Directive européenne-durée du travail.

Venez discuter des problèmes du travail dans notre pays, mais aussi des problèmes sociaux ( retraites, chomage...)
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mps
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Message non lu par mps » 12 mai 2009, 21:51:00

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Pour revenir au thème du débat sur la durée du travail en Europe. Personnellement sur ce type de question je suis assez proche des idées libérales et libertaires : le libre choix des individus de pouvoir travailler tant qu'ils le désirent. Seul problème dans la pratique, c'est que les salariés ne choisissent quasiment jamais leur emploi du temps. Exemple type : la pression du chômage qui fait qu'une personne postulant pour un emploi aura tendance à accepter n'importe quelle condition de travail pour avoir le job et ne pas tomber dans le chômage de longue durée. On peut donc penser à juste titre que l'élargissement des heures de travail chaque semaine, même sur la base du volontariat, ne finira à terme que comme un nouvel outil destiné au dumping social. J'ai aussi tendance à avoir le même raisonnement pour le travail dominical ; perso je n'ai pas d'enfants et je n'ai rien contre le fait de travailler ce jour-là, mais je comprends que ce n'est pas le cas de tout le monde et que si une telle mesure finit par être adoptée, le travail dominical finira un jour où l'autre par devenir une norme. 
Pour ce qui est de la durée du travail, je pense aussi qu'il faut laisser la liberté aux parties. On a bien un nombre croissant de personnes qui peuvent choisir de travailler 4/5ème ou 3/4 temps, pourquoi d'autres ne pourraient-elles opter pour du 6/5ème ?

Il ne faut pas croire non plus que le rêve de tout patron est de faire bosser ses guss 11 heures par jour ! Dans les grosses unités en 3 pauses, il est évidemment impossible de dépasser 8 heures. Dans les PME, le patron est généralement là le premier et le dernier : lui aussi aspire à terminer sa journée. Idem pour tous ceux qui travaillent chez un client, qui veut les voir disparaître avant l'heure de l'apéro ...

Nous sommes donc plutôt devant un problème de flexibilité. Il est clair qu'il est logique que les chocolatiers travaillent comme des bêtes en décembre, quitte à ne rien faire ou presque en été ...

Pour le travail dominical, il ne faut pas en faire un monde : des millions de gens travaillent déjà le dimanche. L'argument des enfants a aussi ses limites : les enfants sont aussi en congé le mercredi et le samedi ... et sont plus faciles à caser chez les grands parents (ou les scouts, ou tout ce qu'on veut) le dimanche.

Mon mari était commandant de bord en charter, et volait forcément tous les week-ends : personne n'en est mort :?

Restent ceux qui se verraient forcés d'adopter des horaires qu'ils détestent, pour avoir le job. Bon, on ne fait pas toujours ce qu'on veut das la vie, et il faut peser le pour ou le contre, mais aussi toutes les solutions intermédiaires, comme de prendre le travail tout enn en cherchant un qui convienne mieux.

Toutes les relations ne doivent pas se régler par lois et décrets ...
Modifié en dernier par mps le 09 mai 2009, 21:05:00, modifié 1 fois.
C'est quand on a raison qu'il est difficile de prouver qu'on n'a pas tort. (Pierre Dac)

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racaille
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Message non lu par racaille » 12 mai 2009, 22:11:00

A l'époque où le sujet est ressorti au début de la mandature Sarkozy, j'ai du dire "pourquoi pas le travail dominical après tout, jugeons sur pièce."

Le problème c'est qu'apparemment, après avoir creusé un peu la question, je m'étais aperçu que même les principaux concernés par le travail dominical - les petits commerçant - étaient majoritairement contre cette proposition. D'après ce que leur lobby dit, c'est que cette mesure ne profiterait qu'à leur principal concurrent direct, la grande distribution. Il y a eu à l'époque aussi quelques arguments au sujet de la vie associative liée au repos le week-end, et aussi surtout un argument qui soutient qu'une fois le travail dominical généralisé, il ne sera plus du tout question d'être payé plus cher que les autres jours de la semaine (comme c'est le cas actuellement pour ceux qui travaillent ce jour-là). J'ai lu d'autres arguments mais je ne m'en souviens plus trop, ça commence à dater.

