Chansons de luttes, autant de coups de coeur pour mézigue...

Vous avez un coup de g..... à passer sur notre société, ou tout simplement un coup de coeur venez le dire ici
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arthur
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Message non lu par arthur » 12 juin 2009, 22:52:00

"Allez les gars, combien on vous paie pour faire ça?" du GAM (Groupe d'Action Musicale), belgicain... mais oui ! malheureusement disparu aujourd'hui... nostalgie...


Allez les gars
[url=http://javascript:loadContent%28%27mainAreaartisti%27,%27artistaframe.php?id=1217&lang=it%27%29]G.A.M.[/url]


Oh, je n’oublierai pas devant nous, les casqués
Les fusils lance-grenades et les grands boucliers
Tout ça pour nous forcer quand nous n’avions pour nous
Que nos poings, le bon droit, et puis quelques cailloux.
D’abord on s’avançait en frappant dans les mains
Y en avait parmi eux de vraies têtes de gamins
Les regards s’affrontaient, face à face, de tout près
Eux devaient la boucler, nous pas, et on chantait:

Allez les gars combien on vous paye
Combien on vous paye pour faire ça
Allez les gars combien on vous paye
Combien on vous paye pour faire ça

Combien ça vaut, quel est le prix
De te faire détester ainsi
Par tous ces gens qu’tu connais pas
Qui sans ça n’auraient rien contre toi
Tu sais nous on n’est pas méchants
On ne grenade pas les enfants
On nous attaque, on se défend
Désolé si c’est toi qui prends

Pense à ceux pour qui tu travailles
Qu’on n’voit jamais dans la bataille
Pendant qu’ tu encaisses des cailloux
Empain-Schneider ramasse les sous
Avoue franchement, c’est quand même pas
La vie qu’t’avais rêvé pour toi,
Cogner des gens pour faire tes heures
T’aurais mieux fait d’rester chômeur.

Je ne me fais guère d’illusions
Sur la portée de cette chanson
Je sais qu’tu vas pas hésiter
Dans deux minutes à m’castagner
Je sais qu’tu vas pas hésiter
T’es bien dressé, baratiné,
Mais au moins j’aurai essayé
Avant les bosses de te causer.
Modifié en dernier par arthur le 14 juin 2009, 22:51:00, modifié 1 fois.
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arthur
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Message non lu par arthur » 12 juin 2009, 23:06:00

Binamé... un groupe anarcho-punk... belgicain... oui, encore ! il interprète notamment "Juillet 1936" de Serge Utge-Royo...




Juillet 1936

Juillet 1936 dans les casernes catalanes
La mort bute sur les milices et le peuple compte ses armes
Dans les villages et les hameaux les paysans groupent les terres
En un seul et riche morceau et passe le vent libertaire

Je pense à vous vieux compagnons dont la jeunesse est à la douane
et pardonnez si ma chanson vous refait mal à votre Espagne
Mais j'ai besoin de vous apprendre j'ai envie de vous ressembler
Je gueulerai pour qu'on entende ce que vous m'avez enseigné

Donne-moi ta main camarade
Prête-moi ton coeur compagnon
Nous referons les barricades
Comme hier la Confédération

A quelques heures de Barcelone se sont groupés des menuisiers
Et sans patron tout refonctionne, on sourit dans les ateliers
Sur la place de la mairie qu'on a changé en maternelle
Des femmes ont pris la blanchisserie et sortent le linge au soleil

Donne-moi ta main camarade
Prête-moi ton coeur compagnon
Nous referons les barricades
Et la vie, nous la gagnerons

Tandis que quelques militaires font leur métier de matadors
Des ouvriers, des ouvrières détruisent une prison d'abord
Là-bas, c'est la mort qui s'avance tandis qu'ici: Ah madame c'est l'Anarchie !
La liberté dans l'espérance il ont osé la vivre aussi

Dame tu mano companero
I presta me tu corazon
Barricadas leventaremos
Como ahier la Confederacion

Serge Utge-Royo
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racaille
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Message non lu par racaille » 13 juin 2009, 15:18:00

