La manipulation de l'opinion publique

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worldpeace
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Message non lu par worldpeace » 28 juin 2009, 10:14:00

Il est une évidence pour beaucoup de gens que nous vivons dans une démocratie et que les média, même s'ils sont imparfaits, nous informent sur l'essentiel des événements, et non qu'ils passent leur temps à déformer, à tronquer les informations non seulement pour nous cacher des informations stratégiques importantes, mais aussi pour nous ammener à soutenir des renversements de régimes par les voies militaires. Si les média ne sont pas une structure monolithique, au contraire d'être une lumière qui éclaire notre consentement, sont constitués par de nombreux filtres.

En effet, les média dominants sont détenus par une poignée de grands groupes, qui détiennent parfois à la fois des média et à la fois des usines de fabrication d'armes ou de véhicules militaires (par exemple Lagardère en France, le groupe Carlyle aux Etats-Unis). Il serait étonnant par exemple qu'on nous explique l'implication des ces entreprises dans les conflits à travers le monde. Ensuite, il y a la pression des annonceurs. En effet, les grands groupes comme Monsanto peuvent faire pression sur des chaines de télévisions, avec une armée d'avocats, pour convaincre d'éviter certains sujets. On pourra aussi noter l'influence des groupes de pression ou le financement des intellectuels qui propagent le "bon message". Toutes ces contraintes structurelles, qui découlent de manière immédiate de la structure hiérarchique du capital, ont été étudiées par Noam Chomsky et Edward Hermann, qui ont construit un modèle de propagande. Un certain nombre de documentaires s'attaquent à la propagande médiatique.

L'attaque militaire officielle est pourtant une méthode plutôt rarement utilisée du fait de l'opposition naturelle des peuples à la guerre. Pour arriver à cette "prouesse", il est nécessaire de recourir aux techniques de propagande qui ont fait leurs preuves notamment pendant la deuxième guerre mondiale et qui n'ont cessé d'être utilisées depuis. Une analyse a été faite par Michel Collon où il explique par exemple qu'on dit attaquer les dirigeants qui posent problème alors qu'on arrose de bombes le peuple. La guerre en Irak a clairement suivi ce processus.

Cependant, la guerre ouverte n'est pas toujours la méthode utilisée. Après avoir pointé du doigt l'Iran comme le pays à abattre sur Fox News ainsi que dans les meetings de l'AIPAC, la politique étrangère s'est adoucie avec Barack Obama. Sauf que, au vue des derniers événements, il semble qu'un renversement de régime par des voies différentes aient été tenté. Les services de renseignements sont impliqués dans de nombreux renversements officieux (échoués ou réussis), lorsque les dirigeants ne sont pas suffisamment coopératifs. Noam Chomsky en explique un certain nombre de la part des USA notamment en Amérique Latine (au Nicaragua, au Salvador). La France et les renseigements généraux ne sont pas en reste, on peut se référer à ce sujet aux travaux de l'assocation Survie. En effet, les démocraties occidentales maintiennent voire mettent en place des régimes dictatoriaux pour le compte des multinationales. Des faits rarements evoqués à la télévision. On notera aussi des relations particulières comme entre le Turkménistan, Bouygues et GDF.

L'utilisation "nécessaire" de la manipulation de l'opinion publique a été abordée par différentes personnes influentes. Le journaliste Walter Lippmann écrit en 1922 dans Public Opinion que la fabrication du consentement (par exemple pour justifier la guerre) est une composante essentielle des démocraties. On trouve aussi le théologien Reinhold Niebuhr qui considérait que l'homme moyen était trop stupide et qu'il fallait lui inventer des illusions. Ou encore Edward Bernays ayant travaillé pour Philip Morris, à qui l'on doit le terme édulcoré de "relations publiques" pour nommer la propagande politique institutionnelle, de qui s'est inspiré Joseph Goebbels.

Les méthodes de propagande sont en fait souvent grossière comme par exemple diaboliser l'ennemi, se montrer en sauveur, c'est-à-dire en fin de compte l'utilisation du triangle dramatique (victime-sauveur-persécuteur), ou bien utiliser les pulsions sexuelles, l'envie de séduire, de construire une famille, d'être aimé etc. Le succès de la manipulation de l'opinion a étonné les propagandistes eux-mêmes, même si la propagande uniforme comme celle du 11 septembre et de l'Irak est surtout utilisée avec des peuples ignorants ou bien dans les dictatures où l'endoctrinement commence dès le plus jeune âge. Chez les peuples plus éduqués ou ayant une tradition plus contestataire, comme en Europe, abrutir le peuple est plus difficile. Comme l'explique le sociologue Michel Crozier, dans le rapport au titre ironique The Crisis Of Demcracy de 1975, la rationalité des Européens « nécessite un recours à la manipulation, au compromis et même à la coercition pour arriver à une décision ».

Il est nécessaire de donner au peuple l'impression qu'il y a un débat contradictoire, et laisser ainsi s'exprimer différentes opinions, mais qui ont un dénominateur commun, celui qu'on veut faire passer. Selon Noam Chomsky, cette méthode de propagande est beaucoup plus efficace que d'asséner une vérité uniforme. Toute opinion qui sort du cadre est marginalisée et diabolisée, pour éviter aux gens de s'intéresser aux idées véhiculées par "le diable" par peur d'en "être contaminé". Il y a en fait une atteinte constante à la liberté d'expression dans les démocraties occidentales, mais elle est voilée pour différentes raisons. Du fait de la sélection des personnes "politiquement correctes", le débat est naturellement encadré. Par ailleurs, on exclut à la base certaines personnes ou bien on interrompt certaines interventions sous prétexte qu'elles sont antisémite, ou bien racistes ou bien xénophobes. Bien entendu, que cela soit vrai ou non n'est pas la question, il s'agit juste d'empêcher de s'exprimer des idées qui pourraient remettre en cause le "consensus". Ensuite, il y a une sélection par l'argent. En effet, si l'on a pas les moyens de faire diffuser ces idées, il est difficile de faire changer l'opinion publique. Il y a ainsi une grande variété d'opinion exprimées si l'on se donne la peine de chercher. Il n'y a donc pas une censure totale, ce que l'on confond facilement avec l'absence de censure.

