Le NPA

Nico37
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Message non lu par Nico37 » 13 sept. 2012, 22:42:08


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Message non lu par Nico37 » 14 sept. 2012, 22:26:51


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Message non lu par Nico37 » 16 sept. 2012, 01:50:18


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Message non lu par Nico37 » 16 sept. 2012, 13:35:30


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Message non lu par Nico37 » 17 sept. 2012, 21:30:11

Massacre à Marikana : le NPA sème des illusions sur l’ANC et les syndicats sud-africains Anthony Torres et Alex Lantier 17/09

Il aura fallu 3 semaines au NPA pour écrire sur le meurtre de 34 mineurs sud-africains le 16 août à Marikana, site du plus grand massacre de travailleurs en lutte en Afrique du Sud depuis la fin de l’apartheid. Son article du 6 septembre, intitulé Afrique du Sud : après la tuerie de Marikana, sème des illusions sur l’ANC et l’appareil syndical sud-africain qui sont pourtant responsables du massacre des mineurs grévistes.
Contraint d’avouer des faits qui ont choqué le monde entier après avoir été largement rapportés dans la presse, le NPA commence en relatant brièvement le massacre. Il évoque la collaboration politique entre le Congrès National Africain (ANC) au pouvoir, le Syndicat National des Mines (NUM), et le Parti Communiste Sud-Africain (SACP). Le NPA reconnaît que la NUM « paie au prix fort son soutien au gouvernement et sa collusion avec les patrons, et est actuellement en plein recul ».
Cependant, il présente une grève qui a débuté par une rébellion ouvrière contre la NUM et a débordé le syndicat minoritaire AMCU (Association de Mineurs et Syndicat de Construction) comme une bataille d’appareils syndicaux. Le NPA écrit : « Un autre syndicat, l’AMCU, réputé plus combatif, se développe actuellement. Il accuse d’ailleurs la NUM de ‘partager le même lit que la direction’. A Marikana les deux organisations se sont opposées ».
Cette présentation, reprise à plusieurs endroits, donne la fausse impression qu’une section de la bureaucratie syndicale a voulu la grève et la dirige encore. Le NPA minimise ainsi la lutte de classe qui oppose l’appareil syndical et l’ANC aux travailleurs grévistes—alors même qu’une rivière de sang versé par la police sépare les travailleurs de l’ANC et de la NUM.
Le NPA continue : « La NUM a estimé le mouvement ‘irréaliste’ alors que l’ACMU en était partie prenante. Il semble bien qu’en accord avec la direction, la bureaucratie de la NUM ait tenté de liquider la grève par la force ».
En fait, il ne s’agit pas d’informations spéculatives selon lesquelles il « semble bien » que la NUM ait donné son aval au massacre des grévistes. Les faits sont avérés et largement reconnus. Confrontée à une révolte des travailleurs contre son autorité, la NUM a rejoint le gouvernement ANC et le SACP pour défendre les policiers qui, sous les ordres du commissaire national de police du gouvernement ANC Riah Phiyega, ont tiré sur les mineurs.
Le NPA ne cite ni les propos de Phiyega ni de la NUM, dont le porte-parole Lesiba Sesoka s’est expimé ainsi pour défendre le massacre : « La police ne peut pas rester sans rien faire pendant que notre pays est pris en otage par des criminels ».
Le NPA garde aussi le silence sur les propos des dirigeants du SACP, qui ont écarté le meurtre des grévistes par la police comme étant « une violence entre travailleurs ». Le SACP fait partie intégrante de l’appareil d’Etat depuis la fin de l’apartheid, détenant des postes de haut fonctionnaire, et soutient le président actuel, Jacob Zuma.
A la fin de l’article, le NPA écrit : « on aurait pu croire que la saignée de Marikana permettrait au gouvernement de Zuma de calmer le jeu dans les mines. Bien au contraire auquel. Le 31 août, les 12.000 employés de la mine d’or KDC se sont aussi mis en grève ».
Le NPA n’explique pas cette formule repoussante, selon laquelle un bain de sang contre la classe ouvrière pourrait permettre à Zuma de « calmer le jeu ». Soit le NPA s’attendait à ce que le seul fait de massacrer les grévistes écraserait la grève sans aucune contrepartie du gouvernement, soit il espérait que Zuma donnerait quelques avancées minimes aux mineurs pour mettre fin à la contestation. Dans les deux cas, le NPA s’est trompé.
Alors que la grève s’étendait, l’ANC a pris une position de plus en plus menaçante contre les grévistes. Il menace une répression accrue de la grève, ayant déjà brièvement emprisonné les grévistes qui avaient survécu au désastre, pour tenter désespérément de rassurer des investisseurs internationaux qui pourraient retirer leurs fonds des mines sud-africaines.
