Les ménages finiraient les fins de mois avec un crédit

venez parler des sujets de société qui vous concerne ( drogue, alcool, avortement...)
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politicien
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Message non lu par politicien » 14 juin 2009, 18:19:00

Bonjour,

Plus de 9 millions de ménages détiennent un crédit à la consommation. Avec la crise, cet outil se voit fréquemment affecté à la gestion courante. Les crédits renouvelables représentent 85% des dossiers de surendettement.   
Fin novembre 2008, 52,6% des ménages français, soit près de 14 millions, détenaient un crédit, dont 5,7 millions un crédit à la consommation, 5 millions un crédit immobilier et 3,35 millions les deux, d'après l'Observatoire des crédits aux ménages. Au total, 9,05 millions (33,8%) de ménages sont endettés au titre des différentes formes de crédit à la consommation (hors découvert).

En règle générale, le recours aux différents types de crédit (voir encadré) sert à financer de gros achats auxquels les ménages n'auraient pas pu prétendre grâce à leur seule épargne. Ainsi, les ménages s'endettent à court terme pour réaliser rapidement un projet : travaux, remplacement de la voiture, équipement du logement, voyage, etc.. "Toutefois, apparaît ces dernières années un recours au crédit pour un certain nombre de ménages, qui relève moins d'un choix que d'une obligation pour maintenir un niveau de vie et pour financer leurs dépenses incompressibles (vie courante, logement, santé)", souligne l'association UFC-Que Choisir.

Surtout des ménages modestes
S'agissant du crédit revolving, un rapport paru en décembre pointe une "sur-représentation des emprunteurs appartenant aux classes populaires", dont les revenus annuels sont compris entre 11.400 et 21.000 euros; c'est-à-dire principalement les ouvriers et les retraités. Selon la Banque de France, plus de 932.000 dossiers ont été déposés auprès des commissions de surendettement ces cinq dernières années (186.400 par an en moyenne).

La ministre de l'Economie, Christine Lagarde, vient de proposer un texte de loi qui vise à mieux encadrer (fichier, taux d'usure, conditions d'attribution) le crédit à la consommation. Il est en cours d'examen au Sénat.

Depuis le début de l'année, le nombre de dépôts a progressé de 16% par rapport à la même période de 2008. Sur ce total, 784.000 ont été acceptés. L'endettement moyen par dossier est de 39.500 euros. Les crédits renouvelables sont présents dans 85% des dossiers, contre 9% pour les crédits à l'habitat.

3 types de crédits :
- Le prêt personnel sert à financer tout type de projets. Le capital est remboursé. Le montant emprunté, la durée et le taux (entre 4,5 et 9,5%, selon le montant et la durée) sont fixes. 

- Le crédit renouvelable (revolving, permanent ou réserve d'argent) est le deuxième en termes d'encours, avec 33 milliards d'euros. L'organisme de crédit met à la disposition du client une somme qu'il peut utiliser, en totalité ou partiellement, quand il le souhaite. Elle se renouvelle au fur et à mesure des remboursements. Les taux pratiqués pour ce type de crédit varient entre 13% et 20% (hors offre promotionnelle).

- Le crédit affecté est destiné à l'achat d'un bien déterminé, pour lequel le montant emprunté et toutes les caractéristiques sont déterminés à la souscription.

Qu'en pensez vous ?
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PatJol
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Message non lu par PatJol » 14 juin 2009, 18:57:00

Le surendettement est un des plus gros problèmes de notre société.
La responsabilité est partagée entre les établissements de crédit qui devraient vérifier la solvabilité de leurs emprunteurs et les emprunteurs qui cachent une partie de leurs dettes pour que leur crédit leur soit accordé, même si ça fait plus de 33 % de leurs revenus.

 
 La semaine dernière Christine Lagarde s'est attaquée à un sujet qui me semble très important (trop) pour beaucoup de Français : Le crédit à la consommation, et plus particulièrement le révolving.
Ces crédits révolving pourrissent la vie de beaucoup de Français.  plus des trois quarts des dossiers de surendettement comportent un crédit révolving. C'est un système très pernicieux : Présentés au départ comme un moyen de payer ce dont on rève, ça devient vite un cercle vicieux, un crédit servant à honorer les échéances d'un autre crédit. Les banques proposent des "réserves d'argent" qui n'ont rien à voir avec des réserves. Ce sont des autorisations pour emprunter un peu plus, sachant que le crédit sera hors de prix : Les taux constatés oscillent couramment entre 15 et 20 % ! Qui ne connaît personne qui est tombé dans ce piège ? Il faut savoir que ce sont les grandes banques françaises qui vous proposent ces crédits. Derrière les Sofinco, finaref, médiatis et autres il y a toujours une grande banque française. Aujourd'hui ces banques accordent même ce genre de "réserve" à leurs clients qui n'ont rien demandé. Aujourd'hui, même certaines cartes de fidélité de magasins englobent du crédit révolving.
En fait, ces crédits peuvent être utiles, mais comme avance de trésorerie. Quand on a un besoin ponctuel d'argent et qu'on attend une rentrée d'argent certaine qui permettra de rembourser. Ce n'est pas fait pour s'offrir ce dont on rêve, encore moins pour rembourser un crédit.