Personnellement j'écoute beaucoup de musique instrumentale ou apolitique. Je n'aime pas trop la chanson engagée, pas plus celle de Manu chao que celle de Michel Sardou :)

J'ai juste un faible pour quelques belles chansons engagées de Léo Ferré mais c'est dit avec des mots si sublimes que ça passe. Quelques extraits du (très) long texte de Il n'y a plus rien (1973) :
Je suis un nègre blanc qui mange du cirage
Parce qu'il se fait ch... à être blanc, ce nègre,
Il en a marre qu'on lui dise: " Sale blanc!"

A Marseille, la sardine qui bouche le Port
Était bourrée d'héroïne
Et les hommes-grenouilles n'en sont pas revenus...
Libérez les sardines
Et y'aura plus de mareyeurs!

Si tu savais ce que je sais
On te montrerait du doigt dans la rue
Alors il vaut mieux que tu ne saches rien
Comme ça, au moins, tu es peinard, anonyme, Citoyen!

Tu as droit, Citoyen, au minimum décent
A la publicité des enzymes et du charme
Au trafic des dollars et aux traficants d'armes
Qui traînent les journaux dans la boue et le sang
Tu as droit à ce bruit de la mer qui descend
Et si tu veux la prendre elle te fera du charme
Avec le vent au cul et des sextants d'alarme
Et la mer reviendra sans toi si tu es méchant

Les mots... toujours les mots, bien sûr!
Citoyens! Aux armes!
Aux pépées, Citoyens! A l'Amour, Citoyens!
Nous entrerons dans la carrière quand nous aurons cassé la g..... à nos ainés!
Les préfectures sont des monuments en airain... un coup d'aile d'oiseau ne les entame même pas... C'est vous dire!

Nous ne sommes même plus des juifs allemands
Nous ne sommes plus rien

Il n'y a plus rien
Les mots, nous leur mettons des masques, un bâillon sur la tronche
A l'encyclopédie, les mots!
Et nous partons avec nos cris!
Et voilà!

Il n'y a plus rien... plus, plus rien

Je suis un chien?
Perhaps!
Je suis un rat
Rien

Avec le coeur battant jusqu'à la dernière battue

Nous arrivons avec nos accessoires pour faire le ménage dans la tête des gens:
"Apprends donc à te coucher tout nu!
"Fous en l'air tes pantoufles!
"Renverse tes chaises!
"Mange debout!
"Assois-toi sur des tonnes d'inconvenances et montre-toi à la fenêtre en gueulant des gueulantes de principe

Si jamais tu t'aperçois que ta révolte s'encroûte et devient une habituelle révolte, alors,
Sors
Marche
Crève
Baise
Aime enfin les arbres, les bêtes et détourne-toi du conforme et de l'inconforme
Lâche ces notions, si ce sont des notions
Rien ne vaut la peine de rien

Il n'y a plus rien... plus, plus rien

Invente des formules de nuit: CLN... C'est la nuit!
Même au soleil, surtout au soleil, c'est la nuit
Tu peux crever... Les gens ne retiendront même pas une de leur inspiration.
Ils canaliseront sur toi leur air vicié en des regrets éternels puant le certificat d'études et le catéchisme ombilical.
C'est vraiment dégueulasse
Ils te tairont, les gens.
Les gens taisent l'autre, toujours.
Regarde, à table, quand ils mangent...
Ils s'engouffrent dans l'innommé
Ils se dépassent eux-mêmes et s'en vont vers l'ordure et le rot ponctuel!

La ponctuation de l'absurde, c'est bien ce renversement des réacteurs abdominaux, comme à l'atterrissage: on rote et on arrête le massacre.
Sur les pistes de l'inconscient, il y a des balises baveuses toujours un peu se souvenant du frichti, de l'organe, du repu.