La Ministre des Mines Susan Shabangu a dit lors d’une réunion en Australie: « Nous pressons nos investisseurs, actuels et futurs, à tenir compte des bases solides fournies par notre constitution, notre gouvernement, et nos institutions légales et civiles … Le président et le peuple d’Afrique du Sud isoleront avec détermination les mauvais éléments dans notre société qui sont apparemment engagés à saper les gains démocratiques réalisés jusqu’à présent ».
Le NPA indique qu’il est conscient du caractère pro-capitaliste de l’ANC et des appareils syndicaux. Il écrit que « Le massacre s’est déroulé dans un pays où le gouvernement est dit ‘de gauche’. Une coalition composée du parti nationaliste ANC, du PC local (SACP) et, directement, de la confédération syndicale COSATU, soutient le gouvernement actuel de Jacob Zuma. Du point de vue des travailleurs, le bilan de Zuma et de son prédécesseur de l’ANC (M’beki) est accablant … Une frêle bourgeoisie noire a bien profité de la transition, s’installant dans les quartiers hier réservés aux blancs du temps de l’Apartheid, sous l’égide du ‘Black economic empowerment’. Mais pour la masse de la population noire, bien peu de choses ont changé ».
Cependant, le NPA ne formule aucune revendication socialiste ou révolutionnaire contre ce régime pourri. Pour conclure, il écrit seulement que « ce qui est en jeu, c’est évidemment la capacité qu’auront ou pas les travailleurs sud-africains de se doter de syndicats indépendants, régénérés car débarrassés des agents patronaux, et d’un réel parti qui les représente ».
Cette formulation ambigüe, caractérisée avant tout par sa complaisance envers le régime de l’ANC, vise simplement de couper court l’exposition des questions politiques soulevées par le massacre de Marikana avant qu’elle ne pose des questions gênantes pour le NPA.
Si les travailleurs sont prêts à une lutte sans merci contre le personnel pro-capitaliste dont est composée la NUM—une lutte qui aurait une ampleur révolutionnaire, puisque le syndicat est entièrement contrôlé par la bourgeoisie—pourquoi s’arrêter à la refondation de la NUM ? Pourquoi ne pas lutter directement pour le pouvoir et la création d’un Etat ouvrier en Afrique du sud ? Cette perspective-là, cependant, est tout à fait étrangère au NPA.
Qu’est-ce qu’un syndicat « indépendant » négocierait avec Zuma et Shabangu, ou avec leurs successeurs éventuels au sein de l’ANC ? Les travailleurs n’obtiendront aucune avancée durable en négociant avec un régime prêt à commettre les crimes les plus épouvantables pour écraser les grèves.
Quant à un « réel parti » pour représenter la classe ouvrière sud-africaine—qui est en effet une nécessité urgente—il sera impossible de le créer sur la perspective syndicale et implicitement pro-capitaliste ébauchée par le NPA.
Cette situation ressort de la perspective du NPA lui-même. Malgré les critiques cyniques qu’il adresse à l’ANC et au SACP, le NPA est orienté vers les mêmes couches sociales en France qui en Afrique du sud ont planifié le massacre à Marikana : la bureaucratie syndicale et la « gauche » bourgeoise.
Pendant des décennies le NPA a défendu les syndicats français, qui sont des coquilles vides financées par la bourgeoisie et responsables d’immenses défaites subies par les travailleurs. Lors des dernières élections présidentielles au mois de mai, le NPA a appelé à voter pour le candidat du Parti Socialiste (PS), François Hollande, tout en reconnaissant qu’il mènerait des politiques d’austérité.
Si le gouvernement Hollande réprimait cette automne une grève contre les mesures d’austérité du PS, comme la police a écrasé la grève pétrolière de 2010 sous le président Nicolas Sarkozy, qu’est-ce qu’un observateur sud-africain écrirait sur le rôle du NPA ?
Il pourrait transposer en France les analyses du NPA sur Marikana, pour écrire, plus ou moins : « La répression s’est déroulée dans un pays où le gouvernement est dit ‘de gauche’. Une coalition composée du parti social-libéral PS, du PC local (PCF-Front de Gauche), directement du NPA et de la confédération syndicale CFDT, indirectement de Lutte Ouvrière et de la confédération syndicale CGT, a appelé à voter pour le président François Hollande. Du point de vue des travailleurs, le bilan de Hollande et de son prédécesseur du PS (Jospin) est accablant … La haute bourgeoisie et une frêle couche aisée des classes moyennes ont bien profité des politiques d’austérité, sous l’égide de l’Union européenne. Mais pour la masse de la classe ouvrière, les choses ne font que s’empirer ».
Le massacre à Marikana a souligné que la couche sociale représentée par le NPA en France est passée de l’autre côté des barricades.

