Vers une baisse des marges de la grande distribution ?

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politicien
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Message non lu par politicien » 13 juin 2009, 18:35:00

Bonjour,

Il faut que la grande distribution joue le jeu de la transparence." Face au blocage des plates-formes de supermarchés par les agriculteurs, Michel Barnier, leur ministre de tutelle, a tenté jeudi de calmer le jeu. Il s'est dit prêt à envoyer des inspecteurs du ministère des Finances dans les enseignes, un geste jugé insuffisant par les Jeunes Agriculteurs et la FNSEA, à l'origine de la contestation. Les deux syndicats agricoles appellent à poursuivre le mouvement.

Ils entendent dénoncer les marges des distributeurs et les effets pervers de la loi LME, qui favoriserait l'opacité des prix en encourageant des discussions déséquilibrées avec les fournisseurs. Adoptée en juillet 2008, la disposition était censée permettre aux grandes enseignes de faire baisser le prix final payé par le consommateur. Rapporteur UMP de la loi à l'Assemblée nationale, Jean-Paul Charié reconnaît : "En 10 à 15 ans, le transfert des profits des agriculteurs et industries agroalimentaires vers la grande distribution est indéniable. Hier, 15 % de marge suffisaient aux grandes surfaces. Aujourd'hui, 25 % est leur minimum !" Et de viser plus particulièrement certaines enseignes comme Leclerc qui "prétend de manière fausse pouvoir être toujours le moins cher" du secteur. Selon lui, l'État va s'attaquer aux négociations abusives pour éviter qu'une enseigne ne réclame aux fournisseurs "X % de remise sans aucune contrepartie". Des pratiques qui n'ont cependant rien à voir avec la loi LME, affirme-t-il. Celle-ci impose, selon le rapporteur de la loi, un "juste équilibre entre fournisseurs et revendeurs".

En février, la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (Fnsea) et l'UFC-Que Choisir ont adressé mercredi des lettres en ce sens à la ministre de l'Economie Christine Lagarde et au ministre de l'Agriculture Michel Barnier, tutelles de l'Observatoire. Les deux organisations demandent que l'Observatoire «étudie en urgence la construction des prix du lait, des fruits et légumes de saison, du jambon ainsi que des viandes fraîches de boeuf, de porc et de volaille».

Elles demandent également que l'observatoire  «quantifie et rende publiques les marges nettes réalisées à chaque étape de la filière et pour chaque circuit de commercialisation (grandes surfaces, hard discount et petits détaillants)».   Enfin, la Fnsea et l'UFC souhaitent que l'Observatoire «assure un rôle d'alerte lorsque les marges progressent de manière inexpliquée». la Fnsea et l'UFC-Que Choisir rappellent que le rapport du secrétaire d'Etat chargé de la prospective, Eric Besson, publié en décembre, avait souligné les «marges importantes» réalisées par la distribution. Il citait notamment l'exemple d'une marge nette de 26% sur le porc.   Il signalait aussi de «fortes prises de marges» pour certains fruits et légumes, comme la tomate et la pomme. Fin janvier, une enquête de l'UFC-Que Choisir mettait en exergue «un écart grandissant sur les 18 dernières années entre les prix agricoles et les prix en rayon des viandes de boeuf, de porc et de volaille».    Le gouvernement a annoncé qu'il allait "généraliser les contrôles" sur les prix dans la grande distribution et "sanctionner quand il le faudra", après une rencontre avec des représentants des agriculteurs qui protestent contre les marges des grandes surfaces. Une "brigade de contrôle" composée d'inspecteurs et contrôleurs de la Direction générale de la concurrence et de la consommation (DGCCRF) va être créée à cet effet.
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Qu'en pensez vous ? Pensez vous que la grande distribution fait de grosse marge ? Le producteur et le consommateur seraient ils les grand perdants ?

A plus tard,
Modifié en dernier par politicien le 13 juin 2009, 19:52:00, modifié 1 fois.
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Georges
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Message non lu par Georges » 13 juin 2009, 18:39:00

Tu oublies les salariés qui sont presque tous au SMIC et à temps partiel.