Mes plus beaux souvenirs sont d'une autre planète
Où les bouchers vendaient de l'homme à la criée

Moi, je suis de la race ferroviaire qui regarde passer les vaches
Si on ne mangeait pas les vaches, les moutons et les restes
Nous ne connaîtrions ni les vaches, ni les moutons, ni les restes...
Au bout du compte, on nous élève pour nous becqueter
Alors, becquetons!
Côte à l'os pour deux personnes, tu connais?
Quand je vois un couple dans la rue, je change de trottoir

Te marie pas
Ne vote pas
Sinon t'es coincé

Elle était belle comme la révolte
Nous l'avions dans les yeux,
Dans les bras dans nos futals
Elle s'appelait l'imagination

Elle dormait comme une morte, elle était comme morte
Elle sommeillait
On l'enterra de mémoire

Dans le cocktail Molotov, il faut mettre du Martini, mon petit!

Transbahutez vos idées comme de la drogue... Tu risques rien à la frontière
Rien dans les mains
Rien dans les poches

Tout dans la tronche!

- Vous n'avez rien à déclarer?
- Non.
- Comment vous nommez-vous?
- Karl Marx.
- Allez, passez!

Nous partîmes... Nous étions une poignée...
Nous nous retrouverons bientôt démunis, seuls, avec nos projets d'imagination dans le passé
Écoutez-les... Écoutez-les...
Ça rape comme le vin nouveau
Nous partîmes... Nous étions une poignée
Bientôt ça débordera sur les trottoirs
La parlote ça n'est pas un détonateur suffisant
Le silence armé, c'est bien, mais il faut bien fermer sa g........
Toutes des concierges!
Écoutez-les...

Il n'y a plus rien

Si les morts se levaient?
Hein?

Nous étions combien?
Ça ira!

La tristesse, toujours la tristesse...

Ils chantaient, ils chantaient...
Dans les rues...

Te marie pas Ceux de San Francisco, de Paris, de Milan
Et ceux de Mexico
Bras dessus bras dessous
Bien accrochés au rêve

Ne vote pas
Que les pères et les mères
Que ceux qui t'ont fait
Que ceux qui ont fait tous les autres
Que les "monsieur"
Que les "madame"
Que les "assis" dans les velours glacés, soumis, mollasses
Que ces horribles magasins bipèdes et roulants
Qui portent tout en devanture
Tous ceux-là à qui tu pourras dire:

Monsieur!
Madame!

Laissez donc ces gens-là tranquilles
Ces courbettes imaginées que vous leur inventez
Ces désespoirs soumis
Toute cette tristesse qui se lève le matin à heure fixe pour aller gagner VOS sous,
Avec les poumons resserrés
Les mains grandies par l'outrage et les bonnes moeurs
Les yeux défaits par les veilles soucieuses...
Et vous comptez vos sous?
Pardon.... LEURS sous!

Ce qui vous déshonore
C'est la propreté administrative, écologique dont vous tirez orgueil
Dans vos salles de bains climatisées
Dans vos bidets déserts
En vos miroirs menteurs...

Vous faites mentir les miroirs
Vous êtes puissants au point de vous refléter tels que vous êtes
Cravatés
Envisonnés
Empapaoutés de morgue et d'ennui dans l'eau verte qui descend
des montagnes et que vous vous êtes arrangés pour soumettre
A un point donné
A heure fixe
Pour vos narcissiques partouzes.
Vous vous regardez et vous ne pouvez même plus vous reconnaître
Tellement vous êtes beaux
Et vous comptez vos sous
En long
En large
En marge
De ces salaires que vous lâchez avec précision
Avec parcimonie
J'allais dire "en douce" comme ces aquilons avant-coureurs et qui racontent les exploits du bol alimentaire, avec cet apparat vengeur et nivellateur qui empêche toute identification...
Je veux dire que pour exploiter votre prochain, vous êtes les champions de l'anonymat.
Les révolutions? Parlons-en!
Je veux parler des révolutions qu'on peut encore montrer
Parce qu'elles vous servent,
Parce qu'elles vous ont toujours servis,
Ces révolutions de "l'histoire",
Parce que les "histoires" ça vous amuse, avant de vous intéresser,
Et quand ça vous intéresse, il est trop tard, on vous dit qu'il s'en prépare une autre.
Lorsque quelque chose d'inédit vous choque et vous gêne,
Vous vous arrangez la veille, toujours la veille, pour retenir une place
Dans un palace d'exilés, entouré du prestige des déracinés.
Les racines profondes de ce pays, c'est Vous, paraît-il,
Et quand on vous transbahute d'un "désordre de la rue", comme vous dites, à un "ordre nouveau" comme ils disent, vous vous faites greffer au retour et on vous salue.