Face à ce phénomène, voyons ce que notre ministre nous a proposé :

    * La durée des remboursements restante devra être précisée. J'imagine qu'il s'agit de la durée restante dans le cas où on ne reprend plus d'argent proposé par la "réserve". Je ne comprends même pas comment il était possible de ne pas informer sur la durée du crédit ! J'ajoute que les banques devraient aussi informer sur la part de remboursement et celle des intérêts, le coût total du crédit.
    * La commission bancaire verra son rôle renforcé, pour devenir une sorte de gendarme du crédit à la consommation. Bah oui, là encore on part de loin. S'il n'y a pas de contrôle, tout est permis ! Mais encore faut-il définir des règles plus strictes...
    * Il y aura un minimum de remboursement du capital dans les mensualités. Là j'applaudis des deux mains : Quand on prend un crédit, le but est de le terminer. Et le plus vite possible. Il faut donc que les mensualités servent plus à rembourser le capital qu'à engraisser la banque avec les intérêts.
    * Les établissements de crédit devront vérifier la solvabilité de l'emprunteur et consulter le fichier des incidents de remboursement. Là j'attends de voir concrètement de quoi il s'agit. Le fichier des incidents de remboursement, ce n'est pas suffisant. Le but n'est pas d'attendre que l'emprunteur ne rembourse plus pour arrêter d'en rajouter. Le but est déviter d'en arriver là.
      Vérifier la solvabilité de l'emprunteur, c'est le point crucial. Aujourd'hui il suffit de déclarer qu'on n'a pas ou peu de crédits pour être accepté. Si on en reste  du déclaratif, le problème restera entier. Un peu comme pour un crédit immobilier, en plus des fiches de paie il faut présenter 3 mois de relevés de compte, de manière à avancer les preuves des charges qu'on déclare payer. Et, bien sûr, se limiter aux 33 % d'endettementmaximum (loyer compris)
    * Des sanctions civiles, pénales et d'interdiction de distribuer du crédit sont prévues en cas d'entorse aux règles. C'est excellent. Ces règles sont faites pour protéger le consommateur, et leur non-respect peut être dramatique pour ce consommateur.

Aujourd'hui les associations de consommateur dénoncent une réforme a minima. Elles ont certainement raison, le problème est de grande ampleur et dans le domaine je ne crois qu'aux grands moyens. Peut-être un fichier de tous les crédits, pas seulement des incidents de remboursement. Certains diront certainement que la limitation du crédit risque de nuire à la croissance notamment en limitant le chiffre d'affaires de la distribution. Je leur répondrai qu'il y a du bon chiffre d'affaires, mais aussi du mauvais. Et ce qui mène au surendettement du consommateur, c'est du mauvais chiffre d'affaires.
Le Haut Commissaire aux solidarités actives, Martin Hirsch, est allé dans le sens des associations, jugeant que "la fidélité ce n'est pas la soumission". "Il faudra convaincre la distribution que ce n'est pas aller à l'encontre de la consommation", a-t-il déclaré. Christine Lagarde a précisé que la consultation des associations de consommateurs "va nous amener sans doute à peaufiner, à améliorer un peu le texte".

Décidement il me plaît, ce Hirsch !


http://politique-blog.over-blog.fr/arti ... 95141.html
Dans une discussion, le difficile, ce n'est pas de défendre son opinion, c'est de la connaître.
André Maurois

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Libre penseur
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Message non lu par Libre penseur » 14 juin 2009, 23:00:00

Il faudrait tout simplement supprimer le crédit revolving, ou limiter le taux variable  à 8-10%.

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mps
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Message non lu par mps » 15 juin 2009, 07:26:00

En ce qui concerne les crédits d'investissements, tels ceux destinés à acheter ue maison ou une voiture, rien à dire pourvu que ce crédit soit adapté aux  possibilités contributives de l'emprunteur. Et à condition qu'il mette lui-même au moins 10 à 15 % de la somme sur la table, prouvant ainsi sa capacité à épargner.

Pour toute forme de crédit à la consommation, c'est à mes yeux une incroyable nuisance sociale, qui devrait simplement être interdite.

Pourquoi des gens pourraient-ils rembourser ce genre d'emprunt, s'ils ont été incapables d'épargner lessommes relativement modestes qu'ils couvrent ?

Sans compter les taux hallucinants de ces crédits, qui se justifient évidemment par le nombre de mauvais payeurs.

Ne pas oublier dans l'énumération le "passage en négatif" sur comptes bancaires, tout aussi ridiculement cher, et pourtant très largement pratiqué selon mon baquier ...

