Les plans sociaux

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politicien
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Message non lu par politicien » 17 juin 2009, 18:44:00

Bonjour,

Les restructurations ne sont pas des accidents ponctuels, mais un processus récurrent face auquel les salariés apparaissent inégaux et peu préparés.


Crise oblige, les restructurations sont revenues sur le devant de la scène. Et de manière spectaculaire. Depuis début mars, les annonces de fermetures d'usines ou de plans sociaux se multiplient, avec pour corollaire une radicalisation des conflits: séquestration de dirigeants chez Caterpillar, 3M, Faurecia, Sony, Heuliez, Scapa, Molex; dégradation de locaux par les salariés de Continental; blocage des trois usines françaises du groupe Manitowoc... Rarement la colère sociale n'aura autant fait la une des médias. La rapide montée du chômage entraînée par la crise a en effet replacé les restructurations au coeur de l'actualité. C'est ainsi qu'au seul mois de mars dernier, l'administration a recensé 223 plans de sauvegarde de l'emploi - on ne dit plus "plans de licenciement collectif pour raison économique" -, deux fois plus qu'en septembre 2008. Par ailleurs, les inscriptions à Pôle emploi suite à un licenciement économique ont explosé: + 46,1% en mars 2009 par rapport à mars 2008.

Cette envolée des plans sociaux, pour spectaculaire qu'elle soit, ne traduit pas une réelle rupture avec les tendances antérieures: "Depuis une dizaine d'années, la restructuration est de moins en moins un phénomène rythmé, c'est-à-dire un traumatisme ponctuel. Elle devient de plus en plus un phénomène permanent, voire une méthode de gestion bien intégrée par le management de certaines entreprises, à l'image de Solectron, une société spécialisée dans l'assemblage électronique pour le compte de grands groupes électroniques, dont elle a parfois repris les usines, et qui a réalisé huit plans sociaux en cinq ans", explique Martin Richer, directeur général de Secafi, un cabinet d'expertise au service des comités d'entreprise. Après une baisse dans la seconde moitié des années 1990, le nombre de plans de sauvegarde de l'emploi est en effet resté à un niveau considérable: près de 1 200 par an en moyenne entre 2001 et 2008.

Les années 1970 et 1980 avaient déjà été marquées par des restructurations sectorielles lourdes, menées conjointement par les entreprises et l'Etat, notamment dans la sidérurgie ou les chantiers navals. Avec le développement de la mondialisation, on est entré au cours des dernières décennies dans un régime de restructuration continue, lié à une recherche systématique de rentabilité à court terme pour répondre aux exigences d'un capitalisme actionnarial multipliant les fusions-acquisitions suivies de cessions à des Leveraged Buy Out, les LBO (*) , etc. Des évolutions qui se sont traduites par une recomposition permanente des processus de production.

Inégaux face aux licenciements

Avec la crise, ce mode de régulation qui fait reposer l'ajustement sur les salariés est plus critiqué que jamais, notamment en raison de son court-termisme. En attendant son éventuelle remise en cause, c'est au code du travail de tenter de limiter les conséquences so-ciales de cette instabilité permanente. La législation encadrant les licenciements collectifs est relativement stricte. Elle se traduit par une obligation d'informer et de consulter le comité d'entreprise et certaines obligations sociales (voir encadré). Mais, dans la pratique, seuls 10% à 20% des salariés touchés par un licenciement économique bénéficient d'un plan de sauvegarde de l'emploi.

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mps
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Message non lu par mps » 18 juin 2009, 07:38:00

De même qu'un humain a des heures où il a faim et d'autres où il ne pourrait rien avaler, les entreprises sont des corps vivants, qui doivent sans cesse d'adapter aux paramètres de leur environement économique.

Prenons l'exemple d'une famille. Elle se débrouille avec ue aide ménagère deux fois par semaine, par exemple. Mais si elle a un dîner de 30 couverts, elle prendra un traiteur (sous-traitant) ou demanndera à l'aide ménagère ue présence accrue pendant deux jours.

Pourquoi voudrait-on qu'il n'en aille pas de même pour les entreprises.

Ce ne sont pas des hospices pour salariés, mais des unités productives, et on a totalement brouillé le bon sens par des slogans du genre "l'entreprise vous appartient" ou "c'est vous qui la faites vivre".

