majorité absolue au Parlement et en y associant les directions syndicales et en étant soutenu par le Front de gauche (FdG).

1) Pour l’indépendance à l’égard du Front de gauche

L’indispensable réorientation passe d’abord et avant tout par le refus de la dissolution du NPA dans le FdG, mais aussi de sa subordination politique par un front permanent « d’opposition ». En effet, le FdG soutient Hollande, nous avons des divergences programmatiques insurmontables (internationalisme, nucléaire...) et nous défendons deux projets de société radicalement différents : socialiste révolutionnaire pour nous, l’« humain » dans le cadre capitaliste pour eux ! Un « bloc politique » durable avec les réformistes n’a rien à voir avec un front unique, qui implique de « frapper ensemble », mais en « marchant séparément ».

De même, en Grèce, loin de soutenir le programme antilibéral et donc impuissant de Syriza, nous sommes avec ceux qui défendent un programme révolutionnaire et se battent pour un gouvernement des travailleurs, tout en menant une politique de front unique. Les contradictions entre les promesses de Syriza et son refus de rompre avec le système montrent qu’il n’y a pas de troisième voie entre l’austérité et la révolution.

2) Pour un véritable programme de transition vers la société socialiste

Pour faire vivre un programme révolutionnaire crédible, un véritable programme de transition, nous devons relier inlassablement nos mots d’ordre (interdiction des licenciements, partage des heures de travail, augmentation des salaires de 300€, SMIC à 1700€ et indexation sur les prix, sortie du nucléaire, généralisation des énergies renouvelables, défense des droits des femmes, égalité des travailleurs français et étrangers, etc.) à l’objectif d’un gouvernement des travailleurs, c’est-à-dire de notre propre pouvoir. Ce gouvernement des exploités et des opprimés romprait avec les institutions capitalistes et serait basé sur l’auto-organisation généralisée avec des délégués mandatés, révocables et élus pour une durée limitée. Seul un tel gouvernement pourrait annuler la dette, exproprier les banques et les grands groupes capitalistes, rompre avec l’UE, planifier collectivement l’économie, ouvrant la voie vers une société véritablement socialiste, fondée sur l’égalité réelle, permettant l’épanouissement de toutes et tous.

3) Pour l’implantation dans le monde du travail et la priorité aux luttes

Pour sortir de l’impasse électoraliste, il faut réorienter le parti en direction du monde du travail. Seuls les travailleurs et les travailleuses ont la capacité de frapper les capitalistes au portefeuille par la grève et de bloquer le pays : pour y contribuer politiquement, nous devons nous construire en priorité dans les secteurs stratégiques du prolétariat dans le privé comme dans le secteur public. Pendant la lutte contre la réforme des retraites, le NPA a souffert de son absence dans les principaux bastions de la grève (raffineries, ports, transports..). Il est urgent de s’implanter dans les entreprises, d’éditer des bulletins pour défendre nos idées et nouer des liens avec les salariés.

Aujourd’hui, la lutte contre les dizaines de milliers licenciements annoncés est une priorité. Nous y intervenons de façon volontariste, même de l’extérieur. Nous mettons en avant la nécessité de garder les emplois et tentons de convaincre que la lutte pour les indemnités de départ n’est pas une solution, puisque les personnes licenciées ne pourront pour la plupart pas retrouver de travail et tomberont dans la misère après avoir mangé leurs indemnités. Nous mettons en avant nos propositions transitoires : interdiction des licenciements, partage des heures de travail sans perte de salaire, contrôle ouvrier sur la production et la gestion, nationalisation des entreprises menacées de fermeture...

Nous intervenons dans les luttes en aidant à leur auto-organisation. Cela passe par des assemblées générales démocratiques, des comités de lutte et de grève, intégrant les syndiqués et les non syndiqués, associant les organisations qui soutiennent la lutte. Dès qu’une lutte se développe, nous nous battons pour son soutien large et son extension afin d’éviter l’isolement, dans l’objectif de la convergence des luttes.