"Je dors sans soucis, je n'ai pas de crédits". C'est le genre de sticker qui devrait être placardé partout !
C'est quand on a raison qu'il est difficile de prouver qu'on n'a pas tort. (Pierre Dac)

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Message non lu par lambertini » 03 juil. 2009, 20:38:00

moi aussi je nai pas de credits, dailleur aucune banque ne mon propose
la caravane passe et les chiens aboient

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Message non lu par mps » 05 juil. 2009, 17:50:00

Il y a déjà 20 ans, ayant fait une série de gros paiements, j'appelle ma banque en signalant que je crains de passer en négatif, et leur demande de remettre une somme importante de on livret-intérêt sur mon compte courrant, ce qui est fait à l'instant même.

Quelques jours plus tard, je passe au guichet, quand le Directeur me demande. Il s'informe de la raison pour laquelle j'avais aussi "peur" de passer en négatif.

Je lui fais valoir que cela ne m'est jamais arrivé, et que je n'ai pas l'intention de commencer.

Il m'a alors confié (c'était une agence plutôt "chic") que 85 % de ses clients passaient en négatifs tous les mois, et que 50 % n'en sortaient jamais !!!

Quand on voit le taux d'intérêt appliqué à ces dépassements !

La prodigalité est devenue un mode de vie icon_evil
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wesker
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Message non lu par wesker » 10 juil. 2009, 09:37:00

Très sincèrement, sur la reforme du crédit à la consommation, le Gouvernement a eu raison de vouloir introduire la transparence face à des consommateurs mal informé sur les mécanismes et les modalités de cet emprunt d'une part et face aussi parfois à une irresponsabilité des grandes surfaces qui ne vérifient pas suffisamment la solvabilité de leurs clients.

Cela étant dit, il convient de s'interroger sur l'augmentation de cette pratique qui résulte effectivement de l'aggravation de la pauvreté et/ou de l'insuffisance de revenus eu égard à la société de consommation dans laquelle nous vivons. C'est pourquoi il convient de réaffirmer les critères d'obtention du crédit, renforcer la commission de contrôle....

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Message non lu par mps » 10 juil. 2009, 09:49:00

Cela étant dit, il convient de s'interroger sur l'augmentation de cette pratique qui résulte effectivement de l'aggravation de la pauvreté et/ou de l'insuffisance de revenus eu égard à la société de consommation dans laquelle nous vivons. C'est pourquoi il convient de réaffirmer les critères d'obtention du crédit, renforcer la commission de contrôle....
Nuançons !

Ce n'est pas la pauvreté qui engendre le crédit, mais bien la prodigalité des gens qui ne se contentnet pas de ce qu'ils gagnent. On achète un nouveau salon pour épater les voisins, une belle bagnole quand l'autre allait très bien pour frimer, etc.

En Belgique, depuis longtemps, il existe une "centrale des crédits" où sont répertoriés tous les crédits par débiteur. Cette centrale doit être consultée avant tout octroi de crédit. Denombreux commerçants ne le font pas, outrepassent l'endettement raisonnable de leur client, mais si l'affaire vient en Justice, le Juge peut simplement annuler la dette, au titre de négligence grave du commerçant. C'est déjà ça icon_biggrin
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Message non lu par wesker » 10 juil. 2009, 12:23:00

Ce raisonnement était valable dans les années 80 aujourd'hui les français ont d'autres inquiètudes telles par exemple le fait que les enfants craignent d'avoir un niveau de vie inférieur à celui de leurs parents.

Cette inquiètude se traduisant par une insuffisance d'investissement, d'innovation et d'esprt d'entreprise en dépit des lois facilitant la création d'entreprise.

Voilà ce qui justifie l'instauration de protection moderne...Sans cela la majorité risque de se detourner des électeurs qui en s'abstenant favoriseront le retour de la gauche.

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lucifer
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Message non lu par lucifer » 10 juil. 2009, 14:01:00

Norbert avait parlé d'une chose dont je me souviens, et sur laquelle j'étais totalement d'accord.
Il ne faut pas confondre la personne qui a du mal a boucler ses fins de mois avec le poids des charges comparées à son salaire, et le gars ouvrier qui envie tellement le pouvoir d'achat des riches qu'il s'endette pour vivre comme eux.
Il faudrait pour ça connaitre les chiffres du pourquoi de l'endettement.
Maintenant que j'habite en province, je suis devenu peace and love. Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil ( surtout les descendants d'immigrés des cités que j'adore dorénavant )

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Message non lu par wesker » 10 juil. 2009, 14:12:00

Effectivement, c'est là l'une des faiblesses de la société de consommation sans repère ni idéal ainsi qu'une incitation au matérialisme que j'ai eu l'occasion de dénoncer en son temps pour faire prévaloir des plaisirs existentialistes alternatif.

C'est aussi à long terme que se forge la prospérité collective d'une nation et les individus ont tendance, dans un monde incitant à la consommation, à l'oublier.

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