Nico37
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Message non lu par Nico37 » 19 sept. 2012, 00:20:49

Besancenot et Mélenchon, frères ennemis 12/09 Marion Mourgue

À la gauche de la gauche, la bataille fait rage pour savoir qui de Mélenchon ou de Besancenot sera le plus efficace.
En s’inspirant d’une chanson de Léo Ferré pour le titre de son livre (On a voté… Et puis après ?), Olivier Besancenot fait son retour sur la scène de la mobilisation. Même sous un gouvernement de gauche, dit-il, “rien ne nous sera donné. Ce que nous aurons, nous devrons lui arracher”. Manifestement sans illusions, Olivier Besancenot martèle que le 6 mai n’est pas une victoire de la gauche, mais surtout “un référendum anti-Sarkozy”. “Alors, on a voté.” Peu d’empressement donc… Raison pour laquelle Olivier Besancenot n’attend rien de particulier aujourd’hui de l’Élysée.

(...)

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Message non lu par Nico37 » 20 sept. 2012, 21:29:02


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Re: Le NPA

Message non lu par Nico37 » 21 sept. 2012, 22:09:21

TAXE À 75 % : LE RENONCEMENT, C’EST MAINTENANT ! Hebdo Tout est à nous ! 162 (20/09/12)

La presse de la dernière semaine a été remplie d’annonces et de débats sur la fameuse taxe à 75 %. Et pourtant, François Hollande, lui-même, dans son intervention du 9 septembre, a donné une série de précisions confirmant que la mesure n’aurait qu’une portée très limitée. En fait, les 75 % ne figuraient pas dans le programme initial du candidat socialiste. À l’époque, Jérôme Cahuzac (devenu depuis ministre du Budget) avait été pris par surprise : il participait à un débat télévisé et n’était pas au courant de l’annonce faite au même moment par son candidat. Mais voilà, nous étions le 27 février, à deux mois du premier tour, il fallait donc envoyer d’urgence un signal à l’électorat de gauche. Ce fut les 75 %.
Les élections sont passées et plutôt que le changement, c’est le renoncement. François Hollande a ainsi annoncé que les revenus du capital (plus-values, dividendes, intérêts, etc.) ne seraient pas concernés, ce qui est un élément clef pour les intéressés. Les très hauts revenus ont, en effet, une structure spécifique. Alors qu’en moyenne, les traitements et salaires représentent 85 % des revenus des ménages, les revenus du capital sont prépondérants pour les ménages qui gagnent plus de 1 million d’euros. Ainsi, d’après les données publiées par Les Échos, pour les 10 000 ménages gagnant plus de 2 millions d’euros, par exemple, les salaires ne représentent que le cinquième de leurs ressources : l’immense majorité d’entre elles se compose de plus-values mobilières (58 %), d’autres gains du capital et de revenus professionnels. Les capitalistes ont, bien sur, des revenus du capital, c’est logique. Si on veut taxer les capitalistes, il ne faut donc pas sortir les revenus du capital de l’impôt  !

« Il ne s’agit pas de dégager des recettes »  !