Pour toute lisibilité, prenons une toute petite entreprise au carnet de commande quasi vide. Tout le monde comprend qu'à son corps défendant, le patron sera contraint de se séparer de son ouvrier et de tout faire tout seul, en espérant le ré-embaucher si retour à meilleure fortune.

C'est exactement pareil dans des entreprises plus grandes.

Inconfortable pour le travailleur ? Oui, mais ce le serait moins si se départir d'un salarié était plus simple : on en engagerait avec moins d'angoisse et donc bien plus facilement.

A NY, par exemple, j'ai vu un salarié licencié sur l'heure ... et remplacé l'après-midi même :?
C'est quand on a raison qu'il est difficile de prouver qu'on n'a pas tort. (Pierre Dac)

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wesker
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Message non lu par wesker » 18 juin 2009, 12:54:00

Les entreprises procèdent, la plupart du temps, à des restructurations non par plaisir mais par nécessité.

Soumise à une concurrence déloyale et plombées par des contraintes et des prélèvements excessifs, elles ne peuvent procèder autrement si elles souhaitent perenniser leurs activités et les maintenir viable, rentables.

C'est pourquoi on ne peut que se réjouir que le plan de relance du Gouvernement ait très fortement pris en compte les besoins d'investissements dont souffre notre pays et qui peut, à terme, produire d'évidents effets positifs...Hélàs, on deplorera son insuffisance compte tenu du fait que le libre echange non contrôlée fait perdre à ce plan toute efficacité et risque de se traduire par le creusement du deficit sans que la contrepartie en terme d'emplois soit au rendez vous.

Durant la campagne des européennes, l'UMP s'est engagée, auprès des français à faire prévaloir les protections sur l'échange mondialisé et à retablir la préférence communautaire ainsi que la lutte contre les dumpings...Espérons qu'elle saura tenir parole et abandonner le Traité de Lisbonne qui prévoit des dispositons exactement inverses !

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arthur
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Message non lu par arthur » 18 juin 2009, 13:04:00

kpmpf a écrit :Les entreprises procèdent, la plupart du temps, à des restructurations non par plaisir mais par nécessité.
... de satisfaire les appétits plus que jamais gargantuesques de leurs actionnaires... 
Si les élections pouvaient changer le système, il y a longtemps qu'elles seraient supprimées...

Ni dieu, ni maître... et basta...

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mps
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Message non lu par mps » 18 juin 2009, 22:23:00

... de satisfaire les appétits plus que jamais gargantuesques de leurs actionnaires... 
Arthur, cesse de dire des sottises ! Si être actionnaire était si juteux, la Bourse battrait des records, et l'or (qui ne rapporte rien) serait au plus bas.

Or, c'est exactement le contraire !

Pour ta gouverne, le nombre de sociétés ne payant aucun dividende sera le plous élevé de l'après-guerre. 
C'est quand on a raison qu'il est difficile de prouver qu'on n'a pas tort. (Pierre Dac)

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arthur
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Message non lu par arthur » 18 juin 2009, 22:42:00

mps a écrit :
... de satisfaire les appétits plus que jamais gargantuesques de leurs actionnaires... 

Arthur, cesse de dire des sottises ! Si être actionnaire était si juteux, la Bourse battrait des records, et l'or (qui ne rapporte rien) serait au plus bas.

Or, c'est exactement le contraire !

Pour ta gouverne, le nombre de sociétés ne payant aucun dividende sera le plous élevé de l'après-guerre. 

Renseigne-toi un max avant d'être aussi péremptoire... tu n'as jamais entendu parler de ces foutrement nombreuses boîtes toujours florissantes malgré, que dis-je, GRACE à la crise du capitalisme? Qui entre parenthèses, n'est pas la NOTRE !!!

Jamais en effet, l'opportunité n'a été aussi grande pour ces gougnaffiers d'actionnaires de donner instructions à leurs larbins de patrons de rogner sur tout: sur l'emploi, sur la masse salariale, sur les coûts de production au détriment de la qualité...