Depuis deux cent ans, vous prenez des billets pour les révolutions.
Vous seriez même tentés d'y apporter votre petit panier,
Pour n'en pas perdre une miette, n'est-ce-pas?
Et les "vauriens" qui vous amusent, ces "vauriens" qui vous dérangent aussi, on les enveloppe dans un fait divers pendant que vous enveloppez les "vôtres" dans un drapeau.

Vous vous croyez toujours, vous autres, dans un haras!
La race ça vous tient debout dans ce monde que vous avez assis.
Vous avez le style du pouvoir
Vous en arrivez même à vous parler à vous-mêmes
Comme si vous parliez à vos subordonnés,
De peur de quitter votre stature, vos boursouflures, de peur qu'on vous montre du doigt, dans les corridors de l'ennui, et qu'on se dise: "Tiens, il baisse, il va finir par se plier, par ramper"
Soyez tranquilles! Pour la reptation, vous êtes imbattables; seulement, vous ne vous la concédez que dans la métaphore...
Vous voulez bien vous allonger mais avec de l'allure,
Cette "allure" que vous portez, Monsieur, à votre boutonnière,
Et quand on sait ce qu'a pu vous coûter de silences aigres,
De renvois mal aiguillés
De demi-sourires séchés comme des larmes,
Ce ruban malheureux et rouge comme la honte dont vous ne vous êtes jamais décidé à empourprer votre visage,
Je me demande comment et pourquoi la Nature met
Tant d'entêtement,
Tant d'adresse
Et tant d'indifférence biologique
A faire que vos fils ressemblent à ce point à leurs pères,
Depuis les jupes de vos femmes matrimoniaires
Jusqu'aux salonnardes équivoques où vous les dressez à boire,
Dans votre grand monde,
A la coupe des bien-pensants.
Etc... :)
Modifié en dernier par racaille le 14 juin 2009, 22:51:00, modifié 1 fois.
Ce qui distingue principalement l'ère nouvelle de l'ère ancienne, c'est que le fouet commence à se croire génial. K M

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Message non lu par arthur » 13 juin 2009, 20:56:00

Merci, Racaille, pour ces textes...

Et pour rester avec Ferré... puis-je te proposer le texte de cette chanson? Je t'avouerai que c'est ma préférée...





Les Anarchistes



Y'en a pas un sur cent et pourtant ils existent
La plupart Espagnols allez savoir pourquoi
Faut croire qu'en Espagne on ne les comprend pas
Les anarchistes

Ils ont tout ramassé
Des beignes et des pavés
Ils ont gueulé si fort
Qu'ils peuv'nt gueuler encor
Ils ont le cœur devant
Et leurs rêves au mitan
Et puis l'âme toute rongée
Par des foutues idées

Y'en a pas un sur cent et pourtant ils existent
La plupart fils de rien ou bien fils de si peu
Qu'on ne les voit jamais que lorsqu'on a peur d'eux
Les anarchistes

Ils sont morts cent dix fois
Pour que dalle et pourquoi ?
Avec l'amour au poing
Sur la table ou sur rien
Avec l'air entêté
Qui fait le sang versé
Ils ont frappé si fort
Qu'ils peuv'nt frapper encor

Y'en a pas un sur cent et pourtant ils existent
Et s'il faut commencer par les coups d' pied au cul
Faudrait pas oublier qu' ça descend dans la rue
Les anarchistes

Ils ont un drapeau noir
En berne sur l'Espoir
Et la mélancolie
Pour traîner dans la vie
Des couteaux pour trancher
Le pain de l'Amitié
Et des armes rouillées
Pour ne pas oublier

Qu'y'en a pas un sur cent et qu' pourtant ils existent
Et qu'ils se tiennent bien bras dessus bras dessous
Joyeux et c'est pour ça qu'ils sont toujours debout
Les anarchistes
Modifié en dernier par arthur le 14 juin 2009, 22:51:00, modifié 1 fois.
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Message non lu par racaille » 20 juin 2009, 19:02:00

Elle est sympa et l'orchestration porte les paroles très loin.