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mps
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Message non lu par mps » 28 juin 2009, 10:50:00

En fait, les grands groupes qui détiennent les média sont totalement indifférents à leur contenu, et tu verras en examinant leurs protefeuilles qu'ils y ont sans états d'âme des journaux de gauche, des "neutres" (ceux de droite n'existant pas), de sport, de finances, etc. ) Et n'interveinnent jamais das les rédactions.

La désinformation est pur produit des rédactions : volontaires (une foule de journalistes sont "militants"), ou involontaires (paresse et/ou incompétence).


Le consommateur de medias se croit informé en raison des tombreaux de "nouvelles" qu'on dépose à ses pieds chaque jour, mais c'est loin d'être le cas, les analyses objectives état aussi rares que les consommateurs prêts à s'y intéresser.

Les média sont à l'information véritable ce que sont les fast-food à la gastronomie icon_biggrin  
C'est quand on a raison qu'il est difficile de prouver qu'on n'a pas tort. (Pierre Dac)

anonyme
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Message non lu par anonyme » 28 juin 2009, 11:03:00

Pas besoin de s'appeler Noam Chomski et d'être un professeur émérite au fameux MIT ( digression : un truc comme ça, ce n'est pas forcément une référence pour jouer les "trouble-fêtes" ) pour comprendre que les médias nous disent que ce qu'ils veulent bien nous dire.

Certaines infos, bien secondaires, sont montées en épingle, pendant que d'autres sont survolées en quelques secondes. Que dire de la misère, de la précarité, de la mise à l'écart de tout un pan des membres de notre société et surtout des conséquences qui en découleront ?

On nous saoule de belles paroles et de beaux discours mais au fond de nous même, nous sentons bien que notre Monde recule, coule et régresse.

L'information médiatique n'est rien qu'un espèce de poudre aux yeux qui a la même vocation que le veilleur de rue qui crie :
"Il est dix heures et tout va bien"...
Qu'il soit dix heures à sa montre, je n'en doute pas un seul instant, mais comment sait il que "tout va bien" ???

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Message non lu par politicien » 28 juin 2009, 11:48:00

Bonjour,

Mon avis sur ce sujet très intéressant, le journaliste essaye toujours d'être au plus proche de l'information, la où ce passe le problème, mais la recherche du scoop, fait que l'on parle d'un problème, mais délaisse des autres faits tout aussi grave, les journaliste souvent font des comparaisons avec des faits grave pour attirer l'attention.
Avant les journalistes cherchaient les vrais infos en restant objectif, ceux d'aujourd'hui appartiennent à des journaux pour la plupart politisé, ce qui ne rend pas l'info objective, mais plutôt subjective. Alors ou avoir une info brut ?

A plus tard,
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Message non lu par anonyme » 28 juin 2009, 13:34:00

L'exemple du traitement médiatique du décés de Mickael Jackson est un exemple typique de cette dérive :

- D'un seul coup, silence radio ( c'est le cas de le dire ) sur un pays de 75 millions d'habitants, 4ème producteur mondial de pétrole, 2ème de gaz et dont les dirigeants se targuent de maitriser l'outil nucléaire, et qui est en proie à un grave crise populaire suite à une élection contestée...

Pour les 9/10ème du peuple américain, ce n'est pas difficile, l'Iran n'existe même plus ! :shock:

Ali Khamenei et Mahmoud Ahmadinejad doivent bénir les médias américains de ce black-out médiatique aussi inattendu qu'inespéré !! C'est maintenant aux journalistes de nager pour ressortir la tête de l'eau et arrêter de parler d'un fait, somme toute quand même bien secondaire ( pardon Mickael, mais c'est quand même vrai ) pour enfin reparler de ce qui se passe !!

worldpeace
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Message non lu par worldpeace » 28 juin 2009, 14:44:00

Il est étonnant qu'on parle tellement de Mickael Jackson, mais il était tout aussi étonnant qu'on nous ait asséné autant d'informations sur l'Iran.
anonyme a écrit :les dirigeants se targuent de maitriser l'outil nucléaire
Diabolisation du pays pour créer un sentiment de menace pour justifier un "changement de régime", et focus de colère contre les dirigeants pour rendre acceptable l'attaque armée qui ne viserait que les dirigeants. Même technique contre l'Irak et Sadam Hussein.
politicien a écrit :Alors ou avoir une info brut ?
C'est le problème de la source d'information fiable. En comprenant les techniques de propagandes et en regardant l'imprtance des sujets traités on peut déjà facilement reconnaitre ce qui relève de la propagande (voir les explications de Michel Collon). Pour le reste, je crois qu'il faut prendre de tout et faire le tri pour voir ce qui est cohérant ou pas. Cela demande du temps mais c'est tout à fait possible.
anonyme a écrit :Certaines infos, bien secondaires, sont montées en épingle, pendant que d'autres sont survolées en quelques secondes.
Tout à fait.

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Message non lu par mps » 28 juin 2009, 20:55:00

Bien observé, anonyme ! A croire que ce sont les iraniens qui ont liquidé Michael J !
C'est quand on a raison qu'il est difficile de prouver qu'on n'a pas tort. (Pierre Dac)

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