Autre aménagement, la contribution de 75 % « prendra bien sûr en compte » les autres impôts déjà versés tels que l’impôt sur le revenu et la CSG-CRDS. Ce qui conduit à un taux effectif de la contribution plus proche de 67 %. Enfin et surtout, la contribution sera exceptionnelle, c’est-à-dire qu’elle n’a pas vocation à être prolongée dans le temps. Elle sera interrompue « une fois que nous aurons redressé » les comptes, a indiqué François Hollande, estimant que cela devrait être fait « au bout de deux ans ». Au final, l’élysée estime que « 2 000 à 3 000 personnes » seront concernées. « Il s’agit de donner l’exemple, pas de dégager des recettes supplémentaires ».
On ne saurait mieux dire qu’il s’agit d’une mesure purement symbolique, visant à faire semblant de respecter une promesse électorale. La nouvelle contribution n’est en aucun cas l’amorce d’une réforme d’ensemble vraiment équitable de l’impôt sur le revenu pour dégager des ressources supplémentaires en prélevant plus sur les hauts revenus. Dans le budget 2013, la progressivité de l’impôt sur le revenu ne sera renforcée que de façon limitée par la création d’une nouvelle tranche marginale à 45 % au-delà de 150 000 euros par part (ce qui ne veut pas dire que les intéressés paieront 45 % de leur revenu : avec le système des tranches, ce sera seulement pour la partie de ce revenu dépassant 150 000 euros). Reste à savoir aussi comment sera appliquée l’annonce que le capital sera taxé comme le travail : vu la façon dont s’est dénouée l’affaire des 75 %, on peut être sceptique.
Lors de la campagne des présidentielles, le NPA et Philippe Poutou avançaient un projet de réforme fiscale d’ensemble prévoyant pour l’impôt sur le revenu une progressivité accrue et un taux de 100 % pour la part du revenu dépassant 20 SMIC, soit 260 000 euros. Mesure s’appliquant, bien sur, à tous les revenus, y compris les revenus du capital. Jean-Luc Mélenchon, pour sa part, avançait un « revenu maximum », parfois chiffré à 360 000 euros par an. Au-delà de la divergence sur le seuil, NPA et Front de Gauche semblaient converger sur l’idée d’une imposition totale des revenus dépassant un certain niveau. On verra comment les députés du Front de Gauche tireront les conséquences du renoncement de Hollande. En tout cas, pour sa part, le NPA continuera à défendre la nécessité d’un vrai bouleversement de la fiscalité pour faire payer fortunes, hauts revenus et entreprises, et ainsi baisser l’impôt le plus injuste : la TVA.

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Re: Le NPA

Message non lu par Nico37 » 22 sept. 2012, 14:53:20

Échec de l'extrême gauche électorale : des contradictions internes trop profondes. atheus, le 22/09/2012

Nouveau Parti Anticapitaliste, Lutte Ouvrière (union communiste internationaliste) sont aujourd’hui les deux partis qui symbolisent l'extrême gauche française. Loin d'être identiques, ces deux partis ont des scores électoraux similaires (pour le NPA un peu plus 400 000 votes en 2012 pour Philippe Poutou, pour LO environ 200 000 votes pour Nathalie Arthaud). Ces deux partis ont pourtant historiquement fait de biens meilleurs scores. Selon Nathalie Arthaud, les raisons de l'échec de l'extrême gauche vient d'une "démoralisation des travailleurs", pour le candidat du NPA, c'est à cause du manque de combattivité de la classe ouvrière. Est-ce vraiment la réalité ? Certes la combattivité des opprimés n'a jamais été aussi faible, mais si cela est évident, les causes de cette démoralisation sont moins claires. Quant au programme de ces deux partis à la gauche de la gauche, il se pourrait qu'il soit lui aussi responsable de leur échec. J'ai donc pris le temps de lire les brochures de ces deux partis, voici le lien des PDF :

Pour le programme de Lutte Ouvrière : http://www.nathalie-arthaud.info/IMG/pdf/brochure.pdf
Pour celui du NPA : http://www.npa2009.org/sites/default/fi ... 202012.pdf

Vous n'êtes pas obligés de tout lire, bien que pour rédiger cet article, j'ai moi-même lu en entier les programmes de ces deux partis, pour élucider ce qui cloche. Au-delà des causes prétendues de ces échecs électoraux se cache effectivement des contradictions profondes dans le programme et l'attitude de ces deux partis. C'est l'objet de cet article.


Commençons tout d'abord par le programme du Nouveau Parti Anticapitaliste :


"Aux capitalistes de payer leurs crises !" et " Nos vies valent plus que leurs profits ! ", telles sont les deux phrases retenues pour symboliser la campagne et le programme du NPA, et à juste titre.