Bref ça a un peu tempéré mon ardeur. Ce qui me gène, fondamentalement, c'est que dans notre société il n'y a pas de liberté de choix lorsqu'un salarié signe un contrat de travail : avec près de 10% de chômage on ne peut pas se permettre de refuser de signer, on prend ce qu'on trouve et basta. Donc le volontariat, je n'y crois pas trop. Ou alors il faut avoir un CV et une belle carrière pour être en position d'imposer ses conditions de travail à son futur employeur.
Modifié en dernier par racaille le 09 mai 2009, 21:05:00, modifié 1 fois.
Ce qui distingue principalement l'ère nouvelle de l'ère ancienne, c'est que le fouet commence à se croire génial. K M

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mps
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Message non lu par mps » 13 mai 2009, 07:54:00

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Le problème c'est qu'apparemment, après avoir creusé un peu la question, je m'étais aperçu que même les principaux concernés par le travail dominical - les petits commerçant - étaient majoritairement contre cette proposition. D'après ce que leur lobby dit, c'est que cette mesure ne profiterait qu'à leur principal concurrent direct, la grande distribution. Il y a eu à l'époque aussi quelques arguments au sujet de la vie associative liée au repos le week-end, et aussi surtout un argument qui soutient qu'une fois le travail dominical généralisé, il ne sera plus du tout question d'être payé plus cher que les autres jours de la semaine (comme c'est le cas actuellement pour ceux qui travaillent ce jour-là). J'ai lu d'autres arguments mais je ne m'en souviens plus trop, ça commence à dater.

Bref ça a un peu tempéré mon ardeur. Ce qui me gène, fondamentalement, c'est que dans notre société il n'y a pas de liberté de choix lorsqu'un salarié signe un contrat de travail : avec près de 10% de chômage on ne peut pas se permettre de refuser de signer, on prend ce qu'on trouve et basta. Donc le volontariat, je n'y crois pas trop. Ou alors il faut avoir un CV et une belle carrière pour être en position d'imposer ses conditions de travail à son futur employeur.
 
Si tu pars du principe que le travail du dimanche sera toujours soit plantureusement sur-rémunéré, soit généreusement compensé, la plupart des réticences tombent. Ceci pour les vendeuses, par exemple, de très nombreuses professions travaillant le dimannche depuis toujours (spectacles, électricité, transports, hopitaux etc etc ...) Sans en faire tout un foin ...

La fermeture des commerces le dimanche est une invention des classes moyennes, dans leur aspect le plus ringard. En fait, c'est le week-end que beaucoup de petits commerces font leur meilleur chiffre !

J'ai encore le souvenir d'un vieux métis célibataire, qui tenait un micro commerce de dépanage près de chez mes parents. Un type doux et un peu triste entouré de quelques cigarettes, boites à conserves, chaussettes et autres articles hétéroclites. Il était principalement ouvert en soirée et le dimanche, et la clientèle se succédait danns sa boutique, lui apportant un chiffre suffisant, et surtout de la compagnie ... Puis, est venu cette loi ifernale de la fermetureobligatoire à 20 heures et le dimanche. Trois mois après, il était mort ...

Pour ce qui est de la liberté de choix dans le travail, c'est évidemment un leurre. Si tu entres dans une affaire de pompes funèbres, tu sais que tu devras à l'occasion prester en pleine nuit ; si tu travailles dans une boulangerie, n'espère pas pouvoir arriver à 9 heures : si tu es pilote, tu dois admettre que tu te lèveras 2 fois par semaine à 3 heures du matin, mais aussi que trois autres jours, tu voleras toute la nuit pour ne rentrer te coucher que vers 6 heures du mat.
Si tu es médecin hospitalier, tu auras des gardes de 48 heures non-stop. Et si tu veux 2 mois de vacances, mieux vaut être enseignant. Chaque métier a ses joies et ses servitudes.

J'ai mille fois constaté que ceux qui sont trop attentifs à leurs horaires sont de véritables handicapés de la vie !  Quand on s'intéresse à ce que l'on fait, on le fait bien. Quand on le fait bien, on en tire beaucoup de plaisir. et le plaisir n'est pas économe de son temps :?
Modifié en dernier par mps le 09 mai 2009, 21:05:00, modifié 1 fois.
C'est quand on a raison qu'il est difficile de prouver qu'on n'a pas tort. (Pierre Dac)

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