Je suis pour l'encadrement des marges des distributeurs, mais aussi des banques, des assureurs, des pétroliers...
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artragis
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Message non lu par artragis » 13 juin 2009, 19:38:00

Tu oublies les salariés qui sont presque tous au SMIC et à temps partiel.
Je ne comprends pas le raisonnement qui a fait intervenir les salariers dans votre intervention. (je ne dis pas qu'ils ne sont pas important, juste que je ne comprends pas en quoi ce que vous dites fait avancer le topic)

Sinon, puisque ce sont les agriculteurs qui relancent les manifestation à cause des marges voici un petit historique du "lait dans les rues"
La France est grande productrice laitière et de produits laitiers, si bien que les élevages sont nombreux même s'ils ne sont pas de grande taille.
Il y a quelques années de cela, la politique agricole commune obligeait les producteurs laitiers à amoidrire leur production. Au début cela se passa sans trop de perte, mais la France et l'élevage laitier c'est un vieux couple et la France et pionnière et surtout meilleure au monde dans le domaine de la génétique animale et de l'assémination artificielle dans le but de créer des bêtes plus rentables. Résultat une production qui s'accroit de plus en plus.
Après les revers de la vache folle apportée par nos amis anglais, les élevages laitiers reprennent du poil de la bête et là la PAC redevient embêtante :
Les quotas imposés sont trop fort (en somme ils limitent trop la production) et même sans pousser la production à plein, le gâchi est important, déclarer un surplus de production c'est s'attirer des amendes extrêmement chères... Et, le saviez vous? Si vous donnez votre surplus au resto du coeur ou autre association caritative, non seulement vous ne receverez pas de réduction d'impôt mais en plus vous aurez une amende pour dépassement de quotas. Depuis aucune route de campagne ne se plaint d'avoir soif.
Depuis peu, les quotas ont été élargis pour répondre à la demande en lait croissante. Seulement leur élargissement aété très mal calculé, et sous fond de crise, après 1 mois, 6 semaines dans le meilleur des cas de prospérité, le prix du lait a chuté très fortement car il y avait moins de demande que de production...
Résultat, les grandes surfaces achètent un lait 15/20 centimes le litre... et le revendent plus d'un euro, sachant que le lait, étant produis frais, pasteurisé, ne passe que par UN SEUL intermédiaire au MAXIMUM. Les marges pratiquées sont donc énormes.
Il faut savoir aussi que si le lait a baissé très fortement chez le producteur, en grande surface, il a baissé de très peu, suivant un mouvement de désinflation (cf les chiffres donnés par libre penseur dans les sujets concernés)
Là c'est la première grogne.
Autre chose, la marque la moins chere.com (pas le droit de faire de pub ouverte) a vu ses prix baisser TRES LEGEREMENT PLUS... Cependant, il fut avéré qu'elle négocie avec les producteurs un contrat de dupe sans lequel les producteurs ne vendraient pas leur lait (la concurence étant déjà prise par les fournisseurs d'avant la crise du lait), donc attention à ce qu'on voit sur le net.


Maintenant, la grogne des consommateur en général, et donc d'UFC que choisir? (mais c'est quoi ce nom à coucher debout?) : C'est une grogne rémanente en période de crise. Qui se soucie des marges en période normale? Cf les soldes (je rappelle que lors de ces périodes les distributeurs font des BENEFICES... c'est dire.). Par contre il est vrai qu'un plafonnement des marges (un plafonnement pas trop bas, n'oublions pas que la population a tendance à être de plus en plus grande...) serait souhaitable, mais attention aux contreparties qui seront exigées, si ce n'est pas à l'état, aux consommateurs (qu'on finira peut être par appeler clients... peut être...).
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Message non lu par Georges » 13 juin 2009, 20:55:00

Si les grandes surfaces baissent leurs marges, ils compensent comment ? Ils n'ont pas beaucoup de choix ou ils baissent les bénéfices des actionnaires ou ils bloquent les salaires. Facile à comprendre quel sera leur choix.
Modifié en dernier par Georges le 13 juin 2009, 19:52:00, modifié 1 fois.