Ce programme se définit comme "un programme d'urgence" et un programme "anticapitaliste". Autrement dit, il s'agit pour le NPA de faire des propositions anticapitalistes en réaction à la crise, et à la crise seulement, l'idée est simple : faire payer les capitalistes pour financer un système social pour résoudre la crise capitaliste. C'est à ce sujet que sont consacrées les 26 premières pages, expliquant l'urgence sociale et écologique et proposant des mesures économiques, sociales et écologiques sur tous ces domaines, on pourra retenir quelques idées intéressantes :
  • La sortie du nucléaire en dix ans grâce au développement des énergies renouvelables.
  • La réquisition des groupes de l’énergie et leur contrôle par les salariés et les usagers.
  • Une transition énergétique basée sur une planification des besoins socialement utiles.
  • Des élus mandatés et révocables sans possibilité d'avoir plus de deux mandats.
Pour le reste, il s'agit de mesures socialistes : augmentation des salaires à 1700€, suppression de la TVA sur les produits de première nécessité, annulation de la dette, etc... Le problème est que ces mesures sont des mesures uniquement "socialistes" et ne sont pas en soi un projet de société autre que celui de la société capitaliste. Bien sur, il n'est pas possible de dire à l'avance ce que sera la société socialiste du futur, mais là encore il aurait été possible de nous en dire un peu plus sur cette fameuse société, ce "socialisme du 21ème siècle", et pour cela, le NPA, a tout de même mis à la fin de sa brochure 2 malheureuses pages à ce sujet. Mais là encore, le NPA reste dans la critique du capitalisme, et à part quelques mots sur l'internationalisme, on ne saura rien de cette société dont ils nous font tant rêver.

Et là il y a déjà un problème. C'est sans doute le premier qui saute aux yeux, le NPA n'a pas de projet de société, son programme est un programme d'urgence mais si on analyse queqlue peu le contenu, on se rend compte qu'il ne sera jamais appliqué. Pourquoi ? Parce que ce programme ne sera jamais élu (le NPA n'a d'ailleurs pas pour vocation d'accéder au pouvoir), et que quand bien même les gens votaient massivement pour le NPA (peu probable), les capitalistes se défendraient et la seule solution pour appliquer ces mesures serait une révolution, et pas une élection. Donc là il y a un deuxième hic, c'est que s'il se produisait une révolution assez puissante pour renverser le capitalisme, pourquoi s'embarrasserait-on d'en demander tant aux capitalistes ? J'ai eu l'impression, en lisant le programme du NPA qu'il s'agissait d'une liste au père noël qu'il faudrait imposer aux patrons par des luttes. Mais si les luttes gagnaient, ce qu'il faudrait ça ne serait pas faire plier les patrons, mais les renverser purement et simplement, non ? Pourquoi donc tant leur en demander puisque nous voulons une société débarrassée des capitalistes et du capitalisme ?

Cela n'est pas un projet de société.

Là où le NPA dit : " Il faut prendre l'argent là où il est, annuler la dette et faire un monopole public bancaire. "
Nous disons : " Il faut supprimer l'argent, abolir la propriété privée et le capitalisme purement et simplement. "
Là où il dit : " Il faut faire payer les capitalistes. "
Nous disons : " Il faut renverser les capitalistes. "
Là où il dit : " Il faut augmenter les salaires. "
Nous disons " Il faut abolir le salariat. "
Là où il dit : " Nous allons sortir de la crise du capitalisme. "
Nous disons : " Nous allons sortir du capitalisme qui est une crise. "
Là où il dit : " Nous ne savons pas à quoi ressemblera la socialisme du 21ème siècle. "
Nous disons : " On a quelques idées pour commencer, il serait temps d'en parler plus sérieusement. "

En effet, les propositions du NPA ne pourraient être appliquées qu'en cas de révolution sociale, mais en cas de révolution sociale, pourquoi nous arrêterions nous là ? Pourquoi ne pas aller plus loin ? Pourquoi ne pas proposer un autre modèle de société ?

Le NPA se trompe donc sur toute la ligne : il participe à des élections bourgeoises en tant que candidature de témoignage mais refuse de rentrer dans le jeu, ce qui décrédibilise ses idées. Il veut s'affronter au capitalisme mais n'a pas de société alternative à proposer. Il veut appliquer quelques mesures dans le cadre du capitalisme mais ne fait pas de vraies proposition pour une autre société, il ne parle jamais de comment il veut y parvenir, il n'est jamais question de révolution, seulement de lutte sociale. Alors forcément, ceux qui seraient tentés par quelques idées du NPA mais qui, faute d'une volonté de ce parti de faire vaincre ces idées, se tournent vers Mélenchon, qui en plus, semble offrir une alternative institutionnelle semblable à l'intérieur du système et accessible par les moyens démocratiques, notamment avec son idée de 6ème république.

L'échec du NPA était donc inévitable, car il refuse de choisir entre lutte sociale révolutionnaire accompagnée d'un projet de société et une politique réformiste électoraliste à l'intérieure du système. C'est pourquoi il n'arrivera jamais à décoller électoralement et que sa seule solution est de rediscuter d'un projet de société, d'enlever cette bannière de l'anticapitalisme qui n'est pas un projet de société, et commencer sérieusement à réfléchir sur le socialisme du 21ème siècle plutôt que de n'y consacrer que 2 pages sur 30 dans leur programme. Et ils devraient aussi penser à changer le symbole de leur parti, parce qu'un mégaphone, moi ça ne me fait pas penser au socialisme du 21ème siècle.