Pour mobiliser massivement, nous proposons systématiquement une politique de front unique des organisations sur la base des revendications. Cela ne doit jamais nous empêcher de combattre les bureaucraties syndicales qui trahissent les luttes et collaborent avec le patronat. L’un des principaux enjeux pour Hollande est de parvenir à travailler main dans la main avec les syndicats au nom du « dialogue social ». Il est essentiel d’intervenir dans les syndicats de façon coordonnée pour nous les réapproprier et combattre les bureaucrates qui les paralysent.

Nous intervenons également dans la jeunesse, dans le mouvement féministe, dans les luttes écologistes et dans les quartiers populaires, en donnant là aussi la priorité aux mobilisations réelles et en y défendant notre programme anticapitaliste et notre projet de société.

Le NPA doit enfin être à la pointe du combat politique contre le gouvernement sans attendre le premier grand plan d’austérité. L’enjeu est double : briser les illusions de celles et ceux qui ont voté Hollande en espérant se débarrasser de la politique de Sarkozy et combattre la duplicité du Front de gauche à l’égard du gouvernement. En ce sens, nous interpellons le FdG, les syndicats, toutes les organisations du mouvement ouvrier afin de mettre sur pied un grand front unique pour l’abrogation immédiate des lois du sarkozysme et la non ratification des deux traités européens (TSCG et MES), non pas en demandant un référendum qui détourne de la lutte, mais par la mobilisation.

4) Pour une orientation et une activité résolument internationalistes

Nous soutenons partout dans le monde les luttes des travailleurs et des jeunes contre les gouvernements capitalistes, comme les luttes ouvrières et populaires en Grèce, les mobilisations dans les colonies françaises, celles des étudiants au Québec ou au Chili, les grèves ouvrières en Chine, les soulèvements des peuples contre les dictateurs comme en Syrie... Avec la crise et le « printemps arabe », les interventions impérialistes se multiplient au nom de la « démocratie ». En fait, les grandes puissances cherchent partout à maintenir leurs intérêts. Chaque victoire impérialiste est une défaite pour l’ensemble des travailleurs car elle renforce les bourgeoisies les plus puissantes. Contre l’unité nationale, contre le matraquage médiatique, nous sommes toujours opposés aux interventions impérialistes, pour la défaite de notre propre impérialisme. Nous combattons également les dirigeants de l’opposition qui cherchent à maintenir les soulèvements dans le cadre du régime et les complices locaux des impérialistes qui tentent de les canaliser pour recoloniser les peuples.

Claude (Meuse, CNE), Christian (CAD 78), Daniela (93, CPN), Flor (75), Franck (Reims), Gérard (Meuse), Gérald (Indre), Jean-Marc (Meuse), Ludivine (75, CPN), Ludovic (75, CPN), Manu (Chartres, CPN), Marie (75, CPN), Marie (Cher, CPN), Monique (Gard), Pascal (Alpes-Maritimes), Raja (75, SNJ), Sylvain (secrétariat 75, GTE), Vincent (Mulhouse, CPN), Vincent (Saint-Ouen).

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Re: Le NPA

Message non lu par wesker » 26 juin 2012, 21:15:43

Ce communiqué affirme qu'il existe des différences programmatiques entre le NPA et le front de gauche mais n'en cite que 2 et encore.

Je crois trés clairement que ce qui les sépare de cette aventure du front de gauche, est sans doute l'ambiguïté et les hésitations de ce dernier à adopter vis à vis du PS, là où le NPA a lui, clairement choisi la méfiance, voire l'opposition face au réformisme qui ne viserait, selon eux, qu'à redresser le modèle capitaliste.

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Re: Le NPA

Message non lu par Georges » 26 juin 2012, 21:23:13

wesker a écrit :Ce communiqué affirme qu'il existe des différences programmatiques entre le NPA et le front de gauche mais n'en cite que 2 et encore.