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Message non lu par artragis » 13 juin 2009, 21:02:00

j'ai juste une question plus "technique", les marges sont calculées selon un pourcentage (style 30% du cout de départ) ou selon une valeur fixe (style j'ajoute 30cents.)?
Modifié en dernier par artragis le 13 juin 2009, 19:52:00, modifié 1 fois.
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Message non lu par wesker » 16 juin 2009, 10:10:00

L'Etat n'a pas pour mission de verifier les marges des acteurs économiques mais se doit, en revanche de veiller que les conditions d'une concurrence loyale soit appliquée....EN l'occurrence, il convient effectivement de s'interroger sur le pouvoir de négocation dont dispose les grandes surfaces au detriment des autres acteurs.
Modifié en dernier par wesker le 13 juin 2009, 19:52:00, modifié 1 fois.

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Message non lu par politicien » 17 juin 2009, 07:09:00

Bonjour,

Agriculteurs, distributeurs, industriels et consommateurs se retrouvent, mercredi 17 juin au matin, suite à la grogne des agriculteurs qui dénoncent les marges réalisées par la grande distribution.
Cette rencontre, réclamée par la FNSEA, se tient sous l'égide du ministre de l'Agriculture, Michel Barnier, et du secrétaire d'Etat à la consommation, Luc Chatel.
Cette réunion a été décidée après le blocage de plateformes d'approvisionnement des grandes surfaces la semaine dernière. A partir de jeudi soir, au plus fort du mouvement, une quarantaine de bases logistiques avait été bloquée par les agriculteurs pendant 48 heures.

Est-ce que les parties vont pouvoir se mettre d'accord ? Et enfin vraiment discuter ?

A plus tard,
Modifié en dernier par politicien le 13 juin 2009, 19:52:00, modifié 1 fois.
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Message non lu par mps » 17 juin 2009, 07:21:00

L'Etat n'a pas pour mission de verifier les marges des acteurs économiques mais se doit, en revanche de veiller que les conditions d'une concurrence loyale soit appliquée....
Tout à fait exact !

La grande distribution a un tas de défauts ( paiements des fournisseurs avec des délais infernaux notamment), mais on ne peut pas dire que le secteur soit prospère.

De plus en plus, elle tente de faire survivre ses hypermarchés des revenus de ses franchises de quartier.

Et de limiter ses coûts par des compressions de personnel.
ce sont les fournisseurs qui doivent mettre en rayons, et on ne trouve plus un employé pour se renseigner.

On épilogue sans cesse sur ses marges, ... mais les produits y sont bien moins chers que dans le petit commerce, ne l'oublions pas.

Alors, prudence dans l'interventionisme.
Modifié en dernier par mps le 13 juin 2009, 19:52:00, modifié 1 fois.
C'est quand on a raison qu'il est difficile de prouver qu'on n'a pas tort. (Pierre Dac)

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Message non lu par wesker » 17 juin 2009, 10:43:00

Oui, enfin, des enseignes telles que Carrefour ne sont toutefois pas à plaindre lorsqu'on voit par exemple les rénumérations des dirigeants de l'entreprises alors même que ces derniers ne sont pas des entrepreneurs et ne se contentent de gérer, de manager les fonds investis par des actionnaires fluctuants, et dont le capital change de main tout les mois rendant donc toute stratégie d'entreprise, nécessairement sur le long terme difficile à mettre en place.

Quant aux petits commerces, cher mps, ce n'est pas toujours exact...Par exemple en matière de jeux videos, les grandes surfaces sont plus chères que les petits commerçants spécialisés d'une part et enfin ces derniers participent au lien social et sont créateurs d'emplois....Dès lors je suis hostile à les voir disparaître sur caprice de l'Elysée.

Lis donc un peu le livre de Thierry Desjardins "Sarkozy : ses balivernes et ses fanfaronnades"...Ca te fera du bien car ca te montrera la réalité de la politique socialisante de Sarkozy, loin des promesses et des attentes ainsi que son comportement.
Modifié en dernier par wesker le 13 juin 2009, 19:52:00, modifié 1 fois.

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