Et maintenant, le programme de Lutte Ouvrière :

Le programme de Lutte Ouvrière commence avec ce slogan : "Nathalie Arthaud, une candidate communiste à l'élection présidentielle."

Alors là, on se dit "chouette", elle a autre chose que l'anticapitalisme à proposer, elle a une faucille et un marteau au lieu d'un mégaphone (c'est déjà moins pire), quelle est cette fameuse société communiste dont elle nous parle ? Eh bien là à ma grande surprise, ce projet de société est inexistant également à LO, à part une prise de contrôle des travailleurs sur la société et l'habituelle liste au père noël faite au patronat, ce programme dresse cependant une vision lucide de la société actuelle mais n'en tire aucune conclusion sur sa propre politique. On aurait pu penser que contrairement au NPA, LO avait un vrai projet de société, et bien non. Si elle se revendique être du communisme, Nathalie Arthaud ne nous montre nulle part une once de ce projet de société ; on saura seulement que ça n'est pas le stalinisme ni l'URSS, mais moi je n'aime pas jouer aux devinettes, et il aurait peut-être été judicieux de parler de cette société communiste un peu plus longuement dans son programme.

Le point positif que je trouve par rapport au NPA est l'idée d'un communisme révolutionnaire assumé, bien qu'il n'y ait aucune idée en rapport avec le communisme dans le programme de LO, on a tout de même une représentation de ce que serait la révolution, elle est explicitement évoquée, mais ce sera l'un des rares points positifs.

Le programme de Lutte ouvrière se décompose de cette façon : une définition on ne peut plus vague du communisme (on remarquera qu'avoir mis le "projet de société" au début était plus judicieux que de le mettre à la fin (en référence au NPA)). Puis une critique du capitalisme bien que moins précise, moins pertinente et moins exacte que celle du NPA. Ensuite, la liste au père des noël des choses qu'un gouvernement devrait imposer aux capitalistes, ce qui est contradictoire avec l'idée de renverser complètement le capitalisme. Et enfin, une analyse assez lucide de la situation électorale, mais les idées contradictoires que j'ai évoquées foisonnent. Cela dit, voilà comment LO résume le communisme :
" Le communisme, c’est permettre à la collectivité de maîtriser son activité économique afin que tous les êtres humains accèdent de façon
égale aux biens matériels et culturels que la société est capable de produire en ce 21e siècle. Cette perspective ne pourra se réaliser que si
la classe ouvrière, la classe de ceux qui n’ont que leur travail pour vivre, enlève le pouvoir à la bourgeoisie et à ses représentants pour l’exercer elle-même, collectivement et démocratiquement.
"

Voilà une définition bien vague du communisme révolutionnaire, quoiqu'elle a tout de même le mérite d'être écrite noir sur blanc plutôt que d'être tout simplement omise. Seulement, pas un mot du fonctionnement théorique de cette société, de la répartition des pouvoirs, du fonctionnement de l'économie.

Et en parallèle à ce projet "communiste", le programme de LO est le même que celui du NPA : un programme socialiste (augmentation des salaires, interdiction des licenciements, etc...). Aux mêmes problèmes, les mêmes conséquences, les gens intéressés par ces idées se tourneront vers Mélenchon qui lui veut appliquer ces mesures et a plus de chance de le faire un jour démocratiquement.

Je suis tout de même surpris, car dans les interview, lorsqu'un journaliste demande à Nathalie Arthaud la différence entre elle et Mélenchon ou entre elle et Poutou, elle répond du tac-o-tac qu'elle est communiste contrairement aux autres. Mais son programme n'a de communiste que le nom, j'ai pourtant bien cherché, à part une allusion à l'autogestion des travailleurs dans les entreprises (également reprise au NPA), une hypothétique remise en cause de la propriété privée et une gestion collective par les travailleurs de la société. Mais au-delà des mots, toutes ces idées restent très vagues et sont des incantations semblables à celles du NPA.

Un programme décevant donc, rempli de contradictions entre les réalités pourtant évoquées et la politique de LO avant-gardiste et confuse.

En conclusion, ces deux partis, par leurs contradictions internes ne peuvent et ne veulent pas être une alternative au capitalisme, ils le critiquent et parfois même très bien mais proposent en retour une société socialiste qui ne remet en cause le capitalisme que dans les mots. Les mesures proposées sont faibles et quand bien même, seule un révolution pourrait les faire appliquer, et en cas de révolution, pourquoi s'arrêter là ?