Toujours chez Ferré j'adore "Et basta", mais je vais pas poster le texte ici étant donné qu'il parle sans discontinuer durant plus d'une demi-heure :D
Modifié en dernier par racaille le 14 juin 2009, 22:51:00, modifié 1 fois.
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Message non lu par arthur » 20 juin 2009, 23:10:00

Une bien belle chanson d'une chouette chanteuse liégeoise... qu'elle a interprétée lors d'une Contreurovision (sans concours !) et qui ne connut hélas que deux éditions...

De Jemeppe à Jupille

Paroles de Jacques Delcuvelerie

Interprétée par Christiane Stéfanski

Ce qui est terrible, peut aussi être beau
Quand je vais à l’usine, quand je vais au boulot

Je regarde les ruines de ce pays si beau
De Jemeppe à Jupille, pays des métallos

Et d’Herstal à Flémalle, c’est pas bien rigolo :
La fumée des usines, la fumée des autos,

Le grondement des machines, la crasse du haut fourneau
Le four à coke empoisonne et l’aciérie crado

Entre les grosses péniches chargées au ras de l’eau
Traîne le brouillard jaune, la pluie tombe en rideau

Et les saisons défilent sans changer l’horizon
La brique noire et la tuile, neuf mois d’automne, c’est long

L’humidité achève l’ancien mineur de fond
Ailleurs la pluie est belle, ici c’est du poison

Comme les eaux de la Meuse ici un bien beau pays

Le rouge qui coule de l’acier en fusion
La tôle qui roule sur les gros camions
Les flammes qui éclatent, bûcher de la nuit
Les lampes qui flambent du train qui s’enfuit
Quels bruits de tôles donnent satellites et fusées
Turbines monstrueuses, usines climatisées
Dans le feu, le tonnerre, l’enfer des ateliers
Les sept merveilles du monde naissent des bras de l’ouvrier

Mais là où il habite tout est sale, tout est laid
Et sur les murs des villes, y’a jamais son portrait

Jusqu’à Namur la Meuse regorgeait de beautés
Jardins, vallons et plaines et collines boisées

Aujourd’hui rien ne reste, les monts sont éventrés
Partout : déchets chimiques et terrils encrassés

Le capital aveugle par ici est passé
Mais faut pas croire, camarade, que le progrès c’est ça

Peut y avoir des fabriques sans qu’on vive dans la crasse
Bien sûr pas en Belgique tant que règnent les bourgeois

Mais ce sera autre chose quand tous les travailleurs
Reprendront les usines des mains des exploiteurs

Quand je vais à l’usine, quand je vais au boulot
Je regarde les ruines de ce pays si beau

Mais sous la tôle pourrie
Des grands halls de machines

Mille poings se dressent aujourd’hui
Qui demain seront cent mille

De Jemeppe à Jupille, pays des métallos
Ce qui est terrible un jour deviendra beau.
Modifié en dernier par arthur le 14 juin 2009, 22:51:00, modifié 1 fois.
Si les élections pouvaient changer le système, il y a longtemps qu'elles seraient supprimées...

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lambertini
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Message non lu par lambertini » 03 juil. 2009, 23:16:00

jaime bien ses chansons, daumage que je ne les connaises pas sauf leo Ferré , un homme de coeur qui a aussi chanter pour nous.
Modifié en dernier par lambertini le 14 juin 2009, 22:51:00, modifié 1 fois.
la caravane passe et les chiens aboient

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