Je crois trés clairement que ce qui les sépare de cette aventure du front de gauche, est sans doute l'ambiguïté et les hésitations de ce dernier à adopter vis à vis du PS, là où le NPA a lui, clairement choisi la méfiance, voire l'opposition face au réformisme qui ne viserait, selon eux, qu'à redresser le modèle capitaliste.
La différence entre le FG et le NPA est beaucoup plus importante que ça. Je l'ai déjà expliqué sur ce forum.

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Re: Le NPA

Message non lu par Nico37 » 27 juin 2012, 01:59:47

Ni dissolution ni subordination au Front de Gauche ! Pour un NPA révolutionnaire au service des luttes et de leur coordination (CCR)

Les seul véritables débats d’orientation que nous avons mené a toujours été lié au calendrier électoral hexagonal, notamment déterminer l’attitude du NPA à l’égard du front de Gauche (FG). Cette discussion, souvent abordée par le petit bout de la lorgnette, recouvre en fait des questions stratégiques et politiques centrales.


En vue de la CN, trois positions par rapport au FG se dégagent et nous semblent partager une même logique politique :

La GA entend dissoudre le parti dans le FG et y créer un hypothétique pôle « rouge et vert », ce à quoi la grande majorité des camarades du parti s’oppose.

La P1A y répond que le parti doit être « unitaire à tous les étages » pour convaincre la base de la GA que la P1A est suffisamment ouverte pour dialoguer avec le FG mais qu’il n’est pas nécessaire d’y dissoudre le parti… juste de s’y subordonner au nom de l’unité.

Le texte signé par Aubin, Trat, Joshua et d’autres camarades salue celui de la P1A parce qu’il se place « résolument (…) sur un profil unitaire » mais estime que la politique de faire « un front avec le front est insuffisante ». Leur solution, intermédiaire avec celle de la GA, serait « un bloc politique regroupant révolutionnaires et réformistes » afin de ne pas abandonner « l’idée des ‘partis larges’ (idée qui va de pair avec la formule des principes fondateurs) ».

La position de la GA a le mérite de la clarté politique et nous nous opposons radicalement à son projet liquidateur.

Le texte Aubin-Trat-Joshua a quant à lui la qualité de tenter de justifier son ancrage opportuniste. Il reconnaît l’échec des différents partis larges (« Après le PT, le PRC en Italie, (…) Die Linke et maintenant le NPA (tous des échecs à des titres divers), et malgré le maintien (difficile) du Bloco, on ne sait plus très bien comment faire »), mais explique qu’il faut « continuer à chercher ». Le bloc politique avec les réformistes y est justifié par les soi-disant caractéristiques de la période post-89 : si « la question du clivage réformistes/révolutionnaires n’est pas morte, (…) en aucun cas (au moins depuis 89) elle ne suffit aux délimitations globales et encore moins aux formations politiques à construire ».

La P1A maintient une ligne ambigüe, empirique, en décalage avec la période politique et son interlocuteur principal, le FG. Elle propose de s’adresser « à toutes les organisations de la gauche antilibérale, anticapitaliste, révolutionnaire (au Front de gauche, à LO, aux Alternatifs, à AL, au MOC…) [afin de] fédérer toutes les forces qui ne participent pas et ne soutiennent pas la majorité présidentielle dans un front politique contre toute politique d’austérité pour sortir de la crise en remettant en cause le pouvoir des grands groupes ».

Le FG, dans son ensemble, est passé d’une position de rapport critique (largement formelle) au soutien explicite à Hollande. Il se situe dans le camp de la majorité gouvernementale. En faire une force d’opposition alors qu’il s’agit « au mieux » d’une force de pression, voire d’une béquille de gauche, c’est travestir la réalité pour faire d’une soi-disant tactique unitaire une politique permanente. Cela revient à faire perdurer un débat qui nous a paralysé jusqu’à aujourd’hui, alors que notre terrain d’intervention politique est radicalement alternatif à celui privilégié par le FG, les institutions, à tous les niveaux, souvent en alliance avec le PS.