Nico37
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Re: Le NPA

Message non lu par Nico37 » 23 sept. 2012, 11:59:45

Bilan des Rencontres Internationales de Jeunes organisées par la IVe Internationale, par les jeunes de la Gauche Anticapitaliste

Les 28ème Rencontres Internationales de Jeunes (RIJ) se sont déroulées cette année du 30 juillet au 5 aout à Bésalù dans l’Etat Espagnol. Ce camp de jeune est organisé par la IVème internationale chaque année dans un pays différent. Ce camp autogéré avec sa propre monnaie - pour niveler les différences de niveaux de vie entre les participants - est l’occasion rêvée pour rencontrer des jeunes anticapitalistes du monde entier, mettre en commun nos expériences respectives, tisser des liens entre nous et vivre pendant une semaine « un embryon de socialisme ».

Cette année les RIJ ont rassemblé plus de 500 jeunes anticapitalistes de 19 pays différents (français, espagnols, portugais, italiens, grecs mais aussi russes, chiliens, argentins, tunisiens, philippins, etc..). Les formations, discussions en atelier sur des thèmes traitant aussi bien des crises économiques, écologiques que du féminisme, de l’oppression des LGBTI et du racisme permettent ainsi de se doter de grilles d’analyse communes face à des situations nationales qui ne sont finalement pas si différentes à tout point de vue. Si le fait que les classes dirigeantes cherchent partout à faire payer la crise aux jeunes et aux travailleurs n’a surpris personne, la remise en cause du droit à l’avortement dans de nombreux pays en a par contre surpris plus d’un.
Les RIJ offrent aussi l’opportunité de discuter en profondeur entre militants d’un même pays, ce qui est bien souvent difficile durant l’année. La délégation française participant à ces RIJ regroupait ainsi environ 150 camarades dont une majorité de camarades du NPA et plus d’une vingtaine de camarades de la GA ainsi que quelques camarades d’autres organisations du FDG. Les réunions françaises des jeunes de la Gauche Anticapitaliste ayant lieu à chaque fin de journée auront ainsi été l’occasion de discuter de la situation politique française, de préparer collectivement la rentrée en France et de discuter de la construction du Front de Gauche et de notre courant dans la jeunesse.
Mais les RIJ c’est bien avant tout l’occasion de rencontrer des jeunes qui partagent un projet de société en commun, de créer des liens entre des militants de différents pays et d’échanger sur nos expériences militantes respectives. Les rencontres journalières interdélégations, les rencontres informelles au bar, autour de la piscine, voire en nettoyant les sanitaires permettent ainsi d’échanger aussi bien avec des camarades participant au processus révolutionnaire en Tunisie qu’avec des camarades militants dans la clandestinité aux Philippines ou avec des jeunes participants à l’expérience de Syriza en Grèce. Cette année les discussions avec les camarades du PSR participant au Bloc de Gauche au Portugal, du SAP au sein de l’Alliance Rouge et Verte au Danemark, de Kokkino avec Syriza en Grèce et d’Enlace ayant participé au PT brésilien auront été particulièrement enrichissantes pour nous qui venons de faire le choix de rejoindre le Front de Gauche. Face à l’absence d’alternative à gauche qui pèse sur notre capacité à résister, la question de comment construire en tant qu’anticapitalistes un front social et politique large et pluraliste avec des courants sociaux-démocrates de gauche traverse l’ensemble des courants anticapitalistes qui cherchent une voie étroite entre le repli sectaire et attentiste et l’abandon de toute perspective de transformation révolutionnaire de la société.
Pour toutes ces raisons, ces RIJ organisées par les camarades de l’Etat Espagnol d’Izquierda Anticapitalista auront été une réussite. Et pour toutes ces raisons, nous vous invitons dores et déjà à réserver vos vacances fin juillet-début aout pour l’année prochaine où les RIJ auront lieu au Portugal, en Italie ou en Grèce.

Nico37
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Re: Le NPA

Message non lu par Nico37 » 25 sept. 2012, 00:34:14

Philippe Poutou « Les conditions existent pour une bataille unitaire »

Les peuples doivent pouvoir s’exprimer directement sur un texte qui aura des conséquences sur la vie de millions de gens sur le continent. Ce qui compte au final, c’est que la population puisse véritablement décider. Il faut donc systématiser le référendum, qui est une forme de démocratie directe. Le pacte de croissance négocié par François Hollande est là pour faire avaler la pilule. En réalité, il n’y a pas de changement, le traité vise à imposer l’austérité 
à l’ensemble des peuples d’Europe. 
Ce gouvernement se situe sur le même terrain que les précédents, celui d’une politique libérale, et il n’entend débattre que dans 
ce cadre-là. Il faut en sortir, et c’est pourquoi ce traité est à rejeter en bloc, y compris 
son volet sur la croissance.