Quant à la Bourse, laisse-moi me marrer un brin... si tant est que celà puisse faire rire... une boîte n'est jamais aussi bien cotée que lorsqu'elle procède à des restructurations à base de dégagements massifs d'emplois...
Si les élections pouvaient changer le système, il y a longtemps qu'elles seraient supprimées...

Ni dieu, ni maître... et basta...

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Message non lu par wesker » 19 juin 2009, 12:17:00

mps a écrit :
... de satisfaire les appétits plus que jamais gargantuesques de leurs actionnaires... 

Arthur, cesse de dire des sottises ! Si être actionnaire était si juteux, la Bourse battrait des records, et l'or (qui ne rapporte rien) serait au plus bas.

Or, c'est exactement le contraire !

Pour ta gouverne, le nombre de sociétés ne payant aucun dividende sera le plous élevé de l'après-guerre. 
Je croyais que la situation s'était pourtant amélioré grâce à l'intervention du Seigneur Sarkozy.....

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Message non lu par mps » 19 juin 2009, 22:04:00

entre les délires d'Arthur et le persiflage stupide de Kpm.., je passe à autre chose ...
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Message non lu par politicien » 19 juin 2009, 22:53:00

Bonjour,

En restant sur les plans sociaux ils touchent en premier lieu les secteurs liés à l'automobile. Michelin suit le mouvement pris par les autres fabricants de pneumatiques : Continental qui va fermer son site français de Clairoix dans l'Oise, avec 1120 licenciements ; puis Goodyear qui a supprimé 820 postes dans son usine d'Amiens.

Chez Michelin, qui a déjà mis en place du chômage partiel, face à la baisse d'activité, on s'oriente vers des mesures d'âge, c'est à dire des départs anticipés à la retraite, et de la mobilité, pour supprimer, dans l'immédiat, 1093 postes, En parallèle et sur trois ans, un plan de départ volontaires devrait concerner 1800 salariés.

Décidément les plans sociaux massifs tombent en cascade depuis quelques jours. Altis Semi conducteur fabricant de composants électroniques vient d'annoncer 400 suppressions d'emplois sur 1 500. Marionnaud, la chaîne de distribution de parfums et cosmétiques, qui ne parvient pas à sortir du rouge après de grosses erreurs comptables, la suprression de 700 emplois; Aubade le fabricant de lingerie, qu'il licenciait 104 salariés, face à la chute des ventes, et TDF le diffuseur de télévision, qu'il prévoyait jusqu'à 550 suppressions d'emploi, liées, selon la direction, au basculement de la télévision analogique à la télévision numérique.

A plus tard,
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Message non lu par mps » 20 juin 2009, 08:49:00

La presse, qui n'aime comme ses lecteurs, que le factuel dépressif, réserve une place omniprésente aux licenciements , bien plus qu'aux "bonnes nouvelles", comme la commande de 25 Airbus il y a deux jours au Bourget, et tant d'autres ...

Il est certain aussi que gouverner c'est prévoir, et que les managers de la plupart des grandes boites ne cessent de restructurer pour rester en vie, ce qui est plutôt rassurant ...

Vient alors les sempiternels griefs contre les délocalisations.
Qui se plaint de ce qu'une usine Toyota s'installe en France ? Persone, évidemment. C'est pourtant bien une délocalisation japonaise.
Exactement comme l'usine que Michelin (ou un autre) construit en Inde.

Le but n'est pas de priver les ouvriers d'origine de travail, mais bien de pénétrer d'autres marchés.

De même que produire des voitures japonaises en Europe restreint cosidérablement les frais de douane et de transport,
de même produire des pneus en Inde pour le marché intérieur indien offre les mêmes avantages stratégiques.

C'est encore le cas des restaurants français à NY, Rio ou Tokyo : va-t-o ous parler de délocalisation, et exiger que les cuisines de ces restaurants restent en France ? icon_biggrin icon_biggrin icon_biggrin



 
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Message non lu par wesker » 20 juin 2009, 20:53:00

mps..Les délocalisations ne relèvent pas du persiflage....C'est un fait, que Sarkozy soit ou non Président mais je rappelle qu'il s'était aussi engager à modifer en profondeur la structure économique de notre pays afin de lui redonner les protections et la competitivité le mettant à l'abri de ce phénomène !

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