La base de l’accord serait « remettre en causele pouvoir des grands groupes » et non de défendre la perspective de les exproprier, sous le contrôle des travailleurs et de la population. C’est un axe central pour différencier une orientation révolutionnaire d’une politique réformiste voire keynésienne interventionniste, parfaitement étrangère aux intérêts de notre classe.

Nous traversons une période convulsive, de crise, d’austérité et de résistances. Le clivage entre réformistes et révolutionnaires y est plus pertinent que jamais. Cela n’empêche une politique de front unique, afin de « frapper ensemble » dans les luttes tout en « marchant séparément » comme organisation. Le programme révolutionnaireest le seul à même de faire payer la crise à ceux qui en sont les vrais responsables.

Pour cela, une implantation dans les entreprises et sur les lieux de travail, qui nous a fait tant défaut dans le passé, doit compléter politiquement une orientation opposée tant à la dissolution qu’à la subordination théorisée ou empiriquement déterminée au coup par coup à l’égard du FG. C’est un enjeu central de la prochaine CN.

Daniela (93) Manu (28) et Vincent (68), Courant Communiste Révolutionnaire, CPN

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Re: Le NPA

Message non lu par wesker » 27 juin 2012, 13:05:05

Le NPA critique le fait que le front de gauche sert de béquille au PS mais il me semble que son positionnement reste assez proche.

Je note d'ailleurs que les critiques ne portent que sur l'attitude du front de gauche à l'assemblée nationale, d'où le NPA, faute de suffrages suffisants, est banni, mais qu'en ayant soutenu Hollande les révolutionnaires donnent une caution révolutionnaire aux politiques mondialistes qui seront conduites par la nouvelle majorité. Sur cela aucune illusion ni aucune promesse ne fut promise avant la campagne, par conséquent, ce soutien fut simplement idéologique. Aujourd'hui, en dehors de LO, il faut assumer plutôt que de critiquer le front de gauche qui le fait de façon plus officielle !

Georges
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Re: Le NPA

Message non lu par Georges » 27 juin 2012, 13:39:33

Notre projet de société est très différent de celui du FG.

Notre positionnement par rapport au PS est très différent de celui du FG. Quand nous avons des élus dans les régions et dans les conseils municipaux on peut facilement le constater : Le FG finit pas être d'accord avec le le PS et vote tous les budgets du PS, même ceux qui vont contre l'intérêt de la majorité. Une autre différence, c'est notre présence réguliére sur le terrain à la porte des entreprises en lutte (pas seulement quand les journalistes et la télé sont présents).

Exemple pour cette semaine :

Mercredi 27 juin, Olivier Besancenot et Philippe Poutou seront présents en soutien aux salariés de SODI MEDICAL (Plancy l’Abbaye 10380) qui sont reçus par Monsieur Montebourg au ministère du redressement productif. Rassemblement au métro Bercy à 17h.

Jeudi 28 juin à 10h Olivier Besancenot sera présent au Tribunal de Commerce de Nanterre (92) en soutien aux salariés de TECHNICOLOR dont l’entreprise est menacée de fermeture.

Jeudi 28 juin à 10h Philippe Poutou sera présent en soutien aux salariés de PSA Aulnay, devant le siège de Peugeot, avenue de la Grande Armée, à Paris.

Et c'est ainsi toutes les semaines même si on en parle pas à la télé.

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Re: Le NPA

Message non lu par wesker » 27 juin 2012, 21:32:55

Une question se pose cependant....La Gauche unitaire est bien une composante du front de gauche alors même que ses membres sont aussi adhérents du NPA ?

Trouves cela cohérent ?

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