(...)

Nico37
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Re: Le NPA

Message non lu par Nico37 » 26 sept. 2012, 22:58:11

Contre l'islamophobie, pour le droit à la caricature de Charlie Hebdo

Un climat inacceptable de stigmatisation et de discrimination vis-à-vis des musulmans perdure en Occident, relancé par l'ignoble film islamophobe Innocence of Muslims. Cela alimente et renforce les divisions parmi les opprimés du monde entier dont les classes dominantes ne peuvent que se réjouir à un moment où elles imposent des cures drastiques d'austérité aux peuples. L'islamophobie doit ainsi impérativement être combattue comme toute forme de racisme. Mais cela ne justifie aucunement ni les violences intégristes, ni le détournement des révolutions démocratiques et sociales arabes par des groupes conservateurs.

Contrairement aux amalgames entretenus par les fondamentalistes, les caricatures publiées dans Charlie Hebdo n'ont rien à voir avec cette islamophobie ambiante. Charlie Hebdo critique régulièrement au moyen de la dérision et de la caricature l'ensemble des églises et des religions. Il n'y a rien là de discriminatoire vis-à-vis des musulmans, et donc à proprement parler d'islamophobe. Nous soutenons donc la liberté d'expression et le droit à la caricature de Charlie Hebdo, qui n'a pas du tout dépassé les bornes illégitimes de la xénophobie.

Lutter contre l'islamophobie est bien aujourd'hui nécessaire afin de recréer des convergences parmi les opprimés. Toutefois, il ne faut pas accepter l'extension indéfinie de cette notion promue par les intégristes, auxquels, ne l'oublions pas!, nous nous opposons sur le terrain des valeurs démocratiques, antiracistes, laïques et progressistes.

Nos ennemis, ce sont les inégalités sociales, la logique d'oppression du capitalisme, la misère et le chômage, les discriminations racistes, sexistes et homophobes, les violences policières ou les régimes autoritaires et corrompus, ce ne sont surtout pas ni les musulmans, ni Charlie Hebdo !

Le 20 septembre 2012,
Philippe Corcuff, sociologue, membre du NPA
Philippe Poutou, ouvrier, candidat du NPA à l'élection présidentielle de 2012

Nico37
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Re: Le NPA

Message non lu par Nico37 » 27 sept. 2012, 22:03:52


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Re: Le NPA

Message non lu par Nico37 » 29 sept. 2012, 14:26:25


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Re: Le NPA

Message non lu par Nico37 » 01 oct. 2012, 00:56:51

Farce ou crise politique ?

Le conseil fédéral d’EELV a décidé de rejeter le traité budgétaire européen. Daniel Cohn-Bendit a qualifié le Conseil fédéral de « dramatiquement nul ». Cécile Duflot a annoncé qu’elle ne démissionnerait ni du gouvernement ni d’EELV. Depuis le premier ministre a apporté son soutien aux ministres écologistes.

Difficile de dire, dans cette farce politique, qui est le plus ridicule. Mais, derrière la farce, c’est bien une crise politique qui mûrit à l’approche du vote du pacte budgétaire puis du vote du budget. Dans tout le pays, face à l’austérité et à ses conséquences, face aux plans de licenciements, à la montée du chômage et de la précarité, face à un gouvernement qui se plie à la volonté des financiers et du patronat, le mécontentement monte de partout, s’accumule. L’attentisme domine encore, mais la révolte pourrait bien exploser.

Certes, le gouvernement pourra imposer la règle d’or de l’austérité mais avec l’appui de l’UMP et il lui sera de plus en plus difficile d’imposer sa politique aux partis qui le soutiennent au gouvernement ou hors du gouvernement comme le Front de gauche. Il sera de plus en plus difficile aux directions des grandes confédérations syndicales de continuer à se prêter au jeu de la concertation sociale.

Les travailleurs n’ont pas à craindre cette crise. Ce gouvernement se dit de gauche mais il n’est pas le leur, il est celui des classes dominantes. La défense de leurs propres intérêts implique de s’engager dans une opposition résolue et sans ambiguïté